Incertitudes après l'agression d'un jeune juif à Paris
En déplacement en Israël, le président Nicolas Sarkozy a réitéré lundi la version d'un acte antisémite.
"J'ai été particulièrement choqué de ce qui est arrivé à un jeune Français il y a quelques jours sous le seul prétexte qu'il portait une kippa. Une bande de voyous l'a agressé", a dit le chef de l'Etat lors d'une rencontre avec les Français d'Israël.
PARIS (Reuters) - L'enquête sur l'agression à Paris d'un jeune homme de confession juive de 17 ans n'avait pas encore fait la lumière lundi soir sur les mobiles des auteurs et s'intéressait aux querelles entre groupes communautaires dans le XIXe arrondissement, a-t-on appris de source judiciaire.
Les gardes à vue de cinq mineurs de 14 à 17 ans résidant dans cet arrondissement étaient toujours en cours dans la soirée. Ces derniers ne figurent pas parmi les auteurs de l'agression mais ils semblent avoir été présents sur les lieux, précise-t-on de même source.
L'agression du jeune homme, roué de coups samedi soir par plusieurs personnes, semble être intervenue au terme d'une journée d'affrontements sporadiques opposant des groupes de jeunes Juifs d'une part, de jeunes Noirs et Maghrébins d'autre part, selon la police.
CRA de Vincennes : RESF sur le banc des accusés ?
PARIS (AFP), extrait - Le CRA de Vincennes, situé dans le 12ème arrondissement de Paris, est le théâtre de vives tensions depuis fin 2007. Les associations des droits de l'Homme dénoncent régulièrement le climat délétère qui y règne, avec notamment une multiplication des tentatives de suicide, d'auto-mutilations et interventions régulières et musclées des forces de police.
"Alliance", le second syndicat de gardiens de la paix, a d'ailleurs dénoncé un "manque d'effectifs" de police dans ce centre.
Selon la PP, "41 fonctionnaires de police" surveillaient dimanche les retenus, contrairement à ce qu'avait indiqué un policier du Syndicat Général de la Police SGP-FO, évoquant seulement 10 surveillants.
Un porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre a dénoncé le comportement du Réseau Education Sans Frontières estimant qu'"il n'est pas tolérable que des +collectifs+, type RESF viennent faire des provocations aux abords de ces centres au risque de mettre en danger des étrangers retenus".
"L'UMP demande que toutes les conséquences soient tirées, y compris au plan judiciaire, si la responsabilité de membres de collectifs comme RESF était avérée", a-t-il ajouté.
RESF a rétorqué que la "responsabilité" incombait au ministre de l'Immigration Brice Hortefeux et au président Sarkozy dont la politique "condamne (les étrangers en situation irrégulière) à la terreur tant qu'ils sont libres, au désespoir complet quand ils sont internés et en attente de leur bannissement".
La PP a de son côté indiqué qu'une "enquête (était) en cours pour établir l'ensemble de la chaîne de responsabilité matérielle", rappelant que la manifestation, dimanche devant le CRA, au lendemain de la mort d'un Tunisien d'une crise cardiaque, n'avait pas été déclarée en préfecture.
Le PS a estimé lui que cet incendie était "le résultat d'une politique consistant à faire des chiffres, toujours du chiffre".
Des parlementaires UMP et PCF, venus lundi rencontrer le préfet de police au milieu des décombres du CRA de Vincennes, ont eu un vif échange, se rejetant une part de la responsabilité du sinistre.
PARIS (Reuters) - Le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, a provoqué lundi un tollé en s'en prenant aux associations de défense des sans-papiers, notamment RESF, qu'il accuse d'être en partie responsables de l'incendie du centre de rétention de Vincennes (Val-de-Marne) dimanche.
Dans un communiqué, le député des Hauts-de-Seine demande que "toutes les conséquences soient tirées y compris au plan judiciaire si la responsabilité de membres de collectifs comme RESF était avérée".
Incendie au centre de rétention de Vincennes
PARIS (AFP) - Les deux bâtiments du centre de rétention administrative (CRA) de Vincennes, le plus grand de France, ont été détruits dimanche dans un incendie provoqué par des personnes retenues dont une cinquantaine ont profité de la confusion pour s'enfuir.
Pour le Crif, il s'agit d'« un acte antisémite »
L'agression d'un jeune juif à Paris soulève l'indignation
LEMONDE.FR avec Reuters et AFP | 22.06.08 | Extrait
Des associations de la communauté juives se dont déclarées certaines du mobile antisémite de l'agression. Son père est allé prudemment dans le sens de cette version. "Je pense que oui, à 90 %, mais ce sera à voir avec l'enquête, je ne sais pas exactement, parce que je répète ce qu'on me dit", a-t-il dit.
PARIS (AFP) - Le président français Nicolas Sarkozy entame dimanche une visite d'Etat en Israël dans un climat d'amitié entre les deux pays. Les relations franco-israéliennes ont souvent été tendues par le passé, l'Etat hébreu ayant notamment plusieurs fois dénoncé un climat d'"antisémitisme" en France.
Agression d'un jeune juif
Pour le Crif, il s'agit d'«un acte antisémite»
dimanche 22 juin 2008, 11h17 | AFP/le Parisien
De plus en plus d'enlèvements d'enfants dans le monde
PAUVRETE
Emmaüs France: la situation des exclus «s'aggrave»
AFP, le Parisien | 21.06.08 à 19h39
Le président d'Emmaüs France, Christophe Deltombe, a souligné samedi «l'aggravation de la pauvreté» en France, à la veille du 9e salon Emmaüs à Paris dont les recettes serviront à financer des actions internationales, a-t-il déclaré à l'AFP.
UNICEF
De plus en plus d'enlèvements d'enfants dans le monde
vendredi 20 juin 2008, 15h41 | AFP, le Parisien
De plus en plus d'enfants sont enlevés dans le monde, a averti vendredi le Fonds de l'ONU pour l'enfance (Unicef) qui a cité comme exemple Haïti où plus de cinquante enfants ont été enlevés depuis le début de l'année.
Certains de ces enfants ont été violés et torturés, voire assassinés par leurs ravisseurs, a expliqué la porte-parole de l'Unicef Véronique Taveau lors d'une rencontre avec la presse à Genève.
Plus généralement, l'Unicef s'inquiète de l'augmentation des enlèvements d'enfants dans le monde, particulièrement dans les zones de conflit.
En République centrafricaine (RCA) des gangs armés kidnappent des enfants pour réclamer des rançons tandis qu'en République démocratique du Congo (RDC) des milliers d'enfants ont été enlevés par des groupes armés pour en faire soit des combattants, soit des esclaves sexuels, a dénoncé Mme Taveau.
En Irak, «un nombre croissant d'enfants» ont aussi été recrutés par des milices armées, tandis que des filles sont de plus en souvent enlevées par des réseaux de prostitution, a-t-elle ajouté.
«Dans beaucoup de cas, ces enlèvements sont perpétrés dans une complète impunité», a déploré la porte-parole de l'Unicef.
Accident d'ascenseur : « c'est l'horreur absolue », a déclaré Mme Kuster
La Fédération des Ascenseurs (FA) tient à rappeler que "les accidents graves d'usagers comme de techniciens restent heureusement très rares". Sur un parc national de 445.000 ascenseurs et 100 millions de trajets d'ascenseur d'usagers par jour, on recense au total 2.000 accidents par an dont une dizaine de graves voire mortels, précise la FA.
Les ascensoristes réaffirment la "légitimité de la loi de mise en sécurité des ascenseurs", destinée à sécuriser le parc français.
"Des ajustements sont nécessaires pour faire face à l'accroissement du plan de charge de la profession et s'adapter aux délais de décisions des propriétaires. La prolongation à fin 2010 de la première tranche de travaux va dans ce sens", a indiqué le syndicat professionnel.
La première phase de travaux de modernisation du parc d'ascenseurs français, prévue par la loi Robien de juillet 2003, a été repoussée de 2008 à 2010. Elle avait été adoptée à la suite de plusieurs accidents, dont certains mortels, pour renforcer la sécurité des ascenseurs et prévoyait 17 mises aux normes obligatoires d'ici à 2018.
PARIS (AFP) - Brigitte Kuster, maire (UMP) du XVIIe arrondissement de Paris où un adolescent a eu jeudi soir la tête arrachée par un ascenseur, a exprimé vendredi sa "très grande émotion" et estimé qu'il fallait "tirer les conséquences tout de suite" de cet accident.
"Nous sommes tous bouleversés, c'est l'horreur absolue", a déclaré Mme Kuster, interrogée par l'AFP.
La flamme olympique passe au Tibet
L'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW) a fait part samedi de sa "profonde inquiétude" face à la décision chinoise de maintenir le passage de la flamme au Tibet. "Cette décision qui s'apparente à une provocation - avec l'assentiment du Comité olympique international (CIO) - pourrait aggraver les tensions et saper le fragile processus visant à trouver une solution pacifique au Tibet et dans sa région", a indiqué Sharon Hom, directrice de HRW pour la Chine.
Envoyer la flamme olympique au Tibet est "le sommet de l'irresponsabilité. Le CIO n'aurait jamais dû le permettre", a estimé Anne Holmes, directrice de l'association Free Tibet Campaign, basée à Londres.
LHASSA (AFP) - Trois mois après de violentes émeutes, Lhassa a accueilli samedi le relais de la torche olympique pour une étape controversée dans la capitale du Tibet toujours fermée aux touristes étrangers et étroitement surveillée.
Des spectateurs accrédités et triés sur le volet ont acclamé le passage de la torche dans Lhassa peu après 09H00 locales (01H00 GMT), devant Norbulingka, l'ancienne résidence d'été du dalaï lama.
Des policiers d'une unité spéciale ont gardé l'oeil sur la flamme sur son passage et sur les bâtiments environnants, alors que la zone était interdite à toute personne ne portant pas l'accréditation spéciale.
Tragédie dans une discothèque de Mexico
Par EuroNews - Samedi 21 juin, 13h38
Il y a également une vingtaine de blessés qui ont été transportés dans un hôpital proche.
La discothèque où s'est déroulé le drame dans la nuit de vendredi à samedi se trouve dans le nord de la capitale mexicaine. Elle était bondée : beaucoup de jeunes gens y fêtaient la fin de l'année scolaire. Les circonstances sont encore un peu floues. La direction de l'établissement avait été dénoncée pour vente de drogue et d'alcool aux mineurs.
Une descente de police a eu lieu, et quand le responsable de la discothèque l'a annoncée au micro, cela a provoqué un mouvement de panique vers une sortie de secours. Mais cette dernière était bloquée. Le directeur de la discothèque a été arrêté, ainsi qu'une quarantaine de jeunes.
MEXICO (AP) - Une opération de police dans une boîte de nuit de Mexico vendredi soir a provoqué un mouvement panique et au moins 12 personnes sont mortes piétinées, selon le chef de la police de la capitale mexicaine, Joel Ortega.
Neuf jeunes gens dont trois mineurs ainsi que trois policiers figurent parmi les victimes décédées. Treize autres personnes ont été blessés. Selon Joel Ortega, la police est intervenue vendredi soir au club News Divine après avoir reçu des informations faisant état de vente d'alcool et de drogue à des mineurs.
Environ 500 jeunes gens, a-t-il ajouté, se trouvaient dans la discothèque pour fêter la fin de l'année scolaire et de nombreux autres faisaient la queue pour entrer dans l'établissement. La foule était trop importante par rapport à la capacité d'accueil de la boîte de nuit, a-t-il dit.
Le propriétaire de l'établissement a annoncé à la foule que la police était là pour les arrêter ce qui a provoqué un mouvement de panique, a déclaré M. Ortega à la chaîne Televisa. Il a dementi les informations de médias selon lesquels les policiers ont tiré des gaz lacrymogènes ou des coups de feu.
"Beaucoup de gens se sont précipités sur la sortie de secours, mais elle était trop petite" pour qu'ils puissent sortir, a-t-il précisé, ajoutant que des caisses de bière obstruaient cette issue. La police a arrêté 39 personnes, dont le propriétaire de la boîte de nuit, a-t-il ajouté. Le club, selon M. Ortega, avait été fermé l'an dernier en raison de diverses infractions, notamment aux règles de sécurité, mais le propriétaire était parvenu à obtenir une injonction de justice pour rouvrir l'établissement.
L'Intérieur poursuit un collectif pour des tracts antipolice
L'Intérieur poursuit un collectif pour des tracts antipolice
Rue89 | 21/06/2008 | Extrait
Le slogan "CRS SS" a vécu. Ces derniers mois, le nombre de plaintes pour outrage à agent dépositaire de l'autorité publique a considérablement progressé. Vous avez pu suivre sur Rue89 plusieurs affaires mettant en jeu l'outrage et/ou la rébellion.
Cette fois, c'est une internaute rennaise qui revient vers nous. La première fois que nous avions été en contact, elle nous soumettait le témoignage d'un proche qui fait partie du même collectif de défense des sans-papiers, à Rennes. C'était à la mi-avril. Nous avions publié ce journal de bord d'une nuit de militant en promettant l'anonymat.
Trois mois plus tard, elle revient vers nous car son collectif est poursuivi par le ministère de l'Intérieur. L'objet du délit? Des tracts et affiches, il est vrai pas franchement sucrés envers la police aux frontières (PAF). Sur l'un de ces tracts, on peut lire par exemple:
Ailleurs encore, la littérature du collectif brasse, comme souvent, "dérive sécuritaire", "police au faciès", "acharnement collectif", etc. Les militants rennais affirment qu'ils ont appris "par voie de presse" à la sortie du commissariat, le 18 juin, qu'une plainte avait été déposée à leur encontre pour "injure publique contre un corps constitué de l'Etat".
Pour le collectif, "le ton humoristique ou ironique et l'ambiguïté de certaines formulations, relativement habituels dans l'histoire de [ce] collectif", sont au coeur des poursuites du ministère. Eux n'y voient que "liberté d'expression et d'opinion".
Nucléaire : seule la France ne reconnaît pas ses victimes
Etats-Unis, Grande-Bretagne, Australie et Canada, tous ces pays ont reconnu que leurs essais nucléaires avaient eu des conséquences sur la santé des personnes présentes pendant les tirs, qu'ils ont indemnisées grâce à un fonds spécial. Un Etat occidental n'a toujours pas suivi cette voie: la France, désormais la seule puissance nucléaire à ne pas avoir officiellement reconnu ses victimes. Une position qui l'isole vis-à-vis des autres pays et qui accentue les inégalités de traitement entre les malades.
Entre 1960 et 1996, la France a effectué 210 essais nucléaires, dont 50 atmosphériques dans le Sahara algérien et en Polynésie française. Combien de civils étaient présents sur les lieux? Aucun rapport n'a jamais été rendu public. Dans ces conditions, aucune étude épidémiologique, pour en mesurer les conséquences sanitaires, n'a jamais pu être effectuée. L'association des vétérans des essais nucléaires, l'Aven, a toutefois proposé un questionnaire à ses adhérents. Des 1800 réponses, il ressort un taux de cancer deux fois supérieur à la moyenne, des maladies cardio-vasculaires plus importantes, et pour les familles sur les lieux, un taux de mortalité pré- et périnatale jusqu'à trois fois supérieur à la normale.
Interdiction légale de reconnaître la réalité
Pour autant, l'Etat a toujours refusé un lien de cause à effet entre les essais nucléaires et les cancers. Pourquoi? Parce qu'un cancer ne porte pas de signature, comme l'explique Me Jean-Pierre Tessonnière, avocat des victimes, qui avait déjà représenté celles de l'amiante...
Nucléaire: seule la France ne reconnaît pas ses victime
Rue89 | 09/06/2008 | Extrait
Le drame des « enfants réunionnais de la Creuse » face au mur de la justice
Le Conseil d'Etat a quelques semaines pour délibérer mais, au cas où il voudrait ne pas suivre son avis, Mme Courrèges a mis en garde contre la tentation de donner raison aux requérants et d'ouvrir ainsi le débat sur le fond.
Elle a certes jugé indéniables "le rôle moteur de l'Etat" dans ce drame, tout comme "la forte implication personnelle de Michel Debré", gaulliste de la première heure alors député réunionnais.
"Mais la remontée dans le temps est très périlleuse" et "le contexte juridique et social était très différent" il y a quarante ans: "cela peut paraître choquant, mais les éloignements des familles étaient assez courants à l'époque", a-t-elle fait valoir.
PARIS (AFP) - Le drame de quelque 1.600 enfants réunionnais, arrachés à leur île dans les années 60/70 pour être placés dans des familles rurales de la métropole, pourrait bientôt connaître son épilogue judiciaire, leurs demandes d'indemnité restant sans réponse pour des questions de droit.
Abandonnés, confiés aux services de l'aide sociale à l'enfance, pupilles de l'Etat ou encore délinquants: au total, "de 1963 à 1982, un peu plus de 1.600 enfants réunionnais ont été placés dans des département ruraux, principalement la Creuse", a rappelé, vendredi au Conseil d'Etat, la commissaire du gouvernement Anne Courrèges.
Dix d'entre eux, aujourd'hui repartis dans leur île natale, mènent depuis des années un combat judiciaire pour que la responsabilité de l'Etat soit reconnue, lui réclamant chacun 15 millions d'euros d'indemnisation.
Mais leur demande achoppe depuis le début sur des points de droit et la plus haute juridiction administrative, appelée à statuer en cassation, risque de tirer un trait définitif sur leurs espoirs.
Sans se prononcer sur le fond, la commissaire Anne Courrèges, chargée de dire le droit, a estimé que la cour administrative d'appel de Bordeaux avait eu raison le 27 mars 2007 de rejeter leur requête.
Cette cour, ressort d'appel de l'île de la Réunion, avait estimé que leur action ne pouvait aboutir en raison de la prescription quadriennale qui couvre les actions intentées contre la plupart des représentants de la puissance publique.
Le débat, très technique, porte sur la date à partir de laquelle cette prescription quadriennale devrait courir. La cour de Bordeaux avait estimé qu'elle partait de la majorité de chacun des enfants réunionnais, tandis que que les requérants voulaient qu'elle débute seulement en 2002, date de la publication d'un rapport sur ce sujet de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas).
En première instance, le 22 juillet 2005, le tribunal administratif de Saint-Denis de la Réunion avait rejeté leur demande pour une toute autre raison, estimant que le préfet de l'île agissait pour le compte non de l'Etat, visé par leur action, mais du département.
Le dossier a été mis en lumière dans les années 90 sous le nom de "l'affaire des enfants réunionnais de la Creuse", parce qu'une grande partie de ces enfants avaient été placés dans ce département du centre de la France métropolitaine, touché par l'exode rural.
Tout en demandant le rejet de leur requête, la commissaire a souligné leur "enfance douloureuse faite de déracinement et de mauvais traitements" tout en estimant que "l'émotion ne peut prévaloir".
Le Conseil d'Etat a quelques semaines pour délibérer mais, au cas où il voudrait ne pas suivre son avis, Mme Courrèges a mis en garde contre la tentation de donner raison aux requérants et d'ouvrir ainsi le débat sur le fond.
Elle a certes jugé indéniables "le rôle moteur de l'Etat" dans ce drame, tout comme "la forte implication personnelle de Michel Debré", gaulliste de la première heure alors député réunionnais.
"Mais la remontée dans le temps est très périlleuse" et "le contexte juridique et social était très différent" il y a quarante ans: "cela peut paraître choquant, mais les éloignements des familles étaient assez courants à l'époque", a-t-elle fait valoir.
"Avec le recul, on peut se dire que les bons sentiments ne suffisent pas", a-t-elle reconnu, mais au vu du dossier, il s'agissait d'abord "de donner une meilleure chance aux enfants réunionnais" plutôt que "de repeupler la Creuse".
Témoignages du vendredi 15 juillet 2005
Débat sur les enfants de la Creuse
"C’était une politique du chiffre"
Six livres, un CD, de nombreux documentaires et articles, des assignations en justice... le dossier des enfants de La Creuse, en seulement deux ans, a connu une médiatisation internationale. Pourtant, il reste un constat troublant : l’État s’en moque.
... Voyage ou déportation ?
En 1967, soit 4 ans après le début de la vague migratoire, le professeur Benoist envoyait une lettre au député Michel Debré pour dénoncer la déportation de ces enfants. Déportation, c’est le mot juste selon les ex-mineurs de La Creuse. Pire, ils parlent de rafles, faux et usage de faux.
Les témoignages sont éloquents en la matière, parce qu’ils dénoncent des faux actes d’abandon. Arlette, une mère de famille aujourd’hui encore anéantie par cette histoire, raconte que son père l’a recherchée 17 ans durant. "À 65 ans, il est tombé à mes pieds. Il m’a dit : pourquoi tu m’as fait ça, pourquoi tu es partie", raconte-t-elle. Et de poursuivre : "je lui ai dit, papa, pourquoi m’as-tu abandonnée. Il m’a répondu : tu étais ma fille unique, pourquoi je t’aurais fait ça".
Maltraitance d'enfants : dénoncer des abus fait parfois plus de mal, selon des experts
Il a cité le cas d'un enfant qui avait d'abord accepté puis refusé, avec une certaine ambivalence, des jeux sexuels avec un camarade d'école. "Les parents ont porté plainte. Ca n'a servi à rien, au contraire: toute l'école était au courant et il s'est fait traiter de +pédé+ par les autres", a raconté le psychanalyste.
STRASBOURG (AFP) - Des spécialistes de l'enfance ont mis en garde contre les conséquences parfois désastreuses d'une dénonciation aux autorités dans les cas les moins graves d'abus sexuels et de maltraitance, lors d'un colloque médical vendredi à Strasbourg.
"Lorsqu'un tonton chatouille le zizi d'un enfant en âge préscolaire et que les faits ne se répètent pas, ça mérite un coup de gueule parce que c'est mal, mais pas d'être dénoncé dans l'heure au procureur de la République", a déclaré le psychanalyste belge Jean-Yves Hayez, professeur à l'Université de Louvain, lors des Journées nationales d'études des puéricultrices.
Lorsque des cas peu graves sont connus, l'universitaire préconise la fermeté contre l'auteur mais aussi la discrétion, reprochant aux institutions d'inciter les gens à trop faire confiance au droit pénal pour réparer le mal fait à un enfant, ce qui est une "illusion et une erreur".
Le droit de grâce collectif du président de la République rétabli par le Sénat
Le Sénat a rétabli aujourd'hui le droit de grâce collectif du président de la République prévu par la Constitution et qu'avait supprimé le projet de loi de réforme des institutions.
L'article 17 de la Constitution donne au président cette prérogative exclusive et personnelle qui lui permet de dispenser une personne condamnée de l'exécution de sa peine ou de commuer celle-ci en une peine moins lourde.
Traditionnellement, à l'occasion du 14 juillet, les présidents de la République accordaient collectivement des remises de peine pour éviter une surpopulation carcérale l'été. Nicolas Sarkozy a été le premier à ne pas appliquer cette grâce collective, l'an dernier.
Institutions : droit de grâce rétabli
Source : AFP, le Figaro, 20/06/2008
Robert Redeker s'est déclaré « déçu »
Le philosophe Robert Redeker s'est déclaré aujourd'hui dans le quotidien Sud Ouest déçu par le jugement condamnant à six mois de prison avec sursis et 750 euros d'amende l'homme qui l'avait menacé de mort à la suite une tribune critique envers l'islam dans Le Figaro.
"On peut se demander si un verdict d'une telle clémence n'est pas un encouragement pour ceux qui voudraient se livrer à ce type d'intimidation", s'interroge le philosophe.
Pour lui, "ce type de jugement fait peser un risque de banalisation des menaces de mort".
Pour Robert Dedeker, ce jugement est une déception car il est sans commune mesure avec "les épreuves" qu'il traverse depuis bientôt deux ans. "Je ne peux plus enseigner, j'ai vendu ma maison, je vis dans une résidence tenue secrète, mon épouse doit prendre des précautions, mon fils est en internat. Et je dois être protégé en permanence".
Menaces : Redeker déçu par le jugement
Source : AFP, le Figaro, 20/06/2008
Prisons : le principal syndicat de surveillants appelle à des actions
Le syndicat proteste également contre une circulaire diffusée le 5 juin dernier visant à étendre certains régimes de détention "sans pour autant qu'on ait des moyens supplémentaires pour appliquer cette directive", selon le secrétaire général du syndicat Jean-François Forget.
Pour l'UFAP, cette circulaire prévoit notamment "l'allongement des horaires de parloirs familles", le "maintien des parloirs pour les détenus au quartier disciplinaire", l'augmentation de la durée des promenades ou encore "le développement des activités sportives les week-ends et jours fériés".
"Nous ne sommes pas contre ces mesures, mais comment on fait pour les mettre en place sans avoir un seul surveillant supplémentaire? Le seul résultat va être de créer une nouvelle tension avec les détenus qui ne comprendront pas pourquoi on ne peut pas appliquer les mesures", a expliqué jeudi à l'Associated Press Jean-François Forget.
PARIS (AP) - Après les avocats, les magistrats ou encore les avoués, les surveillants de prisons se mobilisent à leur tour contre la politique de leur ministre de tutelle Rachida Dati. Leur principal syndicat, l'UFAP-UNSA, appelle à des rassemblements vendredi devant tous les établissements pénitentiaires de France pour dénoncer leurs conditions de travail, dans un contexte de surpopulation carcérale.






















