Archives pour: Août 2008
« Je vis dans un cauchemar », confie la mère de Valentin
PARIS (AP) - "J'en veux terriblement à l'homme à qui je l'avais confié d'avoir laissé mon fils aller comme cela dans la nuit", explique Véronique Crémault, la mère de Valentin.
Dans un entretien publié vendredi par "Le Parisien/Aujourd'hui en France", Mme Crémault précise qu'elle n'entretenait "aucune liaison avec ce monsieur": "Quand on garde l'enfant d'un autre, on redouble de vigilance", s'insurge-t-elle.
"Nous sommes passés par des crises conjugales, mais on a tenu bon et nous ne sommes pas séparés" avec son mari, assure la mère de Valentin, qui déplore qu'on ait "divulgué beaucoup d'informations fausses" sur son couple.
"Je suis une femme morte. Définitivement morte. Une partie de moi-même a été enlevée. Je vis dans un cauchemar", confie par ailleurs Mme Crémault.
Dans l'enquête en cours, les gendarmes, après avoir retrouvé les traces d'un ADN masculin autre que celui de l'enfant tué, ont auditionné puis relâché jeudi soir un jeune homme de 22 ans.
Le corps de Valentin avait été retrouvé mardi dans une rue de Lagnieu (Ain), lacéré d'une quarantaine de coups portés par un objet tranchant.
« Je vis un cauchemar »
VÉRONIQUE CRÉMAULT, mère de Valentin
leparisien.fr | 01.08.2008
Suicide d'un expert en anthrax alors que le FBI était sur le point de l'inculper
Le porte-parole du ministère de la Justice, le ministère de tutelle du FBI, s'est refusé à tout commentaire sur cette information publiée par le "Los Angeles Times".
WASHINGTON (LPC) - Un chercheur de haut niveau spécialiste de la maladie du charbon (anthrax) et travaillant pour la biodéfense américaine s'est apparemment donné la mort alors que le FBI enquêtait sur lui et était sur le point d'entamer des poursuites judiciaires contre lui dans l'affaire des courriers à l'anthrax qui avaient traumatisé le pays dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001.
Nous avons besoin des outrances de Siné, selon Jean-Marie Laclavetine
Point de vue
Nous avons besoin des outrances de Siné, par Jean-Marie Laclavetine
LE MONDE | 31.07.08 | Extraits
Bernard-Henri Lévy a raison : ce qui compte, ce sont les mots. La moindre des choses, quand on se livre à un réquisitoire aussi violent que le sien, serait donc de citer les phrases de Siné, afin de montrer l'évidence "odieuse, inexcusable, mortelle" de son fanatisme antisémite. Il s'en garde bien, et pour cause. S'il citait les phrases, le lecteur pourrait se rendre compte d'une autre évidence, pointée avec colère par Gisèle Halimi : dans un procès en justice, il n'y aurait strictement aucune chance pour que Siné, sur la base de ces lignes, soit condamné pour antisémitisme. La philosophie médiatique n'en est pas à une simplification ou un amalgame près pour frapper l'opinion. Inutile de discuter : on sait "ce que pensent les amis de Siné", ces "âmes glauques qui tripatouillent dans les histoires de sang, d'ADN, de génie des peuples, de race". De telles phrases n'appellent pas de réponse. Mais quelques commentaires, tout de même.
Il était prévisible que cette affaire suscite les récurrents effets de manche et sonneries de tocsin. Il n'y a là qu'un symptôme supplémentaire d'un triste état de fait : on ne respire plus, dans ce pays. La France pète de trouille, et ça ne sent pas bon. La poltronnerie de la plupart favorise l'autoritarisme de quelques-uns. Toute pensée, toute parole libres sont immédiatement soumises à un feu roulant d'intimidations, de condamnations ronflantes et sans appel. Comme le dit un proverbe japonais : "Le clou qui dépasse appelle le marteau."
... Comme le monde est devenu simple ! La vérité nous est assenée jour après jour par une armée de journalistes conformes et de penseurs autorisés, qui nous débitent à toute heure leurs discours identiques. Où est la presse libre ? Où est l'opposition ? Le seul quotidien estampillé de gauche consacre cinq pages à Carla Sarkozy pour la sortie de son disque, dont les chaînes publiques assurent la promotion. La presse satirique a trempé son esprit d'insolence dans les bénitiers communautaires. Pas un organe de presse, pas une chaîne de télévision qui soit désormais en état de faire entendre une voix discordante.
Siné, nous aurais-tu tous rendus fous?
Par Esther Benbassa, Rue89, 27/07/2008, extrait
Tout ce brouhaha autour de la liberté d’expression dénote au moins qu’en France on a encore envie de se battre pour les idées et les mots. Ce qui n’est pas si désagréable à constater. Surtout en cette saison plus propice à l’assoupissement intellectuel qu’aux joutes verbales. Ceci étant, la passion qui anime les défenseurs et les détracteurs de Siné – qui a eu le malheur d’écrire dans Charlie Hebdo : « Jean Sarkozy vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d’épouser sa fiancée juive et héritière des fondateurs de Darty. Il fera son chemin dans la vie ce petit » –, cette passion-là cache mal l’instrumentalisation à outrance, par différents « partis », d’une affaire d’un intérêt somme toute limité. Et au milieu de tout cela, des avocats convaincus de la liberté d’expression, les déçus de la gauche, ceux qui ont peur de Sarkozy et ceux qui simplement aiment à se faire peur…
Question de goût, Siné ne me fait pas rire, Charlie Hebdo non plus, et encore moins certains de ceux, de Philippe Val à Caroline Fourest, qui y écrivent, et dont le laïcisme militant est passablement irritant quand il se donne d’abord pour cible l’islam. Mais là aussi les heureuses exceptions ne manquent pas, bien sûr. Reste que la déliquescence de la gauche, la disparition des idéologies, le délitement des solidarités ouvrières, l’apparente absence de grandes causes qui mériteraient qu’on s’investisse font que chaque micro-affaire peut, du jour au lendemain, tourner au combat de titans, faire couler beaucoup d’encre et provoquer des dérives.
Ce qu’a écrit Siné n’est pas tout à fait net. Qualifier Siné d’antisémite l’est aussi peu. On accuse aujourd’hui avec de plus en plus de légèreté d’antisémitisme ceux avec qui on n’est pas d’accord. Surtout lorsqu’il s’agit du conflit israélo-palestinien. À force de brandir à tout bout de champ cet épouvantail, on ne sait plus qui est vraiment antisémite et qui ne l’est pas. Un brouillage qui au lieu d’éradiquer le mal l’entretient, en occultant les vrais antisémites.
Qui donc est à l’abri ?
Qui peut prétendre aujourd’hui qu’il ne sera pas un jour taxé d’antisémitisme ? Tout glissement de langage peut charger d’infamie celui qui l’a commis. Est-ce qu’on dira de Laurent Joffrin, directeur de Libération, qu’il est antisémite parce qu’il utilise le mot de « race » en parlant des Juifs dans son article publié le 25 juillet dans son journal, pour défendre Philippe Val ? Dans un autre contexte, il se serait sûrement trouvé des gens pour lui intenter, avec ça, un procès.
Affaire Siné
Joffrin corrigé par ses lecteurs
Par LEXPRESS.fr, le 25/07/2008, extrait
Le directeur de Libération, Laurent Joffrin, a rectifié sur Internet son texte sorti ce vendredi 25 juillet sur l'affaire Siné. Il y utilisait le mot "race" pour désigner la communauté juive. Sur le site du journal, "race" est remplacé par "communauté" et "origine".
Laurent Joffrin utilise Internet à bon escient: il y corrige ses propos à la suite de réactions d'internautes choqués. On pouvait lire dans les pages "Rebonds" de Libération de ce vendredi les phrases suivantes: "attaquer une religion n'est pas attaquer une race" et "on choisit sa religion, on ne choisit pas sa race". Sur Internet, les propos deviennent: "attaquer une religion n'est pas attaquer une communauté" et "on choisit sa religion, on ne choisit pas son origine".
Choqué par Siné, Joffrin choque ses lecteurs
Le directeur rectifie sa maladresse en ajoutant une note en bas de son texte où il y reconnaît qu'employer le mot "race" n'était pas très judicieux: "Plusieurs lecteurs ont été choqués par l'emploi du mot 'race' dans le texte. Ce mot est mal choisi. Communauté ou origine sont plus justes. Ces termes sont utilisés dans la version du texte en ligne sur notre site. LJ".






















