February 14, 2008

Les Français condamnent à 82% le comportement privé de Sarkozy


Au dîner annuel du CRIF, le président de la République a souhaité "ouvrir les enfants à la dimension de Dieu"
LE MONDE | 14.02.08 | Extrait

En réponse, le chef de l'Etat, évoquant le nazisme et le communisme, a développé l'idée que "le drame du XXe siècle n'est pas né d'un excès de Dieu mais de sa redoutable absence. Il n'y a pas une ligne de la Torah, de l'Evangile ou du Coran, restituée dans son contexte et la plénitude de sa signification, qui puisse s'accommoder des massacres commis en Europe au cours du XXe siècle au nom du totalitarisme et d'un monde sans Dieu".

Par ailleurs, s'il s'est félicité que l'enseignement public de la morale religieuse ait été abandonné, le chef de l'Etat, pénétrant un terrain privé, a défendu l'idée que "nos enfants aient aussi le droit de rencontrer à un moment de leur formation intellectuelle et humaine des religieux engagés qui les ouvrent à la question spirituelle et à la dimension de Dieu". Il a aussi annoncé son souhait de voir confier à chaque élève de CM2 la mémoire de l'un des 11000 enfants français victimes de la Shoah, à la rentrée 2008, dans le cadre de la lutte contre l'antisémitisme. Cette proposition suscite un accueil réservé de la part des enseignants. Le syndicat UNSA-SE la qualifiait jeudi matin "d'ânerie morbide".

PARIS (Reuters) - Une large majorité de Français (82%) juge que le comportement de Nicolas Sarkozy concernant sa vie privée ne correspond pas à l'idée qu'ils se font d'un président de la République, indique un sondage Opinionway pour Le Figaro et LCI.

Les électeurs ayant voté pour le candidat centriste François Bayrou à la présidentielle sont les plus sévères (94%), juste devant les partisans de Ségolène Royal (92%).


Les Français ayant voté Sarkozy en avril et mai derniers réprouvent eux aussi à 65% l'attitude du chef de l'Etat dans sa vie privée.

Le sondage a été effectué par internet les 13 et 14 février auprès d'un échantillon de 998 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

PARIS (AFP) - Après la lecture de la lettre de Guy Môquet, la demande de Nicolas Sarkozy que chaque élève de CM2 perpétue la mémoire d'un des 11.000 enfants déportés de France et victimes de la Shoah soulève les critiques du monde éducatif qui souligne les "risques psychologiques" pour les élèves.

A partir de la rentrée 2008, chaque élève de CM2 devra connaître le nom d'un enfant mort en déportation: il devra faire "une petite enquête sur la famille, le milieu, les circonstances dans lesquelles l'enfant a disparu", a précisé jeudi Xavier Darcos, le ministre de l'Education nationale.

"Cette relation personnelle, affective pourra ensuite permettre de construire un travail pédagogique", a-t-il estimé alors que l'enseignement de la Shoah est aux programmes du CM1 et CM2.

Le SE-Unsa s'est dit "particulièrement choqué" de cette initiative, posant la question: "A-t-on réfléchi à l'impact psychologique possible sur les élèves?".

"Il y a le risque que l'élève ait un sentiment de culpabilité pour le destin d'un élève duquel il n'est aucunement responsable", a affirmé à l'AFP le Snuipp-FSU (enseignants, majoritaire au primaire), tandis qu'au Sgen-CFDT, on soulignait le danger du "développement d'une certaine morbidité" chez certains enfants.

Un pédopsychiatre confirme: "Je suis totalement contre l'idée de porter de manière individuelle ce genre de poids: c'est beaucoup trop lourd à cet âge-là, les enfants ne sont pas prêts. En revanche c'est un travail qui peut être fait collectivement, en classe", a déclaré Frédéric Kochman, qui dirige une unité pour pré-adolescents et adolescents à l'hôpital EPSM de Lille.

"Il ne faut pas que l'enfant en retire une culpabilisation", a déclaré à l'AFP le président du Conseil Représentatif des Institutions Juives de France (Crif), Richard Prasquier, qui conçoit cette initiative "plutôt dans son aspect pédagogique que comme un devoir de mémoire".

Après la demande de Nicolas Sarkozy de faire lire la lettre du jeune résistant communiste fusillé Guy Môquet, le 17 octobre dans tous les lycées, les syndicats d'enseignants s'iritent de ce qu'ils perçoivent comme une nouvelle "injonction" du président: "les collègues en ont assez", selon le Sgen-CFDT.

Le SE-Unsa déplore que le président vienne "se situer à nouveau sur le terrain de l'émotion, après l'épisode de la lettre de Guy Môquet", au détriment de la compréhension d'un contexte.

"Chaque fois qu'un événement attire l'attention d'un homme politique, il se croit obligé de le renvoyer devant l'école. Il serait bon de laisser faire les enseignants et de leur faire confiance pour transmettre le devoir de mémoire", a déclaré Bernard Kuntz, du Snalc-Csen, classé à droite.

Message entendu par le ministre: il a reconnu que l'idée était "un peu normative" et promis de ne pas "mettre un policier dans chaque classe de CM2".

Il a confié à Hélène Waysbord-Loing, présidente de l'Association de la Maison d'Izieu, une mission "en vue d'élaborer les documents pédagogiques valorisant ce travail confié aux enseignants du primaire".

Côté parents d'élèves, Faride Hamana, de la FCPE, a jugé "l'approche proposée intéressante dans la mesure où il y a un travail de fond réalisé par les enfants", mais a estimé que la demander à 10 ans était "un peu tôt: il vaudrait mieux le faire au collège".

Le président du Crif a quoi qu'il en soit qualifié d'"importante" la décision de Nicolas Sarkozy, car, a-t-il dit, elle "répond à notre préoccupation d'agir le plus tôt possible parce que les comportements antisémites débutent très tôt".


- Cette proposition suscite un accueil réservé -


Posted 15 years, 8 months ago on February 14, 2008
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