July 9, 2006

Université d'été au mémorial de la Shoah

Le mémorial de la Shoah organise une université d'été du 9 au 13 juillet 2006. Je m'y suis rendu ce matin, après avoir distribué des tracts à Nanterre, devant le tribunal pour enfant, et à Paris, tel que devant le ministère de la justice ou le ministère de la famille.

Mercredi 12, entre 16h30 et 17h00, cette formation propose trois ateliers dont l'un doit être consacré au sauvetage des enfants.


En France, de nombreuses associations, Eglises et hôpitaux se sont historiquement consacrés aux enfants, s'occupant par exemple des 150 000 pupilles de la nation à la fin du 19ième siècle. L'OREAG a ainsi été crée en 1889 afin de protéger les enfants abandonnés ou délaissés de la Gironde.

D'autres associations telle que celle de l'OSE France ont été crées avant-guerre afin de s'occuper plus spécifiquement de jeunes enfants d'origine allemande, polonaise ou autrichienne, partis précipitamment et séparés de leur famille. L'OSE oeuvre historiquement en direction des populations juives défavorisées, l'association fut en effet fondé en Russie, en 1912, par un groupe de médecins pour secourir et soigner des populations juives déshéritées ou pourchassées par les pogroms.

Durant la guerre, sous Vichy, sur pression des nazi, les oeuvres d’entraide et d’assistance juives ont été regroupés en une seule organisation. Ces associations ont d'abord continué leur travail à visage découvert puis ont également entamé un travail clandestin de protection des enfants juifs, cherchant à les placer dans des familles d'accueil en territoires non occupés, en Suisse ou en Espagne.

Au lendemain de la guerre, toutes les associations ont eu le souci de ne pas laisser les enfants qu'elles avaient sauvés aux soins de l'assistance publique ou de leurs familles d'accueil. Les associations ont en effet cherché à récupérer les enfants qu'elles venaient de disperser et ont créé pour eux des lieux de vie spécifiques afin de leur donner une éducation et une formation pratique, de leurs offrir une émancipation. Même les plus petites associations souhaitait rester fidèles à ceux qui sont morts sans sépulture, en créant pour leurs enfants des lieux de vie spécifiques à leurs cultures, notamment juive. Se posait alors une question d'ordre identitaire qui a été critiqué à l'occasion d'un congrès, à la fin de l'été 1945, à Zurich, car ces regroupements ont été perçu par certains comme une forme de discrimination à l'envers.


Depuis, ces mêmes associations sont agrées, sont subventionnées et travaillent avec les régions ainsi qu'avec le ministère de la justice. Le ministère public leurs délégue des missions telles que d'investigation ou d'arbitrage, des missions éducatives en direction des familles et des enfants. Le ministère public leurs délégue aussi des missions de garde des enfants, d'organisation ou de suivis de placements d'enfants en famille d'accueil. Ces associations et services interviennent dans le cadre de la protection de l'enfance ou lorsqu'un conflit oppose les adultes, tel qu'à l'occasion d'un divorce ou d'une séparation.

L'aide sociale est en effet depuis longtemps un dispositif complexe qui ne se résume pas qu'à aide sociale à l'enfance (L'ASE, précédemment la DDASS ou l'assistance publique).

Lorsqu'on s'intéresse à ce dispositif dans son ensemble, il est possible de prendre la mesure de la violence dont il est historiquement empreint, qu'elle soit le fait de la misère, de persécutions, de guerres, de la Shoah ou, aujourd'hui, de conflits et de difficultés que ces services imputent volontier sinon systématiquement aux familles. On peut également prendre la mesure de l'arbitraire qui reigne au sein de ce dispositif par la lecture de faits divers, de situations vécues, de rapports ministériels ou de travaux indépendants. Dans divers dossiers on peut également s'appercevoir que l'institution et ces associations jouissent d'une certaine réputation pour leurs actions positives accomplies par le passé, notamment en direction de l'enfance. A partir de là, toutes sortes de dérives sont aujourd'hui du domaine du possible sous couvert d'une aura, y compris d'utilité publique. Parmis ces dérives, il y a par exemple les décisions judiciaires plus graves, motivées par l'inaction ou par l'inadéquation des services précédemment missionnés. L'absence de normes et de contrôles de l'institution et de ces associations leur permet même, à l'extrème, de disposer librement des enfants.


De ma lettre à la HALDE d'avril dernier, restée morte :

Les grands parents maternels de ma fille aînée sont nés en allemagne et ont fait la guerre aux côtés des nazis. Dans le cadre de mesures d’assistance éducative, le juge pour enfant de Nanterre a confié toutes les mesures d’investigations puis, ensuite, la garde de ma fille aînée à l’Oeuvre de Secours aux Enfants France (l’OSE). Or l’OSE est une association qui oeuvre historiquement et principalement en direction des populations juives défavorisées, catégorie socio culturelle et cultuelle à laquelle ma famille n’appartient pas.

Fin décembre 2004, suite aux déclarations de ma fille aînée, j’ai porté plainte contre inconnu pour discrimination raciale. Je n’ai pas connaissance de suites à cette plainte ni d’ailleurs à d’autres plaintes ou mains courantes pour des violences volontaires, des faits tels que des défauts de soins ou des privations de sommeil (…) dont a souffert ma fille aînée lorsqu’elle était placée dans l’établissement gardien de l’OSE.

Depuis le 4 novembre 2005, du fait, entre autres, des rapports et des allégations des travailleurs sociaux de l’OSE, tous mes droits d’hébergement, de visite et de correspondance avec ma fille aînée ont été suspendus. Peu après, le juge pour enfant de Nanterre a confié la garde de ma fille aînée à une famille d’accueil, en Alsace.


Du tract que je distribue depuis le mois de juin :

Des enfants retenus aux Pays-Bas
L'Humanité, 21 septembre 1994

A l’origine de l’affaire, deux associations caritatives - le Cercle des amis et les Semeurs de joie […]. Dans les Yvelines, un adolescent, aujourd’hui âgé de seize ans, n’a jamais été rendu à ses parents par un couple de Néerlandais qui l’avait accueilli pour les vacances, il y a douze ans. Le couple affirme avoir obtenu l’autorisation des parents pour adopter l’enfant. Récemment, un autre couple a justifié son refus de laisser repartir, début septembre, deux des quatre fillettes de Vitry […] à l’issue d’un séjour de deux mois aux Pays-Bas, en affirmant que celles-ci étaient maltraitées par leur famille.

« Il n’y a pas d’éléments qui nous permettent d’affirmer que ce sont des enfants maltraitées », indique-t-on au parquet de Créteil.

Posted 6 days, 8 hours ago on July 9, 2006
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