May 12, 2006

La belgique sous le choc

BRUXELLES (AP) - La Belgique était sous le choc vendredi après le meurtre gratuit d'une femme noire et de l'enfant blanc dont elle était la nourrice. Un événement qui survient peu de temps après l'assassinat d'un jeune pour lui voler son baladeur, à la suite duquel les Maghrébins avaient été faussement montrés du doigt.

Plusieurs centaines de personnes ont défilé en silence vendredi matin dans les rues d'Anvers, au lendemain du double crime commis par un jeune homme de 18 ans présenté par les autorités comme un skinhead. L'individu, connu pour ses sympathies d'extrême droite, venait de faire l'acquisition d'un fusil.

Selon les premiers éléments de l'enquête, le meurtrier présumé s'est rendu dans le centre historique avec son arme et a ouvert le feu sur les personnes qui n'étaient pas de couleur blanche, tuant une Malienne et, sans le vouloir, l'enfant blanc qu'elle gardait. Il a aussi blessé grièvement une femme d'origine turque qui passait par là.

Blessé à son tour au ventre par un policier qui le sommait de déposer son arme, l'agresseur a été arrêté et transporté à l'hôpital, où il a été interrogé par la police et inculpé vendredi de meurtre avec préméditation.

"Le suspect a déclaré qu'après avoir acheté un fusil de chasse et des munitions, il avait délibérément recherché des personnes d'origine étrangère dans le but de les abattre", a expliqué Dominique Reyniers, porte-parole du parquet d'Anvers.

"Maintenant, on tire sur les Noirs uniquement parce qu'ils ont la peau sombre", s'est indignée Ngounda Demba, proche de la nourrice tuée, alors que des manifestations se formaient en divers points de la Belgique pour dénoncer la nature raciste du crime.

Le jeune avait récemment été expulsé de son établissement scolaire pour avoir fumé dans les locaux et s'était fendu d'une lettre d'adieu. Malgré son attitude extrémiste, nul ne pouvait imaginer qu'il irait jusqu'à semer la mort.

"Chacun dans notre pays doit savoir ce à quoi peut conduire un climat d'intolérance", a souligné le Premier ministre Guy Verhostadt en commentant à chaud ce double crime.

Les violences contre des personnes de type non-caucasien sont en nette augmentation en Belgique depuis qu'un jeune a été tué le mois dernier pour son lecteur MP3. Ses meurtriers présumés ont d'abord été présentés comme des Maghrébins alors que rien ne permettait de l'assurer. La police a finalement appréhendé deux suspects... polonais.

Depuis ce crime, les incidents à connotation raciste remplissent la rubrique faits divers des médias belges. Les chaînes de télévision ont ainsi diffusé des images de caméras de surveillance montrant un homme noir roué de coups dans une station-service bruxelloise parce qu'il n'avait pas déplacé son véhicule suffisamment rapidement. La victime est aujourd'hui paralysée et partiellement aveugle.

Un homme d'origine africaine est lui tombé dans le coma après un passage à tabac devant un bar fréquenté par l'extrême droite; trois crânes rasés ont été arrêtés. Un incendie suspect a par ailleurs ravagé un foyer de travailleurs africains.

"Ca ne peut pas aller plus mal", a constaté le maire d'Anvers, Patrick Janssens. "On ne peut pas comprendre que cela arrive en plein jour à Anvers."

Le port est un bastion du parti d'extrême droite Vlaams Belang (Intérêt flamand), l'ex-Vlaams Blok (Bloc flamand), qui a lui aussi condamné le double meurtre de jeudi à quelques mois des élections municipales d'octobre. "Notre parti est choqué par ces événements que rien ne justifie", a réagi son président Frank Vanhecke, appelant à "la sanction la plus sévère contre le meurtrier."

Le suspect entretenait cependant des relations indirectes avec le Vlaams Belang. "Le seul lien qu'il avait avec nous est que certains de ses proches sont membres du parti", a un porte-parole de la formation. "Lui-même n'avait jamais assisté à aucune réunion et n'était pas adhérent." AP

Vaste purge anti-corruption dans l'administration russe

MOSCOU (Reuters) - Des têtes sont tombées vendredi dans les hautes sphères de l'administration russe, deux jours après que le président Vladimir Poutine eut déclaré qu'il ne tolèrerait plus aucune corruption dans la fonction publique.

Dix hauts responsables, dont trois généraux, ont été limogés des Services de sécurité fédéraux (FSB), du ministère de l'Intérieur et des services du procureur général, soit un remaniement d'une ampleur que la Russie n'avait pas connue depuis des années.

"Il n'est pas innocent que les limogeages d'aujourd'hui interviennent après que le président eut jugé dangereux que les bureaucrates et les hommes d'affaires en prennent trop à leur aise (...), allusion à la corruption", a déclaré Oleg Morozov, un député proche du Kremlin, à l'agence de presse Interfax.

Poutine a tenu ces propos mercredi, lors d'un discours à la nation. "Tout milliardaire et tout fonctionnaire, quel que soit son rang, doit savoir que l'Etat ne se contentera pas d'observer tranquillement ses activités s'il utilise ses relations pour faire des profits illégaux", a-t-il déclaré.

La corruption et l'abus de pouvoir, qui freinent les échanges avec la Russie et effraient les investisseurs, ont été un casse-tête pour tous les gouvernements de l'ère post-soviétique.

DES CAMPAGNES INEFFICACES

Par le passé, le gouvernement a mis l'accent sur des campagnes de lutte contre la corruption qui n'ont eu que des résultats limités. En réalité, depuis l'arrivée de Poutine au pouvoir il y a six ans, la corruption s'est aggravée dans l'administration publique.

Le discours de Poutine intervenait après les arrestations de plusieurs hauts responsables des douanes, accusés par Poutine d'avoir "privatisé les frontières". Les douanes font également l'objet d'une réorganisation, avec la nomination à leur tête d'un ancien du KGB, Andreï Belianinov.

D'après les agences de presse russes, qui citent une source au sein des services de sécurité, une vingtaine de responsables des douanes font l'objet d'enquêtes pour des faits de corruption et d'abus de pouvoir.

Jeudi, Poutine avait placé les douanes sous le contrôle direct du Premier ministre Mikhaïl Fradkov. Elles dépendaient jusqu'alors du ministre de l'Economie, le libéral German Gref, qui s'est plusieurs fois heurté à Fradkov quant à l'orientation économique du pays, ce dernier prônant un plus grand contrôle étatique.

Aucune explication n'a été fournie pour justifier ces différents limogeages. Aucun responsable du parquet et du ministère de l'Intérieur n'a pu être contacté dans l'immédiat.

Par ailleurs, Sergueï Mironov, président du Conseil de la Fédération - la chambre haute du parlement - a demandé à ce dernier de révoquer les mandats de quatre parlementaires.

Les membres du Conseil sont nommés et jouissent d'une immunité judiciaire. On ignore dans l'immédiat si la demande formulée par Mironov est liée au remaniement opéré au sein de la haute fonction publique.

Mais qu'est ce que l'impartialité ?

Conférence de M. Jean GERONIMI lors de la session de formation
"la place de la justice dans les sociétés démocratiques" (2 - 5 Novembre 1999)

Intervention du 4 novembre 1999 à l'École Nationale de la Magistrature

Extraits :

Sujet vaste, certes, mais aussi important, en raison du principe qui est en jeu et de l'actualité dont il est l'objet.

Si vous avez lu "Le Monde" de jeudi dernier vous avez constaté, comme moi, qu'une partie du Congrès appelé à modifier la Constitution sur la composition et les attributions du Conseil Supérieur de la Magistrature en vue d'accroître l'indépendance des magistrats, entend subordonner son vote à la mise en place d'un régime organisant une véritable responsabilité des juges. Ce ne sont pas les évènements du début de cette semaine qui auront modifié cette intention et je suis persuadé que nous ne sommes pas les seuls, ce matin à débattre de la question.

Le juge rassure les uns, mais fait peur aux autres qui constatent, exemples à l'appui, qu'il peut ruiner une vie en commettant une erreur qui n'aura pour lui-même aucune conséquence. II va, par exemple, sanctionner par la prison, parfois préventive, la négligence ou l'inattention qui ont causé un accident, mais sa propre inattention dans la même procédure ne lui vaudra aucun ennui, alors pourtant qu'elle est de même nature.

Certes, ce sont les "affaires" impliquant la classe politique, et, tout particulièrement les mises en examen de personnalités prononcées par les juges d'instruction et assorties parfois d'une mise en détention provisoire, qui sont à l'origine du débat et de sa tournure polémique. L'accusation d'irresponsabilité n'est donc pas neutre. Il reste que la question est posée, qu'elle ne peut être, ni traitée par le mépris, ni même ignorée, et que les magistrats ont le devoir de l'affronter dans une réflexion empreinte de sérénité et exempte de corporatisme.


...

Si je ne pouvais disposer que d'un seul mot je dirai que l'impartialité c'est la neutralité ; mais un homme - et fort heureusement la justice est rendue par les hommes - peut-il véritablement prétendre à la neutralité alors qu'il est conditionné par son passé, par son environnement, par ses convictions ? Plus réaliste apparaît l'analyse d'Anne-Marie FRISON-ROCHE, professeur de droit à l'université Paris-Dauphine, pour qui l'impartialité c'est "l'aptitude - et j'ajouterai, la volonté - du juge à être convaincu d'un fait par un argument, une interprétation juridique qu'on va lui proposer". L'impartialité, c'est le refus du préjugé, ce qu'elle interdit, "ce n'est pas d'aborder le débat avec une opinion, c'est de ne pas vouloir en changer, c'est d'être, dès le départ, hors de portée du débat".

Ainsi définie, l'impartialité renvoie au for intérieur et à la conscience du magistrat, mais peut-on reprocher au justiciable qu'il hésite à s'en remettre aveuglément à la conscience de son juge ? Assurément non, et c'est pourquoi le législateur, aussi bien français qu'européen, exige, pour garantir autant qu'il se peut l'impartialité du juge, que celui-ci observe, dans sa démarche décisionnelle, un certain nombre de règles qui définissent les incompatibilités, le caractère contradictoire du débat, et, surtout, la motivation des jugements et des décisions de classement sans suite.

La motivation est l'une des plus importantes obligations faites au juge pour démontrer son impartialité. Elle l'oblige à donner la preuve, par la retranscription des arguments échangés, qu'il a été à l'écoute des parties et qu'il n'a pas occulté une partie du débat susceptible de déranger son a priori. La motivation contraint le juge à se justifier, ce qui évite qu'il donne libre cours à ses préjugés. Elle oblige à l'impartialité. Les parties au procès, mais aussi les tiers, peuvent s'assurer de la pertinence de la décision au regard des arguments échangés.

De l'ensemble de ces règles il résulte que, pour reprendre l'excellente formule d'Anne-Marie FRISON-ROCHE, "l'impartialité doit se donner à voir". Si elle n'est pas visible alors le doute pourra s'installer qui tuera la confiance. Cette nécessité des apparences, que rappelle de plus en plus la Cour Européenne des Droits de l'Homme, doit être la préoccupation constante de tout magistrat. Chaque juge, chaque procureur doit se poser cette question : je me sens juste, mais est ce que mon comportement, hors du débat ou dans le débat, ne conduis pas à douter que je le suis ?

En conclusion de ce qui vient d'être dit je pense qu'il serait inexact d'affirmer que, dans son action, le magistrat est exempté de toute responsabilité. Le système, en tout cas, le conduit à faire preuve de responsabilité. Mais s'il y manque quelles en sont les conséquences pour lui comme pour le justiciable ?

May 7, 2006

Le péril jaune

Le Péril jaune, 7 novembre 2005
par Régis Poulet

En ce début de XXIe siècle, nos oreilles sont rebattues de mises en garde, de propos alarmistes relatifs au danger que l’Asie ferait courir à l’Occident dans les domaines économiques, sociaux voire culturels. Cela fait plus d’un siècle que le Péril jaune est brandi régulièrement. Examinons-en l’origine, les caractéristiques et tentons de comprendre ce qu’il révèle des représentations occidentales.

PARIS (AFP) - Les responsables de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), qui a ouvert son congrès annuel vendredi au Bourget (Seine-saint-Denis), jugent que l'Islam n'est pas assez aidé en France et ont axé leurs travaux sur les difficultés des musulmans à vivre leur religion au quotidien.

"Les embûches sont multiples. Mais, nous nous réjouissons des avancées faites grâce aux mairies, aux pouvoirs publics qui protégent mieux le culte musulman, aux efforts des musulmans. Mais l'environnement n'est pas adapté à l'islam, deuxième religion de France et les lois, comme celle de 1905, ont été conçues pour d'autres", a expliqué vendredi Lhaj Thami Breze, président de l'UOIF.

"Pour venir à la prière le vendredi, pour célébrer leurs fêtes, les musulmans rencontrent maints obstacles. Et nombre de chefs d'établissement interprètent abusivement la loi de mars 2004 sur les signes ostensibles à l'école, pour aggraver la souffrance des filles musulmanse, leur interdire toute tenue vestimentaire qui leur déplairait", ajoute-t-il.

Un des thèmes de la réunion sera l'islamophobie, "préoccupante" selon l'UOIF. "Les propos de Philippe de Villiers disant que l'islam était incompatible avec la République sont aberrants. Mais ce qui nous inquiète, c'est la facilité avec laquelle les médias les reprennent. Personne ne l'oserait avec d'autres religions", assure M. Breze.

Le projet de loi sur l'immigration de Nicolas Sarkozy -qui avait, en 2003 participé à l'assemblée- "nous inquiète pour sa méthode", dit M. Breze. "Ce problème ressurgit avant la présidentielle. C'est l'irrationnel qui va dominer. Or, l'immigration est un problème mondial, lié au développement, à la répartition des richesses, à la colonisation", dit-il.

Aucune personnalité politique de premier plan n'est attendue à ces journées, qui se terminent lundi et où les organisateurs attendent 120.000 visiteurs. Mais la députée UMP Christine Boutin, qui affiche son catholicisme, débattra du "vivre ensemble" avec avec des responsables musulmans et des élus locaux. L'humoriste Dieudonné, "dans le cadre de sa campagne présidentielle", s'y rendra aussi lundi.

Parmi les invités figure Hani Ramadan, dirigeant du Centre islamique de Genève, frère de Tariq Ramadan et petit-fils du fondateur des Frères musulmans égyptiens Hassan al-Banna. En 2002, il avait fait scandale en défendant l'application de la charia et la lapidation des femmes adultères. Il avait été ensuite licencié de son poste d'enseignant de français par le gouvernement genevois.

La Palestine sera au coeur des débats. Le chef des tribunaux religieux palestiniens cheikh Tayssir al-Tamimi s'exprimera sur "la Palestine, tragédie d'un peuple".

Un autre conférencier attendu est contesté: Hassan Iquiousssen, qui avait en 2003, dans une cassette intitulée "Palestine, histoire d'une injustice", tenu des propos dénoncés comme antisémites par des organisations juives.

L'UOIF, généralement située dans la mouvance des Frères musulmans, est l'une des principales fédérations de mosquées en France au sein du Conseil français du culte musulman (CFCM).


LE BOURGET (AFP), extrait - Le président d'honneur des JMF, Hassan Iquioussen, a demandé aux jeunes d'être "plus assidus dans la pratique religieuse". "Faisons des efforts pour jeûner, ce qui peut nous aider à dominer nos passions, nos pulsions", a-t-il dit, très applaudi par une assistance très sage, où une majorité des femmes portaient le foulard.

"On peut vivre pleinement sa religion dans une société non musulmane, cela signifie que ce ne sont pas les autres qui doivent faire l'effort de venir vers nous, c'est nous qui devons faire l'effort d'aller vers eux et de retrouver notre place", a déclaré l'écrivain Malika Dif.

De son côté, Hani Ramadan, qui dirige le Centre islamique de Genève -frère aîné de Tariq Ramadan et petit-fils du fondateur des Frères musulmans, Hassan al-Banna- a critiqué "l'image défigurée que l'on donne de l'islam" dans les sociétés occidentales.

Il a affirmé que le fait pour les femmes "de se couvrir" était "une obligation, qui venait de la révélation divine".

Des chrétiens et des politiques, moins nombreux que les années précédentes, sont venus au Bourget. Samedi soir, Christine Boutin, députée UMP des Yvelines, a appelé au dialogue, se déclarant "catholique pratiquante".

Le député UMP Eric Raoult - venu comme d'autres élus de Seine-Saint-Denis, UMP, UDF, socialistes ou communistes- a expliqué que la question du culte musulman était "très importante et pourrait être débattue à la présidentielle" de 2007. Il s'est prononcé "pour un assouplissement" de la loi de 1905. "L'islam est devenu la première religion en Seine-Saint-Denis", a-t-il affirmé.

May 5, 2006

Les recapés sont étonnés

COLMAR, Haut-Rhin (Reuters) - Invités à s'exprimer devant le tribunal correctionnel de Colmar, les rescapés de la catastrophe aérienne du mont Sainte-Odile se sont étonnés qu'aucun responsable des secours n'ait été mis en examen.

"Je pense que parmi les prévenus, il manque certaines personnes, notamment celles qui ont organisé les secours", a déclaré vendredi Nicolas Skourias, le seul des neuf survivants, avec Melissande, un bébé de 13 mois, à être sorti indemne d'un accident qui a fait 87 morts le 20 janvier 1992, en Alsace.

Quatorze ans après, un contrôleur aérien et cinq anciens dirigeants d'Airbus Industrie, de l'ex-compagnie Air Inter (aujourd'hui Air France) et de la DGAC (Direction générale de l'aviation civile) sont jugés depuis mardi pour "homicides et blessures involontaires".

"Je trouve inadmissible qu'à 19 km de la tour de contrôle (de l'aéroport de Strasbourg), on mette quatre heures et demie à nous trouver. Il me paraît aberrant que des civils et des journalistes localisent l'épave de l'avion avant les secours", a ajouté ce gestionnaire de fortune.

Le juge d'instruction avait estimé qu'aucune faute pénale ne pouvait être retenue contre l'organisation des secours, dirigée par la préfecture et la gendarmerie.

Les militaires avaient attendu trois heures pour ratisser le terrain en raison d'un "manque d'effectifs", mais n'avaient pas songé à associer les sapeurs-pompiers ni les civils volontaires et avaient même refusé le concours des CRS.

"INCONCEVABLE"

"Que la mauvaise organisation des secours ne présente pas de faute pénale, c'est une chose, mais qu'une fois l'épave découverte, on ne soit pas capable de faire monter immédiatement des médecins, des brancards et des équipements médicaux, c'est inconcevable", a ajouté Laurence Lachmann.

Victime de contusions et de plaies diverses à la face et aux membres ainsi que d'une luxation à l'épaule, c'est à dos d'homme et "sans couverture" que cette jeune femme a été redescendue, après cinq heures dans la neige, par moins 10 degrés.

Jean-Noël Chatre raconte à son tour : "Pourquoi suis-je arrivé à l'hôpital à quatre heures du matin alors que j'avais quitté le mont Sainte-Odile à une heure ?".

Pierre Lota poursuit. "J'ai entendu des cris, des appels à l'aide, au secours, et ça je ne l'ai pas oublié. Je pense que ça a duré longtemps et que si les secours étaient arrivés plus tôt, il y aurait eu des vies sauvées", lâche calmement ce technicien retraité.

L'autopsie médico-légale avait conclu qu'aucune des personnes décédées n'aurait pu être sauvée au delà de deux heures après l'accident.

Jeudi, en fin d'audience, l'un des prévenus, Jacques Rantet, était venu au secours des victimes.

"Je n'ai jamais compris qu'on ne retrouve pas l'épave plus tôt, nous avons su immédiatement qu'il s'agissait du mont Sainte-Odile", a dit l'ancien directeur de l'exploitation aérienne d'Air Inter, sous les applaudissements des parties civiles.

May 3, 2006

Un petit chemin qui sent la gâchette

Près d'Orléans, un petit chemin qui sent la gâchette
Un châtelain peut-il annexer un chemin appartenant à une commune, au prétexte qu'il traverse sa propriété? C'est ce qu'a fait Georges Tranchant, ancien élu RPR et propriétaire de casinos, lorsqu'il a clôturé son vaste domaine. La municipalité du Moulinet-sur-Solin mène la résistance.

Par Mourad GUICHARD
mercredi 03 mai 2006, extrait :

Le combat est resté verbal et judiciaire, mais certains membres de l'association préviennent:
«Jusque-là, nous avons été gentils. Mais qu'il ne nous pousse pas à bout.» Des menaces à peine voilées qui situent le niveau du ras-le-bol. «Nous sommes revenus deux siècles en arrière», se lamente Nadine Cosnard. «Cet homme est un procédurier. Il sait bien que, financièrement, nous ne pourrons pas tenir bien longtemps.» Georges Tranchant n'en a cure: «J'ai fait tomber et envoyer Bernard Tapie en taule (au début des années 90, ndlr), ce n'est pas un petit conseil municipal qui va me faire peur !»
Face à cet argumentaire imparable, certains regrettent à voix basse: «En Corse, cette affaire aurait été réglé depuis longtemps.»

Crash de l'A320 : témoignages douloureux


SOTCHI (AFP), extrait - Les secouristes russes ont repêché mercredi soir près de la moitié des corps des 113 personnes tuées dans le crash d'un Airbus de la compagnie arménienne Armavia en mer Noire et continuaient de chercher les boîtes noires de l'appareil.

L'A320, qui assurait la liaison Erevan-Sotchi, transportait 113 personnes, dont huit membres d'équipage et six enfants. Il s'est abîmé à cinq kilomètres de Sotchi, dans la nuit de mardi à mercredi, sans laisser de survivants.

Selon les autorités russes, qui ont exclu un acte terroriste, la catastrophe est due à de "mauvaises conditions météorologiques" et à une "mauvaise visibilité". Les enquêteurs doivent encore évaluer la part de l'erreur humaine ou de la défaillance technique.

COLMAR, Haut-Rhin (Reuters), extrait - Les proches des 87 victimes de la catastrophe aérienne du mont Sainte-Odile en 1992 ont dit leur souffrance mais aussi leur attente que des responsabilités soient enfin établies au terme du procès.

"Ce matin du 20 janvier 1992, mon papa m'a dit 'A ce soir', et voilà, ça fait 14 ans que j'attends qu'il rentre. Du haut de mes sept ans, j'avais du mal à comprendre qu'il ne tienne pas ses promesses", a raconté Julie Schultz, au deuxième jour du procès devant le tribunal correctionnel de Colmar.


COLMAR (AP), extrait - Au deuxième jour du procès de la catastrophe aérienne du Mont Sainte-Odile en 1992, les familles des 87 personnes décédées dans l'accident d'un Airbus A320 ont continué mercredi à livrer leur douloureux témoignage devant le tribunal correctionnel de Colmar dans le Bas-Rhin.

Quatorze ans après, Danièle Stadler est toujours hantée par la mort de son mari Lucien. Selon une contre-expertise, il aurait pu être sauvé si les secours étaient arrivés sur les lieux dans les deux heures -il leur en a fallu plus de quatre.

"J'ai un film dans la tête, je le vois agoniser, appeler, penser à sa femme et son fils et je voudrais qu'on dise qu'il n'est pas mort pour rien", a témoigné Mme Stadler. "J'ai lutté, je me suis dit tu as un fils de 11 ans".


Mont Sainte-Odile: parole à la douleur
Par Thomas CALINON
LIBERATION.FR, mercredi 03 mai 2006
Extrait :

Contrairement à l'usage, le président du tribunal correctionnel de Colmar a souhaité que, dès le début du procès, une partie des 350 parties civiles constituées à ce jour «disposent d'un moment pour dire ce qu'ils attendent». Le procureur en a convenu: «Il y a une part d'émotion, autant l'exprimer tout de suite avant d'entrer dans des débats plus austères.» Pour les six prévenus, le message est clair: après quatorze ans d'attente et à l'aube de neuf semaines d'une audience extrêmement technique, personne ne doit perdre de vue le chagrin et la colère des familles endeuillées le 20 janvier 1992 par le crash de l'A320 d'Air Inter.

May 2, 2006

Un nouveau-né dans les eaux de la Vézère

PERIGUEUX - Le corps d'un nouveau-né a été découvert mardi matin à Terrasson (Dordogne), coincé dans les eaux d'un barrage sur la Vézère, a-t-on appris auprès du parquet de Périgueux.

Le cadavre, sans tête, a été trouvé par le propriétaire d'une micro-centrale électrique sur la Vézère dans les remous de la rivière. Alertés, les gendarmes ont retiré le corps.

D'après les experts du parquet de Périgueux qui se sont rendus sur place, il s'agit du cadavre d'un garcon, jeté à l'eau il y a plusieurs jours. Le nouveau-né de type européen avait encore une partie du cordon ombilical.

Le parquet a ouvert une enquête. AP

En 2007, 46 CEF seront opérationnels

PARIS (Reuters) - Vingt-neuf nouveaux centres éducatifs fermés (CEF) et six nouveaux établissements pénitentiaires pour mineurs seront opérationnels en 2007, annonce le ministre de la Justice.
Pascal Clément a souligné, lors d'une rencontre avec des magistrats au tribunal de Senlis (Oise), que 17 CEF avaient été déjà créés depuis 2002, permettant la prise en charge de 551 mineurs.

"Convaincu de l'efficacité de ces structures qui sont destinées aux jeunes multirécidivistes souvent les plus difficiles, je me suis engagé à poursuivre le programme de leur implantation. En 2007, 46 CEF seront opérationnels", a-t-il dit.

Pascal Clément a ajouté que six établissements pénitentiaires spécialisés "seront livrés au cours de l'année 2007".

"L'éducatif y sera présent du début de la détention au suivi après la sortie, avec la volonté de séparer nettement les mineurs et les majeurs en milieu carcéral, pour éviter toute promiscuité et donc pour prévenir la récidive", a-t-il expliqué.

Le ministre a précisé que la taille de ces centres serait limitée, "puisqu'ils ne comporteront que 60 places".

La protection de l'enfance en Roumanie

Embassage de Roumanie à Paris,
La protection de l'enfant

Le centre de placement
Extrait :

Etant donné le droit fondamental de chaque enfant à vivre dans sa famille, si la situation impose sa protection temporaire dans une institution de type résidentiel, celle-ci doit être un centre ouvert vers la communauté et intégré dans un système de services destinés à protéger l'enfant et sa famille.

L'enfant est la première priorité, il doit savoir que, dans le centre de placement, tous les efforts visent son retour au foyer.

Dans plusieurs départements, ainsi que dans la Capitale, on a aménagé et équipé les centres et on a organisé les activités afin de pouvoir appliquer le projet individualisé de protection de chaque enfant. Les relations qui se développent dans ce cadre assurent à l'enfant le sentiment d'appartenir à un milieu du type familial. Par son organisation et les relations qu'il s'attache à promouvoir, le centre de placement fait partie d'un système départemental de services destinés à la protection de l'enfant, assurés par la Direction Départementale pour la protection des Droits de l'Enfance. Évidemment, il faut pour cela concevoir et mettre en œuvre une stratégie de communication, entraîner les structures de la communauté (école, église etc.) en qualité de partenaires à mettre en œuvre le projet institutionnel du centre de placement, toutes les activités connexes étant coordonnées par la Direction Départementale pour la Protection des Droits de l'Enfance.




Sur la même page, on peut remarquer que ce pays a signé la CIDE il y a plus de 15 ans :

La Roumanie a ratifié la Convention de l'ONU concernant les droits de l'enfant dès 1990. À l'entrée en vigueur de la Constitution de la Roumanie, en 1991, un principe important imposé par la Convention a été inclus parmi les principes constitutionnels qui garantissent le libre développement de la personnalité humaine. L'article 45 de la Constitution dit: "Les enfants jouissent d'un régime spécial de protection et d'assistance dans la réalisation de leurs droits."

May 1, 2006

Affaires

Le " surdoué " du gouvernement apparaît comme la dernière victime en date d’un scandale en forme de poupées gigognes.

L'Humanité, le 6 novembre 1999
Extraits :

Le rapport du bâtonnier Vatier après expertise calme le jeu : " Les honoraires versés correspondent à des rémunérations régulièrement acquises ". Le bâtonnier décrit un travail effectif de huit heures par mois sur vingt-cinq mois, soit, compte tenu de la TVA, un revenu de 2 500 francs par heure. Pour un avocat du calibre de DSK, c’est, dit-on, le prix pratiqué.

Le 14 octobre dernier, Philippe Plantagenest, le numéro deux de la MNEF qui va être mis en examen, le confirme : la lettre de mission de DSK " n’est qu’un bout de papier, destiné à justifier une prestation très peu consistante ". Elle aurait été antidatée " sur ordre de Spithakis ". Patatras, la stratégie de défense du ministre de l’Économie et des Finances s’écroule.

La suite est connue. Réquisitoire supplétif pour " faux et usage de faux ", retour précipité de Hanoi, tête à tête avec Lionel Jospin.

April 30, 2006

Les causes de la catastrophe restent incertaines

Quatorze ans après, les causes de la catastrophe du mont Sainte-Odile restent incertaines
LE MONDE | 29.04.06

Pour ECHO, il faut chercher les causes du crash dans un certain nombre de dysfonctionnements. L'appareil, qui s'était écarté de sa trajectoire lors de son approche, descendait trop vite, et les pilotes n'avaient pas apprécié correctement leur position. A l'écoute des conversations entre la tour de contrôle et l'équipage, une anomalie semble avoir été décelée, mais pas appréciée à sa juste mesure. Les pilotes n'auraient pas respecté certaines procédures au moment de la descente, ce qui aurait eu pour conséquence de jeter un doute sur leur degré d'expérience. Une piste que le juge écarte : "Pour aboutir à la conclusion que cet accident n'est imputable qu'aux pilotes, il faudrait considérer que ceux-ci étaient à la fois aveugles, sourds et stupides", note-t-il.

Une autre cause a été envisagée : celle d'une mauvaise conception ergonomique du cockpit. Le directeur technique d'Airbus, l'une des six personnes renvoyées devant le tribunal, devra s'en expliquer. Autre interrogation : les pilotes auraient-ils été mal guidés par le contrôle aérien de Strasbourg-Entzheim ? Le contrôleur de service ce soir-là, lui aussi renvoyé devant le tribunal, tentera de répondre aux questions des juges. Tout comme les dirigeants de l'aviation civile, qui devront justifier l'absence d'"avertisseur de proximité au sol" à bord. Selon Alvaro Rendon, cet instrument aurait pu alerter les pilotes.

Enfin, l'ordonnance de renvoi évoque "le caractère innovant, sinon révolutionnaire", de l'A320, lancé en 1988, et qui, au moment de l'accident, était dans ses premières années d'exploitation. Dans ce contexte, "on peut à juste titre s'interroger sur les limites de l'expertise judiciaire, écrit le juge, s'agissant d'un appareil récent, présentant diverses innovations techniques". En clair, pour M. Schmidt, les experts ont enquêté sur un terrain dont ils découvraient les caractéristiques au fil de leurs investigations. Pour le juge, cela expliquerait en partie les lenteurs de la justice.

Malgré les quatorze années écoulées, André Schmidt remarque qu'"au terme de l'instruction il subsiste toujours plusieurs scénarios possibles".

L'Humanité, 13 septembre 2005

Crash du mont Sainte-Odile
Les familles de victimes attendront encore

Elles voulaient dénoncer une justice lente : le procès est renvoyé à novembre, pour erreur de procédure.

Extrait :

Elles étaient venues fustiger les lenteurs de la justice. Elles ont été servies... Les familles des victimes de la catastrophe aérienne du mont Sainte-Odile voulaient réclamer la condamnation de l’État français pour « durée excessive » de la procédure. Mais l’audience, qui devait se tenir hier matin devant la chambre civile du tribunal de grande instance de Strasbourg, n’a pas eu lieu. En cause : une simple erreur de procédure qui a obligé la cour à reporter les débats au 24 novembre !

Cette nouvelle déconvenue a provoqué immédiatement la colère des plaignants. « Ça devient ubuesque, c’est consternant, lamentable », s’est désespérée Dominique Béguin, secrétaire d’Écho, l’association des familles de victimes à l’origine de cette procédure. « Nous voulions montrer que la justice était trop lente : elle nous donne du grain à moudre ! » Président d’Écho, Alvaro Rendon est tout autant remonté. « On s’était préparés depuis des mois à cette audience, on voyait le bout du tunnel. Et voilà comment la justice nous traite ! C’est pire que dans une République bananière. »

April 28, 2006

Tous les sujets sans tabous

Le Monde, 27 04 06, extrait d'un entretien :

« L'immigration choisie est pratiquée par la quasi-totalité des démocraties dans le monde. Et dans ces pays, le racisme et l'extrême droite sont moins forts que chez nous. Bref, elle est un rempart contre le racisme. »


PARIS (AFP), extrait - Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a défendu jeudi soir sa politique d'"immigration choisie", qui selon lui permettra de lutter contre la "xénophobie" et d'éviter des "événements" comme ceux qui ont éclaté en novembre dernier dans les banlieues.

L'immigration "choisie", au centre d'un projet de loi présenté mardi à l'Assemblée nationale, est "un rempart contre le racisme", a-t-il par ailleurs déclaré dans l'édition de vendredi du Monde.

... "Il y a des choses qui me tiennent à coeur: comment faire en sorte que l'avenir qui était une espérance ne soit plus une menace ?", a-t-il également affirmé.

L'un des premiers remparts consisterait à faire appliquer la loi sur le territoire et à la faire rappeller lorsque nécessaire.

April 27, 2006

Ils ne cachent pas leur aversion

Île-de-france
La droite bloque l’agence foncière régionale
Article paru dans l'Humanité du 25 septembre 2005.

Extrait :

Interpellé par le maire socialiste de Clamart qui, lors d’une réunion de la commission permanente du conseil régional, rapportait le propos devant témoins et sans être démenti, Nicolas Sarkozy, président du conseil général des Hauts-de-Seine, aurait ainsi justifié sa position : « Rien ni personne ne décidera à ma place sur mon territoire. » En vérité, Sarkozy ainsi que ses homologues UMP Franck Borotra (Yvelines) et François Scellier (Val-d’Oise) ne cachent pas leur aversion pour le logement social et leur volonté de strictement contrôler tout outil susceptible d’en activer la construction.

April 26, 2006

La parole

Le premier temps d'une action non-violente est de prendre la parole afin de dénoncer l'inacceptable. La résignation est faite essentiellement de silence et la première complicité avec l'injustice est de se taire devant elle. Dès lors, la première action de non-coopération avec une injustice est de rompre avec la majorité silencieuse en prenant la parole sur la place publique. Cette prise de parole est déjà une prise de pouvoir. Elle brise le monopole de la parole que les puissants tendent à acquérir. Car ce qui fait la force des pouvoirs établis, c'est le silence des majorités.

Ainsi la stratégie de l'action non-violente s'efforce-t-elle de mettre en oeuvre la force subversive de la parole. Elle vise à créer un débat public contradictoire qui mette à jour les sophismes et les mensonges des discours qui cautionnent et justifient le désordre établi.

Une manifestation publique organisée dans la rue est précisément une prise de parole collective par des citoyens qui entendent exercer leur droit à la parole. Concrètement, cette prise de parole publique peut s'exprimer par des tracts, des affiches - " faire parler les murs " -, des banderoles, des pancartes et des slogans. Pour l'efficacité même de la manifestation, il est essentiel que la parole qui l'accompagne demeure non-violente. Le but d'une manifestation est de convaincre ceux qui ne manifestent pas de la justesse à la fois de la dénonciation et de la revendication qu'elle veut exprimer. Or la réceptivité de l'opinion publique est beaucoup plus forte à l'égard d'une manifestation qui s'exprime par une parole non-violente plutôt que par des cris violents. Le langage de la révolte se complaît dans l'injure et l'insulte à l'encontre de l'adversaire, mais le cri n'est qu'une parole inarticulée et par conséquent incompréhensible. C'est une erreur de penser qu'une parole est d'autant plus forte qu'elle est plus violente. Il existe une contradiction radicale entre la parole et la violence. L'une commence où l'autre cesse. Une parole qui devient violence commence à se nier comme parole. La force de frappe d'une parole vient de sa justesse et non de sa violence. C'est pourquoi l'une des exigences fondamentales de la non-violence est la pacification de la parole.

Dans une stratégie non-violente, la parole et l'action se renforcent l'une l'autre, l'action soulignant la signification de la parole et réciproquement. Au plus fort de la lutte, on peut dire encore que la parole devient action et que l'action devient parole.

Ainsi, les méthodes de l'action non-violente ont-elles, à l'égard du public qui regarde et écoute, une puissance pédagogique et éducative beaucoup plus forte que celle des méthodes de l'action violente. Tandis que la manifestation violente risque fort de n'être qu'un monologue bruyant et confus devant un public qui reste étranger à l'action qui se déroule devant lui mais sans lui, la manifestation non-violente peut devenir un véritable dialogue avec le public qui, déjà, participe à l'action.

Source : IRNC