November 19, 2005
Poursuivi pour piratage
Le juge maçon fouinait pour sa logeJean-Paul Renard est poursuivi pour piratage de casier judiciaire. Entre autres affaires.
par Renaud LECADRE
Libération, 19 novembre 2005, extraits :
L'ancien doyen des juges d'instruction à Nice, Jean-Paul Renard, a comparu en correctionnelle, vendredi à Paris, pour piratage de casier judiciaire. Une peccadille par rapport à la procédure disciplinaire qui l'a évincé de la magistrature, en octobre 2004, sur l'ensemble de son oeuvre. Raison invoquée : «perte des repères éthiques et de tout crédit juridictionnel». Au pénal, le juge Renard ne se voit reprocher qu'une violation du secret professionnel, pour avoir sondé le pedigree de candidats à l'initiation maçonnique, en tant que membre de la Grande Loge nationale française sur la Côte d'Azur, et pour des faux en maquillant ses demandes sous de fallacieux prétextes d'enquête au nom de son cabinet d'instruction.
La procureure requiert six mois avec sursis au motif que le juge s'est «servi de la loi au lieu de la servir». Son avocat plaide la relaxe, pour «clôturer cette affaire par une note d'honneur», du moins ce qu'il en reste. Jugement, le 13 janvier.
November 18, 2005
Dix-huit ans
Libération, le 17 novembre 2005Dix-huit ans pour le père tortionnaire
Condamné à Chambéry, il avait infligé des sévices pendant trente ans à ses huit enfants.
Par Olivier BERTRAND, extraits :
Le calvaire a pris fin en juin 2003, lorsque les médecins des urgences de Bourg-Saint-Maurice, en Savoie, ont reçu Charles, 3 ans. Ils ont d'abord cru qu'il était mort. L'enfant était brûlé aux 2e et 3e degrés sur le visage, le cou, le torse et les fesses. Il était resté six jours sans soins après une douche que des experts évalueront à 85 degrés. Aux urgences, son frère, Thibaut, 5 ans, s'accusait de l'avoir aspergé. Le père disait, en montrant l'enfant défiguré : «Tu vois ce que tu as fait à ton petit frère ?» Et Thibaut acquiesçait. Il faudra des semaines pour qu'il finisse par confier aux gendarmes que «papa a fait mal à Charles». Parce qu'ils chuchotaient et que cela troublait la sieste de Christian Caron, 50 ans à l'époque. L'homme a été condamné hier à dix-huit ans de réclusion criminelle par la cour d'assises de Savoie, après trois jours d'audience égrenant les tortures infligées depuis trente ans à trois femmes et à leurs huit enfants.
Ils s'étaient connus en juin, elle serveuse, lui plongeur. Il l'a mise enceinte en août, avant de l'enfermer en septembre. Elle avait cette fois dix-huit ans de moins que lui, et une personnalité fissurée par de profondes «blessures narcissiques», selon les experts. A l'audience, elle est restée polie et absente. «Désaffectivée», dit un psychiatre. «Fascinée par cet homme dont la rigidité lui donnait une structure.» La cour l'a condamnée à deux années de prison avec sursis pour non-assistance à personne en danger.
Luxe de détails. Durant trois jours, le père psychorigide a toujours répondu à côté des questions de la cour d'assises, avec un luxe de détails. Selon un psychologue, «la pensée de monsieur Caron est une sorte de processus interne, qui a sa logique propre». Doté d'une «grande froideur affective», l'homme se tiendrait en «haute estime».
En trois jours, l'homme n'a jamais bronché à l'évocation des tortures et des séquelles de ses enfants. «Je vous ai paru froid, a-t-il dit à la cour, à la fin des débats. Mais il faut savoir qu'en ce moment, je suis en cellule avec un codétenu qui a fait des choses très graves. Ce n'est pas évident à vivre.»
November 17, 2005
Il faut sauver le radis géant
TOKYO (Reuters), 17 novembre 2005 - Un radis blanc géant, qui avait vaillamment poussé dans l'asphalte, au beau milieu d'une ville japonaise, faisait l'objet jeudi de soins intensifs, après avoir été tailladé par un agresseur inconnu.Ce radis, de la forme d'une grande carotte, avait attiré l'attention des médias il y a quelques mois, lors de son apparition au bord d'une route à Aioi, une ville de 30.000 habitants dans l'ouest du Japon.
Les habitants, qui avaient surnommé le légume "le radis qui a du cran", ont été choqués, et pour certains émus aux larmes, quand ils ont découvert qu'il avait été décapité.
Les télévisions se sont emparées de l'affaire et, un jour plus tard, la partie supérieure du radis a été retrouvée près de l'endroit où il poussait.
Un responsable municipal a annoncé jeudi que la partie supérieure du légume avait été placée dans de l'eau pour essayer de la garder vivante et éventuellement la faire fleurir.
Interrogé sur l'étonnante popularité de ce radis, ce responsable a estimé que les habitants de la ville, "découragés par la dureté de l'époque à laquelle nous vivons, avaient été réconfortés par sa ténacité et son intense volonté de vivre".
Fautes de frappes et copier-coller
PARIS (Reuters), 17 novembre 2005 - Jean-Luc Viaux, un expert psychologue qui avait jugé crédibles les récits des enfants d'Outreau accusant de viols plusieurs dizaines de personnes, a été mis en cause par l'avocat général jeudi à la cour d'assises de Paris.Alors que certains enfants lui racontaient avoir assisté à quatre meurtres et avoir participé à des orgies avec des animaux dans une ferme en Belgique, cet expert désigné à l'instruction avait remis un rapport confortant les accusations.
"Aucun élément de nos examens ne permet de penser que (les enfants) inventent des faits ou cherchent à imputer des faits à des personnes non concernées", concluait le rapport de ce professeur en psychologie, expert national inscrit à la Cour de cassation, la plus haute juridiction française.
Il évoquait la "constance" et la "cohérence" des quatre enfants qu'il avait examinés.
Ceux-ci avaient mis en cause environ 70 personnes.
A la barre, à la neuvième audience du procès en appel, Jean-Luc Viaux a expliqué qu'il s'agissait d'un problème de formulation.
"Je reconnais que la phrase prête à confusion sur le plan syntaxique. (...) Ça a prêté à malentendu", a-t-il déclaré.
"Un malentendu qui a coûté trente mois de détention provisoire à Dominique Wiel", a répondu Me Blandine Lejeune.
Elle est l'avocate de l'abbé Wiel, incarcéré de novembre 2001 à juillet 2004, et condamné à sept ans de prison pour viols en première instance.
Mardi et mercredi, les trois enfants qui l'accusaient ont admis au tribunal avoir menti.
Fait rarissime en cour d'assises, l'avocat général Yves Jannier a pris à partie à l'audience l'expert psychologue.
"Si la question ne correspondait pas à vos compétences, vous pouviez peut-être le dire ! Personne ne vous interdisait de dire que vous ne pouviez pas répondre à la question (de la crédibilité des enfants-NDLR)", lui a-t-il lancé.
FAUTE DE FRAPPE ET "COPIER-COLLER"
L'expert a finalement mis en cause une confrère avec qui il a signé le rapport, Marie-Christine Gryson. Cette dernière, qui se présente comme "victimologue", a déjà été disqualifiée publiquement au premier procès, où il a été découvert qu'elle travaillait pour les parties civiles.
Sur une question de la défense, Jean-Luc Viaux a ensuite reconnu avoir recopié pour les quatre enfants expertisés les mêmes conclusions, au mot près et à la faute de frappe près. "Sont (sic) témoignage reste mesuré", lit-on dans son rapport à quatre reprises.
Dans les couloirs, l'expert, furieux, a expliqué à la presse que son travail était médiocre en raison d'une rémunération médiocre. "Quand on paie des experts aux tarifs d'une femme de ménage, on a des expertises de femme de ménage", a-t-il dit.
Les autres experts requis par le juge d'instruction Fabrice Burgaud devaient être entendus dans la journée.
Le scandale provoqué dans cette affaire par les expertises a amené le ministère de la Justice à envoyer des circulaires aux juridictions pour recommander aux juges d'exclure à l'avenir, par principe, toute expertise de "crédibilité".
Il est envisagé également de renforcer le contrôle et la formation initiale et continue des experts.
Voir aussi l'expertise de crédibilité, « le ministre radie un expert » ou supprimer les accusateurs-bis. |
November 16, 2005
La corruption les facteurs de risques et les intérêts
L'Humanité, 19 avril 2000...Argent et patronat. Un rapport sur les dérives dans la formation professionnelle.
Fraudes potentielles à tous les étages
Extraits :
Dans un rapport qui vient d’être publié, le Service central de prévention de la corruption (SCPC) décortique les mécanismes de détournement de fonds et d’enrichissement personnel bien souvent à l’ouvre dans le secteur de la formation professionnelle. Un tableau qui donne froid dans le dos.
Inventaire.
Risque un: "La formation professionnelle repose sur un édifice réglementaire complexe et stratifié multipliant les structures."
Risque deux: "Les prestations sont par nature immatérielles, facilitant toutes les manipulations."
Risque trois: "Les fonds collectés autorisent de multiples montages frauduleux et des détournements, d’autant que les excédents de trésorerie des organismes collecteurs sont difficilement contrôlés."
Risque quatre: "Le secteur jouit d’une image d’utilité et de respectabilité derrière laquelle il est aisé de développer, relativement à l’abri, des activités suspectes; les premiers doutes exprimés se retournent contre leurs auteurs, auxquels on reproche de vouloir porter un coup fatal à une avancée sociale en la discréditant."
Risque cinq: "Les partenaires sociaux semblent se satisfaire du système tel qu’il est; les organismes, les intervenants, les entreprises qui investissent pour elles-mêmes (qualité et performance des salariés), l’État qui peut se glorifier de ses efforts en matière de politique sociale; il n’y a pas de victimes apparentes."
D’après le SCPC, "chacun des acteurs du mécanisme existant a, d’une manière ou d’une autre, intérêt à faire perdurer un tel système et à éviter que puissent être mises en place des procédures de contrôle efficaces, aussi bien internes qu’externes".
Les saisines du SCPC sont effectuées aujourd’hui à plus de 60 % par des particuliers (sur un total de 81 saisines en 2003 ). " Sous couvert de certaines précautions ", le SCPC a pris le parti d’examiner ces sollicitations alors que la loi de 1993 qui l'a créé ne prévoit pas la saisine par de simples citoyens. Après les "dérives ", les "bonnes pratiques" du monde associatif Rapport d’activité pour l’année 2003 du Service Central de Prévention de la Corruption. Refasso - 10/06/2004 Le Service Central de Prévention de la Corruption (SCPC) vient de publier son rapport d’activité pour l’année 2003. Son précédent rapport avait provoqué un certain émoi dans le secteur associatif : le premier chapitre, intitulé « les dérives du monde associatif », mettait en exergue certaines des pratiques frauduleuses les plus répandues au sein de ce secteur. Cette année encore, tout un chapitre du rapport est consacré aux associations. Intitulé « quelques bonnes pratiques », ce chapitre se veut un complément d’analyse au précédent rapport. Il met l’accent sur l’importance de la transparence pour éviter d’éventuelles fraudes, et présente différents « modes de contrôle initiés par des organes indépendants ou mis en place par certaines associations ou fondations », comme le Comité de la Charte de déontologie. Revenant sur le rapport de l’année dernière, le SCPC indique que « le but était de démontrer qu'il pouvait y avoir des malversations dans les organisations caritatives même si ces dernières restent marginales. » Dont acte, les associations ne sont pas toutes des nids d’escrocs. Le rapport semblait, en effet, généraliser à tout un secteur les « dérives » de quelques associations. Le SCPC n’en a toutefois pas fini avec les « dérives » des associations, puisque dans un autre chapitre du rapport, consacré au blanchiment dans le sport, il se penche sur celles des associations sportives. http://www.journal-officiel.gouv.fr Service central de prévention de la corruption Rapport 2003 Service central de prévention de la corruption Rapport 2002 Montant total de la commande 22,85 EUR Commande enregistrée ce 22/11/05 Vous recevrez votre colis par la poste dans un délai de 8 jours. Merci pour votre fidélité. Egalement disponible au format PDF |
November 15, 2005
Les services sociaux n'avaient rien remarqué
Le FigaroA.-C. D. L.
[15 novembre 2005]
INFANTICIDES. Une mère de famille accusée d'infanticides comparaît à partir d'aujourd'hui devant la cour d'assises d'Ille-et-Vilaine, à Rennes, deux ans et demi après la découverte chez elle du cadavre d'un nouveau-né et de minuscules ossements appartenant à trois autres enfants.
Le 18 mars 2003, sur les indications d'un membre de la famille, les gendarmes s'étaient rendus au domicile de Jean-Yves et Christine F., installés depuis une vingtaine d'années dans le petit bourg de Tinténiac (Ille-et-Vilaine). Dans un congélateur en panne se trouvait le corps d'un bébé «né vivant et viable» une semaine auparavant ; des fouilles menées dans le jardin du couple allaient permettre de découvrir trois squelettes de bébés, enterrés sous un tas de bois.
Mise en examen pour «homicides volontaires», Christine F. a reconnu avoir étouffé dès la naissance l'enfant qu'elle portait, tout comme ceux qu'elle avait secrètement mis au monde en 1997, 1998 et 2001. De forte corpulence, habillée la plupart du temps de vêtements amples, cette mère au foyer d'une quarantaine d'années avait pris l'habitude de dissimuler ses grossesses. Y compris à son mari, poursuivi pour «omission d'empêcher un crime». L'avocat de ce dernier, Me Christian Tricheur, rappelle toutefois que les deux plus jeunes enfants de la fratrie n'ont eu la vie sauve «qu'à la faveur de la présence du père lors de l'accouchement, car il a appelé le Samu». En 2000, Christine F. avait donné naissance, seule dans sa baignoire, à un petit garçon, sauvé in extremis par les médecins.
Après ce triste épisode, les relations entre Jean-Yves et Christine s'étaient profondément dégradées, lui s'investissant doublement dans son métier d'ouvrier marbrier, elle dans un rôle que tout le voisinage lui reconnaissait bien volontiers : celui de «maman poule». De ses six enfants, âgés à l'époque de 3 à 19 ans, Christine F. s'occupait «à merveille». «Aimante», «tendre», elle les accompagnait fréquemment au village ou au supermarché. Issu d'un milieu modeste, elle avait quitté son emploi à l'usine pour se consacrer à sa progéniture. Les services sociaux, eux, n'avaient rien remarqué.
Il vouait une passion
BERLIN (AFP), 15 novembre 2005 - Un Allemand, qui vouait une passion quasi fétichiste aux bottes en caoutchouc, a été interpellé fin octobre dans sa ville d'Abensberg (Bavière pour avoir dérobé plus de 100 paires de ces accessoires dans des garages et abris de jardin.Surpris en flagrant délit par la police, le voleur de 39 ans, qui se rendait à vélo sur les lieux de ses forfaits, a expliqué qu'il se passionnait pour les bottes en caoutchouc depuis une quinzaine d'années.
Les enquêteurs ont retrouvé 135 paires à son domicile, mais pensent qu'il en aurait en tout dérobé plusieurs centaines.
« Rien de durable sans le respect »
Jacques Chirac : «Nous ne construirons rien sans le respect»Avec AFP sur le site du Figaro.
[14 novembre 2005]
Le chef de l'Etat, qui intervenait au soir de la prorogation pour trois mois de l'état d'urgence décrété en France le 8 novembre, a expliqué la flambée de violence à la périphérie des villes par «une crise de sens, une crise de repères, une crise d'identité». «Nous y répondrons en étant fermes, en étant justes, en étant fidèles aux valeurs de la France», a-t-il dit.
«Nous ne construirons rien de durable sans le respect. Nous ne construirons rien de durable si nous laissons monter, d'où qu'ils viennent, le racisme, l'intolérance, l'injure, l'outrage. Nous ne construirons rien de durable sans combattre ce poison pour la société que sont les discriminations», a-t-il averti.
«Nous ne construirons rien de durable si nous ne reconnaissons pas et n'assumons pas la diversité de la société française. Elle est inscrite dans notre Histoire. C'est une richesse et c'est une force», a-t-il insisté.
November 14, 2005
Des responsables détenant un pouvoir autonome
Lu sur la toile...Chaque année en France 300 000 enfants sont séparés de leur famille Le rapport remis au Ministre délégué à la famille Christian JACOB par Pierre NAVES, inspecteur général de l’action sociale, en Juin 2003, met en exergue de graves dysfonctionnements. Le Ministre estimant que « ces placements constituent par leur nombre et leur retentissement un réel problème de société ». Ces difficultés majeures aboutissent à ce que, paradoxalement, les familles concernées par le placement de leur enfant « pour mesures éducatives » souffrent souvent de la manière dont elles sont traitées par le système qui est précisément censé les protéger. Pierre NAVES signale également que « faute d’évaluation toutes les dérives sont possibles » dans notre pays qui compte dans chaque département des centaines d’institutions concernées par la protection de l’enfance et des dizaines de responsables détenant un pouvoir autonome. |
Un enquêteur reconnait avoir eu des doutes
PARIS (AFP), le 14 novembre 2005, extraits - L'examen en appel de l'affaire de pédophilie d'Outreau reprend lundi devant la cour d'assises de Paris par l'audition des enfants victimes.Les conditions d'audition - huis clos total ou partiel comme à Saint-Omer avec la possibilité pour les journalistes de les suivre par retransmission vidéo - des enfants devaient être arrêtées au début de cette audience.
Les déclarations des enfants sont à l'origine de l'affaire d'Outreau. Les charges se sont largement dégonflées lors du premier procès de Saint-Omer, conduisant à sept acquittements mais aussi à dix condamnations dont celles des six accusés qui ont fait appel et clament leur innocence depuis quatre ans.
Jeudi dernier, l'un des principaux enquêteurs de l'affaire de pédophilie d'Outreau a reconnu devant la cour d'assises avoir eu des "doutes" sur les dénonciations des enfants lorsqu'ils ont mis en cause des "notables" à l'automne 2001.
Le capitaine de police Didier Wallet a confié avoir eu des "doutes" sur les déclarations des enfants "dès qu'on est arrivé au deuxième groupe, celui des notables", à la suite des accusations de deux des enfants Delay-Badaoui.
Ce deuxième groupe, qui comprend notamment l'abbé Dominique Wiel et l'huissier Alain Marécaux, deux des six accusés rejugés par les assises de Paris, a été arrêté en novembre 2001.
"Au départ, j'avais une affaire qui tenait la route. Les enfants parlaient de cassettes pornographiques, de godemichés, de caméra. On a tout retrouvé (au domicile des Delay, ndlr), tout se vérifiait", a-t-il assuré.
Ensuite, la médiatisation de l'affaire a pu influer sur les déclarations des enfants, reconnaît le policier, citant le cas d'une petite fille qui lui "parle de faits entendus à la radio".
November 13, 2005
Emily va rentrer chez elle
APPLETON, Wisconsin (AP), le 12 novembre 2005 - Emily va rentrer chez elle. La petite chatte américaine qui avait voyagé clandestinement dans un conteneur de bobines de papier, avant d'être retrouvée par une employée d'une usine fabriquant du ruban adhésif près de Nancy (Meurthe-et-Moselle), pourra retourner aux Etats-Unis d'ici la fin du mois.La compagnie aérienne américaine Continental Airlines a déclaré qu'elle allait avoir Emily comme passager pour la ramener aux Etats-Unis, dans son foyer à Appleton, dans le Wisconsin, où ses propriétaires, Lesley et Donny McElhiney, l'attendent avec beaucoup d'émotion.
La chatte âgée d'un an avait fugué de chez elle à la fin septembre: sans doute partie explorer un entrepôt de papier voisin, elle s'est retrouvée coincée dans un conteneur, transporté en camion à Chicago, avant d'être embarqué à bord d'un bateau en partance pour l'Europe et l'hexagone. C'est la réceptionniste de l'usine Raflatac, à Pompey, qui a retrouvé la minette voyageuse, très amaigrie, après trois semaines de traversée transatlantique à bord d'un cargo.
Placée pour l'heure en quarantaine, Emily devrait donc refaire le chemin en sens inverse et en avion s'il vous plaît, probablement d'ici la fin du mois de novembre, a rapporté vendredi le quotidien local américain, The Post-Crescent.
"Il semble que nous allons réunir Emily et sa famille", a déclaré la porte-parole de Continental Airlines, Courtney Wilcox. "On nous a dit qu'elle allait très bien en France et qu'elle goûtait à la cuisine française." AP
November 10, 2005
Les normes sont violées
A Nancy, un détenu obtient qu'un expert examine ses conditions de vie en prisonLE MONDE le 10.11.05, extraits :
Une procédure similaire, déposée concomitamment par un prévenu incarcéré au centre pénitentiaire de Metz-Queuleu (Moselle), est pendante devant le tribunal administratif de Strasbourg.
S'inspirant de la procédure lancée dans d'autres établissements, notamment à Caen, Nantes et Lyon (Le Monde du 2 septembre), Mes Liliane Glock et Dominique Boh-Petit, qui ont agi de concert, ont sollicité que les experts puissent se rendre "dans les meilleurs délais" dans ces deux prisons et y constater, "au regard des normes en vigueur" , l'état de la cellule occupée par leurs clients et le nombre de ses occupants. "L'expert pourra faire toutes les constatations propres à éclairer la justice" , ont suggéré les deux avocates.
"En détention provisoire, nos clients sont enfermés plus de vingt heures par jour avec d'autres personnes, dans une cellule de moins de 12 mètres carrés , font valoir les deux avocates. La fenêtre, placée très haut, ne fournit qu'une lumière chiche qui oblige à faire fonctionner en journée un néon aveuglant. La pièce est dans un état de délabrement avancé. Le plancher des coursives est défoncé et le local des douches ne fait l'objet d'aucun entretien sérieux, le manque d'hygiène favorisant au contraire la propagation de mycoses. La santé de nos clients, déjà dégradée, n'en est que plus altérée."
"Toutes les obligations et normes en vigueur sont violées de manière flagrante par l'administration" , considèrent Mes Glock et Boh-Petit, qui ne cachent pas leur intention, si l'expert devait confirmer leurs observations, d'engager une procédure en indemnisation pour "conditions de détention dégradantes" . "La saleté, la surpopulation et la misère s'ajoutent à l'option du tout-répressif , précise Me Liliane Glock. La prison est devenue la banlieue des banlieues avec une possibilité que les mêmes causes produisent les mêmes effets."
November 9, 2005
Les mesures de placement ont été reconduites
PARIS (reuters), le 9 novembre 2005 - Les six accusés du procès en appel de l'affaire de pédophilie d'Outreau ont clamé leur innocence et dénoncé les méthodes de la justice, devant la cour d'assises de Paris.A la troisième audience du procès, mercredi, ils se sont déclarés à la barre tout à fait incapables de commettre les sévices sexuels sur enfants dont ils sont accusés.
Leurs avocats ont souligné que, malgré l'abandon des charges les plus graves au premier procès de Saint-Omer (Pas-de-Calais), certains d'entre aux n'avaient pas retrouvé le droit de garde de leurs enfants, qui restent placés dans l'attente de leur sort.
Sept personnes ont été acquittées lors du premier procès, où est apparu le caractère fantaisiste des accusations de Myriam Badaoui-Delay, la principale protagoniste de cette affaire qui a mis à mal l'image du système judiciaire en France et choqué l'opinion publique.
Le premier accusé interrogé, Thierry Dausque, condamné en première instance à quatre ans de prison, dont un avec sursis, pour "agressions sexuelles" sur les enfants du couple Delay-Badaoui, a dû se faire expliquer précisément la signification de l'accusation.
"Je ne sais pas trop ce que c'est, j'en ai jamais fait. J'en ferai jamais, c'est pas possible", a-t-il dit d'un ton timide.
Son fils a été placé dans une famille d'accueil dès son incarcération en juin 2001. Il l'est toujours, alors même qu'il n'a jamais été question de sévices sexuels sur cet enfant. Thierry Dausque peut le voir "deux mercredi par mois".
Franck Lavier, condamné à six ans de prison ferme pour le viol supposé d'un de ses enfants, qu'il nie, a fait allusion à la grossesse actuelle de son épouse, Sandrine.
"Quand ma femme va accoucher, je veux pas qu'on dise à mon gosse que son père est un violeur d'enfants", a-t-il lancé.
"J'ai du mal à comprendre le pourquoi de la condamnation, j'ai rien à voir avec ça", a dit son épouse, Sandrine, condamnée à trois ans de prison avec sursis pour "corruption de mineurs".
D'AUTRES ENFANTS PLACES
Leurs quatre enfants sont également placés depuis quatre ans dans quatre familles distinctes. Franck Lavier peut voir ses filles deux heures tous les quinze jours.
Le prêtre Dominique Wiel, condamné à sept ans de prison ferme pour le viol présumé d'un enfant, a souligné une incohérence du dossier.
"Je me suis aperçu que les mêmes paroles d'enfants étaient considérées comme vraies pour moi et fantaisistes pour d'autres. Tout est absurde", a-t-il dit.
Daniel Legrand, condamné à trois ans de prison, dont un avec sursis, pour agressions sexuelles, a assuré n'être jamais allé à Outreau.
"J'essaie de comprendre ce que peut être une agression sexuelle, j'essaie de l'imaginer depuis qu'on m'a arrêté en novembre 2001. Je crie mon innocence, je ne connais pas ces enfants, je ne connaissais pas l'existence de ces personnes ", a-t-il affirmé.
Enfin, l'huissier de justice Alain Marécaux, condamné à 18 mois de prison avec sursis pour agression sexuelle sur un de ses fils, a déclaré : "Je suis incapable de faire ça sur un enfant, alors sur le mien, vous pensez bien...".
La cour a entendu comme témoin Claire Beugnet, responsable de l'aide sociale à l'enfance dans le Pas-de-Calais.
Celle-ci a précisé qu'outre les enfants des six accusés rejugés et des sept acquittés du premier procès, ses services avaient été amenés, à la suite de l'enquête pénale, à placer une quinzaine d'autres enfants de familles d'Outreau.
Même si l'affaire s'est effondrée en grande partie au premier procès, ces mesures de placement ont été reconduites. Karine Duchochois, l'une des acquittées de première instance, a ainsi dû attendre six mois de plus après l'arrêt de la cour pour revoir son enfant.
Le procès se poursuit jeudi par l'audition des enquêteurs.
« Il n'est pas du même milieu »
Libération, 9 novembre 2005Huit ans de prison après dix ans d'enfer conjugal et un meurtre.
En 2001, Lionel Attimon, ivre, avait poignardé sa femme Chantal.
Par Charlotte ROTMAN, extrait :
Sa famille n'a jamais accepté cette union. Sa mère, sa soeur, ses enfants, parties civiles, tous en noir, sont venus le dire à la barre. Sa mère raconte qu'elle n'a pas digéré que sa «petite Chantal» qui avait eu le «prix de la douceur» au pensionnat épouse Lionel Attimon. Un type «sans situation», qui oublie les majuscules au nom de famille quand il libelle les chèques parce qu'il est «un peu inculte». «Elle l'a logé, nourri, lui achetait ses cigarettes et son pastis.» Et même une gourmette. La même, sûrement, qu'il porte encore aujourd'hui à son poignet gauche. La famille a boycotté le mariage. La mère : «Il n'est pas du même milieu.»
Le fils aîné de Chantal a vu sa mère pour la dernière fois en 1991. Dix ans avant sa mort. En dix ans, Chantal a sombré. A l'audience, sa soeur peine à la reconnaître sur une photo qui date de 1997. Chantal a grossi, elle a le visage bouffi.
«Elle piquait des crises, cassait tout dans la maison, elle titubait, m'insultait, me cassait des bouteilles sur la tête. Quand elle ne buvait pas, elle était tellement gentille», se défend Lionel Attimon. «C'était une descente aux enfers ?», demande le président. «Oui, je suis d'accord», répond l'accusé. Mais il ne s'est trouvé personne pour interrompre cette spirale de violences conjugales. Ni lui ni elle n'ont voulu se séparer. La famille de Chantal s'est éloignée, retirant même la propre fille de Chantal âgée de 11 ans du domicile des Attimon pour la protéger.
L'ASE incitait le couple à s'adresser à la police
CAEN (AP), 8 novembre 2005 - Le tribunal correctionnel de Caen dans le Calvados a condamné mardi à trois mois de prison avec sursis une mère de famille qui avait, le 25 septembre dernier, abandonné son bébé en pleine rue. Le père de l'enfant, absent à l'audience, qui comparaissait également pour "délaissement de mineur" a été condamné quant à lui à trois mois de prison ferme, compte tenu de son passé judiciaire.Tous deux encouraient sept ans de prison et 100.000 euros d'amende. Le procureur avait requis un an de prison avec sursis à l'encontre de la mère, et un an ferme pour le père.
Le 25 septembre dernier, ce jeune couple, âgé de 23 et 24 ans, avait abandonné son bébé de trois mois dans une rue de Caen après avoir voulu le placer au foyer de l'enfance, qui avait refusé de prendre en charge l'enfant, incitant le couple à s'adresser à la police. Des passants avaient trouvé le landau avec le bébé et sonné à la porte de la maison la plus proche, celle d'un couple de médecins.
Le jeune couple s'était ensuite enfui dans le sud de la France avant de revenir en Normandie et d'être interpellé une semaine plus tard, après avoir été victime d'un accident de la route.
Mardi, au cours de l'audience, Jean-Pierre Triauller, le procureur de la république de Caen, a expliqué que "ces faits relevaient plus de la détresse sociale et familiale que de la délinquance".
La fillette, placée depuis au foyer de l'enfance de Caen, reçoit régulièrement la visite de sa mère, en attente d'une décision du juge pour enfants de Caen, qui décidera du placement définitif de l'enfant en foyer ou d'un rapprochement avec sa mère. AP
