January 17, 2006

Les convaincus et les croyants se livrent un combat

Nous sommes maintenant en 2006, bientôt 2007.

Ce 17 janvier, l'une des priorités est la protection animale, les efforts en France se concentrent dans le combat que se livrent convaincus et croyants.

Depuis huit jours, la France a la diarrhée. Un enfant peut se retrouver gravement déshydraté après un seul jour de diarrhée.

Aïd al-Adha: Sarkozy veut "une meilleure protection animale"
AFP 17.01.06 | 12h44

Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a écrit mardi à Brigitte Bardot pour l'assurer qu'il voulait promouvoir "une meilleure protection animale" dans le cadre de la fête de l'Aïd al-Adha, en convainquant les musulmans d'étourdir les moutons avant leur sacrifice.

"Au delà de la gestion annuelle de l'Aïd-al-Adha, je souhaite que les pratiques d'abattage rituel évoluent, pour assurer une meilleure protection animale", écrit le ministre dans ce courrier, transmis à l'AFP, écrit en réponse à une lettre dans laquelle l'actrice l'accusait de "lâcheté".

Rappelant la jurisprudence de la Cour européenne des Droits de l'Homme en ce sens, le ministre de l'Intérieur rappelle à Brigitte Bardot, contemptrice de longue date du sacrifice religieux de moutons, que "le gouvernement ne peut pas interdire par décret, sans condition, l'abattage sans étourdissement, car cela méconnaîtrait directement la liberté religieuse".

"La seule voie d'action possible est celle de la persuasion. Mon objectif est de parvenir à une véritable évolution des esprits et donc des pratiques", écrit Nicolas Sarkozy qui "déplore que le dialogue engagé avec les responsables religieux concernés n'ait guère progressé depuis plusieurs années".

Le ministre de l'Intérieur se félicite que le président du Conseil français du culte musulman (CFCM) Dalil Boubakeur, se soit "montré ouvert à la généralisation de la pratique de l'étourdissement par électronarcose".

"Je souhaite, désormais, que le CFCM se saisisse formellement de cette question et se prononce de manière explicite, pour engager l'ensemble des musulmans de France dans une démarche conforme aux attentes d'une majorité de nos compatriotes à l'égard du bien-être animal", selon Nicolas Sarkozy.

Le ministre rappelle que dans une circulaire du 8 décembre, il avait "demandé aux préfets d'inciter les responsables musulmans, chaque fois que possible, à la pratique d'un étourdissement préalable".

Nicolas Sarkozy réfute les critiques de Brigitte Bardot à son endroit, un "mauvais procès" selon lui, rappelant qu'il avait donné des "instructions très fermes pour que l'abattage rituel s'effectue, lors de l'Aïd-al-Adha, dans des abattoirs conformes aux normes".

"En toute amitié, je ne peux pas vous laisser penser que j'aurais été inactif depuis notre entretien du 5 octobre dernier", écrit Nicolas Sarkozy qui évoque plusieurs opérations policières dans des abattoirs clandestins.


Gastro-entérites: plus d'un million de cas en quatre semaines d'épidémie
AFP 17.01.06 | 17h35

Plus d'un million de patients souffrant de gastro-entérites ont consulté leur médecin en quatre semaines d'épidémie, a indiqué mardi le réseau Sentinelles, qui précise que le "pic épidémique semble avoir été atteint le dimanche 15 janvier".

"A part les régions Centre, Franche-Comté et Poitou-Charentes, l'ensemble du terrritoire métropolitain était en situation épidémique au 15 janvier", souligne sur son site le réseau qui compile les données fournies par plusieurs centaines de médecins en activité.

Dans la semaine du 9 au 15 janvier, l'incidence nationale de la diarrhée aiguë a été de 584 cas pour 100.000 habitants, soit plus du double du seuil épidémique (280 cas pour 100.000 habitants).

January 16, 2006

En raison d'un manque de moyen en personnel...

December 26, 2005

Encore une affaire « complexe »

EVRY (AFP), le 25 décembre 2005 - L'enseignante poignardée le 16 décembre par un lycéen d'un établissement professionnel d'Etampes (Essonne), a porté plainte en début de semaine pour "outrages et menaces" pour des faits antérieurs à son agression, a-t-on appris dimanche de source judiciaire.

Cette plainte ne vise pas son agresseur, Kevani Wansale, mais deux autres élèves, a précisé la même source.

Professeure principale d'une classe de vente-action marchande, la jeune femme avait été poignardée en plein cours par un de ses élèves, Kevani Wansale, 18 ans. Celui-ci lui reprochait d'avoir convoqué sa mère pour lui annoncer une exclusion pour "comportement injurieux".

Pas de victime mais un coupable

Libération, le 26 décembre 2005
Carnets de justice
«C'est dingue, Outreau ne leur a pas servi de leçon !»
Par Dominique SIMONNOT, extrait :

Le délit reproché à Hacène est étrange : «une agression sexuelle avec violence sur une victime non identifiée». Dans le métro, Hacène, un homme mûr, a été dénoncé aux policiers par une femme. Il aurait mis la main aux fesses d'une jeune fille et aurait sorti un couteau. La femme n'est pas là, la jeune fille n'a pas été retrouvée. Il n'y a aucune trace de plainte. «Vous contestez toujours ?» demande le président. Hacène roule des yeux : «C'était à Châtelet. Il y avait beaucoup de monde. En descendant de la rame, la dame me frappe involontairement. J'ai dit "enfin, madame !". Elle m'a insulté, elle s'arrêtait plus ! Alors, je l'ai poussée. C'est tout. Mais je n'ai pas été violent...» Le président fait la grimace : «Ce n'est pas ce qu'elle dit. Selon elle, dans la file d'attente au guichet, vous avez mis la main aux fesses d'une jeune fille et, comme elle vous disait "ça va pas !" vous avez sorti ce couteau ! La jeune fille a fait un bond et s'est enfuie avec son amie ! Alors ?» «Pas du tout !» proteste Hacène. Le juge s'agace : «Devant les policiers, vous avez reconnu ! Alors, monsieur, oui ou non, vous reconnaissez les faits ?» «J'ai mis les mains sur personne et je n'ai pas sorti de couteau !» jure Hacène.

Le juge lève les yeux au ciel : «Vous avez été vu par un psychiatre. Il dit que vous ne présentez aucune anomalie psychique, mais que vous êtes un psychopathe pervers...» Il lit : «Vous êtes commerçant, vous gagnez 4 800 euros par mois et... Ah ! Je vois que vous êtes sous anxiolytiques et que vous consultez un psychiatre... Il y a bien quelque chose !» «Une dépression», dit Hacène. Le juge s'arrête tout à coup : «C'est embêtant. On n'a pas le casier... Bon, je me demande s'il ne vaut mieux pas renvoyer et ordonner une expertise psychiatrique. A vous, monsieur le procureur.» Le procureur est un jeune à la voix nasillarde : «Les faits sont graves, commis sur une victime de 16 ans avec un couteau, parce que cette jeune fille se refusait à lui. C'est un comportement extrêmement dangereux !» Un avocat chuchote : «Je rêve ! Cette fille, on ne sait même pas si elle existe.» Le procureur : «Cet individu est dangereux. D'ailleurs, l'expert nous dit qu'il s'agit d'un psychopathe pervers. Il y a donc un risque de récidive.» Il réclame la détention provisoire. L'avocat se prend la tête entre les mains : «C'est dingue. Il y a quinze jours, ils étaient tous à genoux devant les mecs d'Outreau. Cela ne leur a pas servi de leçon !» Contrôle judiciaire en attendant le jugement, expertise ordonnée. «Je demande toutes mes excuses à la justice», dit Hacène.

Portrait d'un mauvais père de famille

LYON (AFP), le 26 décembre 2005 - Un homme de 23 ans, soupçonné de plusieurs viols et tentatives de viol depuis le mois d'août, dans le IIIe arrondissement de Lyon, a été mis en examen et écroué dimanche, a-t-on appris lundi de source judiciaire.

Interpellé vendredi soir à son domicile, dans ce même arrondissement, cet homme, cuisinier et père d'un bébé de quatre mois, a reconnu trois viols et trois tentatives de viol, entre la fin août et la mi-décembre, a-t-on indiqué de source policière. Il a été reconnu par plusieurs de ses victimes et confondu par des tests ADN. Il risque jusqu'à quinze ans de réclusion.

C'est grâce, notamment, au signalement de sa tenue vestimentaire qu'il a été repéré par des policiers de la BAC, qui l'avaient soumis à un contrôle d'identité au cours de la journée de vendredi.

December 24, 2005

Les urgences sociales

PARIS (AFP), le 24 décembre 2005 - De plus en plus de femmes et de jeunes sont accueillis par les centres sociaux d'hébergement d'urgence à Paris, selon une étude du Samu social, portant sur l'évolution de la pauvreté à Paris entre 1999 et 2004, rendue publique par Libération samedi.

Dans cette étude, disponible sur son site internet, le Samu social relève que la population hébergée dans les centres d'urgence "est très hétérogène et que ses caractéristiques démographiques sont fluctuantes" mais qu'"on observe une progression des femmes, des jeunes et des couples" entre 1999 et 2004.

Sur cette période, "les femmes sont passées de 15 à 20% des hébergés" tandis que "les jeunes de 18 à 24 ans progressent sur toute la période, passant de 0,5% à 11% des hébergés".

Le nombre de personnes en couple augmente également. Elles sont "très minoritaires mais leur part dans la population hébergée passe de 4,6% à 7,6% de 1999 à 2004", relève l'étude qui a été pour la première fois rendue publique le 13 décembre à l'occasion de la Journée scientifique de l'Observatoire du Samu social.

En ce qui concerne les jeunes, le Samu social relève également, en se fondant sur les observations du centre Corot Entraide, situé dans le XVIe arrondissement de Paris et spécialisé dans l'accueil de cette population, que la durée du soutien des jeunes est de plus en plus longue.

"En 2003, la durée moyenne de soutien d'un jeune à Corot était de 50 jours. En 2005, elle dépassera 100 jours", relève l'auteur de l'étude sur le centre qui souligne que, parmi les jeunes accueillis, "44% ont moins de 21 ans".

BLUE SPRINGS (AP), le 23 décembre 2005 - C'est ce qu'on appelle couper court à une conversation. Une Américaine de 24 ans habitant à Blue Springs (Missouri), dans le centre des Etats-Unis, a avalé un téléphone portable après une dispute avec son petit ami.

Les policiers ont reçu un appel vendredi peu avant 5h du matin (10h gmt, 11h heure française) d'un homme expliquant que son amie avait du mal à respirer. Les policiers, en arrivant sur les lieux, ont constaté que la jeune fille avait un téléphone portable dans la gorge.

"Il voulait le téléphone et elle ne voulait pas lui donner, alors elle a tenté de l'avaler. Elle l'a mis complètement dans la bouche pour qu'il ne puisse pas l'attraper", a expliqué le sergent Steve Decker, de la police de Blue Springs.

La jeune femme, dont l'identité n'a pas été précisée, a été hospitalisée. Aucune précision n'a été fournie sur son état de santé. La police, précise le sergent Decker, a clos son enquête. "C'est la première fois que j'entends parler d'une telle chose", explique-t-il. "Je ne sais

December 23, 2005

Tricher est une chose permise

Transparency International a rendu un rapport qui montre que la corruption ne se cantonne pas aux pouvoirs politiques ou financiers mais touche aussi d'autres systèmes.

Ce document de 85 pages a été réalisé à partir d'exemples pris dans dix pays : Argentine, Brésil, Mexique, Nicaragua, Bosnie-Herzégovine, Sierra Leone, Niger, Zambie, Géorgie et Népal.

Extrait du Monde du 9 décembre 2005 :

"Un manuel scolaire de base et une bonne note ne devraient pas dépendre du fait que l'on ait graissé la patte d'un enseignant ou d'un administrateur corrompu", s'indigne Huguette Labelle, la présidente de TI, en présentant une étude de TI intitulée "L'avenir dérobé – la corruption dans les classes d'école".

"Pour les élèves enfants, les conséquences sont dévastatrices", explique Bettina Meiers, chargée des questions d'éducation à TI. "Si l'enseignant le travailleur social donne le mauvais exemple aux élèves enfants en trichant, cela signifie pour eux que tricher est une chose permise. Ce message a des conséquences sur la société", poursuit-elle.


Libération, le 9 décembre 2005
Monsieur l'instituteur, je vous ai apporté un pot de vin

L'ONG qui conclut sur un rappel aux « valeurs d'intégrité, d'équité et de bien public » et la confiance dans le gouvernement « nécessaire pour le développement économique et social », donne d'édifiants exemples de corruption en milieu éducatif.

C'est d'abord le marché aux diplômes et aux bonnes notes dans les campus bosniaques, mais aussi l'école gratuite devenue payante au Mexique tant les dessous de tables sont généralisés. L'ONG évoque également les municipalités pauvres du Brésil, dont près de 55 % des subventions fédérales pour l'éducation s'évaporent chaque année à cause des fraudes.

Grave atteinte au crédit et à la réputation de la police nationale

SAINT-ETIENNE (AP), le 23 décembre 2005 - ­ La révocation d'un couple de policiers stéphanois qui, parallèlement à leur activité, dirigeaient une boîte de nuit dans cette ville a été confirmée vendredi par le tribunal administratif de Lyon.

Les sous-brigadiers Alain Lorenzon, 35 ans, et Sylviane Lorenzon, 44 ans, qui estimaient que le ministère de l'Intérieur avait commis une "erreur manifeste d'appréciation" en les révoquant le 6 décembre 2004, ont été déboutés par la juridiction administrative qui les condamne par ailleurs à verser chacun 500 euros à l'Etat au titre des frais de justice.

Dans sa décision, le tribunal suit les conclusions du commissaire du gouvernement qui, le 24 novembre dernier, avait considéré que "le couple assurait la gestion et la direction réelle de la discothèque stéphanoise 'Le Whisky Club', dont la propriété du capital était partagée entre M. Lorenzon et sa belle-mère, gérante officielle de cet établissement de nuit".

Par cette activité "contraire aux obligations statutaires et déontologiques" des deux policiers, les requérants ont "porté une grave atteinte au crédit et à la réputation de la police nationale", estime le tribunal. Il rappelle que les fonctionnaires incriminés employaient en outre du personnel non déclaré dans leur discothèque située dans le centre de Saint-Etienne.

Ceci a valu à chacun deux une condamnation pour "travail dissimulé" par le tribunal correctionnel de Saint-Etienne le 3 mars 2005 à deux ans de prison avec sursis, 1.500 euros d'amende, une interdiction des droits civiques, civils et de famille pendant trois ans et l'interdiction de gérer directement ou indirectement tout établissement nécessitant une licence. AP

Placement Familial ou l’illusion du retour

2001, l’Odyssée
du Placement Familial
ou l’illusion du retour

Assimilation, appartenance,
rejet pour l’enfant « venu d’ailleurs » ?

Actes du colloque, Saint-Malo, 21-23 novembre 1996
Sous la direction de Denise Bass et Arlette Pellé
Editions érès, 1997
ISBN 2-86586-477-4


L’enfant du Placement Familial ne peut pas, après une longue et inévitable série d’épreuves, revenir sans danger d’où on l’a « sorti » parce qu’il ne « s’en sortait » pas.

Le pari du déplacement physique, c’est de rendre possible un réaménagement des places subjectives, tant du côté de l’enfant que de ses parents.


Et les parents pendant ce temps-là...

Ce départ les met aussi à l’épreuve : quelle place laisseront-ils à l’absent ? souhaiteront-ils maintenir le lien ? ou au contraire l’oublieront-ils jusqu’à ne pouvoir que l’abandonner ?

Certains, pour ne pas être confrontés à leur incompétence, continuent inlassablement à exprimer la demande de retour de leur enfant. Ils maintiennent la tension de cette demande comme seule garantie de leur identité de parent.

L’illusion de « ce retour là » favorise-t-elle l’appartenance symbolique de l’enfant à sa famille, l’empêche-t-elle de s’affilier à une autre famille, une famille « étrangère »...?

Les acteurs du placement sont interpellés par ce départ qui met en scène l’insupportable de la séparation parents / enfant.

Les intervenants sociaux se sentent d’emblée devoir favoriser le retour de l’enfant au nom du principe inaliénable du maintien des liens, au risque d’un discutable harcèlement. Le juge peut s’attacher à effacer la valeur traumatique du départ en l’associant, dès l’ordonnance, à l’idée d’un retour.

Serait-ce « perdre ses illusions » que de travailler à la rupture ? Comment évaluer avec discernement la place occupée par l’enfant dans la demande des parents pour pouvoir travailler à un retour ou non ?

De son côté, la famille d’accueil souhaite que l’enfant fasse partie de sa famille : il deviendra « pareil » aux autres parce qu’elle fait « pareil » pour lui. Lorsqu’il arrive petit, elle croit pouvoir « l’assimiler » ; lorsqu’il est plus grand, elle veut réussir son « intégration » sociale.

« L’enfant venu d’ailleurs » partage d’abord le quotidien de sa vie avec des étrangers. Il est dans la famille d’accueil, singulier, pas comme les autres, différent. Assez souvent cet enfant, d’éducation, de culture, voire d’origine différentes de celles de la famille d’accueil, n’a pas été reconnu comme « une petite personne » dans sa propre famille dont il est exclu.

Cet ouvrage interroge le sens du retour pour que l’enfant placé ne soit pas renvoyé d’où il vient ; pour que son départ de la famille d’accueil ne soit pas un « rejet » ; pour que dans ce voyage d’une famille à l’autre, d’étranger il devienne une personne acceptée dans sa différence.

December 22, 2005

« je voulais me barrer, quitter ces bouffons »

PARIS (AFP), le 22 décembre 2005 - Quatre "murs" de carton dressés sur un trottoir parisien pour se protéger des regards et du froid. Enfant de la Dass, Manu, 16 ans, vit depuis six mois dans la rue. Comme des milliers de jeunes en errance, il passera Noël dehors avec son "seul ami", son chien Hector.

L'adolescent émergeant des cartons sur un trottoir du 3ème arrondissement de Paris, a des yeux bleus d'enfant noyés dans un visage rougi, marqué par les épreuves et un mode de vie "qui fait vieillir très vite".


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"Je zone depuis des mois", avoue-t-il en grelottant. "Je m'enfonce, j'ai de moins en moins la pêche chaque jour pour aller chercher à manger, trouver des couvertures, mendier mais je n'irai pas en foyer, plus jamais", dit-il avec force. "Je préfère crever sur place et puis en plus ils n'acceptent pas les chiens".

Manu montre tout ce qui lui reste: un sac de 10 kilos, une photo d'une "ex", des couvertures et son chien, un petit berger allemand, qui le "réchauffe la nuit".

Il raconte au fil des phrases une vie décousue dont les seuls fils conducteurs sont la souffrance et l'abandon. Victime de maltraitances chez sa mère, dont il ne se souvient pas, il a été placé à la Dass (devenue Aide sociale à l'enfance, ASE) dans le Nord à l'âge de 3 ans. Sa mère n'a jamais donné signe de vie. Ses deux frères ainés non plus. Il est né de père inconnu.

"Je suis passé de familles d'accueil en foyers. J'étais mal à chaque fois, je voulais me barrer, quitter ces bouffons", murmure-t-il. "J'ai atterri dans des squats mais là, on me forçait à dealer, donc je suis allé dans la rue, pour être tranquille".

Mauvais traitements, rupture familiale, échec scolaire, démêlés avec la justice pour de petits larcins : Manu a connu "le parcours classique de beaucoup de mineurs à la dérive qui deviennent SDF avant même d'être adultes", comme l'explique le sociologue Jacques Guillou.

Selon le ministère de la cohésion sociale, de 30.000 à 50.000 jeunes de 18 à 24 ans se trouvent en situation de très grande précarité ou d'errance. Certains chercheurs évoquent le chiffre de 100.000.

Un tiers des jeunes en errance serait des enfants de la Dass et la moitié n'aurait aucun diplôme, d'après plusieurs études.

"Quand ils approchent de la majorité, l'ASE évite de se mobiliser pour certains jeunes à la dérive, fugueurs récidivistes, en se contentant d'attendre qu'ils aient 18 ans, date à laquelle l'administration n'a plus à s'occuper de leur cas. De toutes façons, nous manquons de structures adaptées", relève une assistante sociale qui préfère garder l'anonymat.

En quelques mois, Manu a fait l'expérience de "l'univers impitoyable" de la rue: racket, menaces, coups. "On m'a volé mes chaussures la deuxième nuit", lâche-t-il.

Il passe ses journées dans des foyers de jour, où il peut se réchauffer, somnoler sur des chaises et demander de la nourriture pour lui et Hector. Il va aussi voir les médecins de ces centres pour ses crises d'épilepsie et de schizophrénie.

Le jeune homme mendie plusieurs heures par jour. La nuit, l'angoisse du lendemain le saisit tout autant que le froid. Et il frissonne parfois en croisant dans la rue de vieux clochards, incarnant pour lui "un avenir effrayant".

LES JEUNES SANS DOMICILE FIXE ET LA RUE
ou " AU BOUT D'ÊTRE ENERVÉ "
Jacques Guillou
Préface de Louis Moreau de Bellaing
Logiques sociales
SOCIOLOGIE

Que font tous ces jeunes errants que nous croisons dans la rue ? Comment en sont-ils arrivés là? Ont-ils des familles ? Comment ces familles contribuent-elles à " rendre SDF " leurs propres enfants ? Comment les jeunes SDP utilisent-ils la rue, l'espace public, les services qui y sont consacrés ? Quelles sont leurs portes de sortie de ce mode de vie atypique ?
C'est à ces questions que ce livre tente d'apporter des réponses en s'appuyant sur de nombreux témoignages de jeunes sans domicile fixe rencontrés lors de l'enquête menée par l'auteur.

ISBN : 2-7384-6467-X • avril 1998


Imagine les glandes, de ne pouvoir voir les tiens foutre de rien,
Parce qu'à partir de maintenant c'est à eux qu't'appartiens,
Trimbaler comme une vieille grôle
Ils te diront quoi dire, quoi faire, quoi becter,
Les chiotes turcs sont excellents, pas d'excédents ma gueule,
C'est un luxe, et les jours d'fêtes pas d'quoi grimper aux lustres,
Juchés sur ses dossiers, juger et puis caser,
Parce que tes vioques n'arrivent plus à s'blairer,
Et si parce qu'il mouille, t'as des frangines et des frelons, alors franc-jeu
Tu n'risques pas de grandir avec eux, on t'separait comme les boeufs,
J'baratine pas sur mes aïeux, si t'as d'la famille:
C'est bandant, dans mon cas contradictoire orphelin, mon pater' à Melun
Cette tafiole d'assassin a changé mon destin,
Stoppé celui d'ma mère et son conjoint,
Le cocon explosé t'inquiète y'a de l'amende de c'coté, svp 11 11,
Famille d'accueil en manque de freche, comment veux tu etre conciliant
Quand des tocards s'prennent pour tes parents ?
Et c'est vexant pas d'suivi chez les psys,
Et si tu debloques on t'dira qu'tes aigri,
Et si on t'largue chez les dingues, y'a plus d'credit,
Comme quoi l'amour de l'oseille est plus forte que celle de l'être,
Et dans cette chianlie, tu dois apprendre et grandir vite,
Un enfant ça devient adulte que si tu lui laisses le temps et c'est navrant

Refrain :
Enfant d'la ddass, plus de paix que d'allégresse,
Enfants d'la masse, enfants d'la dass, tant d'haine
Enfants d'la ddass, plus de paix que d'allégresse,
Enfants d'la ddass enfants d'la masse, tant d'haine!

Enfants d'la dass, enfants d'la masse, encore une mission etrentable,
Bénis celui qui la remplira: sans façon,
Et maudit celui qui echouera sauvageon,
On était des numeros plus un coup, et l'entretien coute cher,
Mais tu vois pas les sous, etant soit disant soumis a leur micro sys',
La detention reste une exeption, la liberté une règle:
C'qui commence deja a avoir le choix pour ton orientation, modelé, façonné
Comme un pantin tu t'croirais livré chez toys'r'us et sans les paillettes,
Ici t'as qu'un droit: fermer ta gueule ou tu serviras de casse-dalles,
Encadrés par des educateurs pas censés s'eduquer eux memes,
Qui t'emboucanent en t'apprenant que le boul'prime sur l'biscoto
Et t'en decalquent 3-4 quand c'est chaud,
Recueillir c'est beau, a condition de respecter qu'il soit morico ou noiraud,
Tout n'est pas sombre, mais la vie n'est pas rose,
Abriter fait legiter l'couvert qu'on porte à Saint-Airvers
Et sans vergogne scotchés à la besogne,
Les differences existent, on t'apprends le masochisme
Pour t'inculquer l'civisme, aux chiottes le libéralisme !

Refrain

On arrete les palabres, mon sejour a l'étable aurait pu etre execrable,
Le rififi entre mouflets ca n'allait pas plus loin qu'un pet,
Mais les jeunes pousses deviendront des glands,
La bas c'est les ciseaux et la rage aux dents,
Bisutages violents à moins que tu débarques adolescent,
Pour les plus vieux tu d'viens interressants, et y'a pas d'sentiment,
La-bas tout l'monde a ses problemes mais personne pour t'apprendre à saouler,
Les separations sont mals vecues pas grave on finira tous tondu,
Comment veux-tu decider de ton avenir à 14 ans, pauv' cloches,
Ils s'prennent pour Nostradamus, et finir avec un métier de buse,
Trop de soucis en meme temps, ta chance d'avenir fou l'camps,
Tu chies sur la campagne et tous ses paysans,
Quand t'arrives a Paris c'est bandant,
Mioche de la ddass en passant par Armace
Baguette et cuisto mais n'aime pas les négros a Mont Melian ,
A la Arlequin ils nous prennaient pour des clowns,
A force de faire cuire des moules sinon a grand coup de boules
Pour nous laver les reins, encerclés par des branlos
Bons qu'a lutter ou faire du karaté pour mieux te peter le nez ma gueule,
J'ai tapé la cooperative à St-Père del Bigny parce que cette bandes d'albinos
Ils nous faisaient crapahuter le galibi jusqu'a l'os,
Et en pleine nuit fallait me voir
Faire du stop, j'aurais été une bonne proie du coté du mississipi,
J'ai eu du bol j'ai atteri à Annecy, 3 barbak par jour et ca change de la baraque,
Argent de poche et pecul' pour chier des frustres moins vetuste'.
Imagine le père gabin, un citadin en train de glander à Grivieux la Bareine,
J'pourrais l'écrire en fermant les yeux,
J'encule tous les lapins de garenne et les fachos de ta sale à mi-lune
Quelques uns m'ont mis des prunes et en prime des mandales
J'etais pas un vandal mais javais la dalle, des kilometres de c'patelin,
J'en ai fait de long en large, du nord au sud, venant pas tous des memes chemins
Chacun a pris le vice de l'autre et comme des apôtres,
Sans oublier que ton meilleur ami est ta fourchette,
Tu peux t'gratteur coco pour que j'rebecte des grattons,
Et faire le guignol du coté de Lyon,
Brassement d'races, brassement d'huiles et de culture,
Fait de la majorité d'entre nous, un passe pour les ordures,
Enfants d'la masse, enfants d'la ddass, tant d'haine
Enfants d'la ddass enfant d'la masse....

Refrain

Mc Jean Gab'1

Point de vue d'mcm :

Origines : MC Jean Gab'1, ex-enfant de la DDASS, "ex-voyou", ex-taulard, débarque enfin dans le paysage du rap français. La danse, la violence, le rock, le rap, Paris, les embrouilles... ça ressemble à un cliché. Ce n'en est pas un. C'est la vie de MC Jean Gab'1, titi parisien de 36 ans qui a fait ses armes non pas sous les "spot-lights" mais sur le bitume. Le single J't'emmerde, véritable brûlot de 5'30'' qui aligne en bonne et due forme tout le rap français, a précédé Ma vie, 1er album de MC Jean Gab'1.

Ingrédients : on aurait pu en rester là. Excitant, bien écrit, polémique, violent, J't'emmerde avait tout pour plaire... Mais la partie immergée de l'iceberg cachait bien plus qu'un simple pamphlet. Une réalité dure et assumée... Sur d'excellentes instrus de DJ Ol' Tenzano, MC Jean Gab'1 frappe là où ça fait mal, gratte là où c'est sale. Dur, drôle, sincère, émouvant, son flow simple et incisif devrait faire gamberger la crème du rap français... MC Jean Gab'1 est passé de l'ombre (la prison) à la lumière. Un disque brillant.

Il faut sauver Toga

LONDRES (Reuters), le 22 décembre 2005 - La police britannique craint le pire pour Toga, un manchot de trois mois enlevé samedi dans un zoo de l'île de Wight, au sud des côtes anglaises.

Pour les responsables du zoo, les ravisseurs, probablement inspirés par le documentaire français "La marche de l'Empereur", veulent offrir Toga en cadeau de Noël.

Mais si le manchot marron et blanc n'est pas rendu au zoo, il n'a aucune chance de survivre.

Des photos de ses parents, l'air abattu, font la une des journaux anglais et l'histoire de Toga a ému tous les amis des animaux.

"C'est absolument incroyable. Nous avons reçu tellement de mails et d'encouragements, c'est vraiment stupéfiant!", a déclaré à Reuters la responsable du zoo, Kath Bright.

Certains messages venaient des Etats-Unis, d'Australie et d'Afrique du Sud - Toga est un manchot du Cap et on le dit très, très bavard, avec un cri rappelant le braiment de l'âne...

Dans deux églises américaines, des prières ont été dites pour sa libération.

Kath Bright a déclaré que le zoo avait reçu un coup de téléphone anonyme d'un homme disant avoir enfermé Toga dans un sac plastique et l'avoir jeté dans le port de Portsmouth. La police du Hampshire mène des vérifications mais garde peu d'espoir pour l'animal.

Lorsque les incultes travaillent les sous hommes...

Jeunes en grande difficulté :
prise en charge concertée
des troubles psychiques
sante.gouv.fr

Extraits :

Les orientations thérapeutiques
Il a donc fallu créer des dispositifs inhabituels pour que la pensée advienne. Notre première question dans ces circonstances n'était pas « que va-t-il penser ? », mais « va-t-il penser ? ».

La contention
Elle peut avoir lieu de deux manières en fonction du niveau de sécurité nécessaire et de l'âge. Pour les préadolescents, on utilise des attaches (poignets, chevilles, ceinture ventrale) pour une durée prolongée, parfois de plusieurs semaines. Ceci nécessite de relever le conflit, et de penser qu'un sujet omnipotent est un enfant terrorisé par un objet interne ; un des buts de la contention est de permettre au sujet de tolérer quelque chose de son impuissance face à ces sensations - émotions internes. Pour les enfants petits, on utilise des enveloppements avec un drap non humide d'une durée de 40 minutes.

5.2.1. Croyances.

Dans les civilisations traditionnelles, empirisme, religion et magie sont intimement liés. Il s’agit du concept animiste d’une entité responsable de l’idiotie, de la folie, des délires, de l’épilepsie et des migraines.

Pour Lazorthes (1967) et d’autres auteurs (Parry, 1931 ; Oakley et al, 1959 ; Bouchet, 1968), le but mystique de la pratique est avéré au Néolithique. Comme les autochtones actuels, ils procèdent à la trépanation pour faire sortir le démon, les esprits malins, les éléments surnaturels censés logés dans la tête. La croyance selon laquelle les troubles mentaux sont liés à la possession diabolique persiste d’ailleurs au-delà du Moyen Age.

Les collectivités territoriales doivent se remettre en cause

Brèves du carrefour local, 15/12/2005
De cet article :

Rapport Pébereau :

Pour enrayer la hausse [de la dette publique], Michel Pébereau fixe un objectif : revenir à l'équilibre en 5 ans au maximum en stabilisant les dépenses en euros courants. Le rapport invite les collectivités à se serrer la ceinture.

Dans les régions de petite taille, les communes et les départements seraient amenés à fusionner.

Le régime de choc, qui s'accompagne toutefois de contreparties : ne "pas imposer unilatéralement de nouvelles dépenses aux collectivités territoriales" et "tenir compte de la fragilité de certaines communes".

Le rapport constate [lui] aussi que "les collectivités territoriales souffrent d'un certain manque d'évaluation de la qualité de leurs dépenses".


Sur La Tribune :

La commission préconise d'autre part "le maintien du niveau global des prélèvements obligatoires" pendant cette période de retour à l'équilibre - autrement dit, pas de baisse d'impôts à moins qu'elles soient utiles à la croissance - et un "réexamen intégral de l'efficacité des dépenses".

Rumeurs et illusions


« De temps en temps,
      une femme est un substitut convenable a la masturbation.
    Mais bien sur, il faut beaucoup d'imagination. »
         Karl Kraus (1874-1936)


Le Monde diplomatique, le 8 août 2005
Un appel à résister
Karl Kraus, contre l’empire de la bêtise
Par Alain Accardo, extraits :

[...] Une démarche dont on pourrait dire qu’elle est d’inspiration krausienne consisterait à dénoncer le règne du faux-semblant généralisé dans lequel sont installées les puissances occidentales. Contrairement aux apparences, ce monde « développé » moderne ne connaît ni la paix, ni la prospérité, ni la liberté pour tous, sinon en trompe-l’œil comme privilèges de minorités dominantes, masquant une réalité fondamentalement faite de violence, d’inégalité et d’oppression. La barbarie moderne n’a pas diminué, mais elle a appris à se farder davantage.

Kraus ne s’attaquait pas à une idée métaphysique de la bêtise, mais à ses manifestations et incarnations concrètes dans la société de son temps. En démontant ses multiples formes environnantes, il en dégageait des aspects essentiels, parfaitement reconnaissables à notre époque encore, dont le trait commun est l’incapacité d’analyser rationnellement la réalité et d’en tirer les conséquences.

La doctrine hitlérienne, par exemple, était pour Kraus un fatras d’insanités idéologiques et de mensonges éhontés qui n’auraient su résister à un examen de la saine raison.

Mais ce qui rendait ce délire irrésistible, dans l’Allemagne des années 1930, c’est que les nazis étaient passés maîtres dans l’art de soumettre l’intellect aux affects, de rationaliser des émotions viscérales, de « faire passer la bêtise, qui a remplacé la raison, pour de la raison, de transformer l’impair en effet, bref dans ce que l’on appelait autrefois : abrutir ». Cette entreprise de « crétinisation caractérisée », commente de son côté jacques Bouveresse, a eu pour résultat de faire « perdre tout sens de la réalité, aussi bien naturelle que morale », aux individus soumis en permanence au pilonnage de la propagande.


Se prostituer à l’ordre établi

Parmi les différentes catégories intellectuelles qui, de plus ou moins bonne foi, se complaisaient à prendre la nuit pour le jour, et travaillaient à croire et à faire croire que l’ordre nouveau nazi était, sinon toujours absolument irréprochable, du moins contrôlable, amendable, et donc acceptable, il y en avait deux en particulier qui fournissaient une cible de choix à Kraus : les partisans de la social-démocratie et les journalistes, chez qui cécité et surdité au réel composent une forme de bêtise proche de l’autisme.

De là, on peut rebondir vers Bouveresse et tomber sur Froissard:

« Étudier la rumeur pour elle-même, comme si elle était une entité communicationnelle autonome, c’est croire ou faire croire à des schémas de communication qui n’existent pas. La société moderne est désormais sous l’emprise des médias, eux-mêmes interdépendants, et la rumeur ne bouscule en rien la logique du système […] », insiste Pascal Froissart, illustrant son discours par l’« affaire des additifs alimentaires » qu’un tiers des personnes informées avait lue avant de l’entendre ou d’en parler (pp. 105-107). Ceci entraînant cela, l’auteur invalide le cliché de la rumeur populaire en établissant que les classes aisées et informées (par les médias) connaissent davantage de rumeurs et sont plus crédules que les classes moyennes, ouvrières ou agricoles.

... le livre - La rumeur. Histoire et fantasme - constitue un remarquable document heuristique pour des théoriciens en mal de distanciation critique face aux discours et aux pratiques scientifiques et journalistiques.

Voir pascalfroissart.online.fr. Pour plus de détails, voir aussi le collectif et les travaux de Françoise Reumaux ; dans ce collectif, des contributions dégagent les capacités discursives, réalistes ou innovantes du phénomène et d’autres approches relient la rumeur à une perte d’autonomie ou, sur les traces du mythe, la relèguent dans les apories d’un secret non partageable.


Qui est Schmock ?
Une précédente analyse de A. Accardo.

« Ma Tante » suspectée de blanchiment


« Ma Tante » suspectée de blanchiment
Enquête préliminaire contre le Crédit municipal de Paris connu pour ses prêts sur gages.
par Tonino SERAFINI
Libération, mercredi 21 décembre 2005
Extrait :

Ma Tante accusée de légèreté ! De graves soupçons planent en effet sur le Crédit municipal de Paris (CMP), plus connu par le grand public pour son surnom familier et ses prêts sur gages. Vendredi dernier, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire suite à une procédure disciplinaire engagée par la Banque de France. Les faits semblent graves puisque le maire, Bertrand Delanoë, a annoncé le limogeage prochain du directeur général, Luc Matray, nommé à la tête du CMP après l'alternance des municipales de 2001.

Tout est parti d'une mission d'inspection ­ menée de septembre à décembre 2004 ­ par la Commission bancaire, le «gendarme» des établissements de crédit. Dans son rapport d'une trentaine de pages (et 500 annexes), la commission pointe des défaillances graves du Crédit municipal en matière de «lutte contre le blanchiment». Il est reproché à ses dirigeants de ne pas avoir transmis à la Tracfin (cellule de lutte contre des opérations de blanchiment de Bercy) des dossiers laissant planer des soupçons. La Commission bancaire pointerait une vingtaine d'opérations, dont sept particulièrement suspectes.


Le Monde, 20.12.05, l'essentiel :

Le maire de Paris, Bertrand Delanoë (PS), a rendu publique, lundi 19 décembre, sa décision "d'organiser le départ à court terme" du principal dirigeant du Crédit municipal de Paris, Luc Matray.

M. Matray devait restaurer l'image et la santé d'une maison marquée par des années de dérives financières à l'époque où Jean Tiberi était maire de la capitale.

Or, il affichait, après quatre ans, un bon bilan économique&nbps;: il était parvenu à redresser le Crédit municipal et à réduire le coût des risques pris par une banque qu'il disait "en retard dans l'application des normes réglementaires".

Mardi, des dirigeants du Crédit municipal regrettaient que M. Matray "n'ait pas eu le temps de s'expliquer et de corriger les manquements relevés par la Commission bancaire". Celle-ci avait demandé à la direction de l'établissement de s'expliquer, en janvier.

Selon la mairie de Paris, certains faits reprochés à M. Matray sont antérieurs à son arrivée en 2001. M. Delanoë a demandé à ses services d'"étudier les éventuelles implications pénales de cette procédure disciplinaire, afin que soient défendus les intérêts de la Ville".


Le Crédit Municipal de Paris, héritier du Mont-de-Piété, occupe une place particulière dans le paysage financier français.

Banque d'intérêt général à vocation sociale, il accompagne, depuis plus de deux siècles, les mutations économiques et sociales de la Capitale, au service des Parisiens. Fidèle à sa mission, l'établissement a su s'adapter aux besoins d'une clientèle diversifiée et se moderniser. Aujourd'hui, il souhaite s'inscrire dans les problèmatiques d'accès au crédit et aux produits financiers pour favoriser la réalisation de projets socialement utiles.

Source : CMP


PARIS, 19 déc 2005 (AFP)

Le Crédit municipal de Paris (CMP) est sous le coup d'une procédure disciplinaire engagée par la Banque de France, et qui a conduit Bertrand Delanoë à décider le départ de son principal dirigeant, a-t-on appris lundi à la mairie de Paris.

Dans un communiqué, l'Hôtel de Ville a choisi de révéler lui-même cette affaire qui, selon d'autres sources parisiennes, pourrait avoir de lourdes implications.

Autorité administrative dirigée par le gouverneur de la Banque de France, la Commission Bancaire, "gendarme" de l'activité des établissements de crédit a mené, de septembre à décembre 2004, une mission d'inspection au CMP, a indiqué la mairie.

Surnommé "Ma tante", le CMP est un établissement qui dépend à 100% de la collectivité parisienne. Depuis 2004, il a une filiale chargée de ses activités bancaires concurrentielles, la maison-mère gardant l'activité multiséculaire de prêt sur gages.

A la suite de la mission d'inspection, la commission bancaire "a décidé l'ouverture d'une procédure disciplinaire", révèle le communiqué.

Les faits reprochés "certains antérieurs à mars 2001, concernent la non observation de diverses réglementations" bancaires, ajoute le texte de la mairie. Une formule floue, en raison, explique-t-on, de la confidentialité requise tant que la procédure est en cours.

Selon une personne ayant eu accès au dossier, certains faits concerneraient le non signalement de dossiers litigieux aux autorités chargées de lutter contre le blanchiment d'argent.

Quels qu'ils soient, ces faits ont conduit le maire PS à décider d'"organiser le départ à court terme de l'ancien directeur général du Crédit municipal, actuellement dirigeant de la filiale du Crédit municipal".

Il s'agit de Luc Matray, nommé à la tête du CMP en juin 2001, après l'arrivée de la gauche au pouvoir à la mairie de Paris. Il avait succédé à Guy Legris, imposé par Jean Tiberi contre l'avis de la Commission bancaire qui avait fini par le démettre, un acte exceptionnel.

M. Delanoë a aussi demandé de "faire étudier dès maintenant les éventuelles implications pénales de cette procédure disciplinaire".

Il entend aussi "accélérer les nombreuses réformes déjà engagées dans le mode de fonctionnement de l'établissement".

La Commission bancaire, qui aurait un dossier de plusieurs centaines de pages sur cette affaire, aurait demandé des réponses dès début janvier au CMP. La direction du CMP, pour sa part, souhaiterait un délai jusqu'à fin février pour répondre.