December 21, 2005

L'affaire Sentier II


L'Expansion, 15.01.02

La Société Générale a riposté mardi à la mise en examen pour «blanchiment aggravé» de son PDG, Daniel Bouton, et de deux autres de ses dirigeants, survenue lundi soir. Ainsi, selon un communiqué diffusé mardi par la banque, «aucun élément du dossier ne laisse supposer qu’un collaborateur ou un service de la banque ait sciemment commis une action de blanchiment». Au sein du staff de la SG, une association regroupant 3500 cadres a exprimé son «incompréhension» et son «indignation» devant ces poursuites judiciaires. Mais au-delà, c’est toute la profession qui fait corps autour de Daniel Bouton. Ainsi, Michel Pébereau, PDG de BNP-Paribas, s’est déclaré certain que ses pairs n’étaient pas coupable.

Au centre de l’affaire, en effet, il y a le traitement de certains chèques présentés par des banques étrangères, en majorité israéliennes, pour encaissement auprès de certaines banques française, dont la Société Générale mais aussi la BRED et American Express Bank France. Les établissements français sont accusés de ne pas avoir procédé aux contrôles préalables rendus obligatoires par la loi, et d’avoir de ce fait couvert un circuit de blanchiment d’argent sale. Négligence ou malveillance, ce scandale inquiète les milieux bancaires qui, à l’instar d’Ernest-Antoine Seillière, président du MEDEF, redoutent une excessive pénalisation de leur métier et demandent que la loi précise davantage leurs obligations. François Patriat, Secrétaire d’Etat à la consommation et au commerce, a d’ailleurs abondé mardi en ce sens, assurant qu’il fallait «donner aux banques des directives claires et voir ce qui leur est techniquement possible de faire».


Libération, no. 7620
SOCIETE, mardi 8 novembre 2005, p. 19
Arrestation du cerveau de l'affaire Sentier II
Philippe Besadoux, que l'on croyait en cavale en Israël, a été incarcéré à Prague.

LECADRE Renaud

Le cerveau présumé de l'affaire Sentier II, Philippe Besadoux, a été incarcéré la semaine dernière en République tchèque. On le pensait en cavale en Israël. Sous le coup d'un mandat d'arrêt international lancé en mai 2003 par la justice française, il s'est fait arrêter à Prague, sous l'identité de Harry Mervyn, avec dans sa poche un billet d'avion pour Tel-Aviv, selon TV Nova, la chaîne locale.

Sentier II est la suite judiciaire de la première affaire du Sentier (une centaine de commerçants dans le secteur du textile condamnés en 2002 pour fausses traites bancaires). Outre l'élargissement des secteurs d'activité (cuir, intérim, transport...), le nouveau dossier a mis cette fois en cause les banques, comme complices d'un circuit de blanchiment portant sur un milliard de francs : le nom des bénéficiaires de chèques douteux ou volés était modifié en Israël avant de revenir en France au profit de petits malins sachant surfer entre les différentes législations bancaires.

Huit banques (dont la Société générale, la Bred et American Express) sont poursuivies comme personnes morales. Une trentaine de banquiers (dont Daniel Bouton, PDG de la Société générale) sont poursuivis à titre personnel. Mais aussi six rabbins, l'affaire mettant en cause une utilisation dévoyée de la tradition de collecte au sein de la diaspora juive. Pour mieux attirer les dons à vocation caritative, les héritiers du rabbin Elie Rotneimer, fondateur du Refuge, avaient mis en place une nébuleuse associative (centres de formation, maisons de retraite...) par laquelle ont transité 450 millions de francs, une partie des dons (jusqu'à la moitié) étant rétrocédée en liquide, au noir, aux donateurs.

Philippe Besadoux, à la tête de la Compagnie européenne de textile (CET), aurait à lui seul recyclé plus de 100 millions de francs, en trompant la vigilance du Crédit Lyonnais, de la Bred et de La Poste sous une fausse identité.

L'arrestation intervient au moment où la juge d'instruction Xavière Simeoni vient de clôturer son dossier tentaculaire (142 mises en examen au total). Il devrait vraisemblablement être rouvert, après extradition en France de Philippe Besadoux.


Libération, no. 7153
SOCIETE, mercredi 12 mai 2004, p. 15
Sentier: six rabbins qui sentent le soufre
Renvoi devant la cour correctionnelle des religieux français accusés de blanchiment.

LECADRE Renaud

Six rabbins français, dont deux en fuite à l'étranger, sont renvoyés en correctionnelle pour blanchiment. On reproche à ces religieux, de tendance loubavitch, d'avoir dévoyé la tradition de collecte au sein de la communauté juive. Pour appâter les donateurs, des associations réputées caritatives proposaient un retour en liquide pouvant aller jusqu'à 50 % ­ des «rétro-dons», selon l'expression du parquet. Un argument décisif pour draguer certains commerçants adeptes de l'économie au noir. La chambre de l'instruction, qui vient d'examiner pendant deux jours l'affaire du Sentier II (Libération d'hier et d'avant-hier), doit décider si ces rabbins (plus d'une vingtaine de responsables associatifs) seront jugés séparément ou conjointement avec la centaine d'autres mis en examen dans ce dossier tentaculaire.

A l'origine, le rabbin Elie Rotnemer, fondateur du Refuge, organisme collecteur du 1 % logement. Après sa mort en 1994, à la veille d'un scandale financier, ses héritiers ont amplifié et diversifié ses méthodes de collectes au profit d'une nébuleuse de 150 associations (écoles privées, maisons de retraite...) domiciliées en Seine-et-Marne et à Paris dans le XIXe, les deux centres névralgiques des loubavitchs : sur cinq ans (de 1997 à 2001), elles ont brassé 450 millions de francs. La plupart des mis en examen sont des anciens du Refuge. Notamment Joseph Rotnemer, nouveau patriarche familial, et le rabbin Jacques Schvarcz, tous deux en fuite en Israël.

Enveloppes. Le «dévoiement progressif du système associatif fondé à l'origine sur un principe de solidarité communautaire», ainsi qualifié par le parquet, a fait un détour par Mulhouse en 1997, où un réseau profane mis en place par Georges Tuil (en fuite) a le premier utilisé la possibilité d'endosser des chèques en Israël contre remise d'espèces. Comme l'a confessé un de ses lieutenants, «pour faire partir les chèques et récupérer les espèces, il fallait trouver des porteurs». L'idée était de confier les enveloppes à des religieux, peu susceptibles de se faire fouiller à l'aéroport. Joseph Rotnemer ne s'est pas contenté de porter pour Georges Tuil, il a mis en place son propre circuit de blanchiment. Car, au même moment, les donateurs commencent à rechigner. Plusieurs commerçants affirment que des religieux leur ont alors proposé un retour en espèces de plus en plus conséquent. Dont le niveau dépendait par exemple, chez un rabbin, «de ce qu'il avait dans sa mallette».

Un rabbin poursuivi rejette au contraire la faute sur «les vautours des entreprises». Le fils d'un rabbin en fuite met tout le monde d'accord en distinguant les «donateurs casher qu'il faut relancer sans arrêt», des «donateurs pas casher intéressés par les espèces». Le principal collecteur de fonds exagère peut-être quand il assène aux enquêteurs : «Je risque ma vie et celle de ma famille, car celui qui dénonce son prochain est condamné à mort par la communauté. J'arrête de parler.» A l'Essec, qui a fini par rompre tout lien avec la galaxie Rotnemer car l'école de commerce en avait assez de devoir lui rétrocéder 50 % de la taxe d'apprentissage collectée, on assure que le grand rabbin Sitruk serait alors intervenu pour maintenir le flux financier. Interrogé, Sitruk a formellement démenti.

Taxis. L'absence de comptabilité dans ces associations, souvent de simples «taxis», a été source de toutes les combines. En plus des rétro-dons, le parquet estime que près de 30 millions de francs «ont bénéficié à des intérêts privés, dévoyant le caractère non lucratif affiché». Joseph Rotnemer a un jour téléphoné à sa secrétaire en France pour virer des fonds en Hongrie afin de racheter des stations-service...

Comprendre les institutions : un premier regard sur l'autisme


De la lettre ouverte du 6 décembre 2005 des avocats du procès Outreau au Garde des Sceaux, voir supprimer les accusateurs-bis

`' Nous rappellerons encore que les pestiférés que nous étions, au même titre que nos clients « pédophiles », ont multiplié dans l'indifférence générale les appels au secours de la raison (plus de deux cents demandes de mises en liberté, demandes d'actes : toutes refusées...) auprès d'une institution autiste et souvent méprisante. "

Un premier regard sur l'autisme
Extrait de www.autisme.qc.ca/comprendre

Véritable kaléidoscope de causes et de symptômes, l'autisme est un handicap qui altère le développement normal de la communication, comme les interactions sociales en général.

Fait notable, ce handicap n'exclut pas la présence d'autres troubles.


Aujourd'hui, même si aucun consensus n'existe quant à la nature exacte des causes de l'autisme, plusieurs penchent désormais pour une explication d'origine organique.


À prime abord, le déficit dans les interactions sociales réciproques est souvent la caractéristique de l'autisme qui semble la plus apparente à un observateur non averti : au coeur du contact avec les gens ou les choses, l'absence ou l'étrangeté des réactions étonnent, et seront parfois faussement attribuées à la cécité ou à la surdité.

Un second trait fondamental de l'autisme réside d'autre part dans le développement inhabituel de la communication verbale et non verbale ainsi que de l'imagination. Parce que les autistes voient les différentes composantes d'un ensemble, sans pour autant réussir à établir des liens entre elles, ils conçoivent le monde d'une façon toute personnelle. Cette incapacité à généraliser et à comprendre les abstractions affecte grandement leurs facultés communicationnelles ; cela explique aussi leur air de détachement.


Sur le plan du langage, l'écholalie figure parmi les symptômes courants : l'autiste répète des mots, des bribes de phrases ou des énoncés entiers qu'il a entendus, mais il leur confère souvent une signification très personnelle en fonction de ses expériences propres. Pour cela, et en raison de ses difficultés à saisir les abstractions, l'établissement d'une communication devrait être fondé sur des bases concrètes.

Au départ, il est à noter que près de 50% des autistes ne parlent pas ; cependant, une intervention éducative peut éventuellement les aider à s'exprimer oralement ou non (avec le langage des signes ou avec des pictogrammes représentant des concepts précis).


D'autre part, un troisième symptôme classique du handicap, les activités répétitives et la résistance au changement, s'explique sans doute aussi par les problèmes de perception des autistes. En effet, l'insécurité découlant de ces difficultés cognitives les pousse probablement à adopter un schéma d'activités limitées qui leur paraît rassurant. À un autre niveau, parce que l'autiste assimile les détails sans toujours reconnaître les ensembles, il confère souvent beaucoup d'importance à chacun des éléments.

Ainsi, d'une certaine façon, les activités répétitives de toutes sortes rassurent les autistes en raison de leur caractère familier, et traduisent un vif besoin de constance et de stabilité.


De façon sommaire, les caractéristiques suivantes figurent parmi les symptômes courants de l'autisme :

  • Difficulté générale à établir des relations avec l'entourage et déficit d'attention ;

  • Tendance à l'isolement et repli sur soi ;

  • Fuite du regard ;

  • Retard ou absence de développement du langage ;

  • Usage stéréotypé et répétitif du langage (lorsque le sujet parle) ;

  • Intérêts restreints et obsessionnels ;

  • Observation de rituels précis et non fonctionnels ;

  • Maniérismes moteurs stéréotypés et répétitifs ;

  • Problèmes d'épilepsie ;

  • Hyperactivité ;

  • Troubles du sommeil ;

  • Réactions inhabituelles à certains stimuli ;

  • Mauvaise compréhension du langage non verbal ;

  • Arythmie cardiaque ;

  • Peur du changement ;

  • Démarche particulière sans balancement approprié des bras.

  • Une affaire bien ficellée et vite règlée

    TOURS (AFP), le 21 décembre 2005 - Un homme a tué trois personnes dont sa femme avec une arme de chasse et en a blessé une autre grièvement avant de se suicider mercredi matin dans un hameau proche de Pruniers (Indre), a-t-on appris auprès des pompiers.

    L'homme âgé d'une soixantaine d'années, selon les pompiers, semble avoir d'abord tué deux voisins dans leur maison où il a également blessé grièvement un jeune homme de 24 ans aux jambes.

    Il s'est ensuite rendu dans la maison de sa mère où il a tué son épouse, avant de se suicider immédiatement après, sous les yeux de sa belle-mère, selon les premiers témoignages recueillis sur place.

    Aucun détail n'a été communiqué par la gendarmerie sur cette affaire qui s'est déroulée au lieu-dit Les Bouleaux, proche de la localité de Pruniers située à quelques kilomètres d'Issoudun.

    TOURS (AFP), 21 décembre 2005, environ 6 heures plus tard - Le procureur de Châteauroux a évoqué mercredi après-midi un "acte inexpliqué" à propos du forcené qui a tué trois personnes avec une arme de chasse avant de se suicider mercredi matin dans un petit hameau proche de Pruniers (Indre).

    Gérard Thiais, un agriculteur à la retraite de 65 ans, a tué deux de ses voisins, M. et Mme Guy Cotillon, âgés de 48 et 46 ans, ainsi que sa propre épouse avant de retourner son arme contre lui. Il a également blessé grièvement le fils de ses voisins, âgé de 19 ans.

    Les deux familles n'étaient "pas connues des services de police", a indiqué le procureur de Châteauroux, Pierre Valleix, lors d'une conférence de presse. "On ne leur connaissait aucune querelle grave", a-t-il précisé.

    Mercredi, entre 09H00 et 10H00, Gérard Thiais a pris sa voiture pour aller jusqu'à la maison de ses voisins, distante de trois cents mètres, où il a tiré à bout portant avec un fusil de chasse sur M. et Mme Cotillon qui sont morts sur le coup, selon le procureur.

    Le forcené a également blessé grièvement aux jambes et à l'aine leur fils Frédéric, âgé de 19 ans. Selon le procureur, il est ensuite revenu chez lui où il a tué son épouse, âgée elle aussi d'une soixantaine d'années, avant de retourner l'arme contre lui, selon la même source.

    Le fils, seul témoin oculaire de la tuerie, actuellement hospitalisé à Châteauroux, sera entendu "dans 48 heures", selon l'estimation du procureur.

    Celui-ci a précisé que la mère de M. Thiais et celle de Mme Cotillon, qui se trouvaient dans les deux maisons au moment du drame et ont donné l'alerte, ont été hospitalisées à Châteauroux en état de choc.

    L'autopsie des corps des victimes aura lieu jeudi, à Limoges.



    PRUNIERS/CHATEAUROUX (AP), 21 décembre 2005, extraits - "Nous avons encore des points d'interrogation sur le mobile et sur la chronologie des faits", a déclaré à la presse le procureur de la République de Châteauroux, Pierre Valleix. "D'après les témoignages des voisins les plus proches, il n'y avait pas de mauvais rapport de voisinage."

    "Cet homme semblait vivre paisiblement. Il n'était connu ni de la gendarmerie ni de la police, et aucun témoignage pour l'instant ne nous indique qu'il présentait un état laissant penser qu'il passerait à l'acte", a précisé le procureur.

    Dans le hameau, les habitants sont sous le choc. Leur maire, Serge Bouquin, parle de "catastrophe pour la commune" où "les deux familles vivaient sans rencontrer de problèmes depuis des générations". AP

    L'Education nationale n'est pas en cause

    LE MONDE, 19.12.05, extraits 

    Le jeune homme, sans casier judiciaire, décrit dans un état dépressif sévère, souffrait d'un parcours familial chaotique : un père mort avant sa naissance, une mère considérée, par la justice, inapte à l'éducation de ses enfants, un placement mal vécu suivi d'un retour récent au domicile maternel.

    Les remontrances de sa mère, jeudi soir, après celles de son professeur principal, ont provoqué la colère de l'élève. Pour autant, son avocat plaide la non-préméditation : "S'il a apporté un couteau au lycée, c'est qu'il en était au point de vouloir intenter à ses jours. Il me l'a dit."

    La victime, Karen Montet-Toutain, 24 ans, mère de deux filles de 1 et 2 ans, restera hospitalisée plusieurs jours. Choquée, elle "ne ressent pas de haine vis-à-vis de son élève, mais est très remontée vis-à-vis de l'administration", selon son avocat, Me Koffi Senah. Le mari de l'enseignante dit qu'elle rentrait souvent en pleurs, faisant état de menaces de viol et de mort.

    Si l'enseignante dépose plainte "dans les circonstances actuelles, il s'agit d'une attitude humaine que je comprends", a déclaré Gilles de Robien à la presse lundi 19 décembre. Le ministre a cependant affirmé que "l'Education nationale n'est pas en cause dans ce drame mais la société dans son ensemble".

    L'« effet Outreau » se fait déjà sentir

    JUSTICE Nombre de justiciables, innocentés, réclament désormais de solides compensations financières pour indemniser les mois ou années passés en prison pour rien.
    Le Figaro, par Laurence de Charette
    [21 décembre 2005]

    DEPUIS le procès d'Outreau, les incidents sont quotidiens.» Ce substitut à la cour d'appel de Douai ne cache pas l'amertume de certains magistrats de son tribunal. «Régulièrement, les justiciables ou les avocats nous renvoient Outreau. Pour expliquer qu'un aveu n'est pas une preuve, que la justice se trompe. Ou, de plus en plus souvent, pour se plaindre qu'ils n'ont pas droit, eux, à une indemnisation de plusieurs centaines d'euros...»

    Alors que l'inspection judiciaire et les députés de la mission parlementaire créée cette semaine s'apprêtent à auditionner les acteurs de ce procès hors norme, les langues commencent à se délier. De nombreux magistrats expriment leurs difficultés devant les tensions qu'ont générées l'affaire Outreau et ses retentissements politiques. «La semaine dernière, la commission d'indemnisation s'est mal passée», lâche un magistrat du Nord. Les négociations financières directes entre la chancellerie et les acquittés d'Outreau ont fait des envieux.

    Des chiffres surestimés

    En principe, les victimes de la détention provisoire peuvent demander réparation à l'Etat, en s'adressant au premier président de la cour d'appel, en charge des commissions d'indemnisation, dans les six mois après un non lieu, une relaxe ou un acquittement. Depuis 2000, date de l'instauration de ces commissions, les demandes ne cessent de croître. Le nombre de dossiers portés, en appel, devant la Cour de cassation a augmenté de 50% entre 2004 et 2005. Les montants des indemnisations sont également plutôt à la hausse.

    L'«effet Outreau» se fait déjà sentir. «Après le procès de Saint-Omer, explique un conseiller référendaire de la Cour, les avocats se sont mis à présenter des demandes de plus en plus importantes, invoquant les indemnisations perçues par les premiers acquittés... et citant des chiffres certainement surestimés.» L'accord négocié avec les acquittés d'Outreau comprend une clause de confidentialité, mais le montant de la provision versée – 100 000 euros – a filtré. Ce chiffre a aiguisé les appétits. Les montants octroyés par les commissions d'indemnisation, et même par la Cour de cassation, en général plus généreuse, restent en effet largement inférieurs aux sommes évoquées dans le dossier d'Outreau.

    Les indemnisations visent cependant une réparation intégrale du préjudice, à travers une estimation du préjudice moral et du préjudice matériel (salaires non perçus, etc.) subis. Proportionnellement, une détention provisoire courte est plutôt mieux indemnisée qu'un emprisonnement plus long car le choc psychologique de la mise en détention est pris en compte. «Pour pouvoir effectuer des comparaisons valables, nous avons demandé aux services de la chancellerie ses critères dans l'affaire d'Outreau, mais le secret nous a été opposé», se plaint un membre de la haute juridiction.

    Préjudice moral

    A titre d'exemples, une personne incarcérée près de vingt-neuf mois – mais affichant un important passé carcéral – s'est vu allouer 33 000 euros par la cour d'appel de Versailles en 2004. Un autre, détenu quarante-deux jours, a bénéficié de 5 500 euros à Aix-en-Provence la même année.

    Plusieurs plaignants ont donc tiré leurs conclusions de cette situation, et ont décidé de tenter eux aussi directement leur chance auprès du ministère de la Justice. C'est le cas d'André Kaas, accusé de l'assassinat de sa femme et détenu pendant trois ans avant de bénéficier d'un non-lieu. La cour d'appel de Rouen a alloué 70 000 euros à cet ancien riche promoteur immobilier, au titre du préjudice moral, mais ne lui a reconnu aucun préjudice matériel. André Kaas, qui affirme avoir dû brader ses biens depuis sa cellule pour pourvoir aux besoins de ses enfants et assurer sa défense, s'est pourvu en cassation. Mais son avocat, Eric Dupond-Moretti – qui est aussi l'un des avocats de l'affaire d'Outreau –, a tenté d'engager des négociations directes avec la chancellerie, estimant que l'affaire est, elle aussi, exceptionnelle...

    Traffic d'animaux, encore...


    PARIS (AFP), le 22 décembre 2005 - Un bébé bonobo (chimpanzé pygmée), illégalement exporté de Kinshasa et découvert dimanche dans un sac à l'aéroport de Paris-CDG, est retourné jeudi vers sa terre natale en République démocratique du Congo, a-t-on appris auprès du parc animalier de Thoiry (Yvelines) qui l'avait provisoirement hébergé.

    Les douaniers aux prises avec le trafic d'animaux

    COMMERCE Le ministre de l'Ecologie présentait hier une campagne d'information destinée aux touristes tentés de rapporter des espèces exotiques.

    Le Figaro, par Marielle Court
    [21 décembre 2005]

    Extraits :

    C'ÉTAIT DIMANCHE dernier. Posé sur le tapis roulant, le sac noir passe au contrôle avant que son propriétaire ne se rende dans la salle d'embarquement. Pour l'agent installé devant son écran, la stupeur est totale. Un petit corps recroquevillé repose au fond du sac. « Ils ont d'abord cru à un corps de bébé et ont donc saisi la police de l'air et des frontières avant de réaliser qu'il s'agissait d'un petit singe Bonobo », raconte Marylène Nau, chef des services vétérinaires de Roissy. Une espèce totalement protégée : il n'en reste plus que trois cents dans le monde.

    Un cas parmi les centaines d'autres que les douaniers de l'aéroport et d'ailleurs traitent quotidiennement dans le cadre de la convention de Washington, dite Cites, à laquelle adhèrent 169 pays. Depuis 1975, celle-ci réglemente le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction.

    La demande crée l'offre.

    L'appel à la délation

    Qu'on ne vienne pas m'ennuyer parce que je dénonce des faits qui ont porté des préjudices très graves à mes enfants ainsi qu'à ma famille, ceci dans l'intérêts de tiers, au parfait mépris de la morale et de la loi, sous couvert de l'intérêt de l'enfant.

    Un ministre appelle à la délation et referait tout sauf la police. D'autres en sont à remodeler le dispositif de la protection de l'enfance...

    Personne n'y verra donc d'inconvénients si je dénonce et expose les faits au travers de ce site et le recueil d'informations que contient ce blog.

    Libération, le 16 décembre 2005
    Prévention de la délinquance : Sarkozy refait tout sauf la police
    Extraits :

    Un maire tout puissant, des miniprocureurs, une police intouchable, le retour de la loi «anticasseurs», l'appel à la délation... Voilà l'esprit du projet de loi sur la prévention de la délinquance que Nicolas Sarkozy s'apprête à dégainer.

    Voir deux policiers soupçonnés d'avoir falsifié une procédure


    « Ma Tante » suspectée de blanchiment
    Enquête préliminaire contre le Crédit municipal de Paris connu pour ses prêts sur gages.
    par Tonino SERAFINI
    Libération, mercredi 21 décembre 2005
    Extrait :

    Ma Tante accusée de légèreté ! De graves soupçons planent en effet sur le Crédit municipal de Paris (CMP), plus connu par le grand public pour son surnom familier et ses prêts sur gages. Vendredi dernier, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire suite à une procédure disciplinaire engagée par la Banque de France. Les faits semblent graves puisque le maire, Bertrand Delanoë, a annoncé le limogeage prochain du directeur général, Luc Matray, nommé à la tête du CMP après l'alternance des municipales de 2001.

    Tout est parti d'une mission d'inspection ­ menée de septembre à décembre 2004 ­ par la Commission bancaire, le «gendarme» des établissements de crédit. Dans son rapport d'une trentaine de pages (et 500 annexes), la commission pointe des défaillances graves du Crédit municipal en matière de «lutte contre le blanchiment». Il est reproché à ses dirigeants de ne pas avoir transmis à la Tracfin (cellule de lutte contre des opérations de blanchiment de Bercy) des dossiers laissant planer des soupçons. La Commission bancaire pointerait une vingtaine d'opérations, dont sept particulièrement suspectes.


    Le Monde, 20.12.05, l'essentiel :

    Le maire de Paris, Bertrand Delanoë (PS), a rendu publique, lundi 19 décembre, sa décision "d'organiser le départ à court terme" du principal dirigeant du Crédit municipal de Paris, Luc Matray.

    M. Matray devait restaurer l'image et la santé d'une maison marquée par des années de dérives financières à l'époque où Jean Tiberi était maire de la capitale.

    Or, il affichait, après quatre ans, un bon bilan économique&nbps;: il était parvenu à redresser le Crédit municipal et à réduire le coût des risques pris par une banque qu'il disait "en retard dans l'application des normes réglementaires".

    Mardi, des dirigeants du Crédit municipal regrettaient que M. Matray "n'ait pas eu le temps de s'expliquer et de corriger les manquements relevés par la Commission bancaire". Celle-ci avait demandé à la direction de l'établissement de s'expliquer, en janvier.

    Selon la mairie de Paris, certains faits reprochés à M. Matray sont antérieurs à son arrivée en 2001. M. Delanoë a demandé à ses services d'"étudier les éventuelles implications pénales de cette procédure disciplinaire, afin que soient défendus les intérêts de la Ville".


    Le Crédit Municipal de Paris, héritier du Mont-de-Piété, occupe une place particulière dans le paysage financier français.

    Banque d'intérêt général à vocation sociale, il accompagne, depuis plus de deux siècles, les mutations économiques et sociales de la Capitale, au service des Parisiens. Fidèle à sa mission, l'établissement a su s'adapter aux besoins d'une clientèle diversifiée et se moderniser. Aujourd'hui, il souhaite s'inscrire dans les problèmatiques d'accès au crédit et aux produits financiers pour favoriser la réalisation de projets socialement utiles.

    Source : CMP


    PARIS, 19 déc 2005 (AFP)

    Le Crédit municipal de Paris (CMP) est sous le coup d'une procédure disciplinaire engagée par la Banque de France, et qui a conduit Bertrand Delanoë à décider le départ de son principal dirigeant, a-t-on appris lundi à la mairie de Paris.

    Dans un communiqué, l'Hôtel de Ville a choisi de révéler lui-même cette affaire qui, selon d'autres sources parisiennes, pourrait avoir de lourdes implications.

    Autorité administrative dirigée par le gouverneur de la Banque de France, la Commission Bancaire, "gendarme" de l'activité des établissements de crédit a mené, de septembre à décembre 2004, une mission d'inspection au CMP, a indiqué la mairie.

    Surnommé "Ma tante", le CMP est un établissement qui dépend à 100% de la collectivité parisienne. Depuis 2004, il a une filiale chargée de ses activités bancaires concurrentielles, la maison-mère gardant l'activité multiséculaire de prêt sur gages.

    A la suite de la mission d'inspection, la commission bancaire "a décidé l'ouverture d'une procédure disciplinaire", révèle le communiqué.

    Les faits reprochés "certains antérieurs à mars 2001, concernent la non observation de diverses réglementations" bancaires, ajoute le texte de la mairie. Une formule floue, en raison, explique-t-on, de la confidentialité requise tant que la procédure est en cours.

    Selon une personne ayant eu accès au dossier, certains faits concerneraient le non signalement de dossiers litigieux aux autorités chargées de lutter contre le blanchiment d'argent.

    Quels qu'ils soient, ces faits ont conduit le maire PS à décider d'"organiser le départ à court terme de l'ancien directeur général du Crédit municipal, actuellement dirigeant de la filiale du Crédit municipal".

    Il s'agit de Luc Matray, nommé à la tête du CMP en juin 2001, après l'arrivée de la gauche au pouvoir à la mairie de Paris. Il avait succédé à Guy Legris, imposé par Jean Tiberi contre l'avis de la Commission bancaire qui avait fini par le démettre, un acte exceptionnel.

    M. Delanoë a aussi demandé de "faire étudier dès maintenant les éventuelles implications pénales de cette procédure disciplinaire".

    Il entend aussi "accélérer les nombreuses réformes déjà engagées dans le mode de fonctionnement de l'établissement".

    La Commission bancaire, qui aurait un dossier de plusieurs centaines de pages sur cette affaire, aurait demandé des réponses dès début janvier au CMP. La direction du CMP, pour sa part, souhaiterait un délai jusqu'à fin février pour répondre.


    Libération, no. 7620
    SOCIETE, mardi 8 novembre 2005, p. 19
    Arrestation du cerveau de l'affaire Sentier II
    Philippe Besadoux, que l'on croyait en cavale en Israël, a été incarcéré à Prague.

    LECADRE Renaud

    Le cerveau présumé de l'affaire Sentier II, Philippe Besadoux, a été incarcéré la semaine dernière en République tchèque. On le pensait en cavale en Israël. Sous le coup d'un mandat d'arrêt international lancé en mai 2003 par la justice française, il s'est fait arrêter à Prague, sous l'identité de Harry Mervyn, avec dans sa poche un billet d'avion pour Tel-Aviv, selon TV Nova, la chaîne locale.

    Sentier II est la suite judiciaire de la première affaire du Sentier (une centaine de commerçants dans le secteur du textile condamnés en 2002 pour fausses traites bancaires). Outre l'élargissement des secteurs d'activité (cuir, intérim, transport...), le nouveau dossier a mis cette fois en cause les banques, comme complices d'un circuit de blanchiment portant sur un milliard de francs : le nom des bénéficiaires de chèques douteux ou volés était modifié en Israël avant de revenir en France au profit de petits malins sachant surfer entre les différentes législations bancaires.

    Huit banques (dont la Société générale, la Bred et American Express) sont poursuivies comme personnes morales. Une trentaine de banquiers (dont Daniel Bouton, PDG de la Société générale) sont poursuivis à titre personnel. Mais aussi six rabbins, l'affaire mettant en cause une utilisation dévoyée de la tradition de collecte au sein de la diaspora juive. Pour mieux attirer les dons à vocation caritative, les héritiers du rabbin Elie Rotneimer, fondateur du Refuge, avaient mis en place une nébuleuse associative (centres de formation, maisons de retraite...) par laquelle ont transité 450 millions de francs, une partie des dons (jusqu'à la moitié) étant rétrocédée en liquide, au noir, aux donateurs.

    Philippe Besadoux, à la tête de la Compagnie européenne de textile (CET), aurait à lui seul recyclé plus de 100 millions de francs, en trompant la vigilance du Crédit Lyonnais, de la Bred et de La Poste sous une fausse identité.

    L'arrestation intervient au moment où la juge d'instruction Xavière Simeoni vient de clôturer son dossier tentaculaire (142 mises en examen au total). Il devrait vraisemblablement être rouvert, après extradition en France de Philippe Besadoux.


    Libération, no. 7153
    SOCIETE, mercredi 12 mai 2004, p. 15
    Sentier: six rabbins qui sentent le soufre
    Renvoi devant la cour correctionnelle des religieux français accusés de blanchiment.

    LECADRE Renaud

    Six rabbins français, dont deux en fuite à l'étranger, sont renvoyés en correctionnelle pour blanchiment. On reproche à ces religieux, de tendance loubavitch, d'avoir dévoyé la tradition de collecte au sein de la communauté juive. Pour appâter les donateurs, des associations réputées caritatives proposaient un retour en liquide pouvant aller jusqu'à 50 % ­ des «rétro-dons», selon l'expression du parquet. Un argument décisif pour draguer certains commerçants adeptes de l'économie au noir. La chambre de l'instruction, qui vient d'examiner pendant deux jours l'affaire du Sentier II (Libération d'hier et d'avant-hier), doit décider si ces rabbins (plus d'une vingtaine de responsables associatifs) seront jugés séparément ou conjointement avec la centaine d'autres mis en examen dans ce dossier tentaculaire.

    A l'origine, le rabbin Elie Rotnemer, fondateur du Refuge, organisme collecteur du 1 % logement. Après sa mort en 1994, à la veille d'un scandale financier, ses héritiers ont amplifié et diversifié ses méthodes de collectes au profit d'une nébuleuse de 150 associations (écoles privées, maisons de retraite...) domiciliées en Seine-et-Marne et à Paris dans le XIXe, les deux centres névralgiques des loubavitchs : sur cinq ans (de 1997 à 2001), elles ont brassé 450 millions de francs. La plupart des mis en examen sont des anciens du Refuge. Notamment Joseph Rotnemer, nouveau patriarche familial, et le rabbin Jacques Schvarcz, tous deux en fuite en Israël.

    Enveloppes. Le «dévoiement progressif du système associatif fondé à l'origine sur un principe de solidarité communautaire», ainsi qualifié par le parquet, a fait un détour par Mulhouse en 1997, où un réseau profane mis en place par Georges Tuil (en fuite) a le premier utilisé la possibilité d'endosser des chèques en Israël contre remise d'espèces. Comme l'a confessé un de ses lieutenants, «pour faire partir les chèques et récupérer les espèces, il fallait trouver des porteurs». L'idée était de confier les enveloppes à des religieux, peu susceptibles de se faire fouiller à l'aéroport. Joseph Rotnemer ne s'est pas contenté de porter pour Georges Tuil, il a mis en place son propre circuit de blanchiment. Car, au même moment, les donateurs commencent à rechigner. Plusieurs commerçants affirment que des religieux leur ont alors proposé un retour en espèces de plus en plus conséquent. Dont le niveau dépendait par exemple, chez un rabbin, «de ce qu'il avait dans sa mallette».

    Un rabbin poursuivi rejette au contraire la faute sur «les vautours des entreprises». Le fils d'un rabbin en fuite met tout le monde d'accord en distinguant les «donateurs casher qu'il faut relancer sans arrêt», des «donateurs pas casher intéressés par les espèces». Le principal collecteur de fonds exagère peut-être quand il assène aux enquêteurs : «Je risque ma vie et celle de ma famille, car celui qui dénonce son prochain est condamné à mort par la communauté. J'arrête de parler.» A l'Essec, qui a fini par rompre tout lien avec la galaxie Rotnemer car l'école de commerce en avait assez de devoir lui rétrocéder 50 % de la taxe d'apprentissage collectée, on assure que le grand rabbin Sitruk serait alors intervenu pour maintenir le flux financier. Interrogé, Sitruk a formellement démenti.

    Taxis. L'absence de comptabilité dans ces associations, souvent de simples «taxis», a été source de toutes les combines. En plus des rétro-dons, le parquet estime que près de 30 millions de francs «ont bénéficié à des intérêts privés, dévoyant le caractère non lucratif affiché». Joseph Rotnemer a un jour téléphoné à sa secrétaire en France pour virer des fonds en Hongrie afin de racheter des stations-service...

    December 20, 2005

    13 ans, mis en examen

    ROUEN (AFP), le 20 décembre 2005 - Le garçon de 13 ans soupçonné d'avoir renversé et grièvement blessé dimanche à Petit-Quevilly, près de Rouen, une femme de 33 ans alors qu'il conduisait une voiture volée a été mis en examen mardi, a-t-on appris auprès du parquet des mineurs de Rouen.

    Le garçon a été mis en examen notamment pour blessures involontaires, vol avec dégradations et refus d'optempérer et le parquet a requis son placement dans un foyer. Ces faits sont passibles d'une peine maximale de sept ans de prison réduite de moitié du fait de l'excuse de minorité.

    Ses deux cousines âgées également de 13 ans qui avaient pris place dans la voiture volée ont été mises en examen pour recel et remises à leurs familles avec une obligation de suivi éducatif.

    Selon les enquêteurs, le garçon s'est introduit dans un dépôt où étaient stockées des voitures neuves et a dérobé tour à tour deux Citroën C5 et une Peugeot 206. Après avoir abandonné les deux premiers véhicules, il a roulé avec la 206 à vive allure, en brûlant les feux et les stops, dans les rues de Petit-Quevilly, avec ses deux cousines à bord.

    Le garçon qui avait glissé deux annuaires téléphoniques sur le siège pour être à la hauteur du pare-brise a perdu le contrôle du véhicule en passant sur un ralentisseur et heurté une femme de 33 ans. Touchée à la tête, la victime a été hospitalisée dans un état très grave au CHUR de Rouen.

    Le garçon a poursuivi sa route avant de heurter un talus et de s'enfuir à pied avec ses deux cousines. Les trois jeunes ont été interpellés quelques centaines de mètres plus loin par la police qui avait été prévenue par des passants surpris par la jeunesse apparente du conducteur.

    Le garçon avait été placé aussitôt en garde à vue à l'hôtel de police de Rouen et les deux jeunes filles à partir de lundi après-midi pour les besoins de l'enquête, selon le parquet.

    Selon le parquet, le garçon avait déjà été interpellé en mai dernier pour avoir joué aux auto-tamponneuses en compagnie d'autres enfants avec des voitures neuves dans ce même entrepôt. Le préjudice est estimé à plus d'un million d'euros pour 240 voitures endommagées. Le garçon doit être mis également en examen prochainement dans le cadre de cette affaire qui fait l'objet d'une instruction à Rouen.

    ROUEN (AP), 20 décembre 2005, extrait - Sonia Legrain, cette femme de 33 ans qui a été renversée par trois adolescents, admise au service neurologie du CHU de Rouen avec de graves blessures à la tête, son état était toujours très préoccupant mardi. Elle est en effet plongée dans un coma profond.

    L'adolescent est déjà connu des services de police pour des faits similaires. Les 14 et 15 mai dernier, il s'était introduit avec des amis dans le même parc de voitures neuves et avait fait du stock-car, détruisant 176 véhicules pour un préjudice estimé à plus d'un million d'euros. AP

    Qu'est ce qu'un « adulte » ?

    PARIS (AP), le 20 décembre 2005 - Après l'agression d'une enseignante à Etampes (Essonne), le ministre de l'Education Gilles de Robien a de nouveau encouragé mardi les enseignants à "porter plainte systématiquement" afin de "confier leur appréhension ou leurs difficultés avant que les drames surviennent".

    "Nous ne pouvons pas accepter que des enseignants essaient d'enseigner la peur au ventre" et "que des jeunes essaient d'apprendre sous un climat qui ne seraient pas d'une totale sérénité", a-t-il souligné lors de la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale.

    M. De Robien a réaffirmé son souhait qu'un "correspondant de la police ou de la gendarmerie" puisse "se rendre dans les établissements pour y tenir une permanence". Il faut aussi selon lui "resserrer les liens entre les inspecteurs d'académie et les parquets pour donner suite aux plaintes des enseignants plus rapidement".

    "Toute la lumière sera faite", a promis le ministre au sujet de l'agression d'une enseignante du lycée professionnel Louis-Blériot d'Etampes (Essonne). "J'ai demandé un rapport à l'Inspection générale (de l'Education nationale) qui sera rendu au mois de janvier".

    Le taux d'encadrement dans ce lycée professionnel "est d'un adulte pour six élèves. C'est un encadrement tout à fait satisfaisant", a-t-il souligné, alors qu'il était interpellé sur le manque de moyens de l'Education nationale.

    "Pour 370 élèves, il y a 222 personnels non enseignants, dont une infirmière et une assistante sociale à temps partiel", "trois assistants d'éducation, quatre aides éducateurs, deux emplois vie scolaire", a détaillé le ministre. Et "les effectifs de toutes les classes sont compris entre 12 et 24 élèves".

    Quant aux moyens de l'Education nationale, son budget est de 58,5 milliards d'euros" en 2006, soit une hausse de "3,65%" par rapport à 2005, a-t-il rappelé. AP

    Deux policiers soupçonnés d'avoir falsifié une procédure

    Le Figaro
    C. L.
    [20 décembre 2005]

    JUSTICE. Une femme brigadier major et un gardien de la paix soupçonnés d'avoir falsifié des procès-verbaux au cours d'une garde à vue ont été mis en examen pour «faux en écriture» dans le cadre d'une enquête ouverte après la mort inexpliquée d'Abdel hafid Rouag, le 15 octobre 2004 à Paris. Les deux policiers, alors affectés au commissariat central du XVIIe arrondissement, ont ensuite été remis en liberté – l'Inspection générale des services (IGS) n'ayant pas demandé leur suspension.


    Interpellé à l'aube du 9 octobre 2004 tandis qu'il dormait dans son camion, en état d'ébriété selon la police, Abdelhafid Rouag avait passé la journée en garde à vue avant d'être découvert, le lendemain matin, gisant dans un état grave à cent mètres du commissariat. Depuis lors, la Commission nationale de déontologie de la sécurité, saisie par des parlementaires, a mis en doute la chronologie présentée par les policiers. En outre, selon une expertise graphologique, M. Rouag ne serait pas l'auteur de sept signatures apposées sur les PV durant la garde à vue. Soupçonnés de les avoir fabriquées, les deux policiers mis en cause ont contesté, devant le juge, les termes de l'expertise.

    Le Figaro, le 20 décembre 2005
    La Chancellerie s'attaque aux lenteurs de la justice

    LA CHANCELLERIE veut généraliser les «bureaux d'exécution des peines» dans les tribunaux dès l'année prochaine. Ces bureaux doivent permettre l'application immédiate des peines prononcées à l'audience.

    A Cambrai, Robert n'aura pas la «chance» de passer entre les gouttes. Vendredi, quand il sort du tribunal vers 13 heures, tout est réglé. En fin de matinée, son permis de conduire est déjà dans le placard de la greffière du bureau d'exécution des peines. Le juge d'application des peines lui a signifié toutes ses obligations. Le conseiller d'insertion l'a reçu en bout de chaîne pour mettre en place son suivi médical et social. Son prochain rendez-vous avec les services sociaux est déjà fixé pour la mi-janvier. Dans sa sacoche, Robert a également l'amende qu'il s'est engagé à payer au Trésor public.

    Plus d'une quarantaine de personnes ont été jugées à l'audience ce vendredi matin à Cambrai, selon la procédure du «plaider-coupable».

    En réalité, rien n'oblige les justiciables à se rendre, directement après l'audience, au fameux bureau d'exécution des peines car la possibilité de l'appel leur est encore ouverte. [...] L'expérience montre en tout cas que la plupart des personnes se plient au système sans difficulté.


    Libération, le 16 décembre 2005
    Prévention de la délinquance : Sarkozy refait tout sauf la police
    Extraits :

    Un maire tout puissant, des miniprocureurs, une police intouchable, le retour de la loi «anticasseurs», l'appel à la délation... Voilà l'esprit du projet de loi sur la prévention de la délinquance que Nicolas Sarkozy s'apprête à dégainer.

    Retravaillé une énième fois (onzième rédaction environ depuis 2003), le texte, mitonné en petit comité, devrait sortir incessamment des tiroirs du ministère de l'Intérieur. Après les émeutes de novembre dans les banlieues, les rédacteurs ont ajouté un court chapitre intitulé : «La réponse pénale aux violences urbaines». Pas l'ombre d'un questionnement sur les rapports entre les institutions ­ notamment la police ­ et les habitants des banlieues. Plutôt un plaidoyer justifiant une renaissance de la loi anticasseurs de 1970. Les «événements récents (...) ont permis de mesurer une fois de plus les limites du principe juridique de la personnalisation de la responsabilité pénale», indique le texte. «L'individu n'est responsable pénalement que de ses propres actes et les enquêteurs devront apporter la preuve des éléments constitutifs de chaque infraction commise, et notamment l'élément matériel», regrettent les rédacteurs. D'où l'idée de «disposer d'outils législatifs» permettant «d'incriminer les instigateurs, les meneurs, mais aussi chacun des participants au regroupement, cause de troubles graves à l'ordre républicain, la responsabilité pénale personnelle découlant de la participation individuelle et volontaire au groupe fauteur de troubles».

    Dans tout le reste du texte, on cherche en vain des mesures qui pourraient concerner les troupes du ministère de l'Intérieur. En revanche, celles de tous les autres ministères sont impliquées. Le projet prévoit de réformer la justice, l'éducation nationale, le logement, la famille, la santé...

    Antienne. Alors qu'il déborde largement sur le champ social, le texte réaffirme pourtant, au fil de ses métamorphoses, une critique de «la culture de l'excuse sociale et économique» pour insister au contraire sur «l'intégration des normes» et «la perception des interdits».

    Tapage. Autre innovation majeure : dans le cadre de la lutte contre les «incivilités», le délégué du procureur (généralement un ancien policier désigné par le parquet) pourrait s'autosaisir de certaines infractions (les contraventions de quatrième classe comme les troubles de voisinage, tapages, menaces, insultes, violences légères...), sans attendre d'en être chargé par le procureur.

    Libération, le 16 décembre 2005

    Selon sa soeur, Jean-Marc Petroff est «un garçon très sensible» qui «aime les enfants» et aurait rêvé de «construire un foyer avec une femme stable». A la place, il tapait sur sa concubine car «elle ne savait pas cuisiner, la maison était sale, le linge mal rincé», bref, «elle manquait de savoir vivre». Il l'a virée «à 11 h 30 le 3 août 1993». Petroff est précis. Un solitaire qui dit : «Les amis, c'est comme les parapluies, quand il pleut, on ne les a jamais sous la main.»

    Massacres. Le 31 juillet 1998, Petroff avait une hache sous la main, il a découpé puis étranglé un couple de SDF qu'il hébergeait à Toulon, «des histoires d'alcooliques et de drogués», élude-t-il. Il est en taule depuis, garçon pour qui la culpabilité est un sentiment exotique. En 1995, Petroff a aussi massacré, avec quelques potes, dans un squat toulonnais, un homme à qui il aurait mis lui-même cinquante coups de poing. Trente ans de réclusion, en 2000. Vingt ans, en 2001. Ça n'a pas l'air de trop lui peser. Un neuropsychiatre : «Il a un soulagement quand il est dans une structure, ça le met à l'abri de ses pulsions». «Je n'ai que deux solutions, ou je fais la prison, ou je me pends», rétorque Petroff. Il a 43 ans, les cheveux ras et un regard qui vous transperce.

    L'avis du vatican

    CITE DU VATICAN (AP), le 19 décembre 2005 - Benoît XVI est revenu lundi sur les violences urbaines en France qui invitent à "prendre en considération les requêtes des jeunes". Le pape a souligné l'importance de "remercier" les travailleurs immigrés et leurs descendants, devenus pour la plupart aujourd'hui "des Français à part entière".

    Le souverain pontife a reçu lundi matin le nouvel ambassadeur de France auprès du Saint-Siège, Bernard Kessedjian. A cette occasion, il a rappelé que la France venait de "vivre une période difficile sur le plan social, faisant apparaître la profonde insatisfaction d'une partie de la jeunesse".

    "Les violences internes qui marquent les sociétés et que l'on ne peut que condamner constituent cependant un message, notamment de la part de la jeunesse, nous invitant à prendre en considération les requêtes des jeunes", a souligné Benoît XVI.

    "Votre pays a accueilli de nombreux travailleurs étrangers et leurs familles, qui ont largement contribué au développement de la Nation depuis la fin de la deuxième Guerre mondiale", a-t-il ajouté. "Il importe aujourd'hui de les remercier, eux et leurs descendants, de cette richesse économique, culturelle et sociale à laquelle ils ont participé. La plupart d'entre eux sont devenus ainsi des citoyens français à part entière".

    Pour Benoît XVI, "le défi consiste aujourd'hui à vivre les valeurs d'égalité et de fraternité (...) prenant soin de faire en sorte que tous les citoyens puissent réaliser, dans le respect des différences légitimes, une véritable culture commune, porteuse des valeurs morales et spirituelles fondamentales".

    "Il importe aussi de proposer aux jeunes un idéal de société et un idéal personnel", a-t-il ajouté. "C'est donc en définitive à faire un pas supplémentaire pour l'intégration de tous dans la société que votre pays est invité, de même que d'autres nations du Continent, au nom même de la dignité intrinsèque de toute personne et de son caractère central dans la société". "La paix sociale est en grande partie à ce prix", a-t-il conclu.

    Benoît XVI a souhaité qu'une attention "toute spéciale" soit portée à "l'institution conjugale et familiale" qui joue "rôle irremplaçable dans l'éducation de la jeunesse". "Pour ce faire, elle doit être aidée et soutenue, pour ne pas démissionner de sa mission éducative et laisser alors les jeunes livrés à eux-mêmes", a insisté le pape. AP

    Mutilations variées et créatives

    LONDRES (AP), le 19 décembre 2005 - Attention Barbie! La célèbre poupée en plastique est victime de mutilations et d'actes de torture entre les mains de certaines petites filles en Grande-Bretagne, avertit une étude britannique publiée lundi.

    "Les fillettes à qui nous avons parlé considèrent le fait de torturer Barbie comme une activité ludique légitime et la torture comme une activité 'sympa' par comparaison à d'autres formes de jeux avec la poupée", explique Agnes Nairn, de l'université de Bath.

    "Les types de mutilation sont variés et créatifs et vont de l'arrachage des cheveux à la décapitation, en passant par les poupées brûlées, cassées ou même passées au four à micro-ondes."

    Les chercheurs des départements marketing et psychologie de l'université de Bath ont interrogé 100 enfants en école primaire sur leur comportement à l'égard de toute une série de produits. Ils ont découvert que les poupées Barbie provoquaient les plus fortes réactions, suscitant, selon les réponses des écoliers, "rejet, haine et violence", a souligné Mme Nairn.

    "Cela va au-delà de l'expression d'une antipathie: des violences physiques et tortures contre la poupée ont été rapportées à plusieurs reprises avec une certaine jubilation, quel que soit l'âge, l'école et le sexe". Autre constat, arrêter de jouer à la Barbie apparaît comme un rite de passage pour de nombreuses filles.

    Mme Nairn souligne toutefois que les mauvais traitements infligés à la poupée ne doivent pas être un motif d'inquiétude particulier. "Les enfants considèrent simplement qu'il s'agit d'un moyen créatif de se débarrasser d'un objet indésirable de la même manière qu'on pourrait écraser des canettes pour le recyclage", explique-t-elle.

    La société Mattel, qui vend 94 millions de Barbie par an dans le monde, a réagi à l'étude. Malgré les résultats de ces travaux, "nous savons qu'il y a des millions de filles au Royaume-Uni et dans le monde qui aiment jouer avec Barbie et continueront à le faire à l'avenir", assure le groupe dans un communiqué. AP

    Elles ne sont victimes de rien

    LILLE (AFP), le 20 décembre 2005 - Les avocats des époux Lavier, acquittés en appel dans l'affaire de pédophilie d'Outreau, ont annoncé mardi qu'ils faisaient appel de l'ordonnance d'une juge pour enfants pour que leurs deux filles aînées soient changées de familles d'accueil qui, selon eux, les "instrumentalisent".

    Les deux conseils s'opposent à une ordonnance d'une juge pour enfants de Boulogne-sur-Mer, qui maintient les deux filles aînées, âgées de 12 et 9 ans, dans leur famille d'accueil actuelle.

    "Les enfants sont en danger. Les familles d'accueil les entretiennent dans l'idée qu'elles sont victimes", a déclaré mardi à l'AFP, Me Philippe Lescène, avocat de Sandrine Lavier.

    "Nous n'avons pas demandé leur retour (chez leurs parents, ndlr) pour l'instant, compte-tenu de leur état d'esprit, mais ce qu'on souhaite absolument, c'est qu'elles changent de familles d'accueil", a pour sa part indiqué Me Franck Berton, avocat de Franck Lavier.

    Lors du procès en appel qui a innocenté les six accusés, l'aînée, soutenue par son assistante maternelle, avait maintenu des accusations fantaisistes contre Franck Lavier, son beau-père. Lors de l'audience à huis clos, la cadette aurait également manifesté de l'hostilité à l'encontre de ses parents.

    "Dans l'ordonnance de la juge, elles sont présentées comme des victimes. Elles ne sont victimes de rien", a estimé Me Berton, jugeant "inquiétant" que les deux enfants ne soient plus suivis sur le plan psychologique ou psychiatrique.

    Au lendemain de leur acquittement, les époux Lavier avaient en revanche pu récupérer la garde de leurs deux plus jeunes enfants, âgés de six et cinq ans.

    December 19, 2005

    Motivé par ses problèmes familiaux et son échec scolaire


    Libération, le 19 décembre 2005
    Violence scolaire
    Un élève déprimé, pas menaçant
    Extrait :

    Un tableau sombre et une vie difficile. C'est, apparemment, le résumé de l'existence du jeune homme de 18 ans qui, vendredi, a blessé de trois coups de couteau sa professeure au lycée d'Etampes. Son père, il ne l'a jamais connu, mort au Zaïre, tandis que sa mère était enceinte. Il est né en France. La mère élève seule ses enfants. «Une femme bien qui n'a jamais démissionné, il en était très proche», assure Me Christophe Gouget, l'avocat du garçon. Il y a environ deux ans, la famille traverse un sale moment, car la mère aurait été, selon nos informations, incarcérée et les enfants placés. L'épisode a laissé des séquelles. Le garçon aurait très mal supporté la séparation avec sa mère et en reste très perturbé. Déjà guère en avance dans ses études, le gamin tombe dans l'échec scolaire. La mesure d'assistance éducative sur la fratrie, ordonnée par un juge des enfants, prend pourtant fin il y a quelques mois. «Sa mère, rapporte Me Christophe Gouget, le pressait de bien travailler, le tançait vertement quand il séchait, le menaçant même ­ pour le contraindre à étudier ­ de le mettre à la porte s'il ne réussissait pas ses études.»

    EVRY (Essonne) (AFP), le 19 décembre 2005 - L'élève qui a porté vendredi trois coups de couteau à une enseignante d'Etampes (Essonne) s'est rendu à la police samedi soir, tandis que l'époux de la victime a évoqué un climat menaçant, également dénoncé par des collègues qui exerceront leur droit de retrait à la rentrée.

    "Le jeune homme s'est rendu aux alentours de 23h00" samedi, a indiqué Alain Boissinot, le recteur de l'académie de Versailles. Le lycéen de 18 ans, placé en garde à vue au commissariat d'Etampes, devrait être présenté lundi matin à un juge d'instruction.

    Comme l'a révélé le Journal du Dimanche (JDD), il est arrivé seul au commissariat. Il a reconnu l'agression de l'enseignante et s'en expliquait dimanche dans "le calme" auprès des policiers, selon une source policière.

    Le jeune homme, vexé d'avoir déjà été exclu pour une semaine de l'établissement, n'a pas supporté des réflexions de sa mère après le conseil de classe, selon la même source qui le décrit comme "renfermé" et "taciturne".

    "Il est manifestement dans un état dépressif profond, motivé par ses problèmes familiaux et son échec scolaire", a déclaré à l'AFP son avocat Me Christophe Gouget affirmant que "le jour des faits, il comptait se suicider avec le couteau". Il n'avait pas de "rancoeur particulière contre l'enseignante" et exprime "des regrets", a-t-il ajouté.


    Vendredi matin pendant un cours, il avait poignardé à trois reprises sa professeure principale, Karen Montet-Toutain, 27 ans, enseignant les arts plastiques, avant de prendre la fuite.

    Il aurait ensuite erré à Evry et à Grigny où il serait resté chez un ami, mais, faute d'argent et se sachant poursuivi, a décidé de se rendre, suivant les conseils donnés au téléphone par son avocat selon ce dernier.

    Blessée au ventre, au coude et à l'épaule droite, Karen Montet-Toutain, était toujours hospitalisée à Etampes dimanche. Après avoir été opérée, cette mère de deux petites filles est sortie du service de réanimation.

    Devant l'hôpital, son époux Frédéric Toutain, très ému, a décrit dimanche son "sentiment de révolte", expliquant qu'il arrivait à sa femme "de rentrer en pleurs" le soir, évoquant des menaces de "viol et de meurtre".

    "C'est un problème qui durait depuis longtemps", a-t-il déclaré à des journalistes, sans préciser qui proférait ces menaces.

    Il a déclaré que l'enseignante tenait à "remercier les élèves qui ont donné l'alerte très rapidement" après l'agression, notamment le délégué de classe Sofiane, intervenu pour tenter d'empêcher l'agresseur de fuir.

    Selon son époux, Mme Montet-Toutain est stabilisée, mais reste "choquée, brisée".

    Le délégué général de l'Unsen-CGT (Union nationale des syndicats de l'éducation nationale CGT) Denis Baudequin a annoncé que les enseignants du lycée professionnel Louis Blériot comptaient exercer à la rentrée leur "droit de retrait", qui permet aux professeurs de ne pas faire cours si leur intégrité physique est menacée, pour "faire le point".

    Les enseignants de ce lycée de 400 élèves avaient demandé au chef d'établissement et à l'académie de Versailles, avant l'agression, que vendredi soit réservé aux professeurs pour évoquer les actes d'incivilité qui se multipliaient, demande qui avait été refusée, a indiqué M. Baudequin, ce qu'a confirmé le rectorat de Versailles.

    L'avocat de Mme Montet-Toutain, Me Koffi Senah a déclaré qu'il étudiait la possibilité de mettre en cause la responsabilité de l'Etat, s'il s'avérait qu'elle avait alerté sa hiérarchie et que celle-ci avait "pêché par abstention".

    TOKYO (Reuters), le 19 décembre 2005 - Un septuagénaire japonais, qui avait réussi à se faire remettre 250 000 yens (2 000 dollars) en menaçant de faire sauter un bureau de poste, s'est effondré sous le poids de son butin.

    L'homme, qui s'était muni d'un sac en papier, a contraint vendredi un postier de Kawagoe, au nord de Tokyo, à le remplir de pièces de monnaie pesant quelque 10 kilos. Mais dans sa fuite, le sac s'est déchiré et le voleur a trébuché en tentant de ramasser l'argent.

    Tsugio Chigira, commissaire de police adjoint à Kawagoe, a expliqué que l'homme avait besoin d'argent pour payer ses dettes.

    "Il n'avait pas vraiment envie de voler, mais il avait le sentiment de n'avoir pas d'autre choix".


    PARIS (AFP), 9 septembre 2005 - La Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ)a annoncé vendredi l'ouverture d'une enquête administrative sur le cas d'un mineur poursuivi pour agression sexuelle, qui a récidivé après avoir été renvoyé chez lui faute de place dans un foyer, selon son avocat.

    Elevé par sa mère, le jeune mineur de 15 ans, au parcours chaotique, avait été arrêté en juin 2004 après une tentative de viol sous la menace d'un couteau commis sur une fillette de 8 ans, dans une gare désaffectée à Paris 13e.

    Mis en examen par le juge parisien Sandrine Chabaneix, il a été écroué à Fleury-Mérogis (Essonne) avant d'être placé au foyer d'action éducative Salomon de Caus, à Paris, où il a bénéficié d'un bon encadrement.

    Mais à la suite d'une bagarre avec une jeune fille du foyer, il a été transféré vers un autre foyer d'action éducative, à Epinay (Seine-Saint-Denis), où il n'est resté que huit jours, faute de place, selon son avocat Me Laurent Barone.

    En janvier 2005, le juge Chabaneix -faute de solution alternative, selon Me Barone- a renvoyé le jeune garçon au domicile de sa mère avec obligation de ne pas s'absenter sans l'autorisation d'un adulte.

    Huit mois plus tard, il était arrêté pour le viol d'une jeune femme de 18 ans dans une forêt proche de Roissy. Mis en examen par un juge de Pontoise, il a été écroué vendredi à Fleury-Mérogis.

    L'avocat du jeune garçon, qui s'était opposé à la sortie de son client, a dénoncé à l'AFP la responsabilité de l'administration qui a remis en liberté sans encadrement un jeune garçon psychologiquement fragile.

    Certains experts psychologues et psychiatres qui l'ont examiné ont souligné son état "dangereux au plan criminologique" et mis en avant "la question de la récidive". La plupart recommandaient une prise en charge psychologique ou psychiatrique, l'un d'entre eux diagnostiquant "une pathologie psychotique".

    "Il est inexact de dire que l'hébergement des mineurs délinquants n'est pas suffisant dans la région Ile-de-France, il y a toujours de la place", a assuré à l'AFP le directeur de la PJJ Michel Duvette.

    Fin 2004, le taux d'occupation des foyers d'action éducative était de 80 %, a-t-il affirmé, sans être en mesure de préciser immédiatement la situation du foyer d'Epinay. M. Duvette a annoncé avoir diligenté une inspection de la PJJ sur cette affaire.

    "L'hergement des mineurs délinquants est insuffisant par rapport à la demande depuis 5/6 ans, en particulier dans les Foyers d'action éducative", estime pour sa part Carlos Lopez, responsable île-de-France du SNPES-PJJ/FSU, majoritaire chez les éducateurs de la PJJ.

    "Même si des places sont disponibles en théorie dans les foyers, cela ne résout pas automatiquement la question du placement du jeune", précise Roland Ceccotti, secrétaire national du syndicat.

    "Il faut tenir compte de sa situation particulière et de celle des adolescents du foyer. Il peut y avoir des incompatibilités, par exemple dans ce cas si le foyer accueillait des jeunes filles victimes de violences sexuelles", a-t-il ajouté.

    EVRY (AFP), le 19 décembre 2005 - Le lycéen Kevani Wansale, 18 ans, qui a reconnu avoir poignardé en plein cours vendredi sa professeure d'art, devait vraisemblablement être mis en examen lundi soir, tandis que l'avocat de l'enseignante continuait d'évoquer une possibilité de plainte contre l'Etat.

    Si l'enseignante dépose plainte "je le comprends", a déclaré lundi à la presse Gilles de Robien. Il a cependant affirmé que "l'Education nationale n'est pas en cause dans ce drame mais la société dans son ensemble".

    Le jeune homme était entendu lundi soir par une juge d'instruction après qu'une information judiciaire a été ouverte. Le procureur d'Evry a par ailleurs requis un mandat de dépôt à l'encontre de Kevani. Celui-ci s'est rendu samedi soir à l'issue d'une journée et demie de cavale.

    Victime de menaces de viols et de meurtre, selon son avocat, la professeure aurait alerté sa hiérarchie qui n'aurait pas réagi. Lundi, le ministre de l'Education nationale a expliqué que Mme Montet-Toutain avait "envoyé le 6 décembre un courriel à son inspectrice pédagogique faisant état de difficultés qu'elle avait avec une autre classe". Il a ajouté que l'inspectrice avait "rencontré" l'enseignante le 9 décembre et devait la revoir le 9 janvier.

    "Mme Montet-Toutain n'a pas effectué d'autres démarches ni auprès du rectorat ni auprès de l'inspection d'académie, et la proviseure du lycée nous a indiqué ne pas avoir été avertie ni par oral ni par écrit par Mme Montet-Toutain", a-t-il précisé.

    Si l'enseignante dépose plainte, "dans les circonstances actuelles, il s'agit d'une attitude humaine que je comprends", a-t-il cependant admis, tout en répétant que "l'Education nationale n'est pas en cause dans ce drame mais la société dans son ensemble".

    Le ministre a par ailleurs proposé lundi sur France 2 de "réfléchir" à la mise en place dans les établissements scolaires d'une permanence "de la justice ou de la police pour pouvoir permettre aux profs, aux personnels, de se confier".

    Scolarisé en BEP de vente-action marchande, Kevani s'était présenté en cours vendredi "très énervé", selon un de ses camarades. La jeune enseignante lui demandant de se tenir correctement, le ton est monté et le garçon a sorti un couteau de cuisine de sa ceinture la frappant à l'abdomen, au coude et à l'épaule.

    Selon l'inspectrice d'académie de l'Essonne, Marie-Louise Testenoire, le jeune homme, en échec scolaire et qui a changé d'établissements plusieurs fois au cours de sa scolarité en raison de déménagements familiaux, était connu pour son absentéisme mais n'a jamais été exclu d'aucun établissement. Il avait cependant fait l'objet d'une mesure d'exclusion de trois jours le 9 décembre pour "comportement injurieux".

    Selon Mme Testenoire, sa mère avait alors rencontré l'enseignante et, selon les premiers éléments de l'enquête, Kevani n'aurait pas supporté les remontrances de sa mère à l'issue de cette entrevue.

    "C'est un garçon potentiellement à risques. En fait, il ne supporte pas les contraintes et conteste les consignes de l'école", a estimé une source proche de l'enquête, qui a décrit un jeune homme "taciturne et plutôt prostré".

    Son avocat, Me Christophe Gouget, a indiqué à l'AFP que son client "était dépressif et très conscient de la gravité de son acte", et que "la seule chose qui le soulage est de savoir qu'elle est tirée d'affaire".

    L'époux de la victime a évoqué un climat menaçant, également dénoncé par des collègues qui exerceront leur droit de retrait à la rentrée.


    Le Figaro, le 19 décembre 2005, extrait :

    «Garçon à problèmes»

    Si Catherine Kapfer, proviseur du lycée, s'est dite surprise du geste de cet élève «qui ne posait pas de problèmes», en revanche, le procureur d'Évry l'a qualifié de «garçon à problèmes». «Il n'a pas de casier judiciaire mais a fait l'objet d'un suivi par un juge des enfants, en raison de son comportement turbulent», a indiqué Jean-François Pascal.

    «Ce n'est pas un établissement facile, souligne Alain Boissinot, recteur de l'académie de Versailles. Mais cet acte n'était pas prévisible. Je souhaite que cette jeune collègue nous perçoive plutôt comme une aide.»

    Ironie du sort, les enseignants de ce lycée de 361 élèves avaient souhaité que ce vendredi, jour du drame, soit consacré à évoquer la violence. Une demande rejetée par le proviseur, en concertation avec l'inspectrice d'académie, au motif que la date était «mal choisie».

    PARIS (AFP), le 19 décembre 2005 - "Climat tendu", "corde raide", "valeurs tombées par terre": après qu'un élève d'un lycée professionnel d'Etampes (Essonne) a poignardé vendredi en plein cours une jeune professeure, des enseignants racontent leur quotidien.

    "Vis-à-vis des profs avec lesquels les élèves sont en situation de conflit, les mots peuvent fuser mais il est rarissime qu'ils s'en prennent physiquement aux enseignants", explique à l'AFP Nicolas Risser, enseignant de français au collège Jean Vilard de la Courneuve (Seine-Saint-Denis), au pied de la cité des 4000.

    "Etonné" du drame d'Etampes, il constate surtout au quotidien la violence de ses élèves entre eux. Ce jeune enseignant évoque "la relation que les gamins entretiennent avec la violence dans la cité, où les armes circulent" mais, "en général, ils ne transposent pas ce qu'ils font entre eux dans l'univers des adultes, ça reste étanche".

    "Récemment, la principale est passée dans toutes les classes pour mettre le holà parce qu'on assistait à des rixes entre classes", raconte-t-il. "Deux fois 24 élèves qui se tapent dessus, ça avait provoqué un branle-bas de combat général!".

    Ses élèves pratiquent aussi "un autre jeu", la "fioule": trente élèves se jettent sur un autre pour lui donner chacun une claque. "Ca dure 20 secondes, on n'a pas le temps de réagir et puis, ils le vivent comme une étape initiatique, celui qui a été choisi est mis en valeur", explique l'enseignant.

    "Personnellement, je rencontre peu de problèmes, parce que je mesure 1m90 et que j'ai fait du rugby, mais beaucoup de jeunes collègues sont en grande difficulté", assure de son côté Pascal Odin, professeur d'histoire-géographie au collège Claude Debussy d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

    En février, les enseignants de ce collège avaient tenté d'exercer leur droit de retrait pour dénoncer la violence, comme le feront à la rentrée les profs du lycée professionnel Louis Blériot d'Etampes, théâtre du drame.

    Mais la rotation trop rapide des enseignants reste le coeur du problème, estime-t-il, comptabilisant "22 nouveaux sur 60 profs". "Ils sont à bout, hypertendus, dépressifs, attendent les vacances pour s'en aller. On brûle d'intervenir pour les aider, mais il faut faire attention à ne pas porter atteinte à leur autorité", confie-t-il.

    Selon lui, les "problèmes viennent d'une minorité, moins de 5%, qui entraînent ceux qui sont sur la corde raide: ils ont des comportements ascolaires, asociétaux, ils ne respectent pas les horaires, n'enlèvent pas leur manteau en classe. Si on tente de s'y opposer, ça explose".

    "C'est vrai qu'on s'use à passer 10 à 15 minutes à les faire asseoir et enlever leur manteau, chaque heure de cours", renchérit Nicolas Risser.

    "Le sentiment d'insécurité pour les profs, c'est la fatigue et le stress", juge-t-il.

    L'agression d'Etampes ne l'a "pas surprise": Dominique Le Nuz, professeure de lettres-histoire-géographie en lycée professionnel à Montigny-les-Bretonneux (Yvelines), insiste sur la nécessaire autorité des enseignants. "Si je ne m'impose pas physiquement en prenant des risques, c'est fini pour moi", explique-t-elle.

    PARIS (Reuters), le 20 décembre 2005, extraits - Le ministre a notamment proposé la mise en place de permanences justice-police dans les établissements scolaires.

    Il s'est également dit favorable à la vidéosurveillance et à l'installation de portiques de sécurité à l'entrée des établissements.

    UN COMMISSARIAT DANS CHAQUE COLLEGE?

    "Si ça se concrétise, c'est la dimension éducative qui disparaîtra complètement dans le règlement des conflits", s'inquiète par ailleurs dans les colonnes du Parisien Philippe Guittet, secrétaire général du Syndicat national des personnels de direction de l'Education nationale.

    Selon le ministère de l'Education nationale, 80.000 incidents allant des violences physiques aux insultes en passant par les vols, les tags et les jets de pierres ont été signalés l'an dernier en France.

    Soit, en moyenne, 14 par établissement scolaire.

    L'idée était « vraiment, vraiment stupide »

    METZ (AFP), le 18 décembre 2005 - Le vol d'une ambulance de pompiers vendredi à Thionville (Moselle), suivi d'un accident qui a coûté la vie à Lola, 11 ans, et blessé trois soeurs de 11 à 4 ans, serait le fait d'un jeune homme de 18 ans décidant en état d'ébriété d'emprunter ce véhicule pour épater un ami, selon le scénario privilégié dimanche par les enquêteurs.

    Les obsèques de Lola Collignon auront lieu mardi à 10H30 en l'eglise Saint-Pierre, a-t-on appris de source religieuse.

    Considéré comme le "suspect principal" de ce vol, un jeune thionvillois de 18 ans a été interpellé samedi à Arlon en Belgique, alors qu'il descendait en état d'ivresse d'un train.

    Les enquêteurs attendent beaucoup de sa confrontation avec un second suspect, un jeune homme de 17 ans interpellé dès vendredi soir. L'alcootest de ce dernier s'est révélé négatif et il affirme n'avoir pas suivi son ami dans l'ambulance, a précisé un commissaire de police à l'AFP.

    Le jeune homme a été placé en garde à vue puis en détention provisoire dans l'attente de l'extradition du "suspect principal". Celui-ci fait l'objet d'un mandat d'arrêt après l'ouverture d'une information pour homicide et blessures involontaires. Les enquêteurs espéraient pouvoir l'entendre lundi mais la procédure fait qu'il pourrait ne rejoindre la France que dans plusieurs jours, a-t-on précisé dimanche soir.

    Selon un policier, le jeune homme connu pour des petits délits, aurait voulu épater son ami en lui proposant de le ramener à bord de l'ambulance toute proche.

    Le Républicain Lorrain croit savoir que lors de sa garde à vue, le jeune de 17 ans a indiqué aux enquêteurs que son ami de 18 ans avait beaucoup bu et qu'il voulait lui prouver qu'il pouvait le ramener chez lui de cette façon.

    Des témoins avaient rapporté vendredi avoir vu deux personnes s'enfuir du lieu de l'accident.

    Le relevé des empreintes dans l'ambulance et la confrontation permettront d'établir les responsabilités dans ce drame qui laissait sans voix dimanche les habitants de Thionville, meurtris dans cette cité sidérurgique solidaire.

    Le maire Jean-Marie Demange (UMP) aura résumé l'opinion de nombre de ses administrés en estimant dimanche que "face aux conséquences proprement criminelles de la bêtise humaine, on reste désarmé".

    Sur les lieux du tragique accident, des amis des victimes ou de leurs parents ont déposé des bouquets de fleurs, en essuyant des larmes.

    Quatre abeilles en sucre ont été déposées sur le sol en matinée par des enfants devant une caméra de télévision.

    Le lieutenant-colonel des pompiers Tarrillion, dont les hommes sont intervenus vendredi avec les équipes du SMUR pour médicaliser les victimes transférées au CHU de Nancy, a expliqué à l'AFP la chronologie des faits: "une équipe est partie pour un malaise en ville à 18H15 et, à 18H30, nous sommes appelés pour +une ambulance des pompiers qui a eu un accident+".

    "A notre arrivée, explique-t-il, nous découvrons l'ambulance accidentée mais surtout les quatre fillettes allongées sur la chaussée après avoir été percutées à vive allure par notre véhicule", en intervention à 150 mètres de là pour un malaise cardiaque.

    L'ambulance volée a percuté Lola ainsi que Julie, âgée de 11 ans, qui raccompagnait ses deux jeunes soeurs âgées de 9 et 4 ans d'un centre scolaire à leur domicile tout proche, dans une rue passante du centre ville.

    Le vol d'un véhicule de pompiers en intervention est, selon l'officier, un fait "très rare", même s'il peut constituer une proie facile en restant moteur allumé pour chauffer en hiver sa cellule sanitaire.


    SAN MATEO, Californie (AP), 4 décembre 2005 - Daniel Zeisler a tellement aimé fumer de la méthamphétamine, qu'il a tenté de fabriquer cette drogue à partir de sa propre urine.

    Seulement, pendant le processus ce Californien de 22 ans a renversé du dissolvant sur lui et a alors logiquement décidé de faire une pause cigarette. Résultat: il s'est brûlé la main droite, le bras, et a mis le feu à la chambre d'hôtel de San Francisco dans laquelle il avait décidé de tenter cette expérience douteuse.

    Daniel Zeisler a été condamné vendredi à cinq mois de prison et trois années de mise à l'épreuve par un tribunal de San Mateo (Californie) pour fabrication de méthamphétamine.

    "La méthode utilisée par ce type aurait marché mais il lui aurait fallu des bouteilles et des bouteilles d'urine, et pas seulement une vessie", a déclaré vendredi le procureur Steve Wagstaffe après la condamnation de l'apprenti chimiste.

    L'avocat de Daniel Zeisler, William Johnston, a reconnu que l'idée était "vraiment, vraiment stupide", mais a affirmé que son client était "un jeune homme brillant et posé" qui avait envisagé cette expérience "comme une proposition intellectuelle".

    La méthamphétamine est un stimulant du cerveau qui fait partie d'un groupe de drogues chimiques communément appelées "speed" ou "ice". AP