November 14, 2005

Un enquêteur reconnait avoir eu des doutes

PARIS (AFP), le 14 novembre 2005, extraits - L'examen en appel de l'affaire de pédophilie d'Outreau reprend lundi devant la cour d'assises de Paris par l'audition des enfants victimes.

Les conditions d'audition - huis clos total ou partiel comme à Saint-Omer avec la possibilité pour les journalistes de les suivre par retransmission vidéo - des enfants devaient être arrêtées au début de cette audience.

Les déclarations des enfants sont à l'origine de l'affaire d'Outreau. Les charges se sont largement dégonflées lors du premier procès de Saint-Omer, conduisant à sept acquittements mais aussi à dix condamnations dont celles des six accusés qui ont fait appel et clament leur innocence depuis quatre ans.

Jeudi dernier, l'un des principaux enquêteurs de l'affaire de pédophilie d'Outreau a reconnu devant la cour d'assises avoir eu des "doutes" sur les dénonciations des enfants lorsqu'ils ont mis en cause des "notables" à l'automne 2001.

Le capitaine de police Didier Wallet a confié avoir eu des "doutes" sur les déclarations des enfants "dès qu'on est arrivé au deuxième groupe, celui des notables", à la suite des accusations de deux des enfants Delay-Badaoui.

Ce deuxième groupe, qui comprend notamment l'abbé Dominique Wiel et l'huissier Alain Marécaux, deux des six accusés rejugés par les assises de Paris, a été arrêté en novembre 2001.

"Au départ, j'avais une affaire qui tenait la route. Les enfants parlaient de cassettes pornographiques, de godemichés, de caméra. On a tout retrouvé (au domicile des Delay, ndlr), tout se vérifiait", a-t-il assuré.

Ensuite, la médiatisation de l'affaire a pu influer sur les déclarations des enfants, reconnaît le policier, citant le cas d'une petite fille qui lui "parle de faits entendus à la radio".

Lettre ouverte à Monsieur le Procureur de la république

Bagneux, le 13 novembre 2005

A l’attention de Monsieur le Procureur de la République
Tribunal de Grande Instance
179 avenue Joliot Curie
92000 Nanterre


Copie :

Monsieur le Président du Tribunal pour Enfant de Nanterre
Madame la Défenseure des Enfants
Ligue des Droits de l’Homme
Inspection Générale des Affaires Sociales
Service Central de la Prévention de la corruption
Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité


LETTRE OUVERTE POUR INFORMATION

Monsieur le Procureur de la République,


La présente ne vaut que pour information. En effet, elle ne vous apporte aucun élément nouveau, elle ne vous livre qu’un éclairage différent des faits qui se sont déroulés sur plusieurs années maintenant.

Je prierais ma défense de porter plainte, de compléter et de faire parvenir des dossiers motivés auprès des institutions, des services de l’Etat et des tribunaux qui sont concernés.


Je me réfère dans la présente à mes très nombreux éléments matériels ainsi qu’aux éléments de la procédure tels qu’ils ont été portés à ma connaissance au cours des audiences ou par les jugements notifiés.


Ma fille née en 1993 parait faire l’objet de mesures d’assistance éducative. Elle est placée en MECS.

Le 1er juillet 2005 mes droits sur ma fille ont été restreints pour des motifs contestables. J’ai fait appel de cette décision mais, depuis, de nouveaux jugements ont été rendus.

En effet, ce 4 novembre 2005 tous mes droits sur ma fille ont été suspendus.

Et ce 9 novembre 2005 le Juge des enfants a décidé de confier la garde de ma fille à l’une de ses tantes maternelles, Madame IB épouse C ainsi qu’à son mari, Monsieur PC. Ceux-ci résident en Alsace et doivent toujours avoir leur résidence secondaire en Lorraine. Le couple C est très proche de Madame CB, la deuxième tante maternelle de ma fille.

Le déroulement de ces procédures me prive de toutes possibilités de recours. Par ailleurs, la Cour d’Appel de Versailles a déjà rendu un arrêt sur ce dossier mais il n’a pas été pris en considération.


Ce 4 novembre l’Œuvre de Secours aux Enfants (l’OSE France) a rendu un rapport qui dépeint encore une situation de ma fille que je conteste mais également une personnalité et des attitudes que je n’ai jamais eu.

Ce rapport a été rendu après que j’ai constaté de nouvelles anomalies, que ma fille se soit plainte de nouveaux incidents à la MECS et après que ma fille m’a dit qu’elle souhaiterait avoir une vie normale.


Depuis juin 2003 l’OSE France a été en charge de toutes les missions ordonnées par le Juge des enfants. Ma fille est d’ailleurs placée au château de Vaucelles, à Taverny, Val d’Oise, une MECS de l’OSE France.

L’OSE France ainsi que le directeur de l’établissement de Taverny jouissent d’une certaine réputation.

L’OSE France a perçu plus de 100 000 euro, notamment de part la mesure de placement à Taverny.


L’OSE France était en charge d’une mission d’investigation lorsque ma fille a été placée à Taverny. Lorsque le Juge des Enfants a décidé de placer ma fille, le 18 novembre 2003, il y avait des calomnies au dossier.

Par la suite, l’OSE France a versé des allégations et des calomnies au dossier, à mon encontre. De nombreux éléments à décharge ont été écartés. En juillet 2004 il y a eu prorogation du placement puis, en juillet 2005, le Juge des Enfants a envisagé un placement familial, chez le couple C, en Alsace-Lorraine.


Début 2003 l’Aide Sociale à l’Enfance des Hauts de Seine a été saisi car j’étais soupçonné de maltraiter ma fille et de ne pas la laisser avoir de relations avec sa famille maternelle.

Peu après, l’Aide Sociale à l’Enfance des Hauts de Seine a souhaité m’imposer de confier ma fille à Madame IB épouse C ainsi qu’à Madame CB. J’ai refusé.

Le Juge des Enfants a ensuite été saisi pour des motifs que j’ignore toujours.


Il apparaît aujourd’hui clairement que la famille maternelle n’a jamais souhaité avoir de relations avec ma fille dans un cadre légal. En effet et j’en avais d’ailleurs fait part aux divers intervenants sur ce dossier, ses tantes, Madame IB épouse C et de Madame CB, n’ont jamais souhaité autre chose que d’obtenir à tout prix la garde ainsi que l’exercice de l’autorité parentale sur ma fille.

En 2003 j’aurai souhaité que l’Aide Sociale à l’Enfance des Hauts de Seine puis l’OSE France protègent ma fille ainsi que ma famille des agissements de Madame IB épouse C et de Madame CB. Cela m’a été refusé et j’ai été contraint de collecter des preuves jusqu’à ce 1er juillet 2005.

Les plus récents évènements et jugements rendus ne font que conforter mon analyse et ce que j’affirme.


Il y a donc eu audience ce 4 novembre 2005 mais comme lors de toutes les précédentes auprès des juges du Tribunal pour Enfant de Nanterre, je n’ai pas été entendu du fait des allégations du dossier, versées par l’OSE France et la famille maternelle de ma fille, allégations parfois mensongères et souvent calomnieuses.

Ma fille a été abreuvée de ces mêmes allégations. Ce 4 novembre 2005, en audience, ma fille était effondrée.

Je soupçonne par ailleurs le personnel de l’OSE France de Taverny d’avoir délibérément privé ma fille de conditions de vie décentes ainsi que de soins aux fins de la fragiliser et de nuire à la relation père-enfant.


Sur cette affaire il y a eu abus de confiance, abus de pouvoir, abus de faiblesse aux fins d’ingérence illégale.

J’accuse Madame CB qui est assistante sociale à l’Aide Sociale Enfance de Moselle d’être à l’origine et l’une des principales responsables de ces abus. En effet, usant de son statut, elle s’est rapprochée de tous les services qui sont intervenus ou qui ont versé des allégations aux divers dossiers socio judiciaires.

Jusqu’à 2002 j’avais été menacé par Madame CB et elle a concrétisé ces menaces début 2003.

Début 2003 ma famille était au plus vulnérable. En effet, ma deuxième fille venait au monde.


Sur toute la période tous les intervenants missionnés se sont totalement désintéressés de ma famille.

Les accusations de maltraitance sont levées. Subsistent les allégations confortées par l’OSE France.

Sur cette période j’ai également été soupçonné par le Juge des Tutelles. Ces accusations sont aussi levées.


Dans l’arrêt récent Kutzner contre Allemagne rendu par la Cour Européenne des Droits de l’Homme il apparaît que l’Allemagne a été condamnée pour ingérence illégale de l’Etat eu égard aux divergences de convictions et conflits des parents avec les institutions.

Dans cet arrêt, il est aussi fait mention de la difficulté des parents à exercer leur autorité parentale du fait des attitudes de membres de la famille qui ne sont pas les parents.


Dans l’arrêt Kutzner contre Allemagne les conclusions sont aussi qu’eu égard aux conflits, les institutions auraient du missionner une autre assistante sociale.

Or en août 2005 j’ai saisi l’institution du Président de la République. Et depuis, une assistante sociale de l’ASE des Hauts de Seine nous a rencontré ma compagne et moi. Mais selon l’avis récent de l’assistante sociale, la validité de nos affirmations serait suspendue à ma prochaine expertise et rapport psychiatrique.

J’en appelle à la Constitution Française, à la laïcité et la liberté de croyance. J’en appelle encore à la convention internationale des droits de l’Homme, à la liberté de conscience et à l’égalité en Justice.

Et dans l’arrêt Kutzner contre Allemagne, vous pourrez remarquer que l’Allemagne a été condamnée malgré les déficiences des parents. J’ai surtout de très nombreux éléments matériels qui étayent mes affirmations.


Pour toutes suites je m’en remets entièrement à ma défense.

Me réservant toutes possibilités de recours et de plaintes, je vous prie de croire, Monsieur le Procureur de la République, l’expression de ma plus haute considération.


Bruno KANT

November 13, 2005

Emily va rentrer chez elle

APPLETON, Wisconsin (AP), le 12 novembre 2005 - Emily va rentrer chez elle. La petite chatte américaine qui avait voyagé clandestinement dans un conteneur de bobines de papier, avant d'être retrouvée par une employée d'une usine fabriquant du ruban adhésif près de Nancy (Meurthe-et-Moselle), pourra retourner aux Etats-Unis d'ici la fin du mois.

La compagnie aérienne américaine Continental Airlines a déclaré qu'elle allait avoir Emily comme passager pour la ramener aux Etats-Unis, dans son foyer à Appleton, dans le Wisconsin, où ses propriétaires, Lesley et Donny McElhiney, l'attendent avec beaucoup d'émotion.

La chatte âgée d'un an avait fugué de chez elle à la fin septembre: sans doute partie explorer un entrepôt de papier voisin, elle s'est retrouvée coincée dans un conteneur, transporté en camion à Chicago, avant d'être embarqué à bord d'un bateau en partance pour l'Europe et l'hexagone. C'est la réceptionniste de l'usine Raflatac, à Pompey, qui a retrouvé la minette voyageuse, très amaigrie, après trois semaines de traversée transatlantique à bord d'un cargo.

Placée pour l'heure en quarantaine, Emily devrait donc refaire le chemin en sens inverse et en avion s'il vous plaît, probablement d'ici la fin du mois de novembre, a rapporté vendredi le quotidien local américain, The Post-Crescent.

"Il semble que nous allons réunir Emily et sa famille", a déclaré la porte-parole de Continental Airlines, Courtney Wilcox. "On nous a dit qu'elle allait très bien en France et qu'elle goûtait à la cuisine française." AP

November 11, 2005

« C'est de l'holocauste ! »

VESOUL (AFP), 11 novembre 2005 - Quatre hommes ont comparu devant le tribunal de grande instance de Vesoul pour la revente de plusieurs milliers de grenouilles à des restaurateurs et des particuliers de la région.

Les quatre hommes, un père, son fils et deux de leur amis étaient accusés d'avoir pêché plusieurs milliers de batraciens dans la région des "Mille-Etangs" dans les Vosges saônoises entre 2002 et 2004. Repérés par un garde de l'Office national des forêt, ils avaient été placés sur écoute de février à mai 2004 avant de faire l'objet de perquisitions qui ont abouti à la saisie de 65 nasses à grenouilles (pièges) et à leur mise en examen.

Le principal prévenu, Jacques Aubry, a reconnu jeudi à l'audience avoir pêché entre 8.500 et 10.000 grenouilles qu'il revendait entre 23 et 32 centimes d'euros l'unité selon qu'elles étaient dépouillées ou non.

"Aller pêcher des grenouilles, c'est mieux que de brûler des voitures", s'est-il défendu à la barre. Les trois autres prévenus ont nié les faits.

"Ce n'est pas de la pêche, c'est de l'holocauste!", a répondu le substitut du procureur de la République de Vesoul Lionel Pascal.

Le bâtonnier, Me Lassus-Philippe, qui défendait le principal prévenu, a fait valoir qu'"il n'y aurait pas de pêcheurs de grenouilles s'il n'y avait pas de restaurateurs, et pas de restaurateurs, sans consommateurs." "C'est donc nous qui, par notre comportement alimentaire, sommes responsables", a-t-il conclu.

Le parquet a requis des amendes comprises entre 2.000 et 3.000 euros avec sursis à l'encontre des quatre prévenus ainsi que la confiscation de leur matériel.

L'affaire a été mise en délibéré au 15 décembre.

November 10, 2005

Les normes sont violées

A Nancy, un détenu obtient qu'un expert examine ses conditions de vie en prison
LE MONDE le 10.11.05, extraits :

Une procédure similaire, déposée concomitamment par un prévenu incarcéré au centre pénitentiaire de Metz-Queuleu (Moselle), est pendante devant le tribunal administratif de Strasbourg.

S'inspirant de la procédure lancée dans d'autres établissements, notamment à Caen, Nantes et Lyon (Le Monde du 2 septembre), Mes Liliane Glock et Dominique Boh-Petit, qui ont agi de concert, ont sollicité que les experts puissent se rendre "dans les meilleurs délais" dans ces deux prisons et y constater, "au regard des normes en vigueur" , l'état de la cellule occupée par leurs clients et le nombre de ses occupants. "L'expert pourra faire toutes les constatations propres à éclairer la justice" , ont suggéré les deux avocates.

"En détention provisoire, nos clients sont enfermés plus de vingt heures par jour avec d'autres personnes, dans une cellule de moins de 12 mètres carrés , font valoir les deux avocates. La fenêtre, placée très haut, ne fournit qu'une lumière chiche qui oblige à faire fonctionner en journée un néon aveuglant. La pièce est dans un état de délabrement avancé. Le plancher des coursives est défoncé et le local des douches ne fait l'objet d'aucun entretien sérieux, le manque d'hygiène favorisant au contraire la propagation de mycoses. La santé de nos clients, déjà dégradée, n'en est que plus altérée."

"Toutes les obligations et normes en vigueur sont violées de manière flagrante par l'administration" , considèrent Mes Glock et Boh-Petit, qui ne cachent pas leur intention, si l'expert devait confirmer leurs observations, d'engager une procédure en indemnisation pour "conditions de détention dégradantes" . "La saleté, la surpopulation et la misère s'ajoutent à l'option du tout-répressif , précise Me Liliane Glock. La prison est devenue la banlieue des banlieues avec une possibilité que les mêmes causes produisent les mêmes effets."

Outreau : des réserves affleurent dès 2001

PARIS (AP), 10 novembre 2005, extrait - Il semble au capitaine Wallet que les enfants interrogés ne font que reprendre et répéter les accusations véhiculées dans les médias. "J'avais au départ une affaire qui tenait entièrement la route. Les enfants parlaient de films porno, de cassettes, de godemichés". Tout sera retrouvé au domicile de Myriam B., et Thierry, De. "Tout se vérifiait".

Après novembre 2001, ça ne colle plus. De ses "réserves", il ne s'en ouvre pas au juge d'instruction Fabrice Burgaud. "Mon travail, c'était d'entendre des enfants. Ce n'est pas à moi de juger de ces choses", a-t-il répondu à l'un des avocats de la défense.

Le capitaine Wallet a conservé, tout au long de son audition, son épaisse veste de cuir, armure symbolique censée le protéger du feu roulant des questions de la défense qui n'a eu de cesse de relever les contradictions et invraisemblances de l'enquête.


PARIS (AFP) , le 10 novembre 2005, extrait - France 2 a diffusé jeudi soir les images de cette bavure. On y voit deux policiers, entourés de collègues, lancer plusieurs coups de pieds et de poings à un jeune homme qu'ils venaient d'interpeller lundi à La Courneuve, tandis que d'autres policiers n'interviennent pas.

"Je crois que personne ne peut dire que ce ne sont pas des faits anormaux, y compris eux (...) Il est manifeste qu'ils ont perdu leur sang froid", a commenté sur France 2 Eric Meillan, directeur de l'Inspection générale des services (IGS).

"Un certificat médical constatait des lésions cutanées superficielles sur le front et sur la face de son pied droit" et "aucune incapacité temporaire de travail n'a été mentionnée", selon l'Intérieur.

Frédéric Lagache, secrétaire national d'Alliance (1er syndicat de gardiens), a jugé que "ce genre d'incidents devait arriver". "Nos collègues sont fatigués, stressés", a-t-il ajouté, "ce qui n'excuse personne mais on avait prévenu".


PARIS (AFP) , le 10 novembre 2005, extrait - Le ministre de l'Intérieur a également affirmé qu'il n'accepterait "aucun débordement des forces de l'ordre", après la suspension de huit policiers de Seine-Saint-Denis pour des "coups illégitimes" sur un jeune de 19 ans, lundi.

"Chaque fois qu'il y aura quelque chose qui n'ira pas, il faut le signaler. Il faut porter plainte", a dit Nicolas Sarkozy.

November 9, 2005

Les mesures de placement ont été reconduites

PARIS (reuters), le 9 novembre 2005 - Les six accusés du procès en appel de l'affaire de pédophilie d'Outreau ont clamé leur innocence et dénoncé les méthodes de la justice, devant la cour d'assises de Paris.

A la troisième audience du procès, mercredi, ils se sont déclarés à la barre tout à fait incapables de commettre les sévices sexuels sur enfants dont ils sont accusés.

Leurs avocats ont souligné que, malgré l'abandon des charges les plus graves au premier procès de Saint-Omer (Pas-de-Calais), certains d'entre aux n'avaient pas retrouvé le droit de garde de leurs enfants, qui restent placés dans l'attente de leur sort.

Sept personnes ont été acquittées lors du premier procès, où est apparu le caractère fantaisiste des accusations de Myriam Badaoui-Delay, la principale protagoniste de cette affaire qui a mis à mal l'image du système judiciaire en France et choqué l'opinion publique.

Le premier accusé interrogé, Thierry Dausque, condamné en première instance à quatre ans de prison, dont un avec sursis, pour "agressions sexuelles" sur les enfants du couple Delay-Badaoui, a dû se faire expliquer précisément la signification de l'accusation.

"Je ne sais pas trop ce que c'est, j'en ai jamais fait. J'en ferai jamais, c'est pas possible", a-t-il dit d'un ton timide.

Son fils a été placé dans une famille d'accueil dès son incarcération en juin 2001. Il l'est toujours, alors même qu'il n'a jamais été question de sévices sexuels sur cet enfant. Thierry Dausque peut le voir "deux mercredi par mois".

Franck Lavier, condamné à six ans de prison ferme pour le viol supposé d'un de ses enfants, qu'il nie, a fait allusion à la grossesse actuelle de son épouse, Sandrine.

"Quand ma femme va accoucher, je veux pas qu'on dise à mon gosse que son père est un violeur d'enfants", a-t-il lancé.

"J'ai du mal à comprendre le pourquoi de la condamnation, j'ai rien à voir avec ça", a dit son épouse, Sandrine, condamnée à trois ans de prison avec sursis pour "corruption de mineurs".

D'AUTRES ENFANTS PLACES

Leurs quatre enfants sont également placés depuis quatre ans dans quatre familles distinctes. Franck Lavier peut voir ses filles deux heures tous les quinze jours.

Le prêtre Dominique Wiel, condamné à sept ans de prison ferme pour le viol présumé d'un enfant, a souligné une incohérence du dossier.

"Je me suis aperçu que les mêmes paroles d'enfants étaient considérées comme vraies pour moi et fantaisistes pour d'autres. Tout est absurde", a-t-il dit.

Daniel Legrand, condamné à trois ans de prison, dont un avec sursis, pour agressions sexuelles, a assuré n'être jamais allé à Outreau.

"J'essaie de comprendre ce que peut être une agression sexuelle, j'essaie de l'imaginer depuis qu'on m'a arrêté en novembre 2001. Je crie mon innocence, je ne connais pas ces enfants, je ne connaissais pas l'existence de ces personnes ", a-t-il affirmé.

Enfin, l'huissier de justice Alain Marécaux, condamné à 18 mois de prison avec sursis pour agression sexuelle sur un de ses fils, a déclaré : "Je suis incapable de faire ça sur un enfant, alors sur le mien, vous pensez bien...".

La cour a entendu comme témoin Claire Beugnet, responsable de l'aide sociale à l'enfance dans le Pas-de-Calais.

Celle-ci a précisé qu'outre les enfants des six accusés rejugés et des sept acquittés du premier procès, ses services avaient été amenés, à la suite de l'enquête pénale, à placer une quinzaine d'autres enfants de familles d'Outreau.

Même si l'affaire s'est effondrée en grande partie au premier procès, ces mesures de placement ont été reconduites. Karine Duchochois, l'une des acquittées de première instance, a ainsi dû attendre six mois de plus après l'arrêt de la cour pour revoir son enfant.

Le procès se poursuit jeudi par l'audition des enquêteurs.

« Il n'est pas du même milieu »

Libération, 9 novembre 2005
Huit ans de prison après dix ans d'enfer conjugal et un meurtre.
En 2001, Lionel Attimon, ivre, avait poignardé sa femme Chantal.
Par Charlotte ROTMAN, extrait :

Sa famille n'a jamais accepté cette union. Sa mère, sa soeur, ses enfants, parties civiles, tous en noir, sont venus le dire à la barre. Sa mère raconte qu'elle n'a pas digéré que sa «petite Chantal» qui avait eu le «prix de la douceur» au pensionnat épouse Lionel Attimon. Un type «sans situation», qui oublie les majuscules au nom de famille quand il libelle les chèques parce qu'il est «un peu inculte». «Elle l'a logé, nourri, lui achetait ses cigarettes et son pastis.» Et même une gourmette. La même, sûrement, qu'il porte encore aujourd'hui à son poignet gauche. La famille a boycotté le mariage. La mère : «Il n'est pas du même milieu.»

Le fils aîné de Chantal a vu sa mère pour la dernière fois en 1991. Dix ans avant sa mort. En dix ans, Chantal a sombré. A l'audience, sa soeur peine à la reconnaître sur une photo qui date de 1997. Chantal a grossi, elle a le visage bouffi.

«Elle piquait des crises, cassait tout dans la maison, elle titubait, m'insultait, me cassait des bouteilles sur la tête. Quand elle ne buvait pas, elle était tellement gentille», se défend Lionel Attimon. «C'était une descente aux enfers ?», demande le président. «Oui, je suis d'accord», répond l'accusé. Mais il ne s'est trouvé personne pour interrompre cette spirale de violences conjugales. Ni lui ni elle n'ont voulu se séparer. La famille de Chantal s'est éloignée, retirant même la propre fille de Chantal âgée de 11 ans du domicile des Attimon pour la protéger.

L'ASE incitait le couple à s'adresser à la police

CAEN (AP), 8 novembre 2005 - Le tribunal correctionnel de Caen dans le Calvados a condamné mardi à trois mois de prison avec sursis une mère de famille qui avait, le 25 septembre dernier, abandonné son bébé en pleine rue. Le père de l'enfant, absent à l'audience, qui comparaissait également pour "délaissement de mineur" a été condamné quant à lui à trois mois de prison ferme, compte tenu de son passé judiciaire.

Tous deux encouraient sept ans de prison et 100.000 euros d'amende. Le procureur avait requis un an de prison avec sursis à l'encontre de la mère, et un an ferme pour le père.

Le 25 septembre dernier, ce jeune couple, âgé de 23 et 24 ans, avait abandonné son bébé de trois mois dans une rue de Caen après avoir voulu le placer au foyer de l'enfance, qui avait refusé de prendre en charge l'enfant, incitant le couple à s'adresser à la police. Des passants avaient trouvé le landau avec le bébé et sonné à la porte de la maison la plus proche, celle d'un couple de médecins.

Le jeune couple s'était ensuite enfui dans le sud de la France avant de revenir en Normandie et d'être interpellé une semaine plus tard, après avoir été victime d'un accident de la route.

Mardi, au cours de l'audience, Jean-Pierre Triauller, le procureur de la république de Caen, a expliqué que "ces faits relevaient plus de la détresse sociale et familiale que de la délinquance".

La fillette, placée depuis au foyer de l'enfance de Caen, reçoit régulièrement la visite de sa mère, en attente d'une décision du juge pour enfants de Caen, qui décidera du placement définitif de l'enfant en foyer ou d'un rapprochement avec sa mère. AP

Lettre ouverte au Président du TE de Nanterre


• Il y a l'intérêt des juges, parfois corporatistes
• Le fait que les juges écartent mes pieces, toutes (sauf celles qui contiendraient des allégations qui peuvent être retenues contre moi?), pour ne plus retenir que les allégations de l'Oeuvre de Secours aux Enfants et des experts que le juge lui-même a désigné (quoi que, je demande à parcourir le rapport de Madame CD qui reprend des allégations de l'OSE mais a rendu un rapport qui me reste favorable)
• Il y a l'intérêt de certains notables (et j'ai bien informé le Juge des Enfants que le Juge des Tutelles avait formulé une plainte envers un notable auprès de la chambre des notaires)
• Il y a l'intérêt de la famille maternelle (qui a commis de nombreuses infractions et j'ai d'ailleurs déposé une plainte pour recel)
• La plainte pour recel concerne aussi la Caisse d'Epargne de Lorraine
• Puis il y a l'intérêt de l'Oeuvre de Secours aux Enfants (que je ne détaillerais pas)
• Puis il y a l'intérêt de certains élus et institutions que j'ai tenté de saisir
• Puis l'intérêt de je ne sais qui que j'oublie sur le moment... ah oui, il semblerait qu'en France, les décisions de justice soient rendues dans l'intérêt de l'Enfant et qu'il est d'ailleurs possible de se défendre, de consulter le dossier, etc, etc
• Ensuite seulement vient l'intérêt de ma fille, l'enfant concerné par la mesure
• Puis il y a l'intérêt de ma famille (pas touche à ma deuxième fille)

C'est du ressort du SCSP.

Quant à la HALDE et à l'IGAS, c'est de la même veine.

Monsieur le Président du Tribunal pour Enfants
Tribunal pour Enfant
179 avenue Joliot Curie
92020 NANTERRE

Bagneux, le 8 novembre 2005

Recommandé A.R. 3466 2802 0FR
Assistance éducative


Lettre ouverte


Monsieur le Président du Tribunal pour Enfants,


Je vous fais parvenir la présente pour information, elle n’apporte pas d’éléments nouveaux.

Pour toutes suites, je m’en remets donc entièrement à ce qu’a déjà fait parvenir mon avocat au Juge des Enfants actuellement saisi du dossier d’assistance éducative qui concerne l’une de mes deux filles.


En effet, l’une d’elles, la plus grande de mes filles a un dossier d’assistance éducative actuellement sous la référence 605/0336 au cabinet 6, où siége Monsieur Thierry REVENEAU.

Ce dossier était précédemment référencé 503/0274 au cabinet 5, où siége Madame Anne VALENTINI.

La plus petite de mes filles n’a jamais été concernée, ni par aucune mesure, ni par la moindre enquête.


Ce 4 novembre 2005 il y a eu audience auprès du Juge des Enfants.

A cette occasion j’ai informé le Juge des Enfants que je saisissais l’Inspection Générale des Affaires Sociales.


Depuis juillet 2005 j’ai apporté de nombreux éléments nouveaux au Juge des Enfants. En octobre 2005 j’ai même informé le Juge des Enfants que je suivais la scolarité de ma fille, ce que j’ai d’ailleurs rappelé en citant des détails au cours de l’audience qui s’est tenue ce 4 novembre 2005.

Le relevé de notes intermédiaires du premier trimestre de ma fille m’est parvenu fin octobre. L’ensemble est correct mais elle a quelques « Difficultés en français. » Je devais reprendre contact avec le collège.

Mais je pense m’abstenir eu égard au dernier rapport de l’Œuvre de Secours aux Enfants reçu ce même 4 novembre 2005 par votre institution et mis en avant au cours de l’audience par le Juge des Enfants.

En effet, l’Œuvre de Secours aux Enfants et le Juge des Enfants ne travaillent pas avec moi, bien au contraire.


J’ai déjà saisi l’institution du Défenseur des Enfants ainsi que l’institution du Président de la République.

Je vais également saisir et exposer mes éléments au Service Central de la Prévention de la Corruption.

Je vais aussi saisir la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité.


Je reste dans l’attente d’une date d’audience auprès de la Cour d’Appel de Versailles et je vous prie de croire, Monsieur le Président du Tribunal pour Enfants, en l’expression de ma plus haute considération.


Bruno KANT


Initiée par un placet, suivi par une « visite », une lettre de cachet donne un ordre. C'est ce que l'on désigne comme les « voies de l'autorité », par opposition aux « voies ordinaires de la justice ». Les tenues extravagantes et les « gestes extraordinaires », les propos incohérents et les déclarations invraisemblables sont autant d'indices. Le respect de la forme est rigoureux mais les troubles et leurs causes sont effectifs ou imaginaires. Sur les procès-verbaux, l'avis d'un homme de l'art est facultatif : pour apprécier la folie, le médecin est compétent, mais il n'est pas seul à l'être. Selon l'époque, le Magistrat et le commissaire, dans quelques cas le « malade » est interrogé ce qui témoigne de l'attention portée au plus obscur de ses administrés, et de la valeur attachée à la liberté individuelle. Beaucoup plus nombreuses que les lettres de cachet pour motifs politiques et/ou religieux, les « lettres de cachet de famille » sanctionnaient le libertinage, l'inconduite, et concernaient quelquefois des fous. L'ordre du roi n'était donc ni propre aux fous, ni surtout le mode normal de leur internement.

Inspiré par « Folie et ordre public à Paris au XVIIIe siècle »,
Le Journal de Nervure, octobre 2005

November 8, 2005

NON à l´éthique de soumission

Lettre ouverte au garde des Sceaux : NON à l´éthique de soumission

Syndicat de la magistrature

LETTRE OUVERTE AU GARDE DES SCEAUX

Le Syndicat de la Magistrature a été invité, en urgence par le ministère de la justice, à donner son point de vue sur les propositions de "la commission de réflexion sur l´éthique dans la magistrature" dite commission Cabannes.

Dès sa création, le Syndicat de la Magistrature a toujours porté un regard critique sur l´institution judiciaire plaçant ainsi le justiciable au centre de ses revendications. Les membres du Syndicat de la Magistrature ont cherché à s´interroger sur leurs pratiques professionnelles, à y réfléchir et à travailler avec des partenaires non-magistrats pour critiquer le fonctionnement de la justice. Le Syndicat de la Magistrature a toujours nourri une réflexion sur l´éthique et proposé des réformes ambitieuses en ce domaine.

Le Syndicat de la Magistrature considère que le questionnement sur l´éthique doit, pour être exhaustif, prendre en considération l´institution judiciaire dans sa dimension globale. La mise en œuvre et le respect des principes fondamentaux sont de nature à permettre d´éviter certaines dérives individuelles : la collégialité, la publicité des audiences, l´égalité des armes, le respect du principe du contradictoire et des droits de la défense. C´est également dans une préoccupation éthique, que le Syndicat de la Magistrature a réclamé la réforme des tribunaux de commerce au sein desquels tant de pratiques abusives ont été constatées.

Or les réformes que vous accumulez nous éloignent de l´éthique du procès équitable telle que définie à l´article 6 de la Convention Européenne des Droits de l´Homme.

C´est ainsi que le recours au juge unique devient la règle au détriment des garanties que la collégialité apporte aux justiciables, la systématisation des comparutions immédiates favorise une justice d´abattage, la mise en place de la comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité institue un déséquilibre flagrant entre l´accusation et la défense. La délocalisation des salles d´audiences permettra demain de juger les étrangers au sein des aéroports, portant notamment atteinte à la publicité des débats.

Afin de restaurer la confiance des citoyens dans la justice, le Syndicat de la Magistrature a proposé un véritable système d´échevinage au sein des juridictions correctionnelles. Vous avez choisi de faire siéger les juges de proximité, à l´audience correctionnelle, favorisant ainsi des atteintes inadmissibles à l´impartialité et la déontologie avec un risque réel de confusion des intérêts (avocat jugeant un dossier défendu par un proche confrère, salariés de sociétés de crédit jugeant du droit de la consommation).

Afin d´éviter toute tentation corporatiste, le Syndicat de la Magistrature a souhaité que le Conseil supérieur de la magistrature garant de l´indépendance de la justice et chargé de la discipline des magistrats, soit composé majoritairement de personnes issues de la société civile. Dans un souci d´impartialité et de transparence, le Syndicat de la Magistrature a enfin proposé le rattachement de l´inspection des services judiciaires au Conseil Supérieur de la Magistrature. Cette réforme permettrait d´éviter la main-mise inacceptable de votre autorité sur ce service (lequel s´est récemment illustré par votre inertie suite à l´inspection diligentée au tribunal de grande instance de Nice.)

Au-delà de ces positions garantissant une meilleure éthique de l´institution judiciaire, le Syndicat de la Magistrature ne s´est jamais interdit de réfléchir à la responsabilité individuelle des magistrats et a proposé notamment de trouver un cadre adéquat pour examiner les plaintes des justiciables.

Or, vous n´envisagez aucune réforme d´ampleur, seule de nature à restaurer la confiance du citoyen envers la justice. Une telle réforme serait fondée sur une éthique collective de l´institution et ne reposerait pas uniquement sur l´éthique individuelle des magistrats " dits de base" comme le propose la commission Cabannes.

Vous choisissez de limiter ce débat d´importance aux conclusions du rapport de cette commission.

Le Syndicat de la magistrature voit dans cette délimitation du débat, une volonté d´instrumentaliser la notion d´éthique aux seules fins de mieux contrôler et de modéliser l´institution judiciaire.

Sur la méthode adoptée par votre ministère, le Syndicat de la Magistrature continue de dénoncer ce faux-semblant de dialogue social. Vous aviez déjà publiquement annoncé votre volonté de modifier le serment des magistrats avant même d´obtenir les conclusions définitives du rapport Cabannes. Ces conclusions, dans leur seconde mouture, n´ont d´ailleurs tenu compte ni des positions des organisations professionnelles ni même de la consultation contestable par voie de questionnaires.

Sur le fond, le Syndicat de la Magistrature est frontalement opposé aux mesures phares de ce rapport.

La modification du serment proposée par le rapport Cabannes traduit la volonté de museler les magistrats en renforçant leur devoir de réserve. Vos services tentent aujourd´hui de minimiser le contenu de cette obligation pourtant clairement définie dans les premières conclusions de la commission Cabannes, comme une interdiction de tout militantisme actif politique ou syndical.

Cette politique de soumission s´intègre d´ailleurs parfaitement dans le contexte politique actuel et dans votre gestion du ministère public. Réaffirmant dans le code de procédure pénale la prééminence de l´exécutif sur les magistrats du parquet, vous avez placé de façon méthodique comme procureurs de la République des personnes qui vous sont proches, rejetant tout pluralisme et passant allègrement outre les avis contraires du conseil supérieur de la magistrature. Après l´avoir coopté, vous soutenez le directeur de l´École Nationale de la Magistrature, qui fait enseigner avant l´heure « la déontologie version Cabannes », multiplie les atteintes aux droits syndicaux et érige la censure en méthode pédagogique. Ces exemples illustrent votre souhait constant de limiter la parole des magistrats pour mettre en place une véritable culture de soumission bien loin de l´indépendance, nécessaire à la mission de garant des libertés des citoyens assignée aux magistrats par l´article 66 de la constitution.

Cette mise sous tutelle se retrouve dans le rôle prépondérant que vous souhaitez conférer aux chefs de cours et de juridictions par l´instauration "d´une veille déontologique". Cette fonction inédite, liée aux pouvoirs accrus des hiérarques à l´occasion de la mise en place de la LOLF et aux modalités discrétionnaires d´attribution des primes de rendement confirme votre conception d´une justice de rendement, conçue à l´aune des seules statistiques. Les magistrats qui oseront encore travailler de manière autonome, indépendante, qui privilégieront la qualité au rendement ne manqueront pas de se voir rappelés à l´ordre.

De nombreux exemples viennent d´ores et déjà conforter nos craintes et nous renforcent dans notre opposition de principe à votre projet :

• le mépris affiché pour les avis non conformes du CSM estimant que le candidat ne correspondrait pas au profil de poste (procureur nommé alors que son expérience avait été jugée insuffisante) ou encore considérant qu´il y a un risque d´atteinte à la déontologie (magistrat détaché à la COB embauché par un établissement bancaire.);

• le comportement que vous qualifiez de "simple maladresse" du chef de cour faisant installer un système permettant d´écouter les conversations téléphoniques au sein d´un palais de justice;

• l´absence de réaction de la hiérarchie judiciaire à l´égard d´un magistrat auquel il est reproché d´avoir tenu des propos racistes à l´audience;

• le silence de la chancellerie à propos de l´annonce par le quai d´Orsay de la transmission aux autorités djiboutiennes du dossier d´instruction de l´assassinat du juge Borrel et ce malgré le refus du magistrat instructeur;

Dans ce contexte, le Syndicat de la Magistrature réaffirme que le but de votre réforme n´est pas de garantir au justiciable une meilleure justice mais de vous assurer le silence et la dépendance de la magistrature.

Si tel n´est pas le cas, nous vous demandons solennellement d´ouvrir le débat aux propositions du Syndicat de la Magistrature.

Veuillez agréer, Monsieur le garde des Sceaux, l´expression de notre considération.

Paris le 12 avril 2005

Pour le Syndicat de la Magistrature
Aïda Chouk, présidente

November 7, 2005

La République plus forte que Sarkozy ?

PARIS (AP), le 6 novembre 2005, extraits - Priorité absolue au rétablissement de l'ordre public. Après une dixième nuit consécutive de violences urbaines marquée par l'extension des déprédations, en province mais aussi, dans Paris intra-muros pour la première fois depuis le début de la crise, Jacques Chirac, est sorti du silence qu'il observait pour tenir un langage de fermeté.

"La République est tout à fait déterminée par nature à être plus forte que ceux qui veulent semer la violence ou la peur, et ceux-là seront appréhendés, jugés et punis, a-t-il martelé dans sa brève déclaration, très attendue au vu de l'aggravation de la crise. S'il s'est dit prêt à "poursuivre l'effort engagé" en matière de "respect de chacun, (de) justice et (d)'égalité des chances", cela interviendra une fois le calme revenu.

PARIS (AP), le 6 novembre 2005 - Un atelier de confection de bouteilles incendiaires a été découvert samedi soir dans un local désaffecté à Evry dans l'Essonne, en banlieue sud de Paris, et six mineurs ont été interpellés, a indiqué dimanche à l'agence Associated Press (AP) Jean-Marie Huet, directeur des affaires criminelles et des grâces au ministère de la Justice.

"Cent-cinquante bouteilles préparées pour être des cocktails Molotov, dont 50 déjà prêts à l'usage, des dizaines de litres d'essence et des cagoules ont été découvertes à Evry, dans un ancien local désaffecté", a expliqué par téléphone M. Huet à l'AP.

Il a précisé que cette découverte avait eu lieu samedi soir.

"Il y a eu six mineurs qui ont été interpellés", a-t-il ajouté. Selon lui, cette découverte "veut dire que ce ne sont pas des gamins qui improvisent ça dans leurs salles de bains". AP


PARIS (AFP), le 7 novembre 2005 - La Ligue des droits de l'Homme (LDH) a demandé lundi un "changement radical de politique gouvernementale" jugeant, à propos des appels à la démission de Nicolas Sarkozy, qu'il "est illusoire de personnaliser des responsabilités qui concernent le gouvernement en son entier".

"Le ministre de l’Intérieur, en tenant des propos incendiaires et méprisants pour préparer sa campagne présidentielle en direction de l’extrême droite, a certes commis une faute politique et morale", a déclaré la LDH dans un communiqué. "Mais le Premier ministre lui a solennellement renouvelé sa confiance à plusieurs reprises, et la responsabilité du gouvernement, comme des gouvernements dont M. Raffarin fut le Premier ministre, est entière et collégiale", a-t-elle ajouté.

Pour elle, "ce n’est pas seulement le langage du ministre de l’Intérieur, ce sont les actes de l’ensemble du gouvernement qui relèvent d’une logique d’apprenti sorcier" et "ce sont des années de politique centrée sur le tout sécuritaire qui sont en cause". Soulignant que "la violence destructrice ne résout rien, elle aggrave même les maux contre lesquels elle prétend se dresser", l'association a affirmé qu'il "n’en est que plus urgent de construire une mobilisation civique qui permette aux victimes de l’injustice de s’unir pour qu’il y soit mis fin".

"C’est une véritable campagne pour le respect, pour l’égalité et pour les droits civiques qu’il faut aujourd’hui engager, +tous ensemble+, afin que les actes des gouvernants cessent de contredire la devise de la République", a conclu la LDH.

> 7 novembre 2005 - Violences urbaines

Communiqué de la LDH

Contrairement à ce qu’indiquait samedi 5 novembre un grand journal du soir, la Ligue des droits de l’Homme n’est pas préoccupée par la démission de M. Nicolas Sarkozy. Pour symbolique que soit cette demande, elle ne résoudra rien. La LDH considère en effet qu’il est illusoire de personnaliser des responsabilités qui concernent le gouvernement en son entier.

Le ministre de l’Intérieur, en tenant des propos incendiaires et méprisants pour préparer sa campagne présidentielle en direction de l’extrême droite, a certes commis une faute politique et morale. Mais le Premier Ministre lui a solennellement renouvelé sa confiance à plusieurs reprises, et la responsabilité du gouvernement, comme des gouvernements dont M. Raffarin fut le Premier Ministre, est entière et collégiale.

Ce sont des années de politique centrée sur le tout sécuritaire qui sont en cause. Le sabotage des actions de prévention, l’asphyxie du monde associatif, la démolition de la police de proximité, la tolérance à l’égard des discriminations quotidiennes, notamment à l’égard des personnes étrangères ou supposées telles en raison de leur faciès, l’état d’une école qui ne peut réduire la ségrégation nous font mesurer aujourd’hui non seulement l’échec mais la redoutable nocivité de cette politique. Ce n’est pas seulement le langage du ministre de l’Intérieur, ce sont les actes de l’ensemble du gouvernement qui relèvent d’une logique d’apprenti sorcier.

Au-delà, c’est aussi l’incapacité des gouvernements successifs depuis des décennies à faire reculer le chômage massif, l’explosion de la précarité, la systématisation des discriminations racistes et territoriales, qui apparaît en pleine lumière aujourd’hui. Les émeutes sont auto-destructrices voire suicidaires, elles nuisent essentiellement à ceux dont elles dénoncent l’exclusion. Mettre fin à la spirale de violence et de destruction est vital pour l’avenir même de ceux qui se révoltent aujourd’hui. L’intervention des forces de l’ordre est inévitable mais la réponse purement policière à la protestation désespérée des exclus, seule envisagée dimanche par le président de la République, accentue le sentiment d’injustice. Il n’y aura pas de retour au calme sans que la République reconnaisse les injustices subies. Il n’y aura pas de paix sans justice, sans révision profonde des politiques publiques qui creusent les inégalités et les discriminations dans ce pays.

La violence destructrice ne résoud rien, elle aggrave même les maux contre lesquels elle prétend se dresser, mais il n’en est que plus urgent de construire une mobilisation civique qui permette aux victimes de l’injustice de s’unir pour qu’il y soit mis fin. C’est d’une véritable mobilisation de toutes les forces sociales et politiques qui rejettent les discours d’élimination du gouvernement et notamment du ministre de l’Intérieur que nous avons besoin. C’est une véritable campagne pour le respect, pour l’égalité et pour les droits civiques qu’il faut aujourd’hui engager, « tous ensemble », afin que les actes des gouvernants cessent de contredire la devise de la République.

Paris, le 7 novembre 2005

LES MUREAUX (AFP), le 6 novembre 2005 - La thèse gouvernementale sur "les bandes organisées" jouant les pyromanes d'une banlieue à l'autre fait sourire des jeunes des Mureaux qui assurent que leurs actions sont improvisées "d'après ce qu'ils voient à la télévision".

"C'est comme une compétition", dit Moussa (les prénoms ont été changés NDLR), adolescent franco-malien du quartier des Musiciens. "On voit ce que les autres font à la télévision, on essaie d'être à la hauteur".

Chaque soir depuis le début du "dawa" (le bordel), une dizaine de copains de Moussa qui se connaissent depuis l'enfance se retrouvent "comme pour un match de foot" autour d'un téléviseur dans leur HLM aux cages d'escaliers décrépites, aux murs roses et blancs. Même "uniforme" pour tous: tennis de marque, jeans baggy, sweat à capuche, cette dernière, de préférence blanche, mangeant le visage.

"On kiffe trop de voir tout flamber à la télé", se réjouit Youssef. "Le 9-3, je connais pas - je sors presque jamais de mon quartier sauf pour aller au bled en Algérie - mais on communique avec les mecs de Seine-Saint-Denis via l'écran, toutes les chaînes passent des images, même les télés arabes sur satellite".

"On se défie à distance", renchérit Mamadou, Malien de 19 ans, qui participe aux violences avec deux de ses jeunes frères. "Ceux de Clichy brûlent 15 voitures, il faut faire mieux, mais on quitte jamais notre territoire".

Ces jeunes affirment ne pas être des "caïds" qui existent selon eux dans le quartier mais préfèrent que les cités soient calmes pour faire prospérer petits et grands trafics. "Les caïds, ils aiment pas trop que les keufs soient là, alors en ce moment, ils sont pas à la fête", plaisante Youssef.

"Si on parle de nous à la télé, si on dit qu'on a été caillasser les keufs (policiers), pour nous c'est une victoire, une façon de montrer qu'on est des hommes, comme au Mali pour les rites de passage" à l'âge adulte, assure Moussa, soudain grave.

La télévision véhicule aussi des images qui les stimulent autrement, de manière négative: "on voit tout le temps la face de Sarko (le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy ndlr) à l'écran, ça me donne la rage, je voudrais tout brûler quand je l'entends nous cracher dessus. La racaille c'est lui", hurle presque Jean-Jacques, un autre membre du petit groupe.

Souvent rivaux, les groupes de jeunes de banlieues différentes se sont unis dans la colère contre la police, accusée une fois encore d'avoir provoqué la mort de deux jeunes, électrocutés à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) le 27 octobre, dans la fureur contre Nicolas Sarkozy et ses propos sur la "racaille" et dans le rejet d'une société dont ils se sentent exclus.

"Je n'aime pas les bandes de Chanteloup (les-Vignes, Yvelines), je ne connais personne à Clichy, mais on est tous dans la même galère, tous pas de la bonne couleur, pas de la bonne religion, sans avenir, sans taf (travail)", dit ce jeune musulman au chômage. "C'est aussi pour ça qu'on se comprend et qu'on s'entend sans se connaître".

Parfois, plus rarement, l'information passe de manière plus directe via des SMS avec des "cousins" d'autres banlieues, voire de province. "Kes kvou cramé cte nuit?", interroge ainsi via son téléphone portable Mamadou, à l'adresse d'un de ses cousins du Nord. "Tous kon peu et ++++", répond l'interessé dans une orthographe tout aussi revisitée.

November 6, 2005

Violée chez sa «seconde famille»

Libétation, samedi 05 novembre 2005
A 13 ans, Carole a été victime du gendre du couple qui l'accueillait en colo chaque été. Procès à Privas.
par Jean-Pierre THIBAUDAT

Anorexie. Quand ils découvrent cette relation entre leur fille et un homme beaucoup plus âgé qu'elle, les parents de Carole le vivent très mal. Ils écrivent à tous les membres de la «seconde famille» leur donnant l'ordre de cesser toute relation avec leur fille. Chacun répond. Vianney : «Vous l'empêchez de vivre.» Michèle Rabhi évoque un «père trop autoritaire et violent, une mère excessivement angoissée et possessive». Sophie leur demande d'aimer leur fille «pour ce qu'elle est, non pour ce qu'elle fait». Exit le rêve post-soixante-huitard.

Tout se dégrade. Les relations entre les parents et leur fille aînée ; la cadette qui en subit les contrecoups ; le corps de Carole : sciatique inexplicable, acné atroce, anorexie (elle perd près de 15 kilos). Et par là-dessus, fugues (où elle retrouve Vianney), avec des résultats scolaires en chute libre, elle qui était plutôt brillante. C'est pour cette dernière raison que la copine rapporte aux parents ce qu'ils ne savent pas : le viol. Carole finit par raconter. Le monde des parents s'écroule. «On est dans les conséquences destructrices de Mai 68, on s'est plantés complètement», analyse la mère aujourd'hui.

November 5, 2005

A propos d'opprobre

« On ne peut, sous prétexte d'incidents, jeter l'opprobre sur un corps ou une institution. »

Ce n'est pas à moi de faire le ménage, mais à eux.

Recommandé A.R. 3466 2694 2FR
Au Juge des Enfants, TGI de Nanterre
Le 29 septembre 2005,

Début septembre 2005, j’ai constaté que ma fille, douze ans, partageait à nouveau sa chambre au château de Vaucelle avec une jeune majeure. J’ai signalé cela à la direction de l’établissement gardien et ça n’a pas été pris en compte malgré les motifs avancés. De telles conditions de communauté de vie – entre une préadolescente qui entre au collège et une jeune majeure déscolarisée – ne sont pas favorables à ma fille. En effet, ma fille doit pouvoir se reposer de ses journées, en prévision de l’école, les lendemains. Elle s’est elle-même à nouveau plainte, comme début 2004, aux éducateurs mais malgré cela cette cohabitation lui est imposée, comme lorsque ma fille était en primaire.

Ma fille s’est aussi plainte récemment parce que cette jeune majeure reçoit parfois un garçon : celui-ci passerait « toutes les nuits », « à onze heure », « par la fenêtre » de leur chambre pour y retrouver la jeune majeure… L’exhibition sexuelle imposée à un mineur de douze ans est réprouvée par la loi.


Recommandé A.R. 3466 2938 2FR
Au Juge des Enfants, TGI de Nanterre
Le 17 octobre 2005,

Ce mardi 4 octobre 2005 l'école m'a informé d’une absence de ma fille excusée par une blessure. Ma fille et un autre enfant se seraient battus au sein de l'établissement gardien. Cet incident fait suite au manque de sommeil et aux agressions sexuelles dont s'est plainte ma fille et dont elle n'est absolument pas à l'initiative (voir ma lettre du 29 septembre en copie). Puis ce jeudi 6 octobre 2005 ma fille a eu une « panne de réveil », ma fille m’a expliquée qu’elle avait été réveillée dans la nuit par les deux jeunes majeurs et « leurs bisous »…
Ma fille a souvent ainsi été rendue plus difficile par les attitudes, réponses et décisions arbitraires du service gardien. Celui-ci ne me parait pas approprié à sa situation du fait des dangers auxquels ma fille est exposée.
L'établissement gardien et le psychanalyste clinicien expert de la petite enfance missionné par le Juge des Enfants ont simplement rapporté que ma fille « se fait » blesser.

Patrons fraudeurs et tueurs fous

Le Monde Diplomatique, août 2002
Pages 4 et 5, extraits :

A l’heure du « capitalisme du mensonge » et des faillites frauduleuses géantes - Enron, WorldCom, Qwest, Tyco, Lucent, Xerox, etc. -, qui ruinent des dizaines de milliers de salariés-actionnaires et de retraités, quel rapport entre des « tueurs fous », comme Richard Durn, et des « maîtres du monde », comme (l’était) Jean-Marie Messier ? A l’instar des « patrons fous » voulant faire grossir leur entreprise jusqu’à l’explosion suicidaire, les « assassins de masse » aspirent également à fusionner avec les autres dans une étreinte démentielle et mortelle. A la fois révulsés et fascinés par ces folies meurtrières, accepterons-nous encore longtemps les dérives de ces chefs d’entreprise mégalomanes, sorte de secte-monde s’acharnant à dominer individus et ressources ?

En ces temps troublés, les dérives individuelles répondent aux emportements collectifs. Le gain forcené à visée fatale des « maîtres du monde » se reflète dans la franche criminalité des « tueurs fous », amplifiant en un miroir maudit les tendances sociétales jusqu’à la caricature sinistre. Ainsi, de plus en plus suscités par la crise culturelle où ils inscrivent leurs actes sanglants, les terribles « tueurs fous » tentent-ils d’abolir ensemble leur destinée et celle de la foule, tout comme les patrons-spéculateurs misent la fortune des peuples et se détruisent avec eux.

Chacun de ces « tueurs fous » s’attaque à un environnement à la fois aimé et haï, proche de lui et abhorré : l’armée canadienne puis le Parlement provincial, qui prend, pour Lortie, « le visage de [son] père » ; le « gang de féministes radicales » (sic) dénoncé dans la lettre-testament de Lépine ; « la mafia de Zoug » pour Leibacher. Pour Richard Durn, c’est la « mini-élite locale » en la personne de sa « maire » (seule visée « intentionnellement »). Pour Steinhauser, c’est l’ensemble des professeurs, ou encore, pour Harris et Klebold, tous les écoliers.

Le « tueur fou » est toujours impliqué dans le « tous ensemble » qu’il va agresser : comité, assemblée, Parlement, classe, institution, ville.