November 5, 2005

IGAS et SCPC, kesako ?

Le Service Central de la Prévention de la Corruption (SCPC) est un service interministériel placé auprès du garde des Sceaux, ministre de la Justice ; il a été créé par la loi 93-122 du 29 janvier 1993 relative à la prévention de la corruption et à la transparence de la vie économique et des procédures publiques dont les modalités d'application ont été fixées par le décret 93-232 du 22 février 1993.

Il est chargé de :

centraliser les informations nécessaires à la détection et à la prévention des faits de corruption, trafic d'influence, concussion, prise illégale d'intérêts et d'atteinte à la liberté
et à l'égalité des candidats dans les marchés publics ;
prêter son concours, sur leur demande, aux autorités judiciaires, saisies de faits de cette nature ;
donner, sur leur demande, à diverses autorités administratives limitativement énumérées ainsi qu'aux maires, présidents de conseils général ou régional, des avis sur les mesures susceptibles de prévenir de tels faits. Il établit chaque année un rapport destiné au Premier ministre et au garde des Sceaux.

http://www.justice.gouv.fr/minister/minscpc.htm



L'Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS) créée en 1967 est la plus jeune des trois inspections générales interministérielles. Après avoir été dotée en 1990 d'un statut unique, elle a vu ses compétences confortées et élargies par des textes législatifs et règlementaires. Aux missions traditionnelles de contrôle s'ajoutent des missions d'audit, d'enquête et d'appui et des actions d'évaluation des politiques publiques. Les inspecteurs s'efforcent, dans le cadre de contrôle, d'enquêtes ou d'évaluation d'éclairer le Gouvernement sur la régularité et l'efficacité de la gestion publique et de proposer diverses améliorations de la qualité de l'action des services. A la suite d'une mission de contrôle d'un organisme, est rédigé un rapport, le plus souvent un contradictoire. Certains de ces rapports sont communiquables. Chaque année, le Chef de l'Inspection générale adresse au Président de la République, au Parlement et au Gouvernement un rapport annuel. Ce rapport est rendu public. Il reprend quelques-uns des travaux conduits durant l'année écoulée. Les thèmes d'études des rapports annuels depuis 1967 ont été très variés.

L'IGAS tire une richesse de la diversité des profils et des expériences professionnelles de ses membres.

http://www.social.gouv.fr/htm/minister/igas/

Violences urbaines - Impuissance et mépris

Le communiqué de la LDH

Trente ans de mépris, trois ans d’arbitraire érigé en politique, faut-il s’étonner que ce que l’on nomme avec désinvolture « les quartiers » manifestent violemment leur désespoir ?

Les incidents qui se déroulent sont le produit des politiques suivies depuis des décennies. Certes, toutes les politiques ne se valent pas ; il n’en demeure moins que ce qui est en train de se dérouler n’est que le résultat d’échecs répétés et aggravés par trois ans de répression aveugle.

Face à cette situation, les seules réponses sont celles de la provocation, de la force et de l’impuissance. Le ministre de l’Intérieur exprime avec arrogance son désintérêt pour tous ceux qui sont laissés sur le bas côté de la route. En fait de Justice et de fermeté, seul le deuxième terme trouve à s’appliquer renforçant ainsi le sentiment que ce qui importe à ce gouvernement c’est de juguler ces révoltes plutôt que d’apporter des solutions. Comme chez tout gouvernement atteint par l’impuissance, le discours d’ordre remplace la construction d’un autre avenir pour des populations qui constatent qu’elles n’en ont aucun.

S’il est effectivement intolérable que les plus pauvres d’entre nous supportent ces manifestations de violence, le gouvernement est bien malvenu de stigmatiser des populations entières au point de provoquer l’accroissement des violences qu’il dit combattre.*

C’est d’une autre politique que nous avons besoin. Il en va de notre responsabilité collective.

Paris, le 3 novembre 2005



*) sauf s'il faut un prétexte pour oeuvrer auprès voire même placer les momes de certains milieux et, par tels moyens, pouvoir détourner les fonds qui devraient profiter à cette enfance et à ces milieux.

PARIS (AFP), le 4 novembre 2005 - Les violences qui touchent depuis huit jours les banlieues pauvres de Paris illustrent l'échec du modèle social et d'intégration français à l'égard des populations d'origine africaine et maghrébine, souvent victimes de discrimination, estime vendredi la presse européenne.

"Paris brûle", la banlieue parisienne "zone de guerre", "les émeutes raciales de la rage": les médias américains évoquent depuis quelques jours parfois en termes dramatiques les violences urbaines près de Paris et relèvent l'échec de l'intégration à la française.

Les principales chaînes de télévision montrent pour leur part depuis 24 heures des images des heurts noctures entre policiers et manifestants et des voitures incendiées. "Paris brûle", annonçait ABC jeudi soir. Pour sa part, un commentateur de CNN évoquait des risques de "guerre civile" et une possible instauration d'un "couvre-feu" et d'"envoi de troupes". Un envoyé spécial de CNN soulignait "le climat de peur" régnant dans les banlieues.

Le journal espagnol de centre-gauche El Pais estime que ces violences manifestent "un conflit d'intégration" pour des populations d'origine africaine et maghrébine, souvent victimes de "discrimination institutionnalisée".

Pour le quotidien libéral El Mundo, "les inégalités et le manque d'intégration" favorisent la violence, mais "un Etat ne peut tolérer les attaques de vandalisme de ces groupes (...) organisés comme une guérilla urbaine".

"La tradition en France d'insister sans compromis sur l'identité française a rendu la vie difficile aux minorités; bien qu'elles aient en théorie les mêmes droits que les autres citoyens (...), elles souffrent en pratique d'une discrimination non officielle face à l'emploi et au logement", renchérit le journal britannique conservateur The Times.

"Les émeutes de Paris ont porté atteinte à la tolérance et à l'harmonie sociale, mais aussi à l'establishment politique français" et notamment au ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, accusé d'avoir attisé le feu avec des propos provocants, ajoute le journal.

Pour le quotidien économique néerlandais Het Financieele Dagblad, les banlieues françaises sont "des volcans qui entrent en éruption à peu près tous les dix ans".

En Italie, le journal économique Il Sole-24 Ore compare la situation française avec celle de Los Angeles (Etats-Unis) où "la réhabilitation des ghettos reste une promesse", et celle de Londres où "après beaucoup de tensions, l'intégration est en voie d'amélioration".

Pour le quotidien finlandais Hufvudstadsbladet, ces troubles ne sont pas le fait "de jeunes isolés" mais un "cri d'alerte de toute une génération d'enfants de l'immigration que la société française n'a pas intégrés". "Quelle aubaine pour le terrorisme!", conclut l'éditorial du journal, qui titre: "Une vie sans avenir conduit aux troubles".

Dans la même veine, le quotidien tchèque Dnes estime que ces événements "s'inscrivent sans nul doute dans le grand thème 'Où les musulmans de l'Europe se dirigent-ils?', qui ne cesse de fasciner et d'inquiéter".

"Les conséquences (des violences) risquent d'être catastrophiques pour la France car chacun de ces jours de guerre jette de l'huile sur le feu des relations déjà tendues avec la société majoritaire", relève Dnes.

Le quotidien genevois Le Temps note, lui, que cette situation "est le fruit d'un long pourrissement dans lequel tous les gouvernements, de gauche comme de droite, ont une part de responsabilité" en France.

Ces émeutes ont en outre "caillassé" autant les ambitions de Nicolas Sarkozy, candidat déclaré à l'élection présidentielle de 2007, que celles du Premier ministre Dominique de Villepin, selon le journal suisse.

"Nous pouvons voir comment on aboutit à l'escalade d'un conflit en répondant à la violence par la force", dit l'experte danoise Susanne Branner Jespersen, du Centre de recherches sur la jeunesse au quotidien danois Berlingske Tidende (conservateur).

"Le gouvernement français a raison de dire que la ligne dure n'est pas suffisante", commente un éditorial du quotidien de référence suédois Dagens Nyeter. Mais "malheureusement le gouvernement français (...) a du mal à voir que la solution à long terme est une économie plus libre qui peut donner plus de croissance" et donc plus d'emploi.

Pour le quotidien autrichien Der Standard (centre-gauche), "les autres pays européens doivent prendre au sérieux la leçon française et s'efforcer au maximum d'intégrer les immigrés, pour ne pas apporter d'eau au moulin des leaders populistes et surtout maintenir la cohésion pacifique de la société".



PARIS (AP), le 5 novembre 2005 - La neuvième nuit de violences urbaines en banlieue parisienne ainsi que dans plusieurs villes de province a entraîné la destruction de près de 900 véhicules, tandis que plus de 250 personnes étaient interpellées dans toute la France, selon le bilan du ministère de l'Intérieur.

Le chiffre de 258 interpellations (258) a été donné par le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, au sortir d'un conseil restreint présidé par le chef du gouvernement, Dominique de Villepin. AP

Ces juges qui dérapent


Le Point, 28/11/03 - N°1628 - Page 64
Ces juges qui dérapent
Par Jean-Michel Décugis, extraits :

Insuffisances professionnelles graves, délits sexuels, alcoolisme, affairisme... L'institution judiciaire est sujette à polémiques. On l'accuse de ne pas savoir gérer ses dérives. Un rapport remis au garde des Sceaux propose, entre autres mesures, de modifier le serment du magistrat.

Le rapport - Cabannes à Dominique Perben du 27 novembre 2003 - retient sept nouveaux principes fondateurs de l'éthique et de la déontologie des magistrats : le devoir de diligence, l'impartialité, le devoir de réserve, le secret professionnel, la loyauté, l'intégrité, la dignité. Soulagement chez les juges : l'idée d'un code ou d'une commission de déontologie est abandonnée pour l'instant.

Le rapport présente au total dix propositions qui tournent autour de la prévention, de la détection et du traitement des comportements à risques et des insuffisances professionnelles.


Voir la liste des rapports du Service Central de Prévention de la Corruption sur le site du ministère de la justice.


Du rapport 2004 :

III. - LES CONFLITS D'INTÉRÊTS DES
PROFESSIONNELS DE JUSTICE

Etude réalisée à partir du mémoire de mastère II, Droit et justice, de Marion Pontille : Les Conflits d'intérêts des professionnels de justice, université Jean-Monnet de Saint-Etienne, année universitaire 2003-2004


Les médias dénoncent régulièrement des comportements déviants imputables à des professionnels de justice.

Bordu F., « Les coups tordus des notaires », Capital, mars 2003, p. 126.
Decugis J.-M., « Ces juges qui dérapent », Le Point, 28 novembre 2003, p. 64.
Gattegno H., « Une enquête menace les administrateurs judiciaires parisiens », Le Monde, 8 avril 1999, p. 8.
Gaudino A., La Mafia des tribunaux de commerce, Albin Michel, 1998.
Gay M., Enquête sur les notaires, Stock, 1998.


Les faits qui attirent l'attention sont, le plus souvent, ceux qui sont pénalement sanctionnables, tels le faux en écriture, l'abus de confiance, le trafic d'influence, voire la corruption. Au-delà de l'intérêt médiatique suscité par ces dérives, une certaine prise de conscience des pouvoirs publics peut être observée. Ainsi, dès 1997 un rapport commandé par le ministère de la Justice au sujet des professions juridiques et judiciaires insistait sur la nécessité d'instaurer une déontologie commune et exigeante. En 1998, le rapport de la commission d'enquête parlementaire sur l'activité et le fonctionnement des tribunaux de commerce mettait l'accent sur les dysfonctionnements et plus particulièrement sur les nombreuses situations de conflits d'intérêts constatées dans l'activité des juges consulaires et des administrateurs et mandataires judiciaires. Plus récemment, le garde des Sceaux créait une commission de réflexion sur l'éthique de la magistrature, après la «révélation de faits ou de comportements isolés, commis par une infime minorité de certains de ses représentants [...] susceptibles de constituer de graves manquements aux devoirs de leur charge». Dans son rapport remis le 27 novembre 2003, cette commission insistait sur le fait que les procédures qui mettent en cause les magistrats risquaient «d'affecter gravement et durablement la confiance que tous les Français accordent à la justice».

Rapport de la commission de réflexion sur l'éthique des magistrats (présidée par J. Cabannes), 27 novembre 2003.


Une partie de la doctrine dénonce, elle aussi, des comportements problématiques tels que l'exercice en réseau de la profession d'avocat qui comporte «les risques du mélange des genres, de la confusion et de l'intérêt commun à faire que finalement tout marche bien», cette attitude étant de nature à conduire dans certaines affaires à des «catastrophes». La pratique du «pantouflage» des magistrats est, elle aussi, dénoncée comme pouvant conduire à des situations de conflit d'intérêts si elle n'est pas correctement accompagnée.

Les pratiques déviantes observées dans le monde de la justice, et plus particulièrement celles qui prennent la forme du conflit d'intérêts, font partie intégrante des préoccupations actuelles concernant l'exercice des professions de justice.

Littéralement et par opposition à l'amateur, le professionnel peut se définir comme la personne qui a fait d'une activité son métier et qui en vit. Cela suppose qu'il en maîtrise la théorie et la pratique, qu'il en partage la culture et les valeurs et qu'il en respecte l'éthique. Ces premiers éléments permettent de comprendre que le professionnel inspire naturellement la confiance à ceux qui sont susceptibles de faire appel à ses services.

L'expression «professionnels de justice» pourrait donc être comprise comme englobant toutes les personnes vivant d'une activité relative au domaine du droit et qui concourent ainsi au fonctionnement du système juridique. Cette notion a fait l'objet d'une définition dans le cadre d'un rapport sur les professions judiciaires et juridiques, rendu public en 1997, qui englobait de très nombreux professionnels mais ne prenait pas en compte les magistrats qui participent pourtant, au premier chef, au fonctionnement de la justice.
La définition intègre également les personnes qui interviennent dans le fonctionnement de la justice de façon non permanente. Tel est le cas des arbitres, des experts judiciaires ou encore des juges non professionnels tels que les juges consulaires ou les juges de proximité.

Toutefois, compte tenu du nombre et de la diversité des professionnels concernés, le champ d'analyse a été réduit à l'étude des professions suivantes : magistrats, avocats, notaires, administrateurs et mandataires judiciaires au redressement et à la liquidation des entreprises, experts judiciaires et arbitres.


1. LES MAGISTRATS
1.1. L'impartialité et l'indépendance

Les situations de conflits d'intérêts constituent une menace pour l'indépendance ou l'impartialité du professionnel concerné. En cela, elles mettent en cause les fondements du système judiciaire. Comme le souligne un auteur : «Qu'attend en effet l'usager de la justice, si ce n'est d'abord l'objectivité de celui devant lequel il se présente et entre les mains duquel il remet sa vie familiale, ses engagements contractuels, sa liberté ou son honneur ?».

November 4, 2005

« Il faut retrouver le sens des mots »

PARIS (AP), le 3 novembre 2005 - "Je ne comprends pas cette polémique", a déclaré jeudi soir Nicolas Sarkozy au sujet de la tempête déclenchée par ses propos lors de visites en banlieue parisienne.

"Ce qui est extraordinaire, c'est de se préoccuper des mots et pas des maux", a déclaré le ministre de l'Intérieur sur i-télé. "Ça fait trop longtemps que les hommes politiques ne décrivent pas avec les mots les vraies situations, qu'il y a un décalage entre la vie virtuelle et la vie réelle".

Pour Nicolas Sarkozy, "il faut retrouver le sens des mots, retrouver la volonté du débat d'idées et assumer ses choix". "Je suis quelqu'un d'authentique", a-t-il assuré, "je dis ce que je pense, je pense ce que je dis et je fais ce que je dis". AP

Le Monde, le 3 novembre 2005

Selon les premiers résultats de l'enquête administrative rendus publics, jeudi 3 novembre, un policier avait prévenu ses collègues par radio du risque que deux adolescents qu'il venait d'apercevoir trouvent refuge dans le transformateur EDF où Zyed et Bouna sont morts électrocutés, le 27 octobre, à Clichy-sous-Bois.

"DEUX INDIVIDUS EN TRAIN D'ENJAMBER UN MUR"

Aussitôt ces éléments connus, mercredi soir, l'Inspection générale des services (IGS) a recommencé à interroger les policiers ayant participé à l'opération. Le ministère de l'intérieur, précisant avoir souhaité la publicité de l'enquête administrative "par souci de transparence", a refusé de commenter plus avant ce rapport, se limitant à préciser qu'en l'état actuel des investigations,"aucune sanction n'avait été prise" contre les policiers.

Faire fi de l'opprobre


Le Juge des enfants a bien reçu et a même revu en audience mes deux plus récentes lettres à son attention, extrait et introductions avec le prénom de l'enfant remplacé par « ma fille » :


Recommandé A.R. 3466 2694 2FR
Le 28 septembre 2005,

Début septembre 2005, j’ai constaté que ma fille, douze ans, partageait à nouveau sa chambre au château de Vaucelles avec une jeune majeure. J’ai signalé cela à la direction de l’établissement gardien et ça n’a pas été pris en compte malgré les motifs avancés. De telles conditions de communauté de vie – entre une préadolescente qui entre au collège et une jeune majeure déscolarisée – ne sont pas favorables à ma fille. En effet, ma fille doit pouvoir se reposer de ses journées, en prévision de l’école, les lendemains. Elle s’est elle-même à nouveau plainte, comme début 2004, aux éducateurs mais malgré cela cette cohabitation lui est imposée, comme lorsque ma fille était en primaire.

Ma fille s’est aussi plainte récemment parce que cette jeune majeure reçoit parfois un garçon : celui-ci passerait « toutes les nuits », « à onze heure », « par la fenêtre » de leur chambre pour y retrouver la jeune majeure… L’exhibition sexuelle imposée à un mineur de douze ans est réprouvée par la loi.


Recommandé A.R. 3466 2938 2FR
Le 17 octobre 2005,

Ce mardi 4 octobre 2005 l'école m'a informé d’une absence de ma fille excusée par une blessure. Ma fille et un autre enfant se seraient battus au sein de l'établissement gardien. Cet incident fait suite au manque de sommeil et aux agressions sexuelles dont s'est plainte ma fille et dont elle n'est absolument pas à l'initiative (voir ma lettre du 29 septembre en copie). Puis ce jeudi 6 octobre 2005 ma fille a eu une « panne de réveil », ma fille m’a expliquée qu’elle avait été réveillée dans la nuit par les deux jeunes majeurs et « leurs bisous »…
Ma fille a souvent ainsi été rendue plus difficile par les attitudes, réponses et décisions arbitraires du service gardien. Celui-ci ne me parait pas approprié à sa situation du fait des dangers auxquels ma fille est exposée.
L'établissement gardien et le psychanalyste clinicien expert de la petite enfance missionné par le Juge des Enfants ont simplement rapporté que ma fille « se fait » blesser.

Il n'y a strictement aucun élément matériel au dossier qui justifie la mesure de protection de tiers et de leurs intérêts ordonnée ce 4 novembre 2005 par le Juge des Enfants.

Je vais faire fi de l'opprobe tout comme Juppé qui, lui, avait reconnu avoir commis des erreurs là où il y avait des éléments materiels.

Début septembre 2005 l'établissement gardien aurait du revoir les conditions de chambrée mais il ne l'a pas fait. Fin septembre 2005 le Juge des Enfants aurait du intervenir et faire revoir les conditions de chambrée. Mi octobre 2005 le Juge des Enfants aurait du intervenir.

Aujourd'hui, début novembre 2005, Le Juge des Enfants attend de pouvoir ordonner une mesure de sauvegarde à mon encontre car je suis nuisible aux institutions : je m'exprime alors que depuis janvier 2003 les institutions m'intiment de me taire et de ne plus écrire.

1850.

Juppé a déjà manqué à sa promesse de se retirer immédiatement de la vie publique en cas de condamnation. Au lieu de cela, à peine le verdict de sa culpabilité rendu, il a aussitôt fait appel du jugement et dit qu'il annoncerait sa décision quatre jours plus tard. Ces quatre jours ont été le théâtre d'une campagne orchestrée par Chirac- lui-même menacé par des procédures juridiques similaires en 2007, date à laquelle son mandat présidentiel s'achève et par là même son immunité - pour convaincre son ancien premier ministre tombé en disgrâce de s'attaquer au pouvoir judiciaire et de faire fi de son opprobre. La machine du parti a déchaîné une campagne de dénigrement du jugement et des juges qui l'avaient rendu et pour ce faire a eu accès à un temps d'antenne illimité.

Dans Le Monde du 4 février on peut lire : 'La prise illégale d'intérêt pour laquelle Alain Juppé est condamné est très simplement décrite ainsi par les juges de Nanterre : de septembre 1990 à mai 1995, alors qu'il avait la charge et la responsabilité de contrôler et d'ordonner les dépenses afférentes aux employés de la ville, il a présenté lors du vote des budgets annuels de la Ville de Paris une masse salariale comprenant les dépenses afférentes à sept personnes 'qu'il savait être en réalité mises à la disposition du RPR'.'

Source : www.wsws.org


Alain Juppé a par ailleurs reconnu avoir "commis des erreurs, peut-être des fautes", mais "qui n'en a pas commis?". "Pendant vingt ans, tous les partis politiques ont eu des difficultés pour organiser leur financement, tous. Beaucoup ont été condamnés, pas tous", a-t-il souligné.
"Beaucoup d'organisations syndicales ont eu recours à (...) des emplois fictifs. Toutes n'ont pas été condamnées. Ca tombe sur moi, très bien", mais "je trouve que c'est un peu trop", a-t-il dit.
Alain Juppé a qualifié les attendus du jugement du tribunal de Nanterre de "terribles". "Je m'étais préparé à toutes les hypothèses, mais pas celle-ci" et "la décision du tribunal de Nanterre m'a bouleversé".
"Je n'ai pas le sentiment d'être ni un bouclier ni un fusible", a-t-il répondu alors qu'on lui demandait s'il pensait servir de paravent à Jacques Chirac. "J'assume mes responsabilités et je ne me défausse jamais, ni par en dessous, ni par en dessus".

Source : Nouvel Obs


Face à ce déchaînement, beaucoup dans les milieux judiciaires se sont montrés inquiets devant cette nouvelle marque de défiance de la classe politique.
« Il y a depuis quelques jours des attaques inadmissibles de responsables publics contre les magistrats », a estimé Dominique Barella, président de l’Union syndicale des magistrats (USM).
« Encore une fois, cette affaire prouve que la classe politique française continue de croire que la loi ne s’applique pas à elle. Dans ce dossier, la justice n’a fait que son travail », a ajouté le patron du principal syndicat de la profession, traditionnellement modéré politiquement.
Au Syndicat de la magistrature (SM, gauche) Aïda Chouk, présidente du mouvement, a vu derrière les critiques exprimées la traditionnelle défiance de la classe politique française face aux juges : « En matière de délinquance de voie publique, on ne se pose pas la question de la légitimité des magistrats ou de la légitimité de leurs jugements. On applique leurs décisions. Ici non : c’est la marque d’une justice à deux vitesses. »

Source : La Voix du Nord

Le bon père de famille, les bonnes moeurs

Une définition juridique du bon père de famille :

Standard de référence, représentant un individu moyennement diligent, raisonnable ou avisé, qui permet l’appréciation de l’attitude d’un sujet de droit in abstracto (c’est-à-dire indépendamment de ses qualités et facultés propres dont la prise en compte conduirait elle à une appréciation in concreto) aux fins de déterminer s’il a manqué à ses obligations.


Voir également Les bonnes moeurs et leurs évolutions parmis les questions sur le site du bicentenaire du code civil.

November 3, 2005

Tolérance zéro

Libération, le 19 juillet 2005
Tolérance zéro sans limite d'âge en Californie
Par Emmanuelle RICHARD, extraits :

En voyant débouler trois voitures de police et un hélicoptère, un quartier défavorisé de Fresno, dans la vallée agricole de Californie, a cru à une opération antigang. Au lieu de cela, la police est repartie avec une fillette hispanique joufflue, âgée de 11 ans.

Menottée, visiblement apeurée, elle était arrêtée pour avoir lancé une pierre sur un voisin de 9 ans qui l'attaquait à coups de bombe à eau.

Aujourd'hui, près de trois mois après l'incident, la jeune Maribel Cuevas se retrouve inculpée d'attaque avec une arme mortelle : un crime sérieux qui conduit à un jugement au pénal.

L'affaire est en passe de devenir le symbole des excès de la tolérance zéro des autorités américaines.

Los Angeles correspondance.


PARIS (AFP) 3 novembre 2005 - Le gouvernement français apparaissait jeudi impuissant à mettre un terme à la flambée de violences sans précédent ces dernières années dans des banlieues pauvres et à forte population d'origine immigrée près de Paris, théâtres d'une septième nuit d'émeutes.

Le Premier ministre Dominique de Villepin a réuni jeudi matin ses principaux ministres, dont celui de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, et des maires de villes "sensibles" autour de la capitale.

Les appels à "l'apaisement", lancés mercredi par le président Jacques Chirac et les efforts des responsables locaux, notamment des éducateurs souvent d'origine immigrée, surnommés "les grands frères", pour ramener le calme sont tombés dans le vide dans plusieurs cités déshéritées.

Des quartiers, situés à dix minutes en métro de Paris, qui comptent parmi les plus pauvres de France, là où le chômage et l'échec scolaire ont explosé, et où les jeunes Français, originaires pour beaucoup du Maghreb et d'Afrique, se sentent exclus, se sont de nouveau embrasés dans la nuit de mercredi à jeudi.

Des groupes de jeunes gens cagoulés, armés de pavés et de cocktails molotov ont affronté les policiers anti-émeutes notamment dans le département de Seine-Saint-Denis (nord de Paris).

Dans ce seul département, les émeutiers ont incendié 177 véhicules. Signe d'une escalade, la police a recensé quatre tirs à balles réelles, qui n'ont pas fait de blessés, contre la police et les pompiers.

Neuf personnes ont été blessées, dont un pompier brûlé au deuxième degré au visage par un cocktail Molotov.

Une concession automobile Renault a été incendiée, de même que deux écoles primaires, un gymnase, et des émeutiers ont aussi saccagé un poste de police, qui était fermé, et attaqué des commerces.

Selon la police, des jeunes âgés de seulement 10 à 12 ans ont été aperçus dans les rues lors de ces violences.

La situation était en revanche redevenue plus calme dans la ville de Clichy-sous-Bois, "berceau" de ces émeutes.

Les violences avaient démarré le 27 octobre après la mort accidentelle de deux jeunes de 15 et 17 ans, qui s'étaient réfugiés dans un transformateur électrique croyant être poursuivis par la police, à tort selon les autorités.

Les familles de Zyed Benna et Bouna Traore, d'origine tunisienne et malienne, ont porté plainte contre X pour non assistance à personne en danger.

Le ministre de l'Emploi et de la Cohésion sociale Jean-Louis Borloo a prôné jeudi "la fermeté" mais estimé que les autorités devaient aussi avoir "la main tendue".

Mais des jeunes ont promis de poursuivre la "guerre" contre la police.

"Cela va peut-être leur faire comprendre, aux gens du gouvernement", a lancé un jeune de 23 ans durant la nuit. "C'est que le début", dit un autre, "ça va continuer jusqu'à ce que Sarkozy démissionne!"

Le ministre de l'Intérieur, président du parti majoritaire UMP et candidat déclaré à la présidentielle de 2007, apparaissait isolé par les critiques, y compris venant de son propre camp, qui l'accusent d'avoir jeté de l'huile sur le feu par ses déclarations martiales contre la "racaille" de banlieue.

En visite privée à Paris, le président du Sénégal Abdoulaye Wade a déclaré qu'il fallait "casser les ghettos et intégrer les Africains qui demandent à être intégrés".

Des sociologues ont en effet jugé que ces émeutes témoignaient plus globalement de l'échec depuis 25 ans des différentes politiques de la ville et des "ratés" de l'intégration.

Les gouvernement successifs ont laissé se former des banlieues-ghettos -la France compte 750 zones urbaines "sensibles"- où les jeunes Français souvent d'origine immigrée sont exclus du marché de l'emploi, et perçoivent tout ce qui est extérieur à la "cité" -police, pompiers, services de l'Etat- comme des "ennemis".


Voir également :

Punir les pauvres par Loïc Wacquant

A propos de Punir les pauvres, une critique de Champ Pénal

Monde diplomatique de février 2001
Dossier : "L'obsession sécuritaire"
Envahissants experts de la tolérance zéro

VINGT ans de politique de la ville, élaborée sur fond de décentralisation au rythme des échéances électorales, ont accouché d’une nouvelle figure : l’expert en sécurité. Depuis le retour de la gauche au pouvoir en 1997, une poignée de ces experts multiplient les interventions médiatiques et disséminent leurs idées dans un nombre croissant d’instances et d’ouvrages. Naguère inconnus du public, ils s’imposent comme les analystes des « désordres urbains » et éclipsent les « spécialistes des banlieues » promus dans les années 1980. Ces derniers tentaient d’analyser un problème politique, économique et social, dont il fallait chercher les causes avant d’y remédier.

L’« expert » balaye les causes et propose une approche gestionnaire des effets : à la question de la situation économique et sociale des quartiers populaires, il substitue celle de la « lutte contre la violence urbaine ».

L'avis de l'ODAS


Que fait on lorsque le déficite relationnel parents-enfant et entre enfants de la fratrie est à l'initiative des institutions et dans l'intérêt de tiers ?

Le Monde, le 2 novembre 2005
La progression de la violence dans les relations sociales se répercute sur les enfants, selon un rapport

"Contrairement à une idée reçue" , affirme l'ODAS, la précarité économique ne constitue que très minoritairement un facteur de risque : elle ne concerne que 13 % des enfants. "Depuis la création duRMI, elle est assez rarement à l'origine directe d'un signalement", note l'Observatoire dans son rapport. De même, les troubles psychopathologiques des parents sont relativement rares : ils concernent seulement 13 % des enfants.

En revanche, le "déficit relationnel entre parents et enfants, d'une part, entre les familles et leur environnement, d'autre part" , explique, selon l'ODAS, la grande majorité des signalements. "Le facteur le plus fréquemment cité est celui des "carences éducatives des parents", qui renvoie souvent à une immaturité des parents, à une absence de repères, à un repli sur soi, note l'ODAS. Cela permet de relever à nouveau l'importance de l'isolement social, bien souvent à l'origine de la dégradation du comportement des familles."

Pas concerné par ces portraits :

PARIS (AFP), le 2 novembre 2005 - Quelque 95.000 enfants ont été maltraités ou menacés en 2004 dans leur sécurité, leur moralité, leur santé et leur éducation, un chiffre en hausse annuelle de 7% sur fond de "fragilisation des familles", selon les chiffres des départements connus mercredi.

"En 2004, 95.000 enfants ont fait l'objet d'un signalement par les conseils généraux, ce qui représente une augmentation de 6.000 enfants par rapport à 2003, soit une évolution de 7%" par rapport à 2003, selon une enquête de l'Observatoire national de l'action sociale décentralisée (ODAS) auprès des départements, responsables de la protection de l'enfance.

Entre 2003 et 2004, le nombre d'enfants maltraités - "victimes d'abus sexuels, de violences physiques ou psychologiques, de négligences lourdes" - est passé de 18.000 à 19.000, détaille l'ODAS.

Dans le détail, 6.600 enfants ont subi des violences physiques (contre 5.800 en 2003), 5.500 des violences sexuelles, 4.400 ont été victimes de négligences lourdes, et 2.500 de violences psychologiques.

"Selon les départements, cette évolution traduirait une progression de la violence dans les relations sociales", estime l'ODAS, qui ajoute que "les enfants accueillis" dans les foyers "seraient de plus en plus violents".

L'augmentation du nombre d'enfants en danger est plus forte (+5.000, 76.000 au total): "L'enfant n'est pas maltraité mais vit dans un contexte familial particulièrement dégradé qui menace son développement sur le plan éducatif et/ou matériel", selon la définition de l'ODAS.

Les "carences éducatives" des parents sont une fois sur deux à l'origine des menaces qui pèsent sur le bien-être des mineurs, alors "confrontés à des problèmes de scolarisation et de socialisation".

Viennent ensuite les conflits de couple et séparation (30% des enfants menacés), les problèmes psycho-pathologiques des parents ou leur dépendance à l'alcool ou la drogue.

Le chômage et les difficultés financières ne sont mentionnés que dans 13% des cas, un peu plus souvent que le cadre de vie et l'habitat (8%), et l'errance et la marginalité (4%).

"Contrairement à une idée plus ou moins répandue, la précarité économique ne constitue que minoritairement un facteur de danger", assure l'ODAS. "Depuis la création du Revenu minimum d'insertion (RMI, en 1988, ndlr), elle est assez rarement à l'origine directe d'un signalement".

En revanche, l'ODAS insiste sur "l'isolement social, bien souvent à l'origine de la dégradation du comportement des familles", surtout dans le cas des familles monoparentales.

A l'heure des réponses, l'ODAS plaide pour "de nouvelles solidarités de proximité" pour briser cet isolement social. Le délégué général de l'ODAS, Jean-Louis Sanchez, avait développé ce thème en 2004 en défendant la grande cause nationale de la fraternité.

Dans 60% des cas, les dossiers des enfants signalés par les Conseils généraux ont été transmis à la justice. Les autres ont fait l'objet d'une mesure administrative.

L'ODAS suggère par ailleurs de clarifier le rôle des départements et de la justice dans le traitement des signalements.

Le ministre délégué à la Famille Philippe Bas, qui envisage un projet de loi pour réformer la protection de l'enfance, propose également de renforcer le rôle du Conseil général, dans la protection de l'enfance.

Association regroupant des élus de gauche et de droite, l'ODAS entend fournir aux élus des informations pour optimiser leur politique.

November 2, 2005

Gadgets, populisme et arbitraire


Le Monde, le 1er novembre 2005
Azouz Begag sous le feu des critiques

Les propos du ministre délégué ont fait vivement réagir les proches de Nicolas Sarkozy. Thierry Mariani, député UMP du Vaucluse, a affirmé qu'Azouz Begag, "a perdu une bonne occasion de se taire" en critiquant Nicolas Sarkozy. Selon lui, les propos du ministre sont "un peu une condamnation du travail de la police".

Alain Marleix, député du Cantal, est allé plus loin , exigeant la démission de M. Begag. "J'ai été très choqué par le comportement" de M. Begag, a déclaré M. Marleix, par ailleurs secrétaire national UMP aux élections. "Dans pareille circonstance, la solidarité gouvernementale est une exigence minimale", a déclaré M. Marleix. "M. Begag a besoin d'exister, il a un ministère gadget et doit montrer qu'il a une utilité", a poursuivi le député. "Mais ça ne doit pas se faire au prix d'un manquement grave à la solidarité gouvernementale".

Communiqué de la LDH du 28 septembre 2005

Garde des Sceaux ou Garde des commodités ? État de droit ou État de police ?

Qu’est devenue la République pour qu’un ministre de la Justice s’autorise à enjoindre aux parlementaires de violer la Constitution ?

Monsieur Clément, que l’on croyait « ministre du droit », annonce un projet de loi comportant l’institution d’une peine – ou plus exactement d’une mesure de sûreté, mais le problème reste le même – … rétroactive. Ainsi, à seule fin de se poser en protecteur des victimes d’infractions sexuelles, le gouvernement revendique-t-il la violation délibérée de l’article 8 de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen et invite à ne pas saisir le Conseil constitutionnel de cet excès de pouvoir sans précédent depuis le régime de Vichy.

Bien entendu, l’argument de la protection des victimes n’est que faux-semblant cynique : ce même gouvernement a drastiquement réduit les moyens financiers du suivi socio-judiciaire seul efficace en la matière.

Gadgets, populisme et arbitraire : telle semble être la devise des gouvernants actuels. La Ligue des droits de l’Homme veut croire qu’il se trouvera encore au moins soixante parlementaires pour avoir le courage de ne pas se rendre complices de cette forfaiture. Elle appelle les élus de la République à prendre leurs responsabilités.

PARIS (AP), le 1er novembre 2005 - Le député UMP du Cantal Alain Marleix a demandé mardi la démission du ministre délégué à la Promotion de l'égalité des chances, qu'il accuse de s'être désolidarisé du gouvernement en critiquant les propos employés par Nicolas Sarkozy lors de ses visites en banlieue parisienne.

"Quand on n'est pas d'accord dans un gouvernement et qu'on s'en désolidarise, et bien on démissionne, c'est la logique même des institutions de la Ve République", a affirmé M. Marleix sur France-Inter. "Il faut qu'il aille jusqu'au bout de cette logique, me semble-t-il. C'est mon point de vue."

Le député du Cantal, proche de Nicolas Sarkozy, s'est déclaré "choqué, comme beaucoup de Français, par le comportement et par la réaction à tous ces tristes événements du week-end de M. Azouz Begag".

"Nous avons un ministre de l'Intérieur qui mène une politique courageuse, lucide, donc je trouve que l'attitude de M. Azouz Begag de se désolidariser du ministre d'Etat (Nicolas Sarkozy) dans des moyens pareils n'est pas une bonne attitude", a-t-il expliqué. "Quand on appartient à un gouvernement, la moindre des choses dans les périodes difficiles c'est l'obligation de solidarité gouvernementale. C'est pour ça que j'ai demandé sa démission."

Azouz Begag a critiqué mardi Nicolas Sarkozy, estimant que les mots "racaille" et "Kärcher" employés par le ministre de l'Intérieur lors de ses visites en banlieue parisienne s'apparentaient à une "sémantique guerrière". AP


PARIS (AP), le 2 novembre 2005, extrait - L'occasion, pour le chef de l'Etat, de fixer la feuille de route du gouvernement. Il a ainsi demandé qu'un bilan soit dressé d'ici un mois des mesures déjà prises dans le cadre des plans Borloo de cohésion sociale et de rénovation urbaine pour "accélérer et renforcer leur efficacité". Il a également confié à Dominique de Villepin la préparation du plan de prévention de la délinquance, dont M. Sarkozy avait initialement été chargé pour courant décembre.

En réponse, le Premier ministre s'est engagé à oeuvrer pour "l'égalité des chances" et a annoncé un "plan d'action" pour l'emploi des jeunes en Seine-Saint-Denis et l'éducation "avant la fin du mois de novembre". Il a précisé que le plan de prévention serait préparé sous sa "coordination" dans "les prochaines semaines".

Pour Dominique de Villepin, il s'agissait de rectifier le tir après l'impression de flottement des derniers jours. Jusqu'à mardi, Nicolas Sarkozy s'est en effet retrouvé seul en première ligne.


PARIS (AP), le 2 novembre 2005, extrait - "Il ne peut pas y avoir, il n'y aura pas de zone de non-droit en France", a-t-il - Villepin - ajouté. A cet égard, il a rappelé que le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy "a pris les mesures nécessaires". "Je sais que je peux compter sur lui", a-t-il dit.

November 1, 2005

Azouz Begag conteste

"Il faut que les esprits s'apaisent. Il faut que la loi s'applique fermement et dans un esprit de dialogue et de respect", a déclaré Jacques Chirac, mercredi 2 novembre en Conseil des ministres.
Le Monde, le 2 novembre 2005


Libération, le 1er novembre 2005
REPORTAGE «C'est la présence des flics qui nous énerve»
Par Gilles WALLON

Lundi vers minuit, à Clichy-sous-Bois, autour de la mosquée Bilal. Là où, la veille, une grenade a relancé les hostilités, il ya ce soir une quarantaine de CRS. Ils coupent l'avenue liant Clichy à Montfermeil. Quelques jeunes sont là, quatre ou cinq. Ils grondent, toisent les CRS, leur lancent des regards noirs, mais ne font rien. Plus tôt, un cocktail Molotov a pourtant été jeté sur les policiers.
Pour l'instant, la rumeur court. « Parmi les CRS, là en face de nous, il y a une petite blonde. C'est elle qui a lancé la grenade sur la mosquée », assure Aziz, la trentaine, un bonnet enfoncé sur les oreilles. Les autres ne l'écoutent pas. « C'est la présence des flics qui nous énerve, c'est de la provocation. », enrage Stéphane sous sa capuche noire. « Ça ne fait que stigmatiser encore plus le quartier. Comme toujours, on ne parle de nous que quand ça va mal. » Plus tôt dans la journée, trois jeunes ont été condamnés à deux mois de prison ferme, pour avoir lancé des pierres et des bouteilles sur les policiers. « Ici, on pense tous qu'ils ont été pris pour faire un exemple, poursuit Stéphane. On continue de nous enfermer, sans preuves. »


Le Monde, le 1er novembre 2005
Azouz Begag sous le feu des critiques

Les propos du ministre délégué ont fait vivement réagir les proches de Nicolas Sarkozy. Thierry Mariani, député UMP du Vaucluse, a affirmé qu'Azouz Begag, "a perdu une bonne occasion de se taire" en critiquant Nicolas Sarkozy. Selon lui, les propos du ministre sont "un peu une condamnation du travail de la police".

Alain Marleix, député du Cantal, est allé plus loin , exigeant la démission de M. Begag. "J'ai été très choqué par le comportement" de M. Begag, a déclaré M. Marleix, par ailleurs secrétaire national UMP aux élections. "Dans pareille circonstance, la solidarité gouvernementale est une exigence minimale", a déclaré M. Marleix. "M. Begag a besoin d'exister, il a un ministère gadget et doit montrer qu'il a une utilité", a poursuivi le député. "Mais ça ne doit pas se faire au prix d'un manquement grave à la solidarité gouvernementale".

PARIS (AP), le 1er novembre 2005 - Après plusieurs nuits de violences à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) consécutives à la mort par électrocution de deux adolescents, Azouz Begag critique les propos du ministre de l'Intérieur sur les banlieues mais entend faire aussi son "mea culpa".

Dans une interview publiée mardi par "Libération", le ministre délégué à la Promotion de l'égalité des chances "conteste cette méthode de se laisser déborder par une sémantique guerrière, imprécise", en réaction aux termes "voyous et racaille" utilisés par Nicolas Sarkozy à Argenteuil (Val-d'Oise) la semaine dernière.

"Je regrette de ne pas être associé (au ministre de l'Intérieur) quand il y a un dialogue difficile avec des jeunes. A chaque fois que mon collègue (Nicolas Sarkozy, ndlr) intervient en banlieue même quand il s'agit d'égalité des chances, je ne suis jamais contacté. Quand on nomme un préfet musulman, quand on dit vouloir donner le droit de vote aux étrangers et qu'on envoie des CRS contre les jeunes de banlieue, il y a un décalage", souligne Azouz Begag.

Par ailleurs dans une autre interview au "Parisien-Aujourd'hui en France", Azouz Begag tient à faire son "mea culpa": "Ca fait cinq mois que je suis au gouvernement et je n'ai pas été assez incisif. J'ai été trop faible. A moi de faire le tour des ministères pour discuter avec mes collègues et leur expliquer ce qui se passe réellement dans ces quartiers où l'on souffre. A moi d'aller voir Sarkozy pour qu'on trouve des solutions ensemble, qu'on répare les malentendus, qu'on apaise les tensions".

"Il faut certes tenir un langage de la fermeté, pour le rétablissement de l'ordre. Mais c'est en luttant contre les discriminations dont sont victimes les jeunes qu'on rétablira l'ordre, l'ordre de l'égalité. Pas en amenant plus de CRS", insiste le ministre dans "Libération".

Pour autant, Azouz Begag dénie à la gauche le droit de critiquer l'action du gouvernement: "La gauche n'a rien à dire, quand on voit la manière dont elle nous (les enfants d'immigrés, ndlr) a éloignés de la représentation politique. Aujourd'hui profiter de la mort ces deux jeunes pour se refaire une virginité politique sur la question des banlieues, c'est un scandale".

"Le PS n'a rien à dire sur la question des banlieues", ajoute Azouz Begag dans "Le Parisien-Aujourd'hui en France": "Elle est où la France black-blanc-beur que les socialistes nous promettaient. Nulle part. De Mitterrand à Jospin, cela n'a été qu'un grand bla-bla saupoudré d'un peu de SOS-Racisme. Et nous payons aujourd'hui ces vingt ans d'inaction". AP

PARIS (AFP), le 1er novembre 2005 - Ministre hors norme grandi dans un bidonville, Azouz Begag, resté jusqu'ici dans l'ombre, a fait entendre sa différence dans le dossier brûlant des banlieues, avec des critiques contre la "sémantique" du ministre de l'Intérieur qui ont suscité mardi la colère des sarkozystes.

Ses propos ont résonné d'autant plus fort que le président de la République et le Premier ministre étaient restés jusqu'à mardi en fin d'après-midi silencieux sur la crise de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

Azouz Begag, sociologue d'origine algérienne, natif de Lyon, promu en juin par Dominique de Villepin ministre délégué à la Promotion de l'égalité des Chances - un intitulé inédit - a pris la parole à plusieurs reprises depuis le déclenchement de ces événements pour regretter le vocabulaire de Nicolas Sarkozy.

Dimanche, il jugeait impropre de "dire aux jeunes qu'ils sont des racailles". "Il ne faut pas dire aux jeunes qu'on va leur rentrer dedans et qu'on va leur envoyer la police. Il faut y aller avec une volonté d'apaiser", avait-il déclaré à France 2.

Le mot "racaille" a été utilisé par le ministre de l'Intérieur lorsqu'il s'était rendu la semaine dernière dans le Val-d'Oise pour vérifier un dispositif contre les violences urbaines.

Azouz Begag est revenu à la charge dans deux interviews mardi.

Au Parisien-Aujourd'hui en France, il livrait des recommandations : quand on parle avec des pauvres, "il faut toujours choisir ses mots".

Interrogé par Libération sur les formules de son collègue à l'Intérieur, ("racaille", mais aussi "Kärcher"), il a marqué une désapprobation plus vive, dénonçant une "sémantique guerrière, imprécise". "Il faut cesser d'aller avec caméras et journalistes dans ces zones de pauvreté et de susceptibilité", a-t-il demandé.

De plus, il a déploré ne jamais avoir été "contacté" par Nicolas Sarkozy pour des déplacements en banlieue. "J'en suis surpris, alors que je suis l'un des rares au gouvernement à être légitimé par 25 ans d'expérience et de travail sur ces quartiers".

Des propos qui ne pouvaient manquer de susciter l'ire des amis du ministre de l'Intérieur. Begag "a perdu une bonne occasion de se taire", selon Thierry Mariani (UMP, Vaucluse). "Il a manqué à la nécessaire solidarité gouvernementale", a dénoncé Alain Marleix (UMP, Cantal), réclamant carrément la démission du ministre délégué.

Interrogé par l'AFP sur cette demande, Brice Hortefeux, bras droit de M. Sarkozy, a glissé : "je peux comprendre l'exaspération d'Alain Marleix, car notre pays a besoin d'unité et le gouvernement de cohésion, même si je ne partage pas toutes ses conclusions".

Yves Jégo (UMP, Seine-et-Marne) a souhaité que Dominique de Villepin rappelle Azouz Begag à l'ordre. Pierre Cardo (UMP, Yvelines) lui a demandé de "remettre l'église au milieu du village".

Pour un sarkoziste qui a requis l'anonymat, si le ministre délégué a tant parlé, c'est "qu'il en a, au minimum, reçu le feu vert".

"Je ne crois pas au caractère spontané d'Azouz Begag", a fait valoir cette source : "voilà un type qu'on n'a pas entendu pendant cinq mois, et brusquement il est partout".

"Une déclaration, ça peut être spontané et normal. Mais quand on donne des interviews dans tous les sens, surtout pour un ministre sans assise politique, ça ne peut être qu'après un feu vert" (sous-entendu : du Premier ministre).

Avant d'entrer au gouvernement, M. Begag s'était vu confier une mission sur l'égalité des chances par M. de Villepin, alors ministre de l'Intérieur, qui, deux mois avant, lui avait remis la légion d'honneur.

PARIS (Reuters), le 1er novembre 2005 - Nicolas Sarkozy, qui continue de prôner la fermeté dans les quartiers sensibles, apparaît isolé au sein du gouvernement face au feu nourri des critiques de la gauche.

Le ministre de l'Intérieur a été reçu à Matignon par Dominique de Villepin pendant une heure lundi en fin d'après-midi pour "faire le point" sur la situation en Seine-Saint-Denis, où des émeutes ont éclaté après la mort accidentelle de deux jeunes, électrocutés jeudi dans un transformateur EDF après une course-poursuite avec la police.

Mais le chef du gouvernement ne s'est pas exprimé sur l'affrontement entre son numéro deux et les jeunes de Clichy-sous-Bois, parmi lesquels Siyakah Traore, le frère de l'un des jeunes décédés, qui a refusé de rencontrer Nicolas Sarkozy, le taxant d'"incompétence", et a demandé à être reçu à Matignon.

Et c'est un proche du Premier ministre, Azouz Begag, ministre de la promotion de l'égalité des chances, qui s'est exprimé pour "contester" la méthode de son collègue de l'Intérieur, qui se laisse à ses yeux "déborder par une sémantique guerrière imprécise".

"Quand on nomme un préfet musulman, quand on dit vouloir donner le droit de vote aux étrangers et qu'on envoie des CRS contre les jeunes de banlieues, il y a un décalage. Il faut certes tenir un langage de la fermeté, pour le rétablissement de l'ordre. Mais c'est en luttant contre les discriminations dont sont victimes les jeunes qu'on rétablira l'ordre, l'ordre de l'égalité. Pas en amenant plus de CRS", souligne-t-il dans une interview à Libération publiée mardi.

Fin juin, Nicolas Sarkozy avait déjà suscité la polémique en affirmant son intention de "nettoyer au Karcher" la cité des 4.000 à La Courneuve, également en Seine-Saint-Denis.

Dominique de Villepin n'avait alors pas condamné les propos du ministre de l'Intérieur mais s'était démarqué en douceur de la méthode de son rival désigné dans la perspective de l'élection présidentielle de 2007.

"MENACES ET PROMESSES"

"Ce qui me choque, c'est de ne rien faire", avait-il dit, sur France 3, avant d'ajouter: " Chacun aborde ces questions avec sa sensibilité. Je suis un républicain convaincu, je crois au respect de la règle. Vous le voyez bien dans ce gouvernement, (...) il y a des sensibilités différentes. Ces sensibilités font la richesse de ce gouvernement et j'assure la direction, la cohérence de l'ensemble et je le fais dans l'esprit de la République".

Mardi matin, le député-maire UMP de Montereau (Seine-et-Marne) Yves Jégo, un proche de Nicolas Sarkozy, a apporté son soutien au ministre de l'Intérieur, jugeant qu'il ne lui appartenait pas de répondre au malaise des banlieues.

"Ce qui manque sans doute aujourd'hui, c'est peut-être la partie intégration, (...) mais ce n'est pas la compétence du ministre de l'Intérieur que de s'avancer sur ces sujets", a-t-il expliqué sur France-Info, appelant à "un grand plan Borloo pour l'intégration".

La gauche s'est emparée de ce dossier des violences urbaines pour faire le procès de la politique de sécurité menée depuis la réélection de Jacques Chirac en 2002.

Pour le porte-parole du Parti socialiste, Julien Dray, l'un des fondateurs de SOS-Racisme, "Sarkozy confond la fermeté réelle avec la fermeté télévisuelle". "Nous sommes au coeur d'une communication spectacle, où l'on préfère l'effet d'annonce au travail sérieux et patient", a-t-il dit dans Le Parisien.

Pour la secrétaire nationale du Parti communiste, Marie-George Buffet, invitée de France Inter, les habitants de la Seine-Saint-Denis "en ont assez de voir le ministre de l'Intérieur qui arrive, qui repart après avoir proféré des menaces ou des promesses".

Pour l'ancien ministre de l'Intérieur, Jean-Pierre Chevènement, Nicolas Sarkozy "a manqué de sang-froid et n'a pas mesuré ses propos à plusieurs reprises".

Le président d'honneur du MRC a dénoncé sur France Inter l'"abandon" de la "police de proximité" mise en place "de 1998 à 2000". Il a appelé à "renforcer les unités territorialisées, redonner de la chair à cette action de terrain" et à "ne pas croire qu'on va résoudre les problèmes en faisant intervenir les BAC, CRS et escadrons de gendarmerie mobile".

Mais l'ancien ministre de Lionel Jospin a reconnu que "le ministre de l'Intérieur ne peut pas faire tout ça: faire reculer le chômage, enrayer la ghettoïsation, l'ethnisation des rapports sociaux". "C'est une politique d'ensemble du gouvernement tout entier", a-t-il souligné.

Libération, le 1er novembre 2005
Hollande : «Tolérance zéro pour Sarkozy !»
par RD et PQ

Interrogé par Libération sur les violences de Clichy-sous-Bois, François Hollande a répondu : «Non seulement la politique de Nicolas Sarkozy est dure à l'égard des plus faibles et outrageante à l'égard des quartiers, mais en plus, elle ne marche pas ! Jamais les violences aux personnes n'ont atteint un tel niveau (+3,5% depuis le début de l'année). Je ne nie pas la difficulté de l'action en la matière et je refuse la polémique simpliste. Mais depuis trois ans et demi, Sarkozy et Chirac ont multiplié les législations de circonstances et les effets d'annonce sans résultat probant ! Aurais-je la cruauté de rappeler les propos du Président, le 14 juillet 2001 : il dénonçait un “manque d'autorité de l'Etat”, il s'affolait d'une “déferlante de l'insécurité”. Et où est-il, Jacques Chirac, aujourd'hui ? Quelqu'un a-t-il entendu le son de sa voix après les très graves événements de Clichy ? Ou l'odieux assassinat d'Epinay. Sarkozy, de son côté, prône la “tolérance zéro”. Et bien, “tolérance zéro” pour Sarkozy ! “Tolérance zéro” pour les provocations verbales, la disparition de la police de proximité, l'absence de toute politique de prévention. En fait, le président de l'UMP n'est plus obnubilé que par sa candidature. Il n'est plus ministre de l'Intérieur, il est ministre de lui-même. Tous les mots sont prétextes à médiatisation. Les uns pour durcir jusqu'à l'extrême, les autres pour amadouer jusqu'à l'ambiguïté. Il parle ainsi de “discrimination positive”, mais stigmatise les jeunes des cités.

October 30, 2005

Extrait de la première promenade

LES REVERIES DU PROMENEUR SOLITAIRE, 1782
Jean-Jacques Rousseau

La diffamation, la dépression, la dérision, l'opprobre dont ils m'ont couvert ne sont pas plus susceptibles d'augmentation que d'adoucissement; nous sommes également hors d'état, eux de les aggraver et moi de m'y soustraire. Ils se sont tellement pressés de porter à son comble la mesure de ma misère que toute la puissance humaine, aidée de toutes les ruses de l'enfer, n'y saurait plus rien ajouter. La douleur physique elle-même au lieu d'augmenter mes peines y ferait diversion. En m'arrachant des cris, peut-être, elle m'épargnerait des gémissements, et les déchirements de mon corps suspendraient ceux de mon coeur.
Qu'ai-je encore à craindre d'eux puisque tout est fait? Ne pouvant plus empirer mon état, ils ne sauraient plus m'inspirer d'alarmes. L'inquiétude et l'effroi sont des maux dont ils m'ont pour jamais délivré: c'est toujours un soulagement. Les maux réels ont sur moi peu de prise; je prends aisément mon parti sur ceux que j'éprouve, mais non pas sur ceux que je crains.

Mon imagination effarouchée les combine, les retourne, les étend et les augmente. Leur attente me tourmente cent fois plus que leur présence, et la menace m'est plus terrible que le coup. Sitôt qu'ils arrivent, l'événement, leur ôtant tout ce qu'ils avaient d'imaginaire, les réduit à leur juste valeur. Je les trouve alors beaucoup moindres que je ne me les étais figurés, et même au milieu de ma souffrance je ne laisse pas de me sentir soulagé. Dans cet état, affranchi de toute nouvelle crainte et délivré de l'inquiétude de l'espérance, la seule habitude suffira pour me rendre de jour en jour plus supportable une situation que rien ne peut empirer, et à mesure que le sentiment s'en émousse par la durée ils n'ont plus de moyens pour le ranimer. Voilà le bien que m'ont fait mes persécuteurs en épuisant sans mesure tous les traits de leur animosité. Ils se sont ôté sur moi tout empire, et je puis désormais me moquer d'eux.

Il n'y a pas deux mois encore qu'un plein calme est rétabli dans mon coeur. Depuis longtemps je ne craignais plus rien, mais j'espérais encore, et cet espoir tantôt bercé tantôt frustré était une prise par laquelle mille passions diverses ne cessaient de m'agiter. Un événement aussi triste qu'imprévu vient enfin d'effacer de mon coeur ce faible rayon d'espérance et m'a fait voir ma destinée fixée à jamais sans retour ici-bas. Dès lors je me suis résigné sans réserve et j'ai retrouvé la paix.

La mort au bout de l'appareil photo


Le Figaro, le 1er novembre 2005
Epinay : la mort en 90 secondes
Le Figaro a pu reconstituer le scénario de l'agression mortelle de Jean-Claude Irvoas, un quinquagénaire venu prendre des photos d'un lampadaire pour son travail, filmée jeudi seconde après seconde par une caméra de surveillance. Le film des événements, qui se sont déroulés sous les yeux de la femme et de la fille de la victime, est accablant.
Par Cyrille Louis, extrait :

15 h 53 m 50s : après un rapide repérage, Jean-Claude Irvoas, qui porte un T-shirt vert sous une veste noire, s'arrête devant le lampadaire et regarde autour de lui. Il hésite visiblement avant de sortir l'appareil numérique que sa fille, âgée de 16 ans, lui a prêté pour l'occasion. A cet instant, la caméra filme tout autour de lui des grappes d'adolescents qui «tiennent les murs» tandis qu'un enfant, vêtu d'un pull-over rouge, sillonne la contre-allée en vélo. «Situé au pied d'une cité sensible, cet endroit est un des hauts lieux du trafic de stupéfiants à Epinay, explique le maire (UDF), Hervé Chevreau. C'est d'ailleurs pour tenter de le sécuriser que nous avons décidé, au début de l'année, d'y implanter une caméra dans l'espoir que la police municipale puisse, en temps réel, contrôler ce qui s'y passe.»

15 h 54 mn 20s : trois jeunes gens vêtus de jeans et de vestes de survêtement entrent dans le champ, filmés par la caméra 15 et prennent le photographe en filature alors qu'il s'apprête à regagner son véhicule. En un clin d'oeil, l'un des agresseurs rejoint Jean-Claude Irvoas et tente de lui arracher son appareil photo. Une mêlée s'ensuit, en partie masquée par un saule voisin. Sur l'image, on devine qu'un des jeunes rabat précipitamment sa capuche sur son visage. C'est alors que la victime, qui a réussi à repousser l'un des assaillants au sol, tente de s'enfuir. En vain : il est aussitôt rattrapé par l'un des jeunes gens et s'effondre, terrassé par un coup porté au niveau de la tête.

Libération, 29 octobre 2005
La mort au bout de l'appareil photo dans une cité d'Epinay
Par Jacqueline COIGNARD, extraits :

C'était en plein après-midi, et la victime circulait avec femme et enfant dans l'une des rues du quartier d'Orgemont quand son regard a été attiré par les réverbères, d'un modèle original.

Confusion. Mais, dans ce champ de tours HLM, son initiative a, semble-t-il, été mal perçue. Selon les premiers témoignages, un groupe de jeunes l'a encerclé. A-t-il refusé de ranger l'appareil ou de donner sa pellicule ? «C'est plutôt l'appareil qui devait les intéresser», commente-t-on au parquet de Bobigny. La situation a complètement dégénéré. «Tout est parti très vite et de manière très confuse», selon une source policière. Les jeunes l'ont passé à tabac, sous les yeux de sa femme et de sa fille, restées dans la voiture. Sous les yeux aussi d'un certain nombre de témoins qui ne sont pas intervenus. Une supérette, un bar-PMU et une pharmacie contribuent en effet à rendre ce secteur plutôt animé. «Personne ne lui est venu en aide», commente-t-on chez les enquêteurs.

La brigade criminelle de la police judiciaire parisienne a été saisie de l'enquête, qui s'annonce «difficile et complexe» dans un «milieu où la police n'est pas la bienvenue», selon la même source qui évoque des premiers témoignages «confus et divers».

October 29, 2005

Ils n'étaient pas poursuivis

NANCY (AP), 28 octobre 2005, extrait - Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a évoqué vendredi "les événements dramatiques de la nuit" à Clichy-sous-Bois: "Ce que je sais, au cours d'une tentative de cambriolage, lorsque la police est arrivée, des jeunes sont partis en courant. Trois jeunes qui n'étaient pas poursuivis ont escaladé le mur d'enceinte haut de trois mètres d'un transformateur électrique. Deux mineurs sont décédés électrocutés, le troisième a été gravement brûlé".

"La police conteste formellement que ces jeunes étaient poursuivis. En tout état de cause, c'est dramatique. Il s'en est suivi une nuit d'émeute, une de plus à Clichy; voilà tout ce que je sais et que j'ai appris au cours de la nuit", a dit le ministre au cours d'un point-presse vendredi matin sur la place Stanislas à Nancy (Meurthe-et-Moselle).

Nicolas Sarkozy ironise sur le fait que "dans ce métier, on est réveillé par les bonnes nouvelles. Les violences urbaines se sont enracinées depuis 20 ans. Si la police urbaine intervient, c'est pour arrêter les coupables. Il faut mettre un terme à l'exploitation des jeunes par des caïds".

Le Figaro, le 29 octobre 2005
Détresse et consternation à Clichy-sous-Bois
ÉMEUTES A l'origine de graves violences, les circonstances de la mort de deux jeunes sont étudiées par la justice.
Par Delphine Chayet, extrait :

«Seule une enquête efficace, rapide et transparente apaisera la haine», a souligné hier Claude Dilain, maire PS de Clichy-sous-Bois, dont les premières pensées sont allées aux familles endeuillées. «Nous devons comprendre, a-t-il dit, dans quelles circonstances précises ces enfants se sont électrocutés.» Jeudi, vers 17 h 30, six adolescents avaient été interpellés pour un vol et des dégradations commises dans un cabanon de la commune voisine de Livry-Gargan. Ils ont été remis à leurs parents peu de temps après. Mais, semble-t-il, trois autres jeunes, échappant à la police, auraient couru jusqu'à la centrale EDF. «Aucun lien n'a pour l'heure été établi entre ce contrôle policier et la mort des jeunes», a tenu à préciser hier la préfecture de Seine-Saint-Denis. «La police ne poursuivait pas physiquement les adolescents», a insisté le ministre de l'Intérieur. Selon Louis-Michel Bonté, secrétaire général de la préfecture, «les forces de l'ordre ne sont arrivées sur les lieux qu'à 18 h 53, au même moment que les pompiers».

A Clichy-sous-Bois, c'est une tout autre version que faisaient circuler hier les habitants rassemblés au pied des barres HLM. «Ils étaient neuf garçons à jouer au foot près de la centrale, assurait une mère de famille. Ils ne faisaient rien de mal. Mais l'un d'eux n'avait pas de papiers. Alors, il a eu peur en voyant la police.»

Selon le maire, «aucune tension particulière» ne régnait pourtant, ces derniers temps, dans la commune de 28 300 habitants. Bon nombre d'entre eux, choqués par les événements, hier, s'emportaient contre le comportement des policiers à leur égard : «Les képis nous harcèlent et jouent les cow-boys, mais personne ne vient quand on a besoin d'eux.»


Le Monde, le 29 octobre 2005
Deuxième nuit consécutive de violences à Clichy-sous-Bois
Extrait :

Le syndicat Action police CFTC a de son côté annoncé, samedi, qu'il avait adressé un courrier au ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy, pour lui demander le renfort de l'armée. "Une guerre civile se déroule actuellement à Clichy-sous-Bois", écrit dans ce courrier Michel Thooris, secrétaire général du syndicat. "Des tireurs embusqués "snipent" la police". "Nous ne pouvons plus faire face à cette situation seuls, mes collègues n'ont ni l'équipement, ni la formation, ni l'entraînement pour le combat de rue. Seule l'armée, entraînée, équipée et formée à ce type de mission peut intervenir en toute sécurité pour stabiliser la situation."


Libération, 29 octobre 2005
Nouvelle nuit de violence à Clichy-sous-bois
Extrait :

Les troubles se sont principalement déroulés dans le quartier du Chêne-Pointu, qui avait déjà été jeudi soir le théâtre de violents affrontements entre jeunes et forces de l'ordre. La ville s'était embrasée à la suite du décès de deux adolescents de 17 et 15 ans, Ziad et Banou, morts électrocutés après s'être introduits dans l'enceinte d'un transformateur EDF. La rumeur s'était répandue que les deux jeunes s'étaient réfugiés dans cet endroit à la suite d'une course-poursuite avec la police, ce qui a été démenti par la préfecture.


Libération, 29 octobre 2005
Pompiers façon légions romaines
Extraits :

Comment porter secours quand les pompiers et leur matériel sont caillassés, harcelés par des groupes de jeunes très mobiles ? Les sapeurs-pompiers de Paris ont engagé depuis le début des années 2000 une action et une réflexion inspirées par l'expérience de leurs collègues en Ulster confrontés à des scènes d'émeute durant les trente années du conflit irlandais. Ils ont puisé dans leur culture militaire pour élaborer leur plan «violences urbaines». «Notre plan est calqué sur notre savoir-faire militaire, explique un officier. Il est gradué pour adapter la réponse à la gravité de la situation.»

«C'est la même organisation que pour un coup de main militaire», dit un spécialiste. Avant chaque intervention, le responsable des opérations évalue les risques. «On n'engage les moyens que s'il y a une urgence, explique un officier. S'il s'agit d'une poubelle en train de brûler sur une place, on la laisse se consumer toute seule.»

Les secouristes interviennent «en binômes» (un pompier porte la lance à incendie, l'autre est son servant) avec le concours de «guetteurs aériens», sur les toits et dans les étages des immeubles, chargés de les prévenir, par exemple, en cas de jets de projectiles. Ils bénéficient également de la protection des forces de l'ordre.

«On sort encadrés comme des légions romaines, ironise un secouriste. Mais il ne faut surtout pas répliquer aux provocations, aux agressions verbales, pour ne pas faire monter encore un peu plus la tension.»

Le capitaine Laurent Vibert se faisait l'écho d'une réflexion commune chez les pompiers face aux violences urbaines : «Pendant qu'ils nous agressent, ces jeunes ont peut-être un parent, un ami qui a besoin de nous, et de cela, ils ne sont pas conscients.»


De l'interview d'Alain Bentolila de septembre 2005 pour le Défenseur des Enfants :

Si les Z.E.P. ne sont pas une solution, que faut-il faire ?

Le problème est que notre société a laissé se constituer des ghettos sociaux. Ceux-ci n'ont rien à voir avec les ghettos anglo-saxons : les habitants des Chinatowns ont conservé leur culture, leur langue, leurs traditions, tout en étant capables de s'insérer dans la société américaine, d'y travailler, d'en maîtriser les codes. En France, les populations d'origines étrangères n'ont plus d'identité, car elles n'ont plus ni racines, ni culture, ni religion. Rares sont les maghrébins qui parlent réellement l'arabe et qui ont lu les sourates du Coran, ou les Sénégalais qui parlent le wolof. Ils se disent musulmans pour se donner une identité, car ils sont dans une situation d'acculturation totale. Nos ghettos sociaux sont des ghettos acculturés, et c'est là le drame. Car le vide culturel peut être comblé par n'importe qui, par n'importe quel faux prophète de quelque secte ou religion que ce soit.
Par ailleurs, les ghettos sociaux engendrent des ghettos scolaires : l'école au pied des tours. Il ne reste dans ces ghettos d'une part que les familles les plus pauvres, les plus acculturées, d'autre part ceux qui ont intérêt à y rester car ils sont dans un no man's land qui leur permet de faire du trafic. Tous les autres, ceux qui avaient un minimum de moyens financiers, ont quitté ces quartiers et retiré leurs enfants de ces écoles. Du fait de la superposition entre les ghettos sociaux et les ghettos scolaires, il est impossible sortir ces enfants de leur situation scolaire désastreuse sans modifier leurs conditions de vie.

CLICHY-SOUS-BOIS (AFP), le 30 octobre 2005, extraits - La ville de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) a retrouvé le calme dimanche après trois nuits d'échauffourées, la dernière ayant été moins violente que les précédentes, malgré un bilan de 22 gardes à vues durant le week-end.

Clichy-sous-Bois a été le théâtre de troubles urbains très importants depuis le décès jeudi de deux adolescents de 17 et 15 ans, Ziad et Banou, électrocutés dans un transformateur EDF, où un troisième adolescent a également été blessé.

La rumeur s'était répandue que les deux victimes s'étaient réfugiées dans ce transformateur lors d'une course-poursuite avec la police, ce qu'ont démenti les différentes autorités.

"D'après l'audition du troisième jeune", qui a pu être entendu par les enquêteurs malgré ses blessures, "les trois adolescents ont pris la fuite à la vue d'un contrôle d'identité à Livry-Gargan. Ils se sont mis à courir parce que d'autres jeunes couraient. Ils se sont crus poursuivis alors qu'ils ne l'étaient pas", a déclaré samedi le procureur de Bobigny, François Molins.


CLICHY-SOUS-BOIS (AFP), 30 octobre 2005, extrait - L'avocat des familles des deux mineurs, Me Jean-Pierre Mignard, a annoncé dimanche qu'il allait porter plainte avec constitution de partie civile lundi, se demandant "pourquoi des jeunes qui n'ont rien à se reprocher" se sont sentis "suffisammment menacés pour pénétrer sur un site dangereux".


PARIS (AFP), 30 octobre 2005 - Azouz Begag, ministre délégué à la Promotion de l'égalité des chances, a critiqué indirectement son collègue de l'Intérieur Nicolas Sarkozy en demandant qu'on ne traite pas les jeunes des banlieues difficiles de "racaille".

"Il ne faut pas dire aux jeunes qu'ils sont des racailles, il ne faut pas dire aux jeunes qu'on va leur rentrer dedans et qu'on va leur envoyer la police. Il faut y aller avec une volonté d'apaiser", a déclaré Azouz Begag à France 2.

Le mot de racaille avait été utilisé par le ministre de l'Intérieur lorsqu'il s'était rendu mardi soir à Argenteuil (Val d'Oise) pour vérifier la mise en place du nouveau dispositif contre les violences urbaines. Il avait été l'objet de cris hostiles, ponctués par le jet de projectiles divers.

Interrogé par France 2 pour savoir s'il pensait à Nicolas Sarkozy en disant cela, M. Begag a répondu : Ce sont "des mots que j'ai entendus, je ne sais pas qui les a prononcés".

PARIS (AP), le 31 octobre 2005, extrait - Le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, a confirmé lundi qu'une grenade lacrymogène avait été jetée dans une mosquée de Clichy-sous-Bois lors de la quatrième nuit de violences dans cette ville de Seine-Saint-Denis, sans que l'on puisse affirmer à ce stade qu'elle avait été lancée par un policier.

"En l'état de mes informations, je confirme que c'est bien une grenade lacrymogène, qui est en dotation dans les compagnies d'intervention (CRS, ndlr) qui étaient sur place en Seine-Saint-Denis cette nuit-là, ce qui ne veut pas dire que c'est un tir qui a été fait par un policier", a-t-il expliqué en arrivant à la préfecture de Bobigny. Mais "c'est l'enquête qui le dira".

"Il faut que je puisse envoyer des spécialistes pour savoir si la fameuse bombe lacrymogène a explosé à l'intérieur de la mosquée ou si quelqu'un l'y a mise, (...) et là aussi je donnerai tous les éléments, la police se doit d'être irréprochable", a ajouté Nicolas Sarkozy.


Edito du Figaro du 31 octobre 2005
L'éducation ou la sauvagerie
Par Yves Thréard, extrait :

A Clichy, en plus de dizaines de voitures, les émeutiers ont attaqué une école maternelle, un poste de police, la caserne des pompiers, un centre de tri postal et ont cherché à pénétrer dans la mairie. Les cibles n'ont pas été choisies au hasard. Les casseurs encagoulés, dont le maire dit qu'ils n'habitent pas tous sa commune, entendent ainsi montrer leur haine d'un ordre républicain dont ils se sentent exclus. L'explication vaut ce qu'elle vaut. Elle n'est pas suffisante et, surtout, elle n'excuse rien.

Les récents propos de Nicolas Sarkozy sur la nécessité «d'éradiquer la gangrène» des banlieues, de «nettoyer les cités au Kärcher» sont maladroits dans la forme, mais sur le fond ? Les déchaînements constatés ici et là en France portent davantage l'empreinte de la barbarie et de la sauvagerie gratuite que celle de la vengeance et du désespoir. Ainsi, comment comprendre le tabassage mortel, sous les yeux de sa famille, d'un agent commercial venu photographier un lampadaire jeudi à Épinay-sur-Seine ? Ce meurtre a-t-il déclenché des émeutes ? Est-il prévu une marche silencieuse, des fleurs et des couronnes en hommage à cet homme, «mort pour rien», sinon pour le vol de son appareil photo ?

Entre prévention et répression, depuis vingt ans, les responsables politiques cherchent des réponses aux violences urbaines. Trop souvent, elles sont malheureusement frappées du sceau de l'électoralisme. Or le problème doit être appréhendé à la base. L'une des solutions est sans doute dans la reprise en main de notre système éducatif. Vaste chantier.


Le Figaro, 31 octobre 2005
UNE ÉRUPTION de violence frappe depuis plusieurs jours certaines villes de la banlieue parisienne.
Par Delphine Chayet, extraits :

Les violences urbaines se sont déclenchées jeudi soir, après la mort de deux jeunes électrocutés dans un transformateur EDF. En trois nuits, 65 voitures et 12 poubelles sont parties en fumée, d'après la préfecture de Seine-Saint-Denis, et une école maternelle et la maison des associations ont été vandalisées. Dans la nuit de vendredi à samedi, la plus dure, un camion de CRS a reçu une balle, tandis que les forces de l'ordre subissaient des «jets de cocktails Molotov, pierres ou barres de fer», selon un officier.

En retour, les policiers ont tiré 150 flashballs et une cinquantaine de grenades lacrymogènes. Au total, 29 jeunes gens ont été interpellés.

Tout le week-end, des appels au calme émanant de responsables cultuels ou associatifs, ainsi que des parents des victimes, se sont multipliés. A la demande du ministre de l'Intérieur, l'Inspection générale des services – la police des polices – a été saisie. Invité, hier soir, du journal de TF 1, Nicolas Sarkozy a annoncé qu'il se rendrait désormais chaque semaine dans une banlieue difficile. Le ministre sera ce matin à la préfecture de Seine-Saint-Denis pour exprimer son soutien aux policiers, gendarmes et pompiers du département.


PARIS (AFP), le 31 octobre 2005 - Des dirigeants de gauche accusent Nicolas Sarkozy de faire plus de mal que de bien dans les banlieues, par des propos incendiaires et une politique inadaptée du tout répressif.

Alors que Clichy-sous-Bois a vécu dimanche une quatrième nuit d'affrontements entre jeunes et forces de l'ordre, avec son cortège d'arrestations, de blessés et de véhicules incendiés, l'opposition affirme que les propos musclés du ministre de l'Intérieur ne font qu'aggraver les choses.

"Sarkozy créé un climat terrible" dans nos banlieues, a lancé lundi l'ancien Premier ministre socialiste Laurent Fabius, qui s'affirme "homme de terrain", puisqu'il est élu (premier adjoint) "d'une ville ouvrière de 27.000 habitants", le Grand Quevilly (Seine-Maritime).

Les violences à Clichy-sous-Bois sont "inacceptables, inadmissibles, intolérables", a-t-il poursuivi sur Europe 1, ajoutant que, dans les banlieues, "c'est tous les jours qu'il faut faire travailler à la fois les éducateurs, la société HLM, la justice, les professeurs".

Clichy-sous-Bois est en révolte depuis le décès jeudi de deux adolescents, morts électrocutés dans un local transformateur EDF. La rumeur s'est rapidement répandue qu'ils s'étaient réfugiés là pour échapper à la police, ce qu'ont démenti les autorités.

M. Sarkozy, dont des formules ont concentré les critiques ("nettoyer "au Kärcher", "racaille"), s'est rendu lundi dans une autre banlieue parisienne, Bobigny, avant de recevoir les familles de deux jeunes électrocutés.

"Le sarkozysme, ça ne marche pas", juge pour sa part l'ancien ministre socialiste Dominique Strauss-Kahn.

"A se contenter de dire qu'on va régler les problèmes et à ne jamais les régler (...) à faire semblant qu'on peut se passer de la prévention, on aboutit à un échec grave dans les banlieues", a dit DSK dimanche.

Vendredi, le PS avait réclamé "des réponses sérieuses du ministre de l'Intérieur" après les premiers incidents à Clichy-sous-Bois.

La secrétaire nationale du parti chargée de la sécurité, Delphine Batho, avait mis en garde le ministre contre ses "diversions habituelles à coup de formules péremptoires ou de déplacements hypermédiatisés".

Et Jack Lang, député du Pas-de-Calais, accusait M. Sarkozy et le Premier ministre Dominique de Villepin "de faire du cinéma".

Le même jour, Arnaud Montebourg, un des fondateurs du courant Nouveau parti socialiste, dénonçait "le Sarko Circus", après les visites du ministre dans les quartiers difficiles d'Argenteuil ou de La Courneuve.

Pour le sénateur communiste Robert Hue, "le ministre de l'Intérieur est désormais le premier organisateur du désordre dans les quartiers et les villes qui subissent la crise urbaine".

"Il faut d'urgence arrêter ce pompier pyromane qui va finir par embraser toutes les banlieues de France", a affirmé lundi le député PS de l'Isère André Vallini, secrétaire national en charge des institutions et de la sécurité.

Les propos de M. Sarkozy ont été critiqués au sein même du gouvernement, quoique sur un ton plus modéré.

"Il ne faut pas dire aux jeunes qu'ils sont des racailles, il ne faut pas dire aux jeunes qu'on va leur rentrer dedans et qu'on va leur envoyer la police. Il faut y aller avec une volonté d'apaiser", a estimé dimanche Azouz Begag, ministre délégué à la Promotion de l'égalité des chances.



PARIS (AP), 30 octobre 2005 - Après les émeutes qui ont éclaté ce week-end à Clichy-sous-Bois en Seine-Saint-Denis, suite à la mort de deux jeunes, le député socialiste du Val-d'Oise Dominique Strauss-Kahn s'en est pris dimanche au ministre de l'Intérieur en estimant que "le sarkozysme, ça ne marche pas".

"L'agitation de Nicolas Sarkozy, on commence à en voir les résultats", a déploré "DSK" lors du "Grand rendez-vous" sur Europe-1/TV5. "La méthode qui est la sienne n'aboutit pas, celle qui consiste à faire des rodomontades, mais en réalité à faire qu'il n'y ait pas plus de policiers", a-t-il déploré.

"Comme dans le même temps ont été supprimés tous les crédits d'Etat qui venaient aider les associations, toutes celles qui faisaient de la prévention, qui permettaient de maintenir le calme, en effet on a la situation qu'on constate aujourd'hui à Clichy-sous-Bois", a-t-il fustigé. "Le problème c'est que le sarkozysme, ça ne marche pas".

L'ancien ministre de l'Economie a toutefois reconnu qu'il pouvait y avoir des éclats, des difficultés sous n'importe quel gouvernement"; il condamne donc "totalement tout ce qui peut se passer à Clichy-sous-Bois".

"Il reste qu'à se contenter de dire que l'on va régler les problèmes et à ne jamais les régler", "à faire semblant qu'on peut se passer de la prévention et à ne pas véritablement mettre en oeuvre les forces de police nécessaires, ce qui est la situation aujourd'hui, on aboutit à un échec grave que je vis, moi, dans les banlieues", a ajouté "DSK", invitant Nicolas Sarkozy à sortir du "ministère de la parole". AP


PARIS (AP), 31 octobre 2005 - Le ministre délégué à la Promotion de l'égalité des chances, Azouz Begag, a proposé lundi soir de rencontrer les proches des deux jeunes électrocutés jeudi dernier à Clichy-sous-Bois, après que ceux-ci eurent refusé de rencontrer le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy.

"S'ils ont refusé de recevoir Nicolas Sarkozy, je me porte tout à fait candidat, dès demain, à me présenter devant ces familles, et éventuellement à aller parler aux jeunes", a fait savoir Azouz Begag sur Europe-1. "Nous sommes dans une urgence de l'apaisement aujourd'hui, nous sommes dans une urgence du dialogue vrai".

Lundi, les familles des deux jeunes morts jeudi ont refusé d'être reçues par Nicolas Sarkozy, qu'elles ont jugé "incompétent". Elles ont souhaité rencontrer le Premier ministre Dominique de Villepin. AP


BOBIGNY (AP), le 31 octobre 2005 - Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a promis lundi un renforcement des effectifs policiers dans les quartiers difficiles après les violences urbaines qui ont touché la banlieue parisienne en fin de semaine. Les familles des deux adolescents électrocutés jeudi dernier ont refusé d'être reçues place Beauvau.

"Nous allons renforcer les effectifs sur le terrain et ce sera le rôle de 17 compagnies républicaines de sécurité (CRS) qui seront dédiées de façon permanente dans tous les quartiers difficiles", a déclaré le ministre lors d'une rencontre à Bobigny (Seine-Saint-Denis) avec les forces de l'ordre et les pompiers du département.

En outre, les Renseignements généraux, les fameux RG, seront chargés "d'investir un certain nombre de cités pour repérer les chefs de bandes, les trafiquants et les caïds", a ajouté Nicolas Sarkozy. "On mettra le temps qu'il faut mais on garantira aux habitants (de ces quartiers) la sécurité à laquelle ils ont droit".

Les familles des deux adolescents électrocutés dans un transformateur, apparemment pour échapper à la police, ont refusé de rencontrer le ministre dans l'après-midi. "En aucun cas nous n'irons voir Sarkozy", qui est "très, très incompétent", a déclaré devant la presse à Clichy-sous-Bois Siyakah Traoré, le frère de Bouna. "J'aimerais me faire recevoir par le Premier ministre M. (Dominique) de Villepin, en toute urgence", a-t-il ajouté, avant de lancer un appel au calme.

A son arrivée à Bobigny, le ministre de l'Intérieur a confirmé qu'une grenade lacrymogène avait atterri dans une mosquée de Clichy-sous-Bois lors de la quatrième nuit de violences dans cette ville de Seine-Saint-Denis. "En l'état de mes informations, je confirme que c'est bien une grenade lacrymogène, qui est en dotation dans les compagnies d'intervention (CRS, ndlr) qui étaient sur place en Seine-Saint-Denis cette nuit-là, ce qui ne veut pas dire que c'est un tir qui a été fait par un policier", a-t-il expliqué en arrivant à la préfecture. "C'est l'enquête qui le dira".

Le ministre de l'Intérieur et des Cultes a précisé qu'il "rencontrerait l'imam de cette mosquée pour parler avec lui de ce qui s'était passé dans la mosquée, de manière à ce que le calme revienne". Des fidèles assistant à la prière dans la mosquée ont accusé la police d'avoir tiré deux grenades lacrymogènes dans le lieu de prière.

Saluant le "sang-froid" et "le professionnalisme" des forces de l'ordre, Nicolas Sarkozy a également souhaité pour que soit développé le système de vidéosurveillance dans le département. Il a rappelé que c'est l'exploitation de telles images qui "est à l'origine de l'identification, en 48 heures, des auteurs" de l'agression à mort d'un homme à Epinay-sur-Seine.

Pour la quatrième soirée consécutive, des incidents ont eu lieu dimanche soir à Clichy-sous-Bois où quelques voitures et des poubelles ont été incendiées. Des affrontements ont éclaté entre policiers et jeunes dans le secteur de la mosquée. Onze personnes ont été interpellées pour des dégradations de biens publics et bien privés ou détention de substances incendiaires.

Le maire socialiste de Clichy-sous-Bois Claude Dilain a plaidé pour la "transparence" dans l'affaire du gaz lacrymogène. "Si on continue à maintenir une espèce de brouillard, opaque, sur les circonstances, on va avoir les mêmes résultats, c'est-à-dire des émeutes", a-t-il expliqué. "Je ne pense pas qu'il y aura d'issue à court terme".

A l'issue de sa rencontre avec les forces de l'ordre, Nicolas Sarkozy a reçu cinq jeunes de Clichy. "On a demandé que justice soit faite, qu'il n'y ait pas de justice à deux vitesses, pas de justice discriminatoire", a rapporté l'un d'entre eux, Cyril. "On va essayer de faire de la médiation pour que ce soit un peu plus calme ce soir", a poursuivi ce jeune de 23 ans. AP

BOBIGNY (AFP), 31 octobre 2005, extraits - Trois jeunes hommes interpellés vendredi lors des émeutes à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) ont été condamnés à deux mois de prison ferme, lundi à Bobigny, où Nicolas Sarkozy avait auparavant réaffirmé sa "détermination totale" à lutter contre les violences urbaines.

Les trois hommes, âgés de 25 à 27 ans, étaient poursuivis pour "violences volontaires en réunion avec armes sur agent de la force publique". Le tribunal correctionnel de Bobigny les a condamnés à huit mois d'emprisonnement, dont six avec sursis, en ordonnant leur incarcération immédiate.

Une grenade lacrymogène avait alors été lancée en direction d'une mosquée de la ville, provoquant l'indignation des fidèles et des habitants.

"Il s'agit bien d'une grenade lacrymogène en dotation des compagnies d'intervention (CRS, ndlr) qui étaient sur place en Seine-Saint-Denis, ce qui ne veut pas dire que c'est un tir fait par un policier, c'est l'enquête qui le déterminera", a déclaré M. Sarkozy devant la presse.

Une source policière a ensuite déclaré à l'AFP que selon les "constatations faites par le laboratoire central", cette grenade avait bien été tirée par la police, mais qu'elle n'avait "pas explosé dans la salle de prière".

"Elle a été envoyée en l'air à l'aide d'un fusil avec une trajectoire instable", a précisé cette source. "Ensuite, sept petits pots qui contiennent le gaz ont explosé et libéré le gaz (...) Des impacts de petits pots ont été trouvés près d'une entrée de la salle de prière, mais pas à l'intérieur".

Sans ménagement, un 11 octobre à Montreuil

Libération, le 28 octobre 2005
A Montreuil, les CRS font déménager sans ménagement
Des témoins molestés lors de l'évacuation d'un immeuble vétuste
par Dominique SIMONNOT, extraits :

Beaucoup l'ont vu, ce soir-là, devant la maison de quartier Lounès-Matoub à Montreuil. Une lycéenne : «Un type, un vieux aux cheveux blancs, que les CRS ont poussé et fait tomber dans le caniveau. Il s'est relevé difficilement, ils l'ont poussé encore... Il était couvert de sang.»

Soutiens. Ce 11 octobre à Montreuil, tout un quartier est en émoi. Un immeuble vétuste de la rue du Gazomètre a été évacué par la police.

Bastid fait partie, avec sa femme, de ceux qui occupent le centre social aux côtés des familles.

Quand les CRS sont arrivés, «je voulais convaincre les familles de sortir dignement du centre, dit encore l'enseignante, je suis entrée par une petite porte. Un CRS est arrivé par-derrière et m'a enserré la tête. Ils étaient trois dans ce petit couloir, j'étais seule avec eux. J'ai reçu un poing dans l'oeil droit». La directrice, 60 ans, est sortie, «je ne voyais plus, je pleurais». Elle souffre d'un déchirement de la rétine, et voit avec difficulté.

Plainte. Vers 20 heures, les CRS évacuent le centre social. C'est là que Paul et Jean-Pierre Bastid ont été tabassés. Pour ce dernier, Me Irène Terrel a déposé plainte auprès du procureur de Bobigny. Témoignages et photos à l'appui. L'écrivain y raconte comment, en compagnie des familles, il a assisté aux portes fracturées par les policiers. Evacué sans ménagement, il est «projeté à terre et piétiné», puis, quelques minutes plus tard, «deux CRS se sont précipités» et lui flanquent «un violent coup de poing sur le nez». Puis vient «un violent coup de matraque à la tête» de la part d'un «policier en civil». Enfin, «tandis que je titubais, rapporte Bastid, ils m'ont projeté et je suis tombé à la renverse sur les grilles». Les pompiers l'ont emmené au centre hospitalier. Bilan : traumatisme crânien, nez fracturé, côte cassée, paupière déchirée... Le parquet de Bobigny a confié l'enquête à l'IGS, la police des polices. Là où se trouve aussi, depuis lundi, la plainte de la directrice d'école «j'étais allée d'abord au commissariat mais ils ont refusé d'enregistrer ma plainte».

Occupation. Du côté de la préfecture, on fait savoir que «les policiers n'ont fait que se défendre devant des jets de projectiles, des appels à rébellion et des outrages. Auxquels se sont ajoutés des jeunes venant de cités voisines qui voulaient en découdre. Il y a eu des heurts, mais nous n'avons aucun signalement de personnes blessées». Ces jets, personne ne les a vus. Même pas ceux qui étaient opposés et même choqués par l'occupation du centre social. «Je ne comprends pas cette violence. A aucun moment je n'ai été agressive, je n'ai insulté personne, même quand j'ai pris le gnon, j'ai juste dit "Monsieur, vous m'avez fait mal".» assure la directrice de l'école Marceau.

Mercredi, la sénatrice communiste Nicole Borvo a saisi Pierre Truche, président de la commission nationale de déontologie et de sécurité (CNDS), de «ces violences policières d'une rare intensité».

October 28, 2005

La quarantaine pour un ressortissant étranger

NANCY (AFP), 28 octobre 2005 - Un chat américain qui a voyagé plus de trois semaines en bateau enfermé dans un conteneur retrouvera ses maîtres aux Etats-Unis, dans le Wisconsin, grâce aux employées d'une entreprise de la région de Nancy qui l'ont découvert.

Emily, chatte tigrée de type européen âgée d'environ un an, a été trouvée mardi par les employées de l'entreprise Raflatac SAS, fabricant d'étiquettes adhésives à Pompey, près de Nancy, en ouvrant un conteneur de papiers scellé, en provenance d'Appleton, dans le Wisconsin.

"On était étonnées que le chat ait pu survivre si longtemps sans eau, sans nourriture", ont indiqué vendredi les employées qui supposent que l'animal a dû suivre une souris et se laisser enfermer dans un conteneur en partance pour l'Europe.

Le félin "affamé, amaigri mais en pleine forme" portait un collier avec un numéro d'identification et le numéro de téléphone de son vétérinaire aux Etats-Unis, ce qui a permis de contacter ses propriétaires, à Appleton.

"Ils étaient fous de joie. Ils croyaient l'avoir perdu après une absence de près d'un mois", a raconté à l'AFP Joëlle de Becker, une des employées qui a découvert l'animal. C'est sa collègue, en charge de l'export dans la société et à l'aise en anglais, qui s'est chargée de contacter les propriétaires.

"Moi, je me suis occupée des relations avec la fourrière et les services vétérinaires", a fièrement expliqué Melle de Becker.

Car le cas d'un chat débarqué sans identité sur le sol français n'est pas simple, a confirmé la directrice départementale des services vétérinaires Régine Marchal. "Il est devenu Français de fait et on ne peut pas le refouler vers les Etats-Unis sans vérification", a-t-elle expliqué.

"Il aurait dû être euthanasié sur le champ mais la fourrière a plaidé notre cause auprès des services vétérinaires et si un rapatriement n'avait pas été possible, nous l'aurions adopté", a assuré l'employée de Raflatac.

Pour l'instant, le chat a été placé à la fourrière animale de Nancy où il doit rester en quarantaine "au moins trente jours", a indiqué le responsable du refuge Jean-Pierre Burger.

"C'est une très belle histoire. Nous sommes en train d'activer les réseaux pour faire en sorte que l'animal soit accueilli sans souci par les autorités américaines", a-t-il précisé.

La famille américaine a envoyé une photo de leur chatte avec leur fils ainsi que tout son dossier médical car l'animal était à jour de ses vaccins. Ces papiers sont en cours de vérification par les services vétérinaires, a-t-on précisé à la préfecture de Meurthe-et-Moselle.

"Il faut maintenant voir si le chat pourra rentrer seul ou devra être accompagné, et qui va payer le billet d'avion", a indiqué l'employée de Raflatac. "Avec des collègues, nous sommes prêtes à cotiser pour qu'il retrouve ses maîtres", a-t-elle assuré.