December 14, 2005
Deux hôpitaux bloquent les avortements thérapeutiques
LE MONDE | 13.12.05Extrait
Convoqué, vendredi 9 décembre, par le pôle santé du tribunal de Paris après une plainte pour infanticide, deux gynécologues-obstétriciens et une chef de clinique se sont vu signifier qu'ils n'avaient pas, lors d'une IMG, rempli les critères "médicaux" de la loi. Selon le parquet, l'IMG pratiquée n'était pas totalement justifiée, car la malformation du foetus — une hernie du diaphragme — ne semblait pas suffisamment incurable. "Que faut-il faire ? Envoyer nos demandes d'IMG au procureur pour qu'il se prononce sur le bien-fondé de l'indication médicale ?", s'insurge le docteur Bruno Carbonne, secrétaire général du Collège national des gynécologues-obstétriciens (CNGOF).
La loi stipule que l'IMG est autorisée lorsque l'enfant à naître est "atteint d'une affection d'une particulière gravité reconnue comme incurable au moment du diagnostic". Mais ces affections ne sont pas répertoriées dans une liste, chaque cas étant étudié par une équipe pluridisciplinaire d'un centre de diagnostic prénatal.
Le docteur Carbonne s'étonne que la justice prenne "des décisions contraires" à quelques jours d'intervalle. Le 29 novembre, le juge des référés du tribunal de Paris avait déclaré "irrecevable" la demande d'intervention chirurgicale de parents d'un enfant cancéreux, faisant valoir que l'Etat ne pouvait pas "s'immiscer dans les relations patients-praticiens et dans l'exercice de l'art médical" (Le Monde du 1er décembre).
December 13, 2005
La pagaille à Tokyo
TOKYO (AFP), 12 décembre 2005 - La bourde d'un opérateur de Mizuho Securities a semé la pagaille à la Bourse de Tokyo et coûtera 40 milliards de yens (280 millions d'euros) à la maison de courtage, ont indiqué les autorités boursières.Cette erreur avait été commise jeudi dernier lors de l'introduction en Bourse de la société de télécommunications J-Com. Au lieu de passer un ordre de vente d'une action J-Com à 610.000 yens, Mizuho avait saisi dans le système informatique une transaction de placement de 610.000 titres à un yen. Cet ordre représentait 42 fois le nombre d'actions J-Com disponibles.
La Bourse de Tokyo a reconnu, dimanche, que ce désastre avait été facilité par un défaut dans son système informatique, qui a empêché l'opérateur malheureux d'annuler son ordre après s'être rendu compte de son erreur.
Mizuho Securities avait estimé dans un premier temps que l'incident lui coûterait au moins 27 milliards de yens (190 millions d'euros), soit la somme nécessaire pour racheter au prix réel (772.000 yens lors de la suspension du titre jeudi) les actions placées pour 1 yen.
Mizuho Securities a racheté la plupart des 610.000 actions intempestivement placées, mais il lui reste encore à en acquérir 96.236. Lundi, les autorités de régulation boursière ont fixé à 912.000 yens le prix que devra verser Mizuho Securities pour chacune de ces actions, ce qui portera à 40 milliards de yens l'addition totale du cafouillage et réduira à néant le bénéfice net annuel de la maison de courtage.
La Bourse de Tokyo, dont le président Takuo Tsurushima a fait savoir qu'il envisageait de démissionner, a été villipendée par de nombreux responsables gouvernementaux, dont le Premier ministre Junichiro Koizumi. "Il faut agir pour éviter à l'avenir ce genre de bêtise", a vitupéré vendredi M. Koizumi.
Le marché de Tokyo, le plus important d'Asie, avait déjà été mis sur la sellette il y a quelques semaines à cause d'une panne informatique ayant bloqué les échanges pendant plusieurs heures.
Le naufrage du pétrolier Erika
PARIS (Reuters), 13 décembre 2005 - Un rapport d'expertise impute à des malversations le naufrage du pétrolier Erika au large de la Bretagne en 1999, a déclaré Me Alexandre Varaut, avocat de communes victimes de la marée noire qui avait suivi.Le Conseil général de Vendée et les communes de Vendée et du Morbihan viennent de recevoir, sur instruction du tribunal de commerce de Dunkerque, un rapport d'expertise qui avait été commandé et payé par le groupe Total.
Ce rapport dédouane le groupe pétrolier français, du moins sur le plan technique, mais accuse en revanche le propriétaire du navire, Giuseppe Savarese, la société Panship, chargée de sa gestion technique, et la société italienne de classification Rina (Resgistro italiano navale).
"Il est confirmé que le naufrage n'est pas dû à la malchance ou à des conditions de mer exceptionnelles mais bien à d'authentiques malversations", écrit Me Varaut dans un communiqué.
L'armateur de l'Erika avait "décidé, avec la complicité de la société de contrôle, de diviser par six le budget alloué aux réparations immédiatement nécessaires, ce qui est directement à l'origine du drame", ajoute l'avocat, sur la base du rapport.
Selon ce rapport, ce sont seulement 19 tonnes de tôles qui ont été remplacées au lieu de 220 tonnes, ce qui a réduit la facture de 500.000 dollars à 134.000.
Un document justifiant les travaux effectués triche en outre sur l'épaisseur des tôles, ce que ne pouvait ignorer le Rina, qui a pourtant laissé l'Erika prendre la mer.
"Cette situation ne peut être le résultat de simples erreurs matérielles", souligne le rapport cité par Me Varaut.
VERS UN RENVOI EN CORRECTIONNELLE ?
Pour lui, les "fautes lourdes" ainsi mises en avant "excluent que l'on oppose aux victimes un quelconque plafond de réparation". Les communes concernées seront donc fondées à demander réparation pour la totalité de leurs préjudices économiques et écologiques.
L'Erika, qui battait pavillon maltais, s'était brisé en deux le 12 décembre 1999 dans une tempête. Le pétrole s'échappant des cuves avait souillé 400 kilomètres de côtes.
Le groupe Total, sur les responsabilités duquel la juge d'instruction Dominique de Talancé a apparemment un autre avis que le rapport d'expertise, devrait être prochainement renvoyé en correctionnelle comme personne morale.
Pour le parquet de Paris, Total était propriétaire de la cargaison et s'est comportée en "maître du navire" pendant le dernier voyage du bateau, ce qui contredirait la défense de groupe selon laquelle le transport ne la concernait pas.
Total n'aurait pas procédé avant l'embarquement du bateau à un contrôle détaillé par ses propres soins. Or, cette procédure, le "vetting", est en principe obligatoire chez Total.
C'est à la juge Dominique de Talancé, qui a prononcé la mise en examen de la société en 2001, que revient la décision finale.
Le parquet demande le renvoi en correctionnelle de sept autres personnes morales et physiques mises en examen, dont la société Rina, Giuseppe Savarese et le capitaine indien du pétrolier, Karun Mathur.
Une condamnation de Total pourrait déboucher sur une lourde amende et de fortes indemnisations pour les collectivités et les victimes de la marée noire, parties civiles.
Les indemnisations déjà versées spontanément par Total et par le Fonds d'indemnisation de l'industrie pétrolière (Fipol) ont été jugées tardives et limitées. De nombreuses personnes, comme les pêcheurs à pied, en ont été exclues.
Expert psy absent
Expert psy absent, malade. J'ai pris une journée de congé pour rien.En octobre l'expert psy a aussi annulé le RDV : colloque.
Ultime RDV en janvier. La secrétraire m'a assuré qu'il n'y aura pas de problème : l'expert rendra son rapport dans les six mois que lui accordait le Juge pour Enfant.
C'est à ce jeu que jouent depuis bientôt trois ans ceux qui travaillent sur ce dossier : allégations versées par les travailleurs sociaux et la famille maternelle de ma fille, rejet des éléments matériels à décharge et léthargie.
Il n'y a donc rien ni en ma faveur ni à opposer aux allégations qui figure à ce dossier. Dans l'ordonnance du 9 novembre 2005 qui confie la garde de ma fille à d'autres cela se traduit par : « M.KANT se borne à faire valoir sans l'établir qu'une telle décision serait infondée ; »
Encore 6 ans à ce jeu et ma fille sera majeure, c'est d'ailleurs ce qu'elle a conclu elle même. En effet, au mois de septembre elle en avait par dessus la tête de l'irrationnel de l'assistance publique et m'a dit : « à 18 ans je vais où je veux. »
Elle n'est rien qu'un enfant donc ça traine. L'an dernier un juge lui a répondu qu'il ne pouvait prendre une décision hâtive et risquer de se tromper...
D'après un dossier d'un magazine critique, lorsque les momes en ont vraiment marre ils commettent un délit. Après cela, ils passent quelques temps au frais puis ils sont libres avant la majorité. Mais libre de quoi ?
Comme élément matériel que les branleurs[1] du social pourraient employer il y a un PV de 35 euro pour stationnement gènant[2], ca compte ? Car « c'est pas bien » de ne pas garer sa voiture comme il faut.
Par ailleurs, ma fille m'aime mais elle m'a raccroché au nez au cours d'une conversation téléphonique ! L'adolescence.
Selon ce qu'affirmait Lord Emerich Edward Dalberg Acton, il faut une bonne santé physique et morale pour faire face à ce genre de situation. Mais d'après les branleurs[1] de l'OSE j'aurai de graves troubles psychiatriques.
L'absence d'évaluation de la prise en charge des jeunes
Du rapport de juillet 2003 de la cour des comptes...La PJJ, par son service d'inspection ou par des commandes d'audits auprès de consultants privés, dispose de rapports ponctuels d'évaluation de certaines structures ou de certains dispositifs de prise en charge (suivi par exemple du devenir des jeunes placés en CER).
En revanche, le pilotage, l'évaluation et la programmation des actions d'insertion par les différents échelons hiérarchiques de la PJJ (administration centrale, DR, DD) ne sont pas assis sur des objectifs clairs, des indicateurs d'activité fiables et des critères homogènes d'appréciation des résultats obtenus. Il n'existe, notamment, aucune statistique relative aux qualifications et diplômes obtenus par les jeunes de la PJJ grâce au dispositif d'insertion.
Plus fondamentalement, les actions de la PJJ et leurs effets sur les jeunes ne font pas l’objet d'évaluation ou de suivi individuel. Une étude épidémiologique a certes été réalisée en 1998 par l'INSERM (cf. 1ère partie) sur les publics pris en charge par la PJJ. Mais l'itinéraire des jeunes pris ou ayant été pris en charge n'est pas étudié. Certains indicateurs, comme le taux de récidive ou l'inscription dans des dispositifs sociaux, devraient cependant être connus. Il est vrai que la mise en place d'un dispositif d'évaluation et de suivi des jeunes placés sous mandat judiciaire se heurte à plusieurs difficultés : juridiques, en raison de la nécessaire tenue d'un fichier de données nominatives, méthodologiques (sur quelle durée convient-il de mesurer les effets de la prise en charge après que le jeune n'est plus sous mandat judiciaire ou a atteint sa majorité ?) et matérielles (nécessité de disposer de compétences qualitatives et quantitatives pour un tel travail). Consciente de l'absence d'évaluation, la PJJ souhaite procéder à des études concernant les publics eux-mêmes, et dans ce dessein, a organisé la mise en place d'un panel de mineurs à compter de septembre 2002.
L’habilitation « justice » et ses conséquences La procédure d’habilitation a pour objet de certifier le contenu et les caractéristiques de l’offre d’accueil des établissements privés concernés, de les inciter à concevoir un projet pédagogique adapté à leur public et de garantir la rémunération des associations gestionnaires des structures d’accueil, mais aucune norme générale n'existe par catégorie d'établissement ou de service. L’habilitation constitue le fondement de la rémunération des établissements privés. Le système qui vient d’être décrit connaît toutefois une limite dans la mesure où le juge n’est pas considéré comme tenu par l’habilitation : cette dernière est un instrument fondamental, mais non une garantie de la mise en oeuvre d’une politique publique à l’égard des mineurs placés sous mandat judiciaire. Le juge des enfants a donc toute latitude pour confier un jeune à un service habilité, sans tenir compte de la capacité d’accueil de ce dernier, ou encore pour placer un mineur hors du secteur habilité. La Cour a pu relever plusieurs exemples de cette situation, notamment dans le département de l’Essonne en 1997. |
Ethnocentrisme et sociocentrisme
Une introduction à la psychologie sociale :• Allport (1968) : La psychologie sociale consiste à essayer de comprendre et d’expliquer comment les pensées, sentiments et comportements des individus sont influencés par la présence imaginaire, implicite ou explicite des autres.
• Gergen&Gergen (1981) : Une discipline où l’on étudie de façon systématique les interactions humaines et leurs fondements psychologiques.
• Moscovici : La science du conflit entre l’individu et la société. Elle a comme objet central, tous les phénomènes ayant trait à l’idéologie et à la communication, ordonnés au plan de leur genèse, leur structure et leurs fonctions.
Ethnocentrisme et relativisme culturel,
Extrait :
Tel que nous l'avons déjà vu, tout individu, de sa naissance à la vie adulte est imprégné par la culture de sa société. Ainsi chaque personne est modelée uniformément comme les autres individus de la même société et tous agissent, raisonnent, pensent, de la même façon, c'est-à-dire qu'ils ont tous exactement la même culture et sont complètement identifiés à elle. À chaque occasion qu'un individu a des contacts avec d'autres cultures, le choc qu'il va sentir face aux moeurs ou coutumes des autres n'est autre chose que sa tendance à les traduire, à les expliquer en fonction de sa propre culture. Étant donné que tous les individus sont imbus de leurs propres normes et valeurs culturelles ils sont ainsi incapables de comprendre la culture des autres sociétés. Non seulement les individus ont une tendance à ne pas comprendre les autres mais, en plus, ils vont affirmer que leur propre culture est meilleure que toutes les autres . Ces attitudes que nous venons de décrire constituent un comportement que l'anthropologie nomme ethnocentrisme.
Les manifestations les plus courantes de l'ethnocentrisme se retrouvent dans des attitudes allant des simples moqueries ou rires au refus des rapports avec d'autres individus de différentes cultures. Le tout peut arriver à développer des idées de mépris à l'égard des autres. Telles que soutenir que les autres sont inférieurs, voleurs, sales, etc. L'ethnocentrisme est propre à toutes les cultures puisqu'il est bel et bien un résultat de l'apprentissage d'une culture. Pour cette raison, l'ethnocentrisme est universel. Il faut signaler que, malgré son universalité, le comportement ethnocentrique n'est absolument pas favorable à l'acceptation et la compréhension des autres; et ce, surtout dans des sociétés développées et modernes qui ont une tendance à exprimer leur ethnocentrisme à travers des attitudes de supériorité et de domination. Dans cet contexte les conséquences sont généralement désastreuses pour les sociétés non développées.
Vous avez dit... Pédagogie,
Extrait :
L’assimilationnisme pose la primauté d’une culture sur les autres. L’objectif explicite ou implicite de cette attitude est «l’assimilation des cultures d’une structure sociale donnée à l’une d’entre elles, avec perte, par ces cultures, de leurs caractères spécifiques» (Hannoun, 1987, p.38). La société d’accueil vise donc l’unification culturelle. C’est le modèle des cultures «monolithiques», qui se disent universelles (Ouaknine, 1990, p.213).
«Les nouveaux arrivants doivent abandonner le plus vite possible les caractéristiques culturelles qui les distinguent de la société d’accueil et se fondre dans cette société où ils deviennent des citoyens comme les autres, avec les mêmes droits et les mêmes devoirs» (Ouellet, 1988, pp.36-7).
Sur le plan scolaire, l’attitude assimilationniste privilégie les approches centrées sur les contenus d’apprentissage, sur les programmes (par opposition aux approches centrées sur l’apprenant). L’enseignement est organisé en fonction des normes du groupe social dominant. Il révèle une forme de sociocentrisme, voire d’ethnocentrisme qui se traduit, au niveau de la classe, «en magistrocentrisme : le maître, porteur des normes permises, est seul décideur de la vie de la classe» (Hannoun, op. cit., p.42). Les enfants appartenant à une culture minoritaire ou dominée sont handicapés scolairement. Des mesures compensatoires sont mises sur pied à leur intention.
Publié en octobre 1999 par l’Organisation des Nations Unies,
pour l’éducation, la science et la culture
CHAPITRE I
LES CECITES DE LA CONNAISSANCE :
L’ERREUR ET L’ILLUSION
Ethnocentrisme et sociocentrisme
Extrait :
Ils nourrissent les xénophobies et racismes et peuvent aller jusqu'à retirer à l'étranger la qualité d'humain. Aussi, la vraie lutte contre les racismes s’opérerait-elle mieux contre leurs racines égo-socio-centriques que contre leurs symptômes.
Les idées préconçues, les rationalisations à partir de prémisses arbitraires, l'autojustification frénétique, l'incapacité de s'autocritiquer, le raisonnement paranoïaque, l'arrogance, le déni, le mépris, la fabrication et la condamnation de coupables sont les causes et les conséquences des pires incompréhensions issues à la fois de l’égocentrisme et de l’ethnocentrisme.
L’incompréhension produit autant d’abêtissement que celui-ci produit de l’incompréhension. L’indignation fait l’économie de l’examen et de l’analyse. Comme dit Clément Rosset : " la disqualification pour raisons d'ordre moral permet d'éviter tout effort d'intelligence de l'objet disqualifié, en sorte qu'un jugement moral traduit toujours un refus d'analyser et même un refus de penser ". Comme le remarquait Westermarck : " le caractère distinctif de l'indignation morale reste l'instinctif désir de rendre peine pour peine ".
L’incapacité de concevoir un complexe et la réduction de la connaissance d’un ensemble à celle d’une de ses parties provoquent des conséquences encore plus funestes dans le monde des relations humaines que dans celui de la connaissance du monde physique.
Les sept savoirs capitaux
Edgar Morin publie aux Éditions du Seuil, avec le soutien de l’UNESCO, les Sept Savoirs nécessaires à l’éducation du futur. Il s’agit, pour l’anthropologue, de recenser les grandes questions préalables à l’acquisition de tout savoir et qui, précisément aujourd’hui, ne sont pas enseignées.
Extraits :
Le premier chapitre vise les cécités de la connaissance : principalement l’erreur et l’illusion. Tout se passe comme si la connaissance pouvait être considérée comme un outil prêt à l’emploi, que l’on pourrait utiliser en dehors de toute réflexion sur sa nature. Il faut bien reconnaître que l’éducation transmet des connaissances sans rien dire ni sur leurs valeurs ni sur leur nécessaire hiérarchisation. Rien sur les risques permanents d’erreurs et d’illusions, et surtout rien sur le plus terrible d’entre eux qui consiste à croire que l’on peut se prémunir une fois pour toutes contre l’erreur et que l’on peut se débarrasser à jamais de l’illusion. Nos sens, par exemple, découpent dans le réel des messages discontinus qui sont généralement présentés en dehors du processus dont ils sont tirés. Les ultrasons, les infrarouges, ou les ultraviolets, sont des objets déconnectés de tout savoir sur la continuité dont ils sont issus. Rien, ou si peu, sur l’unité contradictoire de la matière et du mouvement. Qu’on le veuille ou non, cette situation accroît l’inégalité sociale des esprits face à l’indispensable effort de lucidité à fournir sur la façon de valider les savoirs.
Le second chapitre concerne la méconnaissance des rapports entre la partie et le tout. Comment " promouvoir une connaissance capable de saisir les problèmes globaux et fondamentaux pour y inscrire les connaissances partielles et locales " ? L’importance accordée à une connaissance fragmentée, d’emblée découpée en disciplines, rend aveugle au lien qui unit les parties à la totalité. Comment, dans ces conditions, relativiser le savoir par rapport à un contexte ; comment l’inscrire dans l’Histoire ? Le chapitre suivant porte en titre " Enseigner la condition humaine ". L’être humain est à la fois physique, biologique, psychique, culturel, social, historique.
Les Sept Savoirs nécessaires à l'éducation du futur,
d'Edgar Morin,
Editions du Seuil, 2000,
ISBN 2 02 041964 5, 136 pages
Voir aussi le Cahier du millénaire n°31,
Apprendre et éduquer
Du Centre de Ressources Prospectives Grand Lyon
Extraits : [...] Il n’y a aucune différence intrinsèque entre la perception et l’hallucination. La seule chose qui nous permette de les distinguer, c’est la discussion avec d’autres. De plus, l’empreinte culturelle, qui commence avec la famille et se poursuit à l’école, imprime des idées reconnues comme évidentes. Certaines s’imposent d’elles-mêmes et d’autres, qui semblent fausses, sont rejetées. [...] Les idées ne sont pas purement et simplement des instruments par lesquels nous connaissons le réel. Quand elles correspondent à des croyances profondes d’une communauté, les idées prennent une force et une énergie incroyables. [...] Pendant très longtemps, la science a obéi à un paradigme que l’on peut appeler de disjonction et de réduction. C’est-à-dire que, pour connaître, il fallait séparer, réduire la connaissance d’un tout complexe à celle de ses éléments de base. Par exemple, un paradigme de relation entre l’humain et le naturel affirme : « pour connaître l’humain, il suffit de le considérer comme un être naturel et de réduire tout phénomène humain à un phénomène naturel. » De fait, on trouve des caractéristiques humaines déjà présentes chez des singes, des mammifères. Mais, en réduisant l’humain au naturel, on oublie ce qu’il y a de plus remarquable : les phénomènes de langage et de conscience. Inversement, on va comprendre l’humain en opérant une disjonction totale, en éliminant l’homme biologique, alors que notre corps est biologique, de même le cerveau grâce auquel je parle. Ce dogme de la disjonction a dominé et continue à dominer notre connaissance universitaire. Il faut comprendre qu’il y a une relation indestructible entre l’humain et le naturel : nous sommes issus d’un monde naturel dans lequel nous continuons à être immergés, mais nous en sommes éloignés par l’esprit, par la conscience. De l'ordonnance du 9 novembre 2005 : « que les pleurs de l'enfant à l'audience ainsi que son refus exprimé sans équivoque à la même audience de tout contact et de toutes paroles à l'adresse de son père, démontrent, en l'état, l'impossibilité qui est celle de l'enfant d'entrer, ne serait-ce que de manière simplement ponctuelle et intermittente, dans une relation avec son père ; » |
December 12, 2005
Traitement des troubles de l'attachement
Les travailleurs sociaux de l'OSE appliquent des méthodes pratiquées en chine, à partir des années 50. Ces méthodes ont fait l'objet de très vives contestations mais de l'avis des travailleurs sociaux de l'OSE, cela répare les enfants. |
L'enfant abandonné
Guide de traitement des troubles de l'attachement
Niels Peter Rygaard
Editions De Boeck Université
Collection Comprendre
Edition 2005, 272 pages
Les compétences sociales et émotionnelles d’un enfant se construisent lors des premières années de l’attachement. Pour 3 à 5 % des enfants cependant, ce processus est perturbé par des carences précoces, des parents dysfonctionnels, un manque de soins.
Les problèmes des jeunes qui souffrent de troubles graves de l’attachement sont nombreux : manque d'adaptation sociale, relations brèves et superficielles, comportement agressifs, violents et criminels, maltraitance envers les autres et perturbations de la vie familiale, etc.
Niels Peter Rygaard, auteur de ce guide de thérapie, travaille depuis 25 ans avec des jeunes souffrant de troubles graves de l’attachement, ainsi qu’avec leurs familles. Il envisage le développement de l'enfant – de sa conception à l'adolescence - à la fois sur le plan théorique et sur le plan pratique. Il propose des listes de symptômes aux différents stades de développement, des profils de tests compréhensibles et des conseils de traitement faciles à mettre en oeuvre.
Cet ouvrage est destiné principalement aux psychologues, pédopsychiatres et psychothérapeutes. Il s’adresse également aux éducateurs et intervenants sociaux, de même qu’aux parents, enseignants et familles d’accueil.
Commentaires "... manque d'adaptation sociale, relations brèves et superficielles, comportement agressifs, violents ... envers les autres et perturbations de la vie familiale, etc." Ce genre d'ouvrage et de travaux me laisse songeur. A qui servent-ils? Ma première fille est née en 1993. Sa maman et moi nous sommes séparés mi 1996. Sa maman est décédée mi 1999 et, à ce moment là, cet enfant est tout naturellement venu vive et grandir à mes côtés. Ca n'a pas plu à l'une de ses tantes maternelles qui souhaitait garder cet enfant pour elle; il y a eu tiraillements, du fait des attitudes de cette tante. En 2002 le grand-père maternel est décédé (héritage). Fin 2002 j'ai été menacé par cette même tante maternelle. Début 2003 ma deuxième fille est venue au monde et quelques 10 jours après sa naissance, elle a été hospitalisée à cause d'une bronchiolite; c'était très grave. Lorsque ma deuxième fille est sortie de l'hoptital, ma première fille est devenue ingérable: sa maman est décédée subitement, quelques heures après son admission aux urgences, laissée sans soins (examens reportés au lendemain matin...). A cette même période la famille maternelle de ma fille née en 1993 et l'assistance publique m'ont accusé et m'ont imputé toutes les difficultés qui se posaient, notamment celles juste après l'hospitalisation de ma fille née en 2003. J'ai été accusé (calomnieux) de maltraiter ma fille née en 1993 et de souhaiter la délaisser (plus de place pour l'enfant du précédent lit; également calomnieux). Solution salvatrice imposée par l'assistance publique: rompre la relation père-enfant, interdire absolument toute relation entre le père et l'enfant, donner l'enfant à ses deux tantes car je serai nocif un enfant (calomnieux). La belle mère et nos proches ont tout simplement été ignorés, comme inexistants. L'existance de ma deuxième fille, la petite soeur, a également été niée. L'assistance publique se contente d'appoximation des situations familiales. Par ailleurs, ces deux tantes cherchaient aussi à me destituer du statut d'administrateur légal... L'une des tantes maternelle de cet enfant est assistante sociale à l'ASE. Cette tante jouit donc d'une certaine réputation alors que, pour ma part, j'ai été dépeint noir (tout ce qui pouvait contredire cela a été écarté des dossiers socio judiciaires). Je ne pense pas qu'il était de l'intérêt de cet enfant de calomnier et de dénigrer à ce point son père et sa cellule familiale. Mais l'assistance publique n'était pas de cet avis. D'après un rapport récent, l'assistance publique estime que l'enfant a été sauvé et même réparé. Ma fille avait des comportements associaux pour lesquels ma compagne actuelle et moi nous nous efforcions de l'aider. L'assistance publique a estimé que ma fille n'avait besoin d'aucune aide sinon de m'être retirée, définitivement. On ne peut rien opposer à des agents titulaires d'une autorité publique surtout si ceux ci préfèrent travailler avec et dans l'intérêt de tiers (l'une des tantes maternelles est AS à l'ASE et l'autre est pasteur). Ma fille née en 1993 a perdu son père mi 2005 (dénigrement mais également déni de l'autorité parentale et déni de l'autorité judiciaire). C'est une autre manière de traiter les troubles de l'attachement. Ce sont des méthodes qui se pratiquaient dans les années 70 à 50, voire même 40. - soupir - |
December 11, 2005
Les Animaux malades de la Peste
La peste noire ou médiévale semble d'origine asiatique, partie des steppes russes et de la mer Caspienne. Elle touche toute l'Europe et tue près de la moitié de sa population. Son apogée se situe au milieu du XIVème siècle, mais elle se prolonge en poussées épidémiques dont celle de Marseille en 1720. 1894 - découverte du microbe. 1898 - découverte du mode de transmission. 1933 - invention du vaccin. |
Un mal qui répand la terreur,
Mal que le ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre,
La peste (puisqu'il faut l'appeler par son nom),
Capable d'enrichir en un jour l'Achéron,
Faisait aux animaux la guerre.
Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés :
On n'en voyait point d'occupés
A chercher le soutien d'une mourante vie ;
Nul mets n'excitait leur envie,
Ni loups ni renards n'épiaient
La douce et l'innocente proie ;
Les tourterelles se fuyaient :
Plus d'amour, partant plus de joie.
Le lion tint conseil, et dit : « Mes chers amis,
Je crois que le Ciel a permis
Pour nos péchés cette infortune ;
Que le plus coupable de nous
Se sacrifie aux traits du céleste courroux ;
Peut-être il obtiendra la guérison commune.
L'histoire nous apprend qu'en de tels accidents
On fait de pareils dévouements :
Ne nous flattons donc point, voyons sans indulgence
L'état de notre conscience
Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons,
J'ai dévoré force moutons.
Que m'avaient-ils fait ? Nulle offense ;
Même il m'est arrivé quelquefois de manger
Le berger.
Je me dévouerai donc, s'il le faut : mais je pense
Qu'il est bon que chacun s'accuse ainsi que moi :
Car on doit souhaiter, selon toute justice,
Que le plus coupable périsse.
- Sire, dit le renard, vous êtes trop bon roi ;
Vos scrupules font voir trop de délicatesse.
Eh bien ! manger moutons, canaille, sotte espèce.
Est-ce un péché ? Non, non. Vous leur fîtes, Seigneur,
En les croquant, beaucoup d'honneur ;
Et quant au berger, l'on peut dire
Qu'il était digne de tous maux,
Etant de ces gens-là qui sur les animaux
Se font un chimérique empire. »
Ainsi dit le renard ; et flatteurs d'applaudir.
On n'osa trop approfondir
Du tigre, ni de l'ours, ni des autres puissances
Les moins pardonnables offenses :
Tous les gens querelleurs, jusqu'aux simples mâtins,
Au dire de chacun, étaient de petits saints.
L'âne vint à son tour, et dit : « J'ai souvenance
Qu'en un pré de moines passant,
La faim, l'occasion, l'herbe tendre, et, je pense,
Quelque diable aussi me poussant,
Je tondis de ce pré la largeur de ma langue.
Je n'en avais nul droit, puisqu'il faut parler net. »
A ces mots on cria haro sur le baudet.
Un loup, quelque peu clerc, prouva par sa harangue
Qu'il fallait dévouer ce maudit animal,
Ce pelé, ce galeux, d'où venait tout le mal.
Sa peccadille fut jugée un cas pendable.
Manger l'herbe d'autrui ! quel crime abominable !
Rien que la mort n'était capable
D'expier son forfait : on le lui fit bien voir.
Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.
Jean de La Fontaine (1621-1695)
Livre VII - Fable 1
En 1664, après 3 ans d’instruction et de procès, Nicolas Fouquet, ancien surintendant, est condamné au bannissement à vie ce qui est équivalent à un acquittement. Louis XIV et Colbert auraient préféré la mort. Mais il n'était pas question pour Louis XIV de laisser en liberté un homme de la taille et de la stature de Fouquet. Le roi commue donc cette peine en détention perpétuelle. Nicolas Fouquet sera enfermé au fort de Pignerol où il meurt en 1680. |
Le vocabulaire juridique
Le vocabulaire juridiqueDroit français et Méthodologie
Université d'Essex, 1ère année - LW 107
Apprendre le droit c’est d’abord travailler sur le langage. Flaubert a parfaitement rendu cette importance du langage en donnant comme définition du droit, dans son Dictionnaire des idées reçues, (donc un dictionnaire des idées fausses), « on ne sait pas ce que c’est » : le juriste sait que le droit appelle des définitions, qu’elles sont nécessaires car elles lui permettent d’appréhender la réalité.
Il faut donc toujours vérifier le sens des mots, surtout ceux qui ne ressortent pas du seul domaine juridique, mais relèvent du langage courant. Pour cela, consultez dictionnaires et lexiques, à la bibliothèque ou/et en ligne.
Enfin, le choix des mots n’est pas toujours innocent : il peut révéler une volonté d’éviter les « mots qui font mal » (Jean Carbonnier, Essais sur les lois, Déf. 2ème éd. 1995, p. 248). Ainsi, depuis la loi du 3 janvier 1972 (dont la rédaction a justement été fortement influencée par la plume du Doyen Carbonnier), le droit ne parle plus d’enfant « adultérin » mais d’enfants « naturels dont le père ou la mère était, au temps de leur conception, engagé dans les liens d’un mariage » (art. 759 et 760 C.civ.). De même, on ne dit plus « garde » mais « autorité parentale » afin de rappeler que la relation parents-enfants s'accompagne de droits et de devoirs réciproques.
De cette même page... Relisez toujours vos notes le soir même au plus tard, pendant que votre mémoire orale est encore fraîche des informations entendues durant la journée. Cela vous permettra d’ajouter certains points qui vous semblaient si évidents que vous ne les aviez pas transcrits, mais qui, avec quelques heures de recul, vous semblent s'effacer de votre conscience alors qu'ils sont toujours aussi importants. Du dictionnaire de l'académie française : DÉFÉRENCE n. f. XIVe siècle. Dérivé de déférer. Sentiment qui porte à avoir des égards particuliers pour une personne et, par ext., pour ses opinions, ses jugements, ses qualités, ses attributs, etc. Avoir de la déférence pour un maître. Il a une grande déférence pour vos avis. Par déférence, il ne répondit rien. Témoigner, montrer de la déférence à quelqu'un. Une marque de déférence. Avoir de la déférence pour l'âge, pour le mérite, pour la dignité de quelqu'un. ARBITRAIRE adj. et n. m. XIVe siècle. Emprunté du latin arbitrarius, « qui relève d'un arbitre, d'un juge ». I. Adj. 1. Qui est produit par la seule décision de l'homme, sans fondement inhérent à la nature des choses. La plupart des dénominations sont arbitraires. L'écriture est faite de signes arbitraires. 2. Qui n'a pas de justification légale ni rationnelle ; qui dépend du caprice d'un homme, d'une autorité. Un choix, une décision arbitraire. Exercer un pouvoir arbitraire. Une arrestation, une détention arbitraire.[1] II. N. m. Caractère ou ensemble des actes d'un gouvernement où la volonté, le bon plaisir des personnes remplace l'autorité de la loi. Les caprices de l'arbitraire. Il est victime[2] de l'arbitraire. INTRUSION n. f. XIVe siècle. Emprunté du latin médiéval intrusio, « installation non canonique ; occupation par la force ». 1. Le fait de s'introduire, contre le droit ou la forme, dans un lieu, dans une société ou une compagnie, dans une charge. Une intrusion violente. Pénétrer par intrusion. Je proteste contre l'intrusion de cet homme dans notre association, dans nos affaires.[3] 2. GÉOL. Pénétration de roches éruptives dans l'épaisseur de l'écorce terrestre, où elles s'établissent à des profondeurs variables. Nappes d'intrusion. BRANLER v. tr. et intr. XIe siècle, au sens de « faire bouger, agiter » (une arme). Altération de brandeler, « vaciller, agiter, s'agiter », dérivé de brandir. I. V. tr. Mettre en branle. Branler la jambe, la tête. Vulg. Masturber. II. V. intr. 1. Être en branle. Cette dent branlait depuis quelque temps. Le plancher branle au moindre pas. 2. Avoir une assise incertaine, peu sûre.[3] Ce fauteuil branle. En parlant d'un outil. Branler dans le manche, n'être pas solidement emmanché. Le marteau commence à branler dans le manche. Fig. et fam. Manquer de fermeté, de solidité, de stabilité. Son affaire branle dans le manche. Prov. Tout ce qui branle ne tombe pas, ce qui paraît fragile peut néanmoins durer. [1] Ma fille de 12 ans est séquestrée depuis le 18 novembre 2003. [2] L'une a 12 ans et sa petite soeur qui est à la maison n'en a pas encore 3. [3] Ce 4 novembre 2005 les travailleurs sociaux de l'OSE ont demandé et ont obtenu une mesure de protection. |
Le passant ordinaire
Avec l’avènement de la modernité, et surtout au XIXe siècle en Europe, s’impose la représentation scientifique d’une coupure nécessaire et naturelle, d’une ligne droite, séparant le féminin et le masculin : « […] comme le montre Yvonne Knibiehler, les anatomistes du début du XIXe siècle (Virey notamment), prolongeant le discours des moralistes, tentent de trouver dans le corps de la femme la justification du statut social qu’ils lui assignent au nom des oppositions traditionnelles entre l’intérieur et l’extérieur, la sensibilité et la raison, la passivité et l’activité ».Selon Michel Foucault, le féminin et le masculin sont alors représentés comme radicalement et naturellement séparés : c’est l’idéal classique de la ligne (../..)
La séparation féminin masculin et l’imaginaire d’une expansion illimitée
Passant n°50 [octobre 2004 - décembre 2004]
Revue internationale de création et de pensée critique
Prorogation de l'état d'urgence
Au sujet des violences urbaines, l'ordonnance rappelle "la soudaineté de leur propagation", reconnaît "l'éventualité de leur recrudescence à l'occasion des rassemblements sur la voie publique lors des fêtes de fin d'année" et prend en compte "l'impératif de prévention inhérent à tout régime de police administrative". Le Monde du 10.12.05 [...] Le deuxième argument est politique, et plus fondamental. Face à une opinion publique choquée par les violences urbaines et les images d'incendies de voitures et de bâtiments dans les banlieues, les socialistes redoutaient d'être accusés de laxisme. [...] Dans ces conditions, la pétition lancée par la Ligue des droits de l'homme avait peu de chances d'être soutenue par le PS. "Entre les bobos et les gauchos, il y a un espace pour les sociaux-démocrates responsables", dit M. Ayrault. Le Monde du 10.12.05 |
L'opposition à l'état d'urgence se fait hors des partis
LE MONDE, édition du 10.12.05, extraits&nsbp;:
Une pétition, un colloque, des recours : tels sont les chemins étroits qu'empruntent ceux qui cherchent encore à contester l'état d'urgence, proclamé le 8 novembre, et prorogé pour trois mois par la loi du 18 novembre.
En ligne de mire : le maintien de cette législation d'exception, potentiellement restrictive de libertés, bien que les troubles à l'ordre public, qui — selon le gouvernement — la justifiaient, ont désormais cessé.
Dans un mémoire remis au Conseil d'Etat, le ministère de l'intérieur, soucieux de justifier le maintien de l'état d'urgence, assure qu'"il serait faux de dire que (les violences) ont disparu". "Chaque nuit, entre 40 et 60 véhicules sont encore incendiés", est-il précisé. A l'audience, jeudi 8 décembre, Stéphane Fratacci, directeur des libertés publiques au ministère de l'intérieur, a donné ce bilan : 79 véhicules ont été incendiés dans la nuit du 3 décembre, 46 dans celle du 4, 50 dans celle du 5, et 56 dans la nuit du 6. Ce bilan est similaire à celui qui est dressé en temps normal. "Il y a, chaque année, plusieurs dizaines de milliers d'incendies de véhicules, c'est de l'ordre de 60 par nuit", avait expliqué le directeur de cabinet du ministre de l'intérieur, Claude Guéant, sur Europe 1, le 9 novembre.
Doit-on vivre par "précaution" dans un régime d'exception ? Cette question, ce sont des juristes, des membres d'associations et de simples citoyens qui la posent. Pour pallier la défaillance de leurs élus.
L'art de l'effroi
Paul Virilio, philosophe et urbaniste, est l’un des analystes de la guerre et des critiques des technologies contemporaines les plus importants de notre époque.Ses nombreux ouvrages mettent en garde l’homme contre les nouveaux périls créés par les sciences modernes. Son thème de prédilection, c’est l’accident.
Chaque nouvelle technique recèle un nouveau type d’accident, un risque inédit. On assiste dès lors à des manifestations qu’il qualifie d’“intempéries de la culture”, comme il y a des intempéries de la nature.
Voir l'entretien du 7 novembre 2002 avec Paul VIRILIO, par Thierry FABRE
December 10, 2005
Il fallait faire les choses dans les règles
Le sort des autres enfants placés Le Monde, 11/12/05, extrait : Les quatre enfants de Franck et Sandrine Lavier, tous deux acquittés par la cour d'assises d'appel de Paris, le 1er décembre, ont été placés pendant l'instruction. Les deux petits — un garçon et une fille — sont revenus chez leurs parents après l'acquittement. Les deux aînées, issues des premières unions de Sandrine, sont toujours en famille d'accueil, car elles maintiennent leurs accusations. Pour elles, le couple a demandé un droit de visite élargi et un suivi psychologique avant d'envisager un retour au domicile. |
Vivre et parler avec son enfant après Outreau
LE MONDE, article paru dans l'édition du 11.12.05
Par Anne Chemin, extrait :
Il a oublié la date du premier procès d'Outreau et cherche en vain celle de son acquittement par la cour d'assises du Pas-de-Calais, à Saint-Omer. Mais il en est trois qu'il cite sans aucune hésitation. "J'ai été arrêté le 16 mai 2002, le placement d'Anthony dans sa famille d'accueil a été levé par le juge des enfants le 2 décembre 2004 et il est rentré à la maison le 6 décembre, juste avant Noël."
Le jour de son arrestation, David Brunet était à Valenciennes (Nord), chez la mère de sa compagne Audrey : "Il était 7 heures 30. Les policiers m'ont ordonné de m'habiller et de les suivre. J'ai dit à Anthony, qui allait avoir 6 ans, que je serais là dans deux heures." Accusé de pédophilie sur la foi du témoignage mensonger de Myriam Badaoui, son ancienne voisine, il est incarcéré le soir même à la maison d'arrêt de Maubeuge (Nord). Il y restera 743 jours.
Pendant les premières semaines, David Brunet, qui ne comprend rien à ce qui lui arrive, ignore où se trouve son fils. "Je demandais aux surveillants, mais personne ne savait. Là-bas, en prison, je pouvais pas téléphoner, j'avais pas encore de visites, alors j'ai écrit aux services sociaux d'Outreau et à Paris, dans un endroit où ils s'occupent du placement des enfants. Et un jour, au parloir, mon frère m'a dit qu'Anthony avait été placé dans une famille d'accueil. Ça, ça fait vraiment très mal. Je ne connaissais même pas le nom de la ville où il était."
En deux ans et treize jours de détention à Maubeuge, David Brunet ne voit pas son fils une seule fois. Anthony n'a jamais subi d'attouchements et est totalement étranger au dossier. Le juge d'instruction interdit pourtant tout contact entre le père et le fils. Anthony n'a pas non plus le droit de voir sa mère, Karine Duchochois, mise en examen dans le dossier. "Lorsque j'ai rencontré David Brunet pour la première fois, à la maison d'arrêt, il ne voulait même pas parler du dossier, il me disait qu'il s'en fichait, raconte son avocat, Stéphane Dhonte. Il voulait seulement savoir quand il verrait son fils. Ça l'obsédait."
Le 2 juin 2004, au dix-neuvième jour du procès devant la cour d'assises de Saint-Omer, David Brunet revoit enfin son fils. "Je l'ai aperçu de loin, il avait au moins une tête de plus que quand je l'avais quitté. Là, on le mesure, le temps perdu, ça blesse, ça fait vraiment très mal. Il nous cherchait des yeux et, tout à coup, il y a eu sa tête en gros plan sur l'écran de la salle. J'ai pensé : "Punaise, t'as changé !" Et là, j'étais vraiment en colère, j'avais les tripes qui remontaient, j'avais envie de faire mal à tous ceux qui m'avaient fait mal."
Le président de la cour autorise un court échange. "Je me suis levé, j'ai dit : "Bonjour, mon fils, comment vas-tu ?" Mais je me suis effondré : c'était bloqué, je ne pouvais plus du tout parler. Ça me prenait à la gorge, au ventre, j'étais encore plus triste que si j'avais perdu quelqu'un de cher." A la demande des avocats, la cour accepte de suspendre la séance pour qu'Anthony puisse embrasser ses parents : "Il s'est jeté dans nos bras, à Karine et à moi. Il a pris nos têtes entre ses mains, il les serrait, et il les collait contre la sienne. Ça faisait vraiment du bien de sentir son enfant, sa douceur."
Le 2 juillet 2004, David Brunet est acquitté. La juge des enfants de Boulogne-sur-Mer estime que les liens familiaux doivent être rétablis "progressivement" : elle impose le maintien d'Anthony dans la famille d'accueil, avec une rencontre d'une heure par semaine avec son père, dans un lieu neutre, sous la surveillance d'un travailleur social. David Brunet n'a pas le droit d'aller voir son fils sur les lieux de son placement. "C'était fou, j'étais acquitté ! Je voulais prendre une voiture et aller le chercher à la sortie de l'école pour le ramener à la maison, mais on m'a dit qu'il fallait faire les choses dans les règles."
Le sens des mots français composés avec « psych »
Etude critique du système psychiatrique françaisDocteur Jacques de Person
Extrait :
Parler de « folie », remplacer le mot « folie » par le mot « psychose », remplacer le mot « psychose » par le mot « schizophrènie », etc. ne servent absolument à rien, sinon à « brouiller les carte » et à « tourner en rond » si on ne les précise pas.
On ne peut que s'interroger sur le sens des mots français composés avec « psych- », car pour l'instant, ce « psych- » n'est absolument pas défini. On ne peut donc que d’abord essayer de comprendre l’usage qui en a été fait, pourquoi recourt-on à un vocabulaire du grec ancien, en 2005, à l’heure où même l’administration juridique essaie de rendre ses dossiers « lisibles » pour ses usagers ?
« Qui » y trouve « quel » intérêt ?
Tout ce vocabulaire peut trouver sa pertinence chez des professionnels de la santé en recherche permanente, et par convention - provisoire - entre membre d'une même école.
C'est ainsi que l'on a parlé de « miasmes » ou de « phtisie » ou de « phlogistique » avant la découverte de l'oxygène par Lavoisier.
Ce peut être encore un vocabulaire littéraire de romancier par exemple pour recréer une ambiance. Ce ne peut en aucun cas être un vocabulaire juridique ou administratif. Preuve est faite !
Je me souviens d'un collègue qui parlait à dessein de « psychose » dans ses certificats adressés à la préfecture afin que celle-ci ne les comprisse pas !
Cependant la loi demande au préfet de motiver son ordonnance par des faits et des situations et non pas des maladies, bien sûr, et au médecin de donner son avis sur l'opportunité actuelle des contraintes. C'est tout.
Mais comme souvent et là comme ailleurs, beaucoup, zélés dans l'accomplissement de leur tâche, s'y montrent « plus royalistes que le roi. »
« Mention "Rejet" »
Pour René Page, la réinsertion attendraLibération, samedi 10 décembre 2005
Par Jacqueline COIGNARD, extraits :
«Quelques mois auparavant, sa dernière demande de libération conditionnelle avait été refusée, malgré les avis favorables de la commission, du juge d'application des peines et du parquet», raconte Marc Butet, son ancien conseiller d'insertion et de probation. «Le dossier est revenu de la chancellerie au bout de seize mois, avec juste la mention "rejet". Il n'a pas supporté», se souvient-il. «J'étais triste pour lui. C'est dommage que la justice ne reconnaisse pas son parcours.»
René Page suppute qu'on lui refuse une libération parce qu'il n'a pas de famille ni d'amis pour l'attendre dehors : abandonné à l'âge de 2 ans, il est passé sans transition des foyers de la Ddass à la prison.
A 20 ans, il a enchaîné les braquages minables dans la région d'Angoulême, avant de prendre perpétuité, en 1976, pour une expédition à moto dans une salle des ventes qui s'est terminée par la mort du commissaire priseur. Analphabète, violent, révolté, il devient un détenu difficile. Puis, il y a une douzaine d'années, il se calme.
Elyane Picard lui enseignait l'informatique à la prison d'Arles : «C'est un boulimique de savoir, mais à la manière désordonnée des autodidactes. Il a évolué de manière spectaculaire depuis qu'il a commencé à étudier, à voir que des choses pouvaient marcher pour lui, que des gens pouvaient s'attacher à lui.»
«Tous les gens condamnés à perpétuité à la même époque que lui pour des faits similaires sont sortis depuis longtemps», acquiesce Me Pierre Blazy, l'avocat qui va prendre sa défense et compte déposer au plus tôt une nouvelle demande de libération conditionnelle. «A quoi sert une durée de détention pareille, sinon à briser définitivement le détenu ?» interroge-t-il.
Au parquet général d'Aix, on reprend le décompte : «Il lui reste douze ans, onze mois et vingt-deux jours à effectuer, compte tenu de trente-trois mois de remises de peine accumulées.»

[2] A noël 2004 j'ai écrit à la grand-mère de ma fille pour qu'elle puisse lui rendre visite : la lettre m'a été retournée avec la mention « refusée. » En mai 2005 je me suis rendu en Moselle pour parler à ma fille : faute de mieux, les gendarmes m'ont embarqué pour m'en coller une à 35 euro.
L'Express du 15/04/1999
Divorce
L'arme du soupçon (d'inceste)
par Gilbert Charles
Un inquiétant phénomène semble gagner les prétoires français: des centaines de pères se voient accuser, parfois à tort, du pire des crimes. Certains y perdent leur emploi, leur honneur et l'amour de leurs enfants. Histoires vécues
Extraits :
Le rapport d'un expert psychologue nommé par le tribunal dans le cadre d'une des affaires d'inceste fait pourtant ouvertement état du «rôle néfaste» joué par l'avocate, qualifiée de «passionnée» et de «sectaire»: «Ses excès, son attitude mensongère, quelquefois diffamatoire, démontrent son incapacité à avoir une distance saine et objective dans cette affaire.»
Les magistrats ont souvent tendance à «ouvrir le parapluie» dès qu'ils sont confrontés à ce genre d'affaires. «Entre deux maux il faut parfois choisir le moindre, explique Hélène Jourdier, présidente de la Chambre de la famille, à Pontoise. Même si l'on sait que cela peut pénaliser un père innocent, notre priorité, c'est de protéger l'enfant.» Très souvent, la première mesure prise par le magistrat consiste à suspendre le droit de visite du parent accusé. Ce qui, dans le cas d'une accusation mensongère, est précisément ce que cherche à obtenir le parent accusateur. Certains juges n'hésitent pourtant pas à prendre des risques pour limiter les dégâts. «J'essaie dans la mesure du possible de ne pas couper le lien entre l'accusé et ses enfants, explique Florence Vigier, juge aux affaires familiales à Paris. Il m'arrive ainsi de maintenir ou de rétablir un droit de visite alors que l'instruction sur l'abus sexuel n'est pas terminée, éventuellement dans un lieu neutre comme les points-rencontre.»
Personne ne sort indemne de ces accusations, ni l'enfant, ni l'accusé, ni l'accusateur, estime Laurent Becuywe, juge d'instruction au tribunal de Pontoise. A partir du moment où elles ont été lancées, on entre dans le domaine de la déraison, de la haine pure ou de la perversion.
Le problème du magistrat chargé de l'instruction pénale, c'est de réunir les preuves, à charge ou à décharge.
Mais, lorsqu'il s'agit d'attouchements qui n'ont pas laissé de traces sur un enfant très jeune, la tâche devient impossible: c'est la parole d'un parent contre celle de l'autre.